Semaine du 21 au 27 Décembre 2005

 

Hormis la hausse des recettes pétrolière

2005, l’année de la stagnation économique

 

 
 
 Economie 

Accueil

 Hormis la hausse des recettes pétrolière

2005, l’année de la stagnation économique

Les « choses sérieuses vont commencer » écrivait, en janvier dernier, un confrère de la presse écrite gouvernementale à propos des chantiers économiques de l’année 2005, osant même la comparaison de l’Algérie avec des géants mondiaux. « Il y a fort à parier que notre pays sera véritablement l’économie émergente de la région, à l´image de ces nations, comme la Corée du Sud, qui ont effectué un bon surprenant dans  l’informatique et les technologies nouvelles ». On ne sait pas ce qu’il advint de cet « enthousiasme » bien propre à certains confrères des médias publics, mais les « promesses » de l’année 2005 sont loin, très loin même, de ce que réalise la Corée du Sud en une heure de temps !

Non seulement l’argent « ne fait pas le bonheur » mais il ne donne pas non plus des idées (des bonnes, surtout) à celui qui est en panne de réflexion. Les résultats économiques de l’Algérie durant l’année de 2005, sont plutôt médiocres si l’on tient compte des capacités financières engrangées par le pays grâce aux prix du baril de pétrole sur le marché international. Aucune réalisation de taille. Même pas un petit investissement productif dans un secteur comme celui médicament qui coûte à l’Algérie la bagatelle d’un milliard de dollars par an.

Hormis l’adoption de plusieurs textes législatifs touchant au secteur des hydrocarbures et à la « lutte contre le blanchiment d’argent et financement du terrorisme », l’année 2005 n’a pas apporté grand-chose au secteur économique.

Finalement, la très controversée loi sur les hydrocarbures a été adoptée le 19 mars (sic !) dernier avec, de surcroît, l’accord de la centrale UGTA. « Elle n’apportera pas ses fruits immédiatement », annonce-t-on au ministère de l’Energie. Mais, une chose est sûre, c’est que le texte a satisfait l’ensemble des opérateurs étrangers du secteur des hydrocarbures opérant en Algérie, et à leur tête les entreprises américaines. Cette loi a, également permis de modifier le paysage pétrolier algérien, en séparant les prérogatives de Sonatrach et celles de l’Etat. La compagnie nationale perd son statut de privilégiée. Elle est appelée, désormais, à déposer des dossiers soumissions au même titre que les compagnies internationales lors des prochains appels d’offres que lancera le secteur. Quant aux prérogatives de l’Etat, elles seront gérées par deux entités, l’Agence nationale pour la valorisation des ressources en hydrocarbures (ALNAFT) et l’Autorité de contrôle et régulation des hydrocarbures (ARH), qui viennent récemment d’entrer en fonctionnement.

L’importance du secteur des hydrocarbures dans l’échiquier économique algérien n’est plus à démontrer. Cette année aussi, les recettes d’exportations de pétrole et de gaz vont probablement dépasser la barre des 40 milliards de dollars, soit jusqu’à quatre fois plus que certaines années de vaches maigres.

Côté importation, l’année 2005 n’a pas dérogé à la règle. Le pays dépend gravement des importations de médicaments et de produits alimentaires. Les statistiques de la douane pour les 9 mois de 2005, montrent une hausse significative du montant des importations qui passe à 15,723 milliards de dollars (MDUS) contre 13,38 MDUS pour la même période de l’année précédente. Si la facture des produits alimentaires enregistre une légère baisse (2,697 MDUS contre 2,715 MDUS), celle des médicaments est en petite hausse pour les neuf premiers mois de l’année 2005 (799,4 millions de dollars US contre 784,1 millions de dollars US pour la même période de 2004). Côté exportation hors hydrocarbures, la situation s’améliore un peu (environ 40 millions de dollars de hausse), mais la barre n’arrive pas à atteindre un demi milliard de dollars.

L’entrée en vigueur, au mois de septembre de cette année, de l’accord d’association avec l’Union Européenne n’arrange pas les choses. Du moins pour le moment. L’Algérie reste fondamentalement un pays importateur de biens de consommation et de produits alimentaires, et un exportateur net d’hydrocarbures. Les contingents de sucre et d’autres produits entrant dans le cadre de cet accord, ont été consommés en l’espace d’une semaine par ces milliers d’importateurs qui gangrènent le paysage économique algérien.

Il est évident que les entreprises algériennes (publiques et privées) ne sont pas prêtes pour affronter la concurrence induite par l’accord d’association. Nous sommes encore au stade de la « mise à niveau » des entreprises qui était censée avoir lieu bien avant l’entrée en vigueur de l'accord avec l’UE. Mais, à en croire les responsables européens qui gèrent ce dossier, il y a matière à « espérer » puisque, disent-ils, les PME algériennes commencent à donner l’impression de vouloir se surpasser. Par ailleurs, l’on a découvert tardivement que les pouvoirs publics n’ont pas fait ce qu’il fallait en matière d’information sur les conséquences et les implications de l’entrée en vigueur de l’accord d’association. Une carence à ne pas mettre au compte sur le déficit de communication mais, plutôt, sur une certaine incompétence à plusieurs niveaux des administrations concernées qui se sont contentée seulement de diffuser les termes de l’accord d’association (encore que cela n’a pas été fait à large échelle) sans toutefois faire l’effort de l’expliquer aux opérateurs économiques qui ne sont pas tous capables de comprendre des textes aussi compliqués.

Les banques « scandalisées »

Dans le secteur bancaire, l’année 2005 a rivalisé avec celle de 2002 qui a vu naître le « scandale Khalifa ». Les scandales en série de plusieurs banques publiques ont remis à l’heure la « certitude » affichée par ces banques dont on disait qu’elles étaient « plus sûres » par rapport à leurs homologues privées. Et voilà que le détournement de l’équivalent de plusieurs milliards de dinars dans des dizaines d’opérations d’import-export vient nous rappeler que c’est tout le secteur bancaire algérien qui va mal, pas seulement les banques privées. Mais, ce qui fait le plus mal c’est de savoir que la Banque Centrale n’a pas les moyens humains et matériels de contrôler tout cela.

Alors, il est bien beau d’adopter une loi contre « le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme », sans compter les textes réprimant la fuite des capitaux existants auparavant, mais à quoi servent-elles si des milliards de dinars ont pu se loger dans des banques étrangères avec une facilité déconcertante.

Attendue pour 2005, l’affaire Khalifa ne sera finalement pas jugée cette année. Depuis quelques mois, le flou entoure de plus en plus ce brûlant dossier dont le jugement est, dit-on, prévu pour 2006 (Inchallah !).

Le dossier des privatisations n’a pas avancé d’un iota en 2005. Les entreprises éligibles à l’ouverture partielle ou totale de leurs capitale sont en position de « wait and see » qui s’avère être mortelle pour les collectifs des travailleurs et, par conséquent, sur l’état de santé de ces entités qui se détériore de plus en plus. Comme toujours, une promesse a été faite que l’année 2006 sera décisive pour ce dossier.

En 2005, l’entreprise SUEZ a décroché un contrat de « gestion déléguée » de l’eau potable dans la capitale. Comme s’il s’agissait d’une technologie de pointe, l’Algérie n’est donc pas capable de former, même à l’étranger, de bons gestionnaires de réseaux d’eau potable !

En 2005 l’Algérie a adopté un second plan de relance économique, baptisé officiellement « Plan de consolidation de la relance » sans que le premier programme, pour lequel 7 milliards de dollars ont été dépensés en 3 ans, n’ai fait l’objet d’un bilan détaillé, non seulement en terme de consommation budgétaire mais aussi sur le plan de la réalisation des promesses d’emplois.

Plus consistant financièrement, le plan 2005-2009 est appelé à consommer une enveloppe de 60 milliards de dollars pour une série d’infrastructures et autres travaux pour l’amélioration du quotidien des algériens. S’il est trop de tôt pour s’exprimer sur les résultats de ce nouveau plan, on ne peut néanmoins que s’interroger sur la valeur ajoutée qu’apportera l’argent injecté sur l’économie nationale.

Faisons quand même le vœu que l’année 2006 sera celle de la production nationale, de l’emploi, et de la réduction des importations.

Abdelkader Djalil

 

 

Haut

e-mail :contact@lesdebats.com

 

Copyright © 2001-2002 - MAHMOUDI INFO Sarl - Tous droits réservés.

Conception M.Merkouche