Semaine du 21 au 27 septembre 2005

Proche Orient

Le statut de la bande de Gaza libérée fait problème

Washington envisage l'éventualité de frappes nucléaires préventives

Mexique 

L’autre alternative des zapatistes

 

 
 
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Le statut de la bande de Gaza libérée fait problème

La plus grande confusion entoure toujours le statut exact de la bande de Gaza, les Israéliens assurant que leur retrait, qui a été achevé lundi 12 septembre, mettait fin à l'occupation pendant que les Palestiniens dénoncent une "prison" à ciel ouvert.

"Nous allons déclarer la fin de l'administration militaire à Gaza", a déclaré le ministre de la Défense Shaul Mofaz à la télévision palestinienne, à quelques heures du départ des soldats israéliens après des décennies d'occupation. "Nous n'avons plus la moindre responsabilité concernant Gaza". Mais c’est vite dire tant la situation renvoie à une autre réalité. Une évacuation effectuée par les Israéliens avec "tambours et trompettes", accompagné d'un battage médiatique sans précédent, les colons juifs présentés comme les victimes expiatoires par les médias occidentaux et Sharon comme un faiseur de paix ( ???).

Les palestiniens estiment à juste titre que l'évacuation des 21 colonies juives de cette étroite bande de terre met fin à la "colonisation" mais pas à "l'occupation", Israël refusant de céder le contrôle des frontières et des voies aériennes et maritimes. Les territoires palestiniens sont ainsi de véritables "bantoustans", les habitants pour se déplacer d'une région à une autre devront encore montrer "pattes blanches" , subir contrôle et humiliation par l'armée israélienne.

Dernière trouvaille des Israéliens qui prouve que leur détermination à faire de Gaza une immense prison reste intacte, leur décision d'établir une "zone de sécurité" au nord de la bande, un autre mur (c'est leurs spécialités) pour créer un no man's land interdisant l'accès aux Palestiniens. L'Etat hébreu justifie une nouvelle fois ces mesures en invoquant la nécessité de lutter contre le trafic d'armes alors que rien ne justifie l’érection d’une multitude de murs sinon la volonté de "ghettoiser" les Palestiniens. 

 En réponse, certains mouvements palestiniens (Hamas, Djihad islamique) ont menacé de rompre avec "l'accalmie" observée depuis huit mois si elles restaient privées de leur liberté de mouvement.

L'émissaire des Nations unies, Alvaro Soro, a jugé lui  que le retrait de Gaza était "un pas dans la bonne direction" mais qu'il était trop tôt pour déterminer le statut du territoire: "Nous devons observer (...) l'effet sur le terrain".

La première norme internationale susceptible de trancher la question est la Convention IV de La Haye adoptée en 1907, selon laquelle un territoire "est considéré comme occupé lorsqu'il est de fait placé sous l'autorité d'une armée ennemie".

Signée en 1949, la quatrième Convention de Genève énumère de son côté les obligations de la puissance occupante, qui doit fournir aux populations occupées des services de base et permettre aux organisations internationales d'accéder librement au territoire.

Les gouvernements israéliens successifs ont toujours fait valoir que la Convention de Genève concernait des relations entre Etats, et donc ne s'appliquait pas au cas des territoires palestiniens. Gaza et la Cisjordanie "font l'objet d'un conflit" mais ne sont pas "occupés", affirme Tel Aviv. Les Palestiniens répondent que Gaza et la Cisjordanie ne forment qu'une seule entité géographique, selon les accords d'Oslo de 1993, et donc qu'on ne peut "libérer" l'un en occupant l'autre. Ils craignent par ailleurs que le retrait de Gaza ne soit qu'un prélude au renforcement de la colonisation en Cisjordanie.

 

Washington envisage l'éventualité de frappes nucléaires préventives

Au moment où Washington multiplie les pressions contre la Corée du Nord et l’Iran qu’il soupçonne de vouloir se doter de l’arme atomique, ses experts ont mis au point un projet qui, s’il venait à être adopté bouleverserait la face du monde. Un nouveau projet de doctrine nucléaire américaine envisage en effet l'éventualité d'effectuer des frappes nucléaires préventives contre des adversaires gouvernementaux ou non gouvernementaux afin de les dissuader d'utiliser des armes de destruction massive. Le document, daté du 15 mars et intitulé "Doctrine pour des opérations nucléaires conjointes", demande à l'armée américaine de "se préparer à utiliser effectivement des armes nucléaires". Il a été rédigé par une commission du Pentagone chargée d'adapter les procédures en cours actuellement aux changements rapides survenus après les attentats du 11 septembre 2001, selon un responsable de la Défense.

Ce responsable, a cependant précisé que le document n'avait par encore été signé par le ministre américain de la Défense, Donald Rumsfeld, et ne pouvait pas encore être considéré comme une "politique officielle américaine". "C'est en cours de procédure", a-t-il indiqué.       Selon ce projet, les commandements des forces américaines déployées dans le monde sont priés de préparer des programmes spécifiques pour l'utilisation d'armes nucléaires dans leur région respective et d'imaginer des scénarios qui justifieraient la demande d'un accord présidentiel pour effectuer une frappe nucléaire. Cela pourrait intervenir par exemple au cas où un adversaire utiliserait, ou compterait utiliser des armes de destruction massive contre les forces américaines ou alliées, ou bien contre des populations civiles. Des frappes nucléaires préventives pourraient aussi être employées pour détruire un arsenal d'armes biologiques appartenant à un ennemi s'il n'est pas possible de s'en débarrasser avec des armes conventionnelles et s'il est prouvé que l'ennemi se prépare à effectuer une attaque biologique, selon le document.   Leur utilisation serait aussi justifiée pour détruire des bunkers ennemis aux défenses renforcées contenant des armes chimiques et biologiques, ou les infrastructures de commandes ou de contrôle nécessaires pour effectuer des attaques nucléaires, chimiques ou biologiques. Autres exemples cités dans le document: elles pourraient être utilisées pour contrer les forces conventionnelles d'un ennemi potentiellement écrasant, pour assurer une rapide victoire américaine dans une guerre, ou simplement "pour assurer le succès d'opérations américaines et multilatérales".  Cette doctrine permettrait aussi au Pentagone de déployer des armes nucléaires dans des endroits du monde où leur utilisation dans l'avenir serait très probable.

 

Mexique 

L’autre alternative des zapatistes

L’armée zapatistes de libération va parcourir pacifiquement le Mexique pendant les six premiers mois de 2006 pour tenter de fédérer la gauche mexicaine, une « campagne alternative » qui s’achèvera quelques jours avant l’élection présidentielle du 2 juillet. Le sous-commandant Marcos, chef de l’EZLN, prendra la tête de la délégation zapatiste qui débutera son tour du Mexique le 1er janvier à San Cristobal de Las Casas, la capital historique du Chiapas, et qui se terminera le 24 juin à Mexico.

La guérilla zapatiste veut abandonner la lutte strictement clandestine pour un combat ouvertement politique et constituer un large mouvement rassemblant les organisations politiques de gauche et les mouvements de défense des droits des Indiens. Marcos a baptisé l’initiative des Zapatistes, « l’autre campagne », espérant que les partis politiques traditionnels tiendront compte de leurs revendications, notamment en ce qui concerne le droits des Indiens du Mexique, une population pauvre et oubliée par les différents gouvernements.

Marcos va sortir du Chiapas sans armes  et la caravane zapatiste ne fera pas la promotion de la lutte armée. 

 

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