Semaine du 22 au 28 juin 2005

 

Irak

Bush part en campagne de relations publiques

G8

L’annulation de la dette ne règle pas le problème des pays pauvres

Le vent des réformes gagne Bahreïn

 

 
 
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Irak

Bush part en campagne de relations publiques

Le Président américain compte mettre le paquet pour reprendre l’initiative sur l’Irak. George W. Bush planifie une campagne de relations publiques pour les prochaines semaines, l’objectif étant de convaincre une opinion publique américaine déboussolée que les Etats-Unis ne sont pas en train de s’enliser dans le pays envahi il y a un peu plus de deux années.

 

Dans une première sortie médiatique allant dans ce sens, samedi dernier, le locataire de la Maison-Blanche a affirmé tout de go que les Etats-Unis étaient en guerre en Irak car ils ont été attaqués en septembre 2001. Un amalgame qui en dit long sur l’état d’esprit régnant actuellement au sein de l’administration américaine, au vu de la situation désastreuse en Irak et des répercussions qu’elle peut avoir en Amérique. Les armes de destruction massive introuvables ne font plus recette, alors on trouve autre chose.  Tout va être tenté  pour mystifier la réalité puisque George W. Bush déclare que c’est “en état de légitime défense” que les troupes américaines ont envahi l’Irak et bouté hors du pouvoir l’ancien président Saddam Hussein. Il n’avait pas encore été aussi loin jusque-là.

Le point fort de cette offensive de propagande qui ne dit pas son nom sera un discours prévu le 18 juin, un an jour pour jour après le transfert de souveraineté au gouvernement provisoire irakien. Un Exécutif qui ne maîtrise rien, dans un pays à feu et à sang et où les morts à répétition ne font plus la Une de l’actualité internationale.

Malgré cette situation générée par l’invasion américaine de l’Irak, le président Bush espère convaincre une bonne partie de ses concitoyens de plus en plus sceptiques que l’Irak reste sur la voie de la stabilisation et de la démocratie. Il souhaite également couper court au débat qui enfle sur la nécessité d’établir un échéancier pour le retour des quelque 130 000 soldats américains qui, selon l’administration, ne ferait que stimuler “les insurgés”.

Cette campagne d’explication vise aussi à dissiper la morosité dans laquelle baigne l’Administration, six mois seulement après le début du second mandat de George W. Bush. Plus de 1 700 soldats américains ont trouvé la mort en Irak et les derniers sondages montrent que l’opposition à la guerre ne cesse de grossir, s’élevant ces derniers jours à son plus haut niveau depuis le début de l’invasion américaine, en mars 2003.

Selon une enquête d’opinion publiée récemment par le New York Times et la chaîne CBS News, 59% des Américains désapprouvent la gestion de la situation en Irak par l’actuel Président et 51% pensent que l’invasion a été une erreur.  Sur le plan général, seules 42% des personnes sondées approuvent l’action politique du Président républicain tandis que 51% lui donnent une mauvaise note.

L’idée d’un échéancier de retrait des troupes a été mise sur la table par des parlementaires républicains et démocrates, qui souhaitent que les effectifs soient réduits à partir d’octobre 2006.

La Maison-Blanche a tenté de mettre fin au débat en affirmant sans convaincre grand monde qu’un calendrier enverrait un “mauvais message”.

Sur un autre front, l’opposition démocrate a tenté d’utiliser les fuites de presse des mémos confidentiels britanniques suggérant que George Bush avait décidé de faire chuter Saddam Hussein près d’un an avant l’invasion, en dépit de ses déclarations que la guerre pouvait être évitée.

Reste que le Président américain a plus d’une année devant lui pour reconquérir son opinion : les électeurs ne se rendront pas aux urnes avant le scrutin législatif de novembre 2008.

 

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  G8

L’annulation de la dette ne règle pas le problème des pays pauvres

L’annulation immédiate de la dette de 18 pays pauvres décidée dernièrement à Londres par les ministres des Finances du G8 “ne règle pas le problème de ces pays”, de l’avis de l’économiste altermondialiste égyptien Samir Amin. Cette annulation était “prévisible”, selon lui, car voulue par la commission pour l’Afrique du Premier Ministre britannique Tony Blair. “L’annulation en soi n’est pas condamnable, mais elle ne règle pas le problème.” Samir Amin, installé à Dakar et président du Forum mondial des alternatives, affirme en effet que “cette dette est le produit d’une politique systématique mise en œuvre par les puissances dominantes”. “Si les puissances dominantes acceptent l’annulation de la dette, c’est parce qu’elle a rempli ses fonctions et n’est plus utile.” Il ajoute : “La  soumission au libéralisme extrême fonctionne désormais directement comme moyen de pompage des ressources des pays en développement.” Samir Amin estime qu’il existe “des dettes de nature très différente, odieuses ou illégales” et propose un audit international qui, dans la plupart des cas, en prouvera le caractère illégitime.

Les ministres du G8 (Grande-Bretagne, Canada, France, Italie, Japon, Allemagne, Etats-Unis et Russie) ont décidé l’annulation immédiate de la dette multilatérale de 18 pays parmi les plus pauvres envers le Fonds monétaire internationale, la Banque mondiale et la Banque africaine de développement, pour un montant de 40 milliards de dollars. Les pays bénéficiaires de cette mesure, en majorité africains, sont : Bénin, Bolivie, Burkina Faso, Ethiopie, Ghana, Honduras, Madagascar, Mali, Mauritanie, Mozambique, Nicaragua, Niger, Rwanda, Sénégal, Tanzanie, Ouganda et Zambie.

 

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Le vent des réformes gagne Bahreïn

La rue se joint à l’opposition, au Bahreïn, pour réclamer des réformes constitutionnelles donnant plus de pouvoir au Parlement élu. Les manifestations se succèdent, regroupant des milliers de personnes, à l’appel de quatre mouvements de l’opposition.

Les principaux courants politiques sont représentés par des associations, les partis étant interdits dans le pays. Ils s’élèvent contre l’attribution de pouvoirs législatifs à la seconde chambre du Parlement, dont les membres sont nommés.

En 2002, Bahreïn est devenu une monarchie constitutionnelle et le Parlement a été rétabli.

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