Semaine du 22 au 28 décembre 2004

 

Les mercredis de l’histoire

Les ruines domaines de Timgad dans la wilaya de Batna

 

 

 
 
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Les mercredis de l’histoire

Les ruines romaines de Timgad dans la wilaya de Batna (suite du numéro précédent)

Le forum est la partie la plus importante de Thamugadi. C’est à l’intérieur du forum que les anciens se réunissaient pour écouter les orateurs qui, du haut de la tribune, faisaient des communications officielles, donnaient des informations politiques, ou des ordres de mobilisation en cas de danger.

 

Le forum

Les portiques qui encerclaient la place, protégeaient des ardeurs du soleil et des intempéries les auditeurs et aussi les badauds. La place publique était entourée de boutiques, d’une prison, d’une école, d’un temple et enfin d’une  salle pour les réunions. Le côté est était occupé presque entièrement sur la basilique, qui est la bourse, et en même temps, le tribunal de commerce, dont la salle principale (29 mètres sur 15 mètres), possédait deux portes protégées par un portique à l’ouest.

Trois vastes niches, dont deux rectangulaire, et une hémisphérique, contenant des statuts de monarques ; au nord, cinq portes communiquant avec des salles annexes à l’est. Enfin, au sud, une estrade où siégeaient les juges, et à laquelle on accédait par un escalier ménage dans un dégagement à l’angle sur-est de la salle, derrière le prétoire, des vestiaires ou chambre de repos.

Du côté sud, le portique précédait neuf boutiques, voisine de la loge’ du gardien (elle était de trois pièces) et on débouchait dans la curie.

On quittera la place publique par la porte monumentale, qui donnait accès à un vestibule spacieux, décoré de six bases honorifiques. Ses dimensions sont de 8 m 20 de longueur sur 6 m 50 de largeur.

 

La bibliothèque municipale

La bibliothèque municipale faisait 26 mètres de longueur sur 25 mètres de largeur. Celle-ci avait un portique en forme de U, soutenu par douze colonnes en calcaire d’une blancheur d’albâtre, encerclant une cour ouverte sur le voie principale.

On parvenait aux deux abouts par des entrées devant lesquelles se trouvaient des marches. Au sud, deux degrés suffisaient ; au nord il y avait davantage ; mais elles ont disparu. D’après une inscription de l’époque, cette bibliothèque a été offerte par un riche citoyen nommé Rogatius à sa ville natale, et qu’elle avait coûté 400.000 sesterces.

 

La chapelle à trois nefs

En se rapprochant du capitole, à une cinquantaine de mètres environ, au sud de ce temple, est érigée sur le bord du ravin, une chapelle à trois nefs, avec quatre colonnes ; une abside carrée encadrait le cœur qui était hémisphérique. Elle était néanmoins précédée d’un portique et, à l’intérieur, un minuscule réduit sur le côté sud, paraît avoir été affecté à une sacristie. Il faut passer un autre ravin à l’est, où les ruines de la seconde basilique chrétienne sont nettement visible ; plus vaste que la première. Cet édifice se trouve à deux cents mètres au nord-ouest de l’arc de triomphe de Trajan. Son abside est orientée en direction de l’est. Cette église à trois nefs, celle du milieu a 36 mètres de longueur sur 7 mètres de largeur. Le cœur occupait la partie postérieure de la nef centrale.

Par deux escaliers de quelques marches, on passait de la nef abside de forme circulaire et pavée de mosaïque. Du côté ouest, on pénétrait dans l’église par un long vestibule ; sur son flanc droit, on remarque les vestiges d’un baptistère orné de quatre colonnes et dans la cuve possédait deux gradins. Sur la gauche du vestibule étaient disposées trois pièces, auxquelles on parvenait par une porte qu Nord. De l’église, un escalier, dont il ne reste qu’une marche, montait à un étage au-dessus des trois pièces précitées.

 

Le monastère pour les religieux

Comme pour la cathédrale, des constructions étaient rattachées à celle qui nous occupe. Derrière la basilique, une cour de 40 mètres sur 25 mètres était entourée de portiques le long desquels étaient également placées plusieurs pièces pour abriter les religieux. Au Nord de l’imposant édifice, il y avait plusieurs salles de différentes grandeurs. Dans les ruines de ces bâtiment, des chercheurs ont trouvé des tombes anépigraphes, couvertes de tuiles rouges, en parfait état de conservation.

 

Le théâtre de Timgad

Le théâtre de Timgad est l’édifice le plus original et le mieux élaboré de la cité militaire. Les gradins sont disposés en demi-cercle et formaient l’orchestre, la deuxième partie étant réservée au public. La troisième partie, celle des services de la scène était somptueusement décoré de colonnes et de statues. C’était le décor permanent. Ce que les gens du théâtre appellent le foyer est placé derrière l’édifice ; c’était un portique qui servait à la promenade et où tout le monde se réunissait avant les représentations. Les théâtres antiques n’avaient pas de toitures ; un vélum attaché à des mâts fixés sur le mur extérieur de l’édifice, et qu’on tendait à l’aide d’une poulie et des cordages, protégeait les gradins ; la scène était protégée par un auvent.

Les représentations étaient aussi nombreuses que variées, et constituaient soit des mimes venus de toute la Numidie, soit des comédies, et le plus souvent des tragédies du répertoire romain et grec. Presque toujours, les représentations étaient offertes aux habitants de la cité par de riches citoyens de la cité, qui briguaient généralement une fonction élective quelconque. Le théâtre de Timgad est très bien conservé, quoique les gradins supérieurs aient disparus. L’entrée nord, pas loin de la sortie principale de la place publique, la voute qui couvrait le passage auquel elle donnait accès a laissé des traces dans le mur.

Pour arriver à l’entrée sud, qui est symétrique avec la première, il faut traveser l’immense cour ménagée derrière le théâtre. On débouchait ainsi dans l’orchestre dont on peut admirer le beau dallage, si bien conservé jusqu’à nos jours. Le théâtre de Timgad pouvait, sur ses gradins, recevoir 2.400 spectateurs ; sous la galerie du haut et sur la terrasse approximativement 600, 3.000 personnes en tout.

 

Les thermes ou bains publics de la ville-garnison

Dans les ruines de Timgad, douze bains publics ou thermes ont été découverts. Nous avons choisi l’édifice le plus grand et le plus original pour le décrire. Les grands thermes du Nord, qui, à cause de leur étendue, n’avaient pu trouver place à l’intérieur de la cité. Cet établissement thermal mesure 80 m 50 de longueur sur 64 m 45 de largeur, sa surface totale est de 3.950 mètres carrés, sans compter le perron extérieur qui donne accès à l’entrée principale.

Les salles que contient la station sont au nombre de trente cinq. Ce qui attire l’attention en pénétrant dans cet ensemble, c’est la majestueuse originalité des trois immenses salles autour desquelles sont groupées les pièces secondaires, et dont l’effet devait être impressionnant. L’architecture générale des thermes de l’ouest de Cherchell, l’ancienne Caesaéra, capitale de la Maurétanie césarienne, peut être comparée à celle des thermes du nord de Timgad, dont la superficie est sensiblement la même.

La première grande salle, dans laquelle on pénètre par la porte principale, se présente dans sa plus vaste dimension, qui n’est pas moins de 23 mètres. Deux larges baies la relient avec le petit côté de la deuxième salle, celle du centre, qui mesure 28 m 50 de longueur sur 13 mètres de largeur. A l’extérieur de cette dernière, se trouve la troisième symétrique avec la première et, ouverte largement sur la salle centrale. L’ensemble de ces espaces constitue dont un double “T”, dont la longueur totale est de 60 mètres. Non seulement ils permettent d’accéder aux différents services des bains, mais encore, ils servent de lieu de promenade, de jeux, de délassement et, surtout à des exercices physiques.

A l’intérieur des bains, la température élevée s’obtenait aux moyens de fourneaux spéciaux, lesquels étaient desservis par une galerie qui bordait l’édifice du côté sud. Les grands thermes du nord constituaient un ensemble harmonieux, parfait et fonctionnel, et devrait servir de lieu, de point de ralliement à la haute bourgeoisie de la cité et aux officiers supérieurs de la garnison.

 

Des pierres muettes, brûlées par le soleil

La grande base militaire, qui servait de point de départ, de soutien logistique aux troupes répressives, malgré sa morgue, sa puissance et sa fierté, n’a jamais connu de répit et de paix. Elle était soumise en permanence aux harcèlements, aux attaques meurtrières des tribus aurassiennes. A plusieurs reprises, elle fut investie, détruite, par les “barbares”, et reconstruite par les légionnaires romains.

Que reste-t-il de l’orgueilleuse base militaire ? Des pierres muettes, brûlées par le soleil et recouvertes d’une maigre végétation, qui sert de pâturages à des troupeaux de chèvres et de moutons…

Chenouf Ahmed Boudi

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Les sources :

1). – A. Boissières : L’Algérie romaine.

2). – J. Despois : L’Afrique du Nord.

3). – C. Courtois : Revue historique (1947).

4). – J. Carcopino : Le Lime de Numidie et sa garde syrienne.

5). – S. Gsell : L’Algérie dans l’Antiquité.

6). – P. Massaria : Le Lime sous la dynastie des Sévères dans le Hodna.

7). – R. Cagnat : L’armée et l’occupation de la Numidie sous les empereurs romains.

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