Semaine du 22 au 28 Mars 2006

La sortie de Zerhouni fait  l’actualité 

Assurances et mises en garde

 

 
 
 Les Quotidiens en débat

Accueil.

La sortie de Zerhouni fait  l’actualité 

Assurances et mises en garde

Décidemment, les mesures portant application de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale continueront longtemps encore à faire parler d’elles. Les moindres déclarations de responsables ou d’hommes politiques sont reprises, analysées et disséquées sous tous les angles. Et ce travail revient à la presse qui s’est octroyé ce droit qui dépasse de loin celui d’informer.

Lectures

Mais ce qu’il y a lieu de souligner, c’est que les conséquences de cet exercice ne sont pas sans retombées sur le lectorat national. Et pour cause, ce dernier, dérouté par des analyses aussi pertinentes les unes que les autres, aboutissant à des conclusions tout aussi déroutantes, ne sait plus à quel quotidien  se vouer pour se faire sa propre opinion sur cette actualité nationale qui fait jaser. Preuve en est l’intervention, samedi, sur les ondes de la Chaîne III, du ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales à la Une de tous les titres paraissant le dimanche 19 mars.  Ainsi, s’agissant de la libération d’El-Para et de Boumaarafi dans le sillage des mesures adoptées, les trois titres qui ont consacré leur une à cette question rapportent trois approches différentes qui pourraient  être réservées au dossier.  Pour Le  Jour d’Algérie, «Zerhouni laisse la porte ouverte». Le quotidien souligne toutefois que le ministre «avouera que ces cas sont très délicats». La Nouvelle République relève cette remarque : «Des cas délicats», reprise en Une de son édition du jour. El Djazaïr News est plus catégorique : «Il est exclu qu’une grâce touche El-Para et Boumaarafi», annonce-t-il .Reste que La Nouvelle République  estime, sur la base de l’ensemble des propos tenus par M. Zerhouni  tout au long de l’émission radiophonique, que «le ministre de l’Intérieur multiplie les sorties médiatiques pour rassurer l’opinion quant à l’engagement pris par le gouvernement de veiller à a stricte application des dispositions contenues dans la Charte pour la paix et la réconciliation nationale». Ce qui n’est pas une mauvaise chose, selon ce quotidien, dont le rédacteur estime que «ces assurances s’avèrent utiles et nécessaires pour deux raisons : la première est qu’une certaine opinion commençait à s’inquiéter sérieusement du comportement de certains anciens dirigeants islamistes, récemment élargis dans le care de la Charte ; l’autre raison est que le processus  de la mise en application de cette Charte est toujours en cours et qu’il revient au gouvernement, en même temps, d’y mettre du sien pour stimuler ce processus».

Pour La Nouvelle République, cette sortie médiatique s’assimile à une «véritable mise en garde qui se suffit à elle-même». Partant, estime le commentateur, «elle se passe de tout commentaire».

Le Soir d’Algérie, d’une certaine manière, abonde dans ce même sens. Pour ce quotidien, l’intervention de Zerhouni est perçue comme un«rappel à l’ordre» qui tombe «après la libération des terroristes». La rédactrice déduit, après avoir écouté les propos tenus, que «l’Etat semble ne pas ignorer les risques politiques et sécuritaires induits par la libération de plusieurs centaines de personnes condamnées pour des affaires liées au terrorisme, dont certaines étaient affiliées à l’ex-FIS et aux organisations terroristes». Preuve en est, relève-t-elle en citant M. Zerhouni, «les détenus libérés peuvent réintégrer leur travail chez le privé et au niveau de certaines sociétés nationales, mais pas les fonctions sensibles.» Et de préciser que «l’administration a le droit et la possibilité de radier toute personne tout en lui garantissant ses indemnités». Car d’une certaine manière, le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales persiste et signe dans la ligne de conduite qui a été la sienne ces dernières années. Une ligne qu’El Khabar se chargera de rappeler en reprenant  cette déclaration de l’invité de la radio : «Je ne permettrai pas aux personnes armées de se porter candidates aux élections tant que suis ministre de l’Intérieur.»

Tant que je suis ministre…

El Watan semble se féliciter  de ce rappel. Il en a fait sa première ouverture : «Pas  de politique pour les anciens du FIS.» Pour ce quotidien, le doute n’est plus permis : «Le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales a tranché l’éventualité de voir les anciens responsables du FIS postuler pour des mandats électifs ou exercer une activité politique.» Pour étayer cette déduction, le rédacteur reprend entre guillemet les propos tenus : «C’est clair, la Charte exclut ces gens-là, du moins tant que je suis encore ministre de l’Intérieur.» Pour El Watan, Zerhouni est d’autant plus ferme à ce propos qu’il n’est pas question, d’après lui, de faire dans les deux poids deux mesures. Pour Zerhouni, est-il rappelé, il est hors question «d’appliquer les dispositions favorables de la Charte au détriment d’autres». Et puis, indique La Dépêche de Kabylie, qui rapporte également des propos tenus par le ministre, «les terroristes libérés seront surveillés». le quotidien souligne par ailleurs que l’invité de la Chaîne III a dit que «les mouvements terroristes les plus importants sont signalés essentiellement dans les wilayas de Boumerdes et Tizi Ouzou», ajoutant qu’il a relevé que «les membres du GSPC se limitent au racket et autres activités qui n’ont rien à voir avec ce que nous avons vécu pendant les années 1990».

La Tribune, rappelant cette phrase de Zerhouni qui considère que la Charte «est un package à respecter dans sa totalité», estime par ailleurs que «la réintégration sociale n’est pas synonyme de réintégration politique». Ce quotidien rappelle aussi quelques données chiffrées livrées lors du passage du ministre à la radio nationale : «Depuis le référendum sur la Charte, moins d’une centaine d’éléments des groupes armés se sont rendus aux autorités.» 

De son côté, El Fadjr rapporte que «700 à 800 terroristes sont toujours en activité en Algérie».

Le volet sécuritaire et les retombées de l’application de la Charte évoqués lors de cette émission n’ont pas suscité l’intérêt du Maghreb. Ce dernier, qui désormais s’inscrit dans le registre des quotidiens spécialisés, a retenu du passage du ministre ses propos relatifs aux projets de codes communal et de wilaya. «Il  est nécessaire de réformer le budget de l’Etat», a ainsi affirmé le ministre.

Le Jeune Indépendant est peut-être le seul quotidien à ne pas avoir accordé sa Une aux  propos du ministre ; c’est Belkhadem, invité du forum d’El Moudjahid, qui a bénéficié de cet espace. Ses déclarations portant sur l’organisation  des élections législatives de 2007 ont suscité l’intérêt du quotidien. «Le gouvernement ne doit pas subir de pression partisane», a-t-il affirmé. D’autres quotidiens ont repris ses déclarations relatives au refus du FLN de porter sur ses listes de candidature des membres de l’ex-FIS.

Nadia Kerraz

Haut

e-mail :contact@lesdebats.com

 

Copyright © 2001-2002 - MAHMOUDI INFO Sarl - Tous droits réservés.

Conception M.Merkouche