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Hormis
la hausse des recettes pétrolière
2005, l’année de
la stagnation économique
Les « choses
sérieuses vont commencer » écrivait, en janvier dernier, un confrère
de la presse écrite gouvernementale à propos des chantiers
économiques de l’année 2005, osant même la comparaison de l’Algérie
avec des géants mondiaux. « Il y a fort à parier que notre pays sera
véritablement l’économie émergente de la région, à l´image de ces
nations, comme la Corée du Sud, qui ont effectué un bon surprenant
dans l’informatique et les technologies nouvelles ». On ne sait pas
ce qu’il advint de cet « enthousiasme » bien propre à certains
confrères des médias publics, mais les « promesses » de l’année 2005
sont loin, très loin même, de ce que réalise la Corée du Sud en une
heure de temps !
Non seulement
l’argent « ne fait pas le bonheur » mais il ne donne pas non plus
des idées (des bonnes, surtout) à celui qui est en panne de
réflexion. Les résultats économiques de l’Algérie durant l’année de
2005, sont plutôt médiocres si l’on tient compte des capacités
financières engrangées par le pays grâce aux prix du baril de
pétrole sur le marché international. Aucune réalisation de taille.
Même pas un petit investissement productif dans un secteur comme
celui médicament qui coûte à l’Algérie la bagatelle d’un milliard de
dollars par an.
Hormis l’adoption
de plusieurs textes législatifs touchant au secteur des
hydrocarbures et à la « lutte contre le blanchiment d’argent et
financement du terrorisme », l’année 2005 n’a pas apporté
grand-chose au secteur économique.
Finalement, la
très controversée loi sur les hydrocarbures a été adoptée le 19 mars
(sic !) dernier avec, de surcroît, l’accord de la centrale UGTA.
« Elle n’apportera pas ses fruits immédiatement », annonce-t-on au
ministère de l’Energie. Mais, une chose est sûre, c’est que le texte
a satisfait l’ensemble des opérateurs étrangers du secteur des
hydrocarbures opérant en Algérie, et à leur tête les entreprises
américaines. Cette loi a, également permis de modifier le paysage
pétrolier algérien, en séparant les prérogatives de Sonatrach et
celles de l’Etat. La compagnie nationale perd son statut de
privilégiée. Elle est appelée, désormais, à déposer des dossiers
soumissions au même titre que les compagnies internationales lors
des prochains appels d’offres que lancera le secteur. Quant aux
prérogatives de l’Etat, elles seront gérées par deux entités,
l’Agence nationale pour la valorisation des ressources en
hydrocarbures (ALNAFT) et l’Autorité de contrôle et régulation des
hydrocarbures (ARH), qui viennent récemment d’entrer en
fonctionnement.
L’importance du
secteur des hydrocarbures dans l’échiquier économique algérien n’est
plus à démontrer. Cette année aussi, les recettes d’exportations de
pétrole et de gaz vont probablement dépasser la barre des 40
milliards de dollars, soit jusqu’à quatre fois plus que certaines
années de vaches maigres.
Côté importation,
l’année 2005 n’a pas dérogé à la règle. Le pays dépend gravement des
importations de médicaments et de produits alimentaires. Les
statistiques de la douane pour les 9 mois de 2005, montrent une
hausse significative du montant des importations qui passe à 15,723
milliards de dollars (MDUS) contre 13,38 MDUS pour la même période
de l’année précédente. Si la facture des produits alimentaires
enregistre une légère baisse (2,697 MDUS contre 2,715 MDUS), celle
des médicaments est en petite hausse pour les neuf premiers mois de
l’année 2005 (799,4 millions de dollars US contre 784,1 millions de
dollars US pour la même période de 2004). Côté exportation hors
hydrocarbures, la situation s’améliore un peu (environ 40 millions
de dollars de hausse), mais la barre n’arrive pas à atteindre un
demi milliard de dollars.
L’entrée en
vigueur, au mois de septembre de cette année, de l’accord
d’association avec l’Union Européenne n’arrange pas les choses. Du
moins pour le moment. L’Algérie reste fondamentalement un pays
importateur de biens de consommation et de produits alimentaires, et
un exportateur net d’hydrocarbures. Les contingents de sucre et
d’autres produits entrant dans le cadre de cet accord, ont été
consommés en l’espace d’une semaine par ces milliers d’importateurs
qui gangrènent le paysage économique algérien.
Il est évident
que les entreprises algériennes (publiques et privées) ne sont pas
prêtes pour affronter la concurrence induite par l’accord
d’association. Nous sommes encore au stade de la « mise à niveau »
des entreprises qui était censée avoir lieu bien avant l’entrée en
vigueur de l'accord avec l’UE. Mais, à en croire les responsables
européens qui gèrent ce dossier, il y a matière à « espérer »
puisque, disent-ils, les PME algériennes commencent à donner
l’impression de vouloir se surpasser. Par ailleurs, l’on a découvert
tardivement que les pouvoirs publics n’ont pas fait ce qu’il fallait
en matière d’information sur les conséquences et les implications de
l’entrée en vigueur de l’accord d’association. Une carence à ne pas
mettre au compte sur le déficit de communication mais, plutôt, sur
une certaine incompétence à plusieurs niveaux des administrations
concernées qui se sont contentée seulement de diffuser les termes de
l’accord d’association (encore que cela n’a pas été fait à large
échelle) sans toutefois faire l’effort de l’expliquer aux opérateurs
économiques qui ne sont pas tous capables de comprendre des textes
aussi compliqués.
Les banques
« scandalisées »
Dans le secteur
bancaire, l’année 2005 a rivalisé avec celle de 2002 qui a vu naître
le « scandale Khalifa ». Les scandales en série de plusieurs banques
publiques ont remis à l’heure la « certitude » affichée par ces
banques dont on disait qu’elles étaient « plus sûres » par rapport à
leurs homologues privées. Et voilà que le détournement de
l’équivalent de plusieurs milliards de dinars dans des dizaines
d’opérations d’import-export vient nous rappeler que c’est tout le
secteur bancaire algérien qui va mal, pas seulement les banques
privées. Mais, ce qui fait le plus mal c’est de savoir que la Banque
Centrale n’a pas les moyens humains et matériels de contrôler tout
cela.
Alors, il est
bien beau d’adopter une loi contre « le blanchiment d’argent et le
financement du terrorisme », sans compter les textes réprimant la
fuite des capitaux existants auparavant, mais à quoi servent-elles
si des milliards de dinars ont pu se loger dans des banques
étrangères avec une facilité déconcertante.
Attendue pour
2005, l’affaire Khalifa ne sera finalement pas jugée cette année.
Depuis quelques mois, le flou entoure de plus en plus ce brûlant
dossier dont le jugement est, dit-on, prévu pour 2006 (Inchallah !).
Le dossier des
privatisations n’a pas avancé d’un iota en 2005. Les entreprises
éligibles à l’ouverture partielle ou totale de leurs capitale sont
en position de « wait and see » qui s’avère être mortelle pour les
collectifs des travailleurs et, par conséquent, sur l’état de santé
de ces entités qui se détériore de plus en plus. Comme toujours, une
promesse a été faite que l’année 2006 sera décisive pour ce dossier.
En 2005,
l’entreprise SUEZ a décroché un contrat de « gestion déléguée » de
l’eau potable dans la capitale. Comme s’il s’agissait d’une
technologie de pointe, l’Algérie n’est donc pas capable de former,
même à l’étranger, de bons gestionnaires de réseaux d’eau potable !
En 2005 l’Algérie
a adopté un second plan de relance économique, baptisé
officiellement « Plan de consolidation de la relance » sans que le
premier programme, pour lequel 7 milliards de dollars ont été
dépensés en 3 ans, n’ai fait l’objet d’un bilan détaillé, non
seulement en terme de consommation budgétaire mais aussi sur le plan
de la réalisation des promesses d’emplois.
Plus consistant
financièrement, le plan 2005-2009 est appelé à consommer une
enveloppe de 60 milliards de dollars pour une série
d’infrastructures et autres travaux pour l’amélioration du quotidien
des algériens. S’il est trop de tôt pour s’exprimer sur les
résultats de ce nouveau plan, on ne peut néanmoins que s’interroger
sur la valeur ajoutée qu’apportera l’argent injecté sur l’économie
nationale.
Faisons quand
même le vœu que l’année 2006 sera celle de la production nationale,
de l’emploi, et de la réduction des importations.
Abdelkader Djalil
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