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Les
mercredis de l’histoire
Les ruines
romaines de Timgad dans la wilaya de Batna (suite du
numéro
précédent)
Le forum est la
partie la plus importante de Thamugadi. C’est à l’intérieur du forum
que les anciens se réunissaient pour écouter les orateurs qui, du
haut de la tribune, faisaient des communications officielles,
donnaient des informations politiques, ou des ordres de mobilisation
en cas de danger.
Le forum
Les portiques qui
encerclaient la place, protégeaient des ardeurs du soleil et des
intempéries les auditeurs et aussi les badauds. La place publique
était entourée de boutiques, d’une prison, d’une école, d’un temple
et enfin d’une salle pour les réunions. Le côté est était occupé
presque entièrement sur la basilique, qui est la bourse, et en même
temps, le tribunal de commerce, dont la salle principale (29 mètres
sur 15 mètres), possédait deux portes protégées par un portique à
l’ouest.
Trois vastes
niches, dont deux rectangulaire, et une hémisphérique, contenant des
statuts de monarques ; au nord, cinq portes communiquant avec des
salles annexes à l’est. Enfin, au sud, une estrade où siégeaient les
juges, et à laquelle on accédait par un escalier ménage dans un
dégagement à l’angle sur-est de la salle, derrière le prétoire, des
vestiaires ou chambre de repos.
Du côté sud, le
portique précédait neuf boutiques, voisine de la loge’ du gardien
(elle était de trois pièces) et on débouchait dans la curie.
On quittera la
place publique par la porte monumentale, qui donnait accès à un
vestibule spacieux, décoré de six bases honorifiques. Ses dimensions
sont de 8 m 20 de longueur sur 6 m 50 de largeur.
La bibliothèque
municipale
La bibliothèque
municipale faisait 26 mètres de longueur sur 25 mètres de largeur.
Celle-ci avait un portique en forme de U, soutenu par douze colonnes
en calcaire d’une blancheur d’albâtre, encerclant une cour ouverte
sur le voie principale.
On parvenait aux
deux abouts par des entrées devant lesquelles se trouvaient des
marches. Au sud, deux degrés suffisaient ; au nord il y avait
davantage ; mais elles ont disparu. D’après une inscription de
l’époque, cette bibliothèque a été offerte par un riche citoyen
nommé Rogatius à sa ville natale, et qu’elle avait coûté 400.000
sesterces.
La chapelle à
trois nefs
En se rapprochant
du capitole, à une cinquantaine de mètres environ, au sud de ce
temple, est érigée sur le bord du ravin, une chapelle à trois nefs,
avec quatre colonnes ; une abside carrée encadrait le cœur qui était
hémisphérique. Elle était néanmoins précédée d’un portique et, à
l’intérieur, un minuscule réduit sur le côté sud, paraît avoir été
affecté à une sacristie. Il faut passer un autre ravin à l’est, où
les ruines de la seconde basilique chrétienne sont nettement
visible ; plus vaste que la première. Cet édifice se trouve à deux
cents mètres au nord-ouest de l’arc de triomphe de Trajan. Son
abside est orientée en direction de l’est. Cette église à trois
nefs, celle du milieu a 36 mètres de longueur sur 7 mètres de
largeur. Le cœur occupait la partie postérieure de la nef centrale.
Par deux escaliers
de quelques marches, on passait de la nef abside de forme circulaire
et pavée de mosaïque. Du côté ouest, on pénétrait dans l’église par
un long vestibule ; sur son flanc droit, on remarque les vestiges
d’un baptistère orné de quatre colonnes et dans la cuve possédait
deux gradins. Sur la gauche du vestibule étaient disposées trois
pièces, auxquelles on parvenait par une porte qu Nord. De l’église,
un escalier, dont il ne reste qu’une marche, montait à un étage
au-dessus des trois pièces précitées.
Le monastère
pour les religieux
Comme pour la
cathédrale, des constructions étaient rattachées à celle qui nous
occupe. Derrière la basilique, une cour de 40 mètres sur 25 mètres
était entourée de portiques le long desquels étaient également
placées plusieurs pièces pour abriter les religieux. Au Nord de
l’imposant édifice, il y avait plusieurs salles de différentes
grandeurs. Dans les ruines de ces bâtiment, des chercheurs ont
trouvé des tombes anépigraphes, couvertes de tuiles rouges, en
parfait état de conservation.
Le théâtre de
Timgad
Le théâtre de
Timgad est l’édifice le plus original et le mieux élaboré de la cité
militaire. Les gradins sont disposés en demi-cercle et formaient
l’orchestre, la deuxième partie étant réservée au public. La
troisième partie, celle des services de la scène était
somptueusement décoré de colonnes et de statues. C’était le décor
permanent. Ce que les gens du théâtre appellent le foyer est placé
derrière l’édifice ; c’était un portique qui servait à la promenade
et où tout le monde se réunissait avant les représentations. Les
théâtres antiques n’avaient pas de toitures ; un vélum attaché à des
mâts fixés sur le mur extérieur de l’édifice, et qu’on tendait à
l’aide d’une poulie et des cordages, protégeait les gradins ; la
scène était protégée par un auvent.
Les
représentations étaient aussi nombreuses que variées, et
constituaient soit des mimes venus de toute la Numidie, soit des
comédies, et le plus souvent des tragédies du répertoire romain et
grec. Presque toujours, les représentations étaient offertes aux
habitants de la cité par de riches citoyens de la cité, qui
briguaient généralement une fonction élective quelconque. Le théâtre
de Timgad est très bien conservé, quoique les gradins supérieurs
aient disparus. L’entrée nord, pas loin de la sortie principale de
la place publique, la voute qui couvrait le passage auquel elle
donnait accès a laissé des traces dans le mur.
Pour arriver à
l’entrée sud, qui est symétrique avec la première, il faut traveser
l’immense cour ménagée derrière le théâtre. On débouchait ainsi dans
l’orchestre dont on peut admirer le beau dallage, si bien conservé
jusqu’à nos jours. Le théâtre de Timgad pouvait, sur ses gradins,
recevoir 2.400 spectateurs ; sous la galerie du haut et sur la
terrasse approximativement 600, 3.000 personnes en tout.
Les thermes ou
bains publics de la ville-garnison
Dans les ruines de
Timgad, douze bains publics ou thermes ont été découverts. Nous
avons choisi l’édifice le plus grand et le plus original pour le
décrire. Les grands thermes du Nord, qui, à cause de leur étendue,
n’avaient pu trouver place à l’intérieur de la cité. Cet
établissement thermal mesure 80 m 50 de longueur sur 64 m 45 de
largeur, sa surface totale est de 3.950 mètres carrés, sans compter
le perron extérieur qui donne accès à l’entrée principale.
Les salles que
contient la station sont au nombre de trente cinq. Ce qui attire
l’attention en pénétrant dans cet ensemble, c’est la majestueuse
originalité des trois immenses salles autour desquelles sont
groupées les pièces secondaires, et dont l’effet devait être
impressionnant. L’architecture générale des thermes de l’ouest de
Cherchell, l’ancienne Caesaéra, capitale de la Maurétanie
césarienne, peut être comparée à celle des thermes du nord de
Timgad, dont la superficie est sensiblement la même.
La première grande
salle, dans laquelle on pénètre par la porte principale, se présente
dans sa plus vaste dimension, qui n’est pas moins de 23 mètres. Deux
larges baies la relient avec le petit côté de la deuxième salle,
celle du centre, qui mesure 28 m 50 de longueur sur 13 mètres de
largeur. A l’extérieur de cette dernière, se trouve la troisième
symétrique avec la première et, ouverte largement sur la salle
centrale. L’ensemble de ces espaces constitue dont un double “T”,
dont la longueur totale est de 60 mètres. Non seulement ils
permettent d’accéder aux différents services des bains, mais encore,
ils servent de lieu de promenade, de jeux, de délassement et,
surtout à des exercices physiques.
A l’intérieur des
bains, la température élevée s’obtenait aux moyens de fourneaux
spéciaux, lesquels étaient desservis par une galerie qui bordait
l’édifice du côté sud. Les grands thermes du nord constituaient un
ensemble harmonieux, parfait et fonctionnel, et devrait servir de
lieu, de point de ralliement à la haute bourgeoisie de la cité et
aux officiers supérieurs de la garnison.
Des pierres
muettes, brûlées par le soleil
La grande base
militaire, qui servait de point de départ, de soutien logistique aux
troupes répressives, malgré sa morgue, sa puissance et sa fierté,
n’a jamais connu de répit et de paix. Elle était soumise en
permanence aux harcèlements, aux attaques meurtrières des tribus
aurassiennes. A plusieurs reprises, elle fut investie, détruite, par
les “barbares”, et reconstruite par les légionnaires romains.
Que reste-t-il de
l’orgueilleuse base militaire ? Des pierres muettes, brûlées par le
soleil et recouvertes d’une maigre végétation, qui sert de pâturages
à des troupeaux de chèvres et de moutons…
Chenouf Ahmed
Boudi
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Les sources :
1). – A.
Boissières : L’Algérie romaine.
2). – J. Despois :
L’Afrique du Nord.
3). – C.
Courtois : Revue historique (1947).
4). – J.
Carcopino : Le Lime de Numidie et sa garde syrienne.
5). – S. Gsell :
L’Algérie dans l’Antiquité.
6). – P. Massaria :
Le Lime sous la dynastie des Sévères dans le Hodna.
7). – R. Cagnat :
L’armée et l’occupation de la Numidie sous les empereurs romains.
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