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Semaine du 22  au 28 novembre 2006

Tandis que le Congrès s'exaspère

Bush lance sa révision interne sur l'Irak

Iran et Syrie prêts à dialoguer avec les Etats-Unis sur l'Irak

"Désastre" en Irak

L'entourage de Blair tente de  nier ses propos

 

 
 
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Tandis que le Congrès s'exaspère

Bush lance sa révision interne sur l'Irak

La Maison-Blanche a révélé dernièrement avoir engagé une revue d'ensemble interne de sa politique irakienne. Au même moment, le commandant des troupes américaines au Proche-Orient a fait montre d’un optimisme démesuré quant à la situation prévalant en Irak provoquant l’ire du Congrès, dominé aujourd’hui par les démocrates. "Je reste optimiste sur le fait que nous pouvons stabiliser l'Irak", a dit le général John Abizaid qui supervise les opérations américaines en Irak en qualité de chef du Commandement central (Cenvotcom). Malgré la persistance du chaos en Irak et l'attente accrue d'un changement de politique aux Etats-Unis, il a aussi déconseillé d'augmenter ou de réduire les effectifs, provoquant l'irritation des membres de la commission du Sénat pour les Forces armées. Le Congrès menait là sa première audition sur l'Irak depuis les élections parlementaires du 7 novembre. Celles-ci ont exacerbé l'impatiences parlementaires et des Américains en général devant l'absence apparente de perspectives en Irak, où l'armée enregistre de nombreuses pertes en on sein, plus de 2 800 depuis l'invasion de mars 2003. Les pertes quotidiennes de civils irakiens ne semblent pas les perturber outre mesure.  Le débat ne porte pas sur le guerre menée contre l’Irak, loin s’en faut, mais sur la manière dont elle a été menée. La victoire des démocrates, désormais majoritaires dans les deux Chambres, a renforcé la pression exercée sur le président George W. Bush pour qu'il modifie sa stratégie. Aux élections, les Américains ont exprimé avec force leur rejet de la politique américaine en Irak. Les démocrates, dont beaucoup ont approuvé la guerre, ne parlent pas d'une seule voix sur l'Irak. Mais ils ont en commun de demander un début de retrait des troupes stationnées dans le pays. Bush a persisté à dire que la présence américaine dépendait des "conditions sur le terrain". Mais il a lui-même ouvert la voie à un possible changement en annonçant la démission de son secrétaire à la Défense, l'impopulaire Donald Rumsfeld, en se déclarant "ouvert à toutes les idées et à toutes les propositions" et en affirmant sa volonté de coopérer avec la nouvelle majorité. Il a lancé une révision de la politique irakienne à l'intérieur de son administration, a indiqué son conseiller à la sécurité nationale, Stephen Hadley. Ce réexamen était déjà en cours, a-t-il dit. Mais il s'agit apparemment de coordonner les efforts séparément au Pentagone ou au département d'Etat pour produire un rapport. Reste à savoir quelle nouvelle formule un tel rapport peut produire pour un Président qui n'a cessé d'affirmer avant et après les élections que les Etats-Unis "ajustaient constamment leur tactique" aux conditions sur le terrain. Les experts se perdent en interrogations sur les recours dont dispose Bush, entre le maintien d'un cap qu'il a défendu pendant des mois mais qui ne paraît plus tenable, le retrait pur et simple du pays que l’invasion américaine a plongé dans le chaos.

Les conclusions d'un groupe de personnalités réputées indépendantes, qui ont procédé pendant des mois à une évaluation de la situation, sont ainsi très attendues. Le Groupe d'étude sur l'Irak devrait soumettre ses propositions d'ici à la fin de l'année. Stephen Hadley a assuré que le rapport ordonné par Bush ne visait pas à faire pièce aux recommandations du Groupe d'étude sur l'Irak, mais d'examiner "quels moyens mettre à quel endroit et pour faire quoi, le genre de choses qu'un panel de spécialistes ne pourrait jamais faire". Mais ce rapport permettra à Bush de se prévaloir de sa propre évaluation, d'autant plus utile s'il est confronté à des propositions qu'il a jusqu'alors rejetées.

 

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Iran et Syrie prêts à dialoguer avec les Etats-Unis sur l'Irak

Au moment où Washington et Londres n'excluent pas de les associer aux efforts de règlement du conflit irakien, l'Iran et la Syrie ont indiqué qu'ils étaient prêts à envisager un dialogue avec les Etats-Unis. Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a annoncé que Téhéran était prêt à discuter avec les autorités américaines à condition que Washington change d'attitude. Depuis la victoire des démocrates aux élections intermédiaires américaines, l'administration républicaine de George Bush fait l'objet de pression pour engager des relations directes avec Téhéran et Damas sur la question irakienne. A Damas, le quotidien Tichrine écrit que "la Syrie est prête au dialogue avec les Etats-Unis pour parvenir à la sécurité et à la stabilité (...) et tend la main avec sincérité en espérant comme toujours une réponse. La balle est dans leur camp". "Les propos tenus quant à la nécessité d'un dialogue avec la Syrie et sur les moyens de traiter les problèmes de la région dans son ensemble sont intéressants", ajoute-t-il.

Le président Bush refusait jusqu'ici de demander leur concours à l'Iran et à la Syrie pour mettre fin à l'insurrection en Irak. Mais le revers qu'il a essuyé le 7 novembre dans les urnes - en grande partie à cause de la situation en Irak - a provoqué un changement de perspective. Si la Maison-Blanche a réagi aux propos d'Ahmadinejad en disant ne pas voir la nécessité d'un "ajustement de l'attitude américaine", Washington se montre désormais ouvert aux idées nouvelles pour améliorer la situation en Irak.

Les démocrates proposent l'organisation d'une conférence internationale où seraient conviés Syriens et Iraniens.

 

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"Désastre" en Irak

L'entourage de Blair tente de  nier ses propos

Le Premier Ministre britannique Tony Blair est de nouveau plongé dans l'embarras par le dossier irakien, après avoir admis que l'invasion de ce pays était un "désastre", ce qui a été immédiatement relativisé par son entourage. Tony Blair, affaibli politiquement du fait de son alignement sans faille sur les Etats-Unis dans le dossier irakien, était interrogé sur la nouvelle chaîne en anglais d'Al-Jazira lancée dernièrement. Au journaliste qui présentait l'intervention de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis comme ayant "été jusqu'à présent plutôt un désastre", le Premier Ministre britannique a répondu : "Ça l'a été", avant d'enchaîner sur une explication des raisons de la violence en Irak. Après l'émission, l'entourage de Blair a fait savoir que le Premier ministre n'avait fait "qu'accuser poliment réception" de la question qui venait de lui être posée et que "présenter (cette réponse) comme une sorte d'assentiment est totalement malhonnête".

Un porte-parole de Downing street a relevé laconiquement que "le Premier Ministre n'utilise pas le mot désastre". Reste que le chef du Parti libéral démocrate, deuxième parti d'opposition au Royaume-Uni, Sir Menzies Campbell s'est réjoui de ce faux pas embarrassant. "Enfin, l'énormité de la décision de lancer une opération militaire contre l'Irak est acceptée par le Premier Ministre", a-t-il déclaré, soulignant que "l'échec de la stratégie devient clair".

De son côté, une porte-parole du Parti conservateur, principal parti d'opposition, a estimé que les commentaires de Tony Blair soulignaient la nécessité d'ouvrir une enquête sur la façon dont la Grande-Bretagne s'est jointe à l'intervention militaire en Irak. Fin octobre, le Premier Ministre avait obtenu à la Chambre des communes le rejet d'une motion de l'opposition appelant à la création immédiate d'une commission parlementaire chargée d'examiner sa politique en Irak. Sous le feu des critiques depuis l'intervention de la coalition en Irak en 2003, Tony Blair a répété sur Al-Jazira que la Grande-Bretagne ne quitterait pas ce pays tant que la situation n'y serait pas stabilisée. L’entourage de Blair a fait un exercice périlleux en niant une évidence…..

 

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