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Tandis que le Congrès s'exaspère
Bush lance sa
révision interne sur l'Irak
La Maison-Blanche
a révélé dernièrement avoir engagé une revue d'ensemble interne de
sa politique irakienne. Au même moment, le commandant des troupes
américaines au Proche-Orient a fait montre d’un optimisme démesuré
quant à la situation prévalant en Irak provoquant l’ire du Congrès,
dominé aujourd’hui par les démocrates. "Je reste optimiste sur le
fait que nous pouvons stabiliser l'Irak", a dit le général John
Abizaid qui supervise les opérations américaines en Irak en qualité
de chef du Commandement central (Cenvotcom). Malgré la persistance
du chaos en Irak et l'attente accrue d'un changement de politique
aux Etats-Unis, il a aussi déconseillé d'augmenter ou de réduire les
effectifs, provoquant l'irritation des membres de la commission du
Sénat pour les Forces armées. Le Congrès menait là sa première
audition sur l'Irak depuis les élections parlementaires du 7
novembre. Celles-ci ont exacerbé l'impatiences parlementaires et des
Américains en général devant l'absence apparente de perspectives en
Irak, où l'armée enregistre de nombreuses pertes en on sein, plus de
2 800 depuis l'invasion de mars 2003. Les pertes quotidiennes de
civils irakiens ne semblent pas les perturber outre mesure. Le
débat ne porte pas sur le guerre menée contre l’Irak, loin s’en
faut, mais sur la manière dont elle a été menée. La victoire des
démocrates, désormais majoritaires dans les deux Chambres, a
renforcé la pression exercée sur le président George W. Bush pour
qu'il modifie sa stratégie. Aux élections, les Américains ont
exprimé avec force leur rejet de la politique américaine en Irak.
Les démocrates, dont beaucoup ont approuvé la guerre, ne parlent pas
d'une seule voix sur l'Irak. Mais ils ont en commun de demander un
début de retrait des troupes stationnées dans le pays. Bush a
persisté à dire que la présence américaine dépendait des "conditions
sur le terrain". Mais il a lui-même ouvert la voie à un possible
changement en annonçant la démission de son secrétaire à la Défense,
l'impopulaire Donald Rumsfeld, en se déclarant "ouvert à toutes les
idées et à toutes les propositions" et en affirmant sa volonté de
coopérer avec la nouvelle majorité. Il a lancé une révision de la
politique irakienne à l'intérieur de son administration, a indiqué
son conseiller à la sécurité nationale, Stephen Hadley. Ce réexamen
était déjà en cours, a-t-il dit. Mais il s'agit apparemment de
coordonner les efforts séparément au Pentagone ou au département
d'Etat pour produire un rapport. Reste à savoir quelle nouvelle
formule un tel rapport peut produire pour un Président qui n'a cessé
d'affirmer avant et après les élections que les Etats-Unis
"ajustaient constamment leur tactique" aux conditions sur le
terrain. Les experts se perdent en interrogations sur les recours
dont dispose Bush, entre le maintien d'un cap qu'il a défendu
pendant des mois mais qui ne paraît plus tenable, le retrait pur et
simple du pays que l’invasion américaine a plongé dans le chaos.
Les conclusions
d'un groupe de personnalités réputées indépendantes, qui ont procédé
pendant des mois à une évaluation de la situation, sont ainsi très
attendues. Le Groupe d'étude sur l'Irak devrait soumettre ses
propositions d'ici à la fin de l'année. Stephen Hadley a assuré que
le rapport ordonné par Bush ne visait pas à faire pièce aux
recommandations du Groupe d'étude sur l'Irak, mais d'examiner "quels
moyens mettre à quel endroit et pour faire quoi, le genre de choses
qu'un panel de spécialistes ne pourrait jamais faire". Mais ce
rapport permettra à Bush de se prévaloir de sa propre évaluation,
d'autant plus utile s'il est confronté à des propositions qu'il a
jusqu'alors rejetées.
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Iran et Syrie prêts à dialoguer avec les Etats-Unis
sur l'Irak
Au moment où
Washington et Londres n'excluent pas de les associer aux efforts de
règlement du conflit irakien, l'Iran et la Syrie ont indiqué qu'ils
étaient prêts à envisager un dialogue avec les Etats-Unis. Le
président iranien Mahmoud Ahmadinejad a annoncé que Téhéran était
prêt à discuter avec les autorités américaines à condition que
Washington change d'attitude. Depuis la victoire des démocrates aux
élections intermédiaires américaines, l'administration républicaine
de George Bush fait l'objet de pression pour engager des relations
directes avec Téhéran et Damas sur la question irakienne. A Damas,
le quotidien Tichrine écrit que "la Syrie est prête au dialogue avec
les Etats-Unis pour parvenir à la sécurité et à la stabilité (...)
et tend la main avec sincérité en espérant comme toujours une
réponse. La balle est dans leur camp". "Les propos tenus quant à la
nécessité d'un dialogue avec la Syrie et sur les moyens de traiter
les problèmes de la région dans son ensemble sont intéressants",
ajoute-t-il.
Le président Bush
refusait jusqu'ici de demander leur concours à l'Iran et à la Syrie
pour mettre fin à l'insurrection en Irak. Mais le revers qu'il a
essuyé le 7 novembre dans les urnes - en grande partie à cause de la
situation en Irak - a provoqué un changement de perspective. Si la
Maison-Blanche a réagi aux propos d'Ahmadinejad en disant ne pas
voir la nécessité d'un "ajustement de l'attitude américaine",
Washington se montre désormais ouvert aux idées nouvelles pour
améliorer la situation en Irak.
Les démocrates
proposent l'organisation d'une conférence internationale où seraient
conviés Syriens et Iraniens.
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"Désastre" en Irak
L'entourage de
Blair tente de nier ses propos
Le Premier
Ministre britannique Tony Blair est de nouveau plongé dans
l'embarras par le dossier irakien, après avoir admis que l'invasion
de ce pays était un "désastre", ce qui a été immédiatement
relativisé par son entourage. Tony Blair, affaibli politiquement du
fait de son alignement sans faille sur les Etats-Unis dans le
dossier irakien, était interrogé sur la nouvelle chaîne en anglais
d'Al-Jazira lancée dernièrement. Au journaliste qui présentait
l'intervention de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis comme ayant
"été jusqu'à présent plutôt un désastre", le Premier Ministre
britannique a répondu : "Ça l'a été", avant d'enchaîner sur une
explication des raisons de la violence en Irak. Après l'émission,
l'entourage de Blair a fait savoir que le Premier ministre n'avait
fait "qu'accuser poliment réception" de la question qui venait de
lui être posée et que "présenter (cette réponse) comme une sorte
d'assentiment est totalement malhonnête".
Un porte-parole de
Downing street a relevé laconiquement que "le Premier Ministre
n'utilise pas le mot désastre". Reste que le chef du Parti libéral
démocrate, deuxième parti d'opposition au Royaume-Uni, Sir Menzies
Campbell s'est réjoui de ce faux pas embarrassant. "Enfin,
l'énormité de la décision de lancer une opération militaire contre
l'Irak est acceptée par le Premier Ministre", a-t-il déclaré,
soulignant que "l'échec de la stratégie devient clair".
De son côté, une
porte-parole du Parti conservateur, principal parti d'opposition, a
estimé que les commentaires de Tony Blair soulignaient la nécessité
d'ouvrir une enquête sur la façon dont la Grande-Bretagne s'est
jointe à l'intervention militaire en Irak. Fin octobre, le Premier
Ministre avait obtenu à la Chambre des communes le rejet d'une
motion de l'opposition appelant à la création immédiate d'une
commission parlementaire chargée d'examiner sa politique en Irak.
Sous le feu des critiques depuis l'intervention de la coalition en
Irak en 2003, Tony Blair a répété sur Al-Jazira que la
Grande-Bretagne ne quitterait pas ce pays tant que la situation n'y
serait pas stabilisée. L’entourage de Blair a fait un exercice
périlleux en niant une évidence…..
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