Semaine du 22 au 28 novembre 2006

Le dixième congrès des hommes d’affaires arabes se tient à Alger

Quand l’Algérie se tourne vers les capitaux arabes

Algérie - France

Le statu quo

Malgré le caractère libéral de la nouvelle loi sur les assurances

Un secteur toujours en gestation

 

 
 
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Le dixième congrès des hommes d’affaires arabes se tient à Alger

Quand l’Algérie se tourne vers les capitaux arabes

A force de ne voir dans les IDE que ceux venant d’Occident, n’a-t-on pas perdu énormément de temps ? D’autres investisseurs, tout aussi efficaces et dont nous sommes proches culturellement  – même si l’argent se passe allègrement de cette dimension – n’attendent que l’occasion de venir faire des affaires en Algérie.

Alors que le niveau d’investissement via des capitaux arabes, en Algérie, a déjà atteint les 6 milliards de dollars, on espère le porter à 20 milliards de dollars et pour une longue période. Le 10e congrès des hommes d’affaires arabes semble être l’entrée en matière la plus évidente à ce sujet.

Mais plus concrètement, on attend des investissements à hauteur de 5 milliards de dollars pour l’année 2007, a indiqué le directeur de l’Agence nationale du développement de l’investissement (ANDI). Comme quoi avant même la clôture des travaux du congrès, nous sommes déjà dans le concret. Situation à laquelle ne nous ont pas habitué les patrons étrangers, notamment européens, se déplaçant en Algérie à grands frais, mobilisant médias et politiques pour repartir en laissant tout le monde sur sa faim. Le message, cette fois, semble dire tant pis pour ceux qui ont raté le coche.

C’est le président Bouteflika qui a ouvert, samedi, le 10e congrès des hommes d'affaires arabes. Il a appelé, devant plus de 700 hommes d'affaires venus de 15 pays arabes, les entreprises privées arabes à venir investir en Algérie.

La question est, bien entendu, pourquoi avoir attendu si longtemps pour se rappeler que le monde ne s’arrête pas à l’Occident. On pourrait supposer que ce sont aussi les investisseurs arabes qui sont velléitaires et rechignent venir investir en Algérie quand les marchés se rétrécissent, dans un monde que l’on dit ouvert alors que les opportunités d’investissement, par la grâce d’un protectionnisme non dit et de normes très exclusives et repoussantes ne sont pas aussi évidentes que cela.

Ce congrès, même s’il se tient sous le haut patronage du président de la République, n’est pas une action de VRP du pouvoir politique.

Quand on parle affaires

L’initiative et la décision reviennent au Forum des chefs d’entreprise (FCE) qui avait fait sa proposition lors de la neuvième édition du congrès, tenue à Doha, soutenu par la Fédération des hommes d’affaires arabes.

Cette semaine ce sont donc au moins 350 éminents hommes d’affaires représentant 15 pays, qui sont présents à Alger. La nouveauté, selon Omar Ramdane, président du FCE, qui recevait la presse quelques jours avant le congrès, c’est que les hommes d’affaires arabes planchent sur les opportunités d’investissement dans un pays arabe alors que précédemment, les travaux ont été consacrés à l’examen des moyens de redynamiser la coopération arabe.

Par ailleurs, l’Algérie s’est offert une occasion efficace pour mettre en évidence le climat des affaires ainsi que les opportunités offertes par l’économie algérienne aux investisseurs arabes. 

Cela dit, est-ce que le vice-président du groupe Wataniya, les deux ex-chefs de gouvernement du Koweït et du Qatar, l’homme d’affaires qatari cheikh Fayçal et Hamad Essabah Al-Ahmed Al-Sabbah, directeur du groupe koweïtien Kipco – qui s’intéresse, aussi, au projet du cyberparc technologique de Sidi-Abdallah – étaient durant les deux jours de congrès en terra incognita ? Pas vraiment dans la mesure où les IDE les plus importants, les plus visibles, ceux qui ont eu le plus d’impact sur le développement, sur l’emploi et sur la vie des Algériens sont des investissements arabes. On peut citer les réalisations du groupe Orascom, de Wataniya, de Arab Gulf Bank, de Sedar, de l’entreprise saoudienne spécialisée dans la promotion immobilière, des Jordaniens Dar Al-Dawa ou Al-Hikma ou du groupe Immar, des Emirats, qui a fait sensation en présentant d’ambitieux projets à réaliser en Algérie. Des exemples parlants, mais qui sont en deçà des capacités et des potentialités qu’offre l’Algérie. Cela est d’autant plus vrai qu’en l’absence d’autres investisseurs étrangers sérieux, les Arabes peuvent accaparer l’essentiel de ce potentiel pour peu qu’ils affichent le même dynamisme et le même sérieux que ceux déjà en place.

Par ailleurs, les excédents budgétaires, réalisés dans les pays du Golfe particulièrement à la faveur de l’augmentation des prix des hydrocarbures, nécessitent des débouchés porteurs. Cette manne se trouve également en prise avec les mesures restrictives imposées sur les marchés financiers occidentaux qui ont poussé les pays arabes à opter, eux aussi, pour une démarche protectionniste favorisant l’investissement arabe dans les Etats arabes et asiatiques.

Le congrès a permis en outre de déterminer les secteurs les plus porteurs, dans un marché multiforme en attente de capitaux. On a passé en revue les secteurs du  tourisme, les banques et les assurances, les technologies de l’information et de la communication, l’agriculture, l’industrie agroalimentaire, les travaux publics, l’habitat, la promotion immobilière, les transports, la santé ainsi que le commerce. 

Amine Esseghir

 

Climat des affaires en Algérie

Peut mieux faire

Les hommes d’affaire arabes n’auront certainement pas ignoré le dernier rapport publié par le Forum économique mondial. Celui-ci classe l’Algérie au 76e rang, soulignant que le climat des affaires n’est pas aussi bon qu’il y paraît. En fait, l’Algérie a été épinglée sur le secteur des services financiers, alors que la bureaucratie omniprésente est propice à décourager les investisseurs les plus dynamiques. Cela étant, on a indiqué, au moment où se tenait ce congrès des hommes d’affaires arabes, que le secteur bancaire est l’un des plus intéressants pour les investisseurs arabes, alors que des Libanais, des Marocains, des Tunisiens, des Emiratis et des Qataris ont pris contact avec l’Association professionnelle des banques et des établissements financiers et ont présenté des projets de création de banques. Dans le même temps, le secteur financier est en train de connaître ses mutations qualitatives les plus profondes.

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Algérie - France

Le statu quo

Bien avant sa visite à Alger, soigneusement préparée d’ailleurs, le staff de Sarkozy n’arrêtait pas de dire que le ministre de l’Intérieur avait un bien beau cadeau pour l’Algérie. Maintenant que Sarkozy est de retour chez lui, il est légitime pour chacun de se demander où est le cadeau annoncé à cor et à cri ?Etait-ce de la poudre aux yeux ou un bel emballage destiné à maquiller une visite où il est clair que Sarkozy était lui-même demandeur ?

En effet, candidat à la présidentielle de 2007, il ne serait pas vain d’amadouer près d’un million de binationaux qui vivent en France. Conclusion : un rapprochement politique entre Alger et l’Elysée n’est pas certain et la signature d’un traité d’amitié tout aussi incertaine.

Mis à part l’assouplissement des procédures pour les Algériens demandeurs de visas, Sarkozy n’avait finalement pas grand-chose dans ses bagages. Car il a aussi annoncé que la consultation européenne pour délivrer ou non des visas aux Algériens est désormais supprimée. Cette consultation n’était pas appliquée aux Tunisiens et aux Marocains. Il faut savoir que cette facilité a été arrachée par les Algériens qui, à la faveur de démarches diplomatiques multiples et d’une lutte plutôt efficace contre le terrorisme, ont pu redorer le blason du pays et lui redonner une crédibilité sur la scène internationale.

Donc, si Sarkozy y était pour un peu dans cette histoire de consultation européenne, le grand mérite revient à l’Algérie qui a su se replacer dans le monde et effacer peu à peu l’étiquette qu’on lui avait collée. Celle d’être un pays dangereux.

Au-delà de cette visite et des motivations qu’elle pouvait avoir, ce sont surtout les relations algéro-françaises qu’il faut prendre comme arrière-plan pour enfin donner à cette visite toute sa dimension. Qui mieux que l’ancien président Houari Boumediène avait défini ces relations en disant qu’elles étaient tantôt tumultueuses et tantôt paisibles, en tous cas, jamais banales ? En effet, comment pourraient-elles être banales après une présence française en Algérie qui a duré pas moins de 132 ans ? Autant dire que les deux pays ont presque une histoire commune. Le premier contact établi entre eux a été fait sur le mode de la domination : en 1830, les forces françaises débarquent à Sidi-Fredj. Depuis, ce sont des années de lutte et de résistance d’abord par l’Emir Abdelkader, relayé par la suite par d’autres résistants qui, sur des périodes continues, organisent des mouvements de révolte. A cette résistance, la France trouvait une seule et même réponse : la répression armée. Ce n’est pas pour autant que les Algériens ont cessé leur lutte. Une lutte qui a été récompensée en fin de parcours par l’indépendance de l’Algérie.

Etait-ce réellement la fin de la présence française en Algérie ? Sûrement pas, car déjà lors des séances de travail pour préparer les accords d’Evian, en 1962, les documents qui devaient définir la nature de la coopération entre les deux pays étaient déjà prêts. Les Français avaient même exigé que la langue française soit mise sur le même pied d’égalité que la langue arabe, et aussi qu’ils puissent garder les aéroports, le Sud et les zones militaires où des essais nucléaires étaient en cours. Autant dire accorder à l’Algérie un semblant d’indépendance.

Donc juste après cette indépendance, la coopération était inévitable. L’Algérie était un pays jeune qui n’avait aucune expérience et le modèle français était tout trouvé pour se construire petit à petit. C’était un modèle auquel tout le monde était habitué. Mais peu à peu, cette coopération s’est faite moins intense. Même les relations entre les deux pays ont connu un certain froid, surtout avec l’arrivée de Houari Boumediène au pouvoir. Quand ce dernier décida de nationaliser les hydrocarbures en 1971, la France, à travers sont Parti socialiste, s’intéressa de nouveau à l’Algérie. Progressivement, entre 1972 et 1980, s’établirent des relations entre le PS et le FLN. Entre 1972 et 1981, les rapports politiques entre le FLN et le PS s’améliorèrent sans cesse, sans pour autant que les sujets qui incommodent l’une des parties soient évoqués, c’est-à-dire les questions politiques. Le rapprochement s’est fait, mais il était plutôt timide. D’un accord tacite entre les deux pays, certains aspects ne sont jamais touchés.

Les relations entre les deux pays continuèrent cahin-caha jusqu’à l’arrivée du président Bouteflika et la visite qu’il effectua en France en juin 2000. Cette démarche semble avoir créé un dégel dans des relations qui n’ont jamais été banales.

En 2003, c’est le président français, Jacques Chirac, qui visite l’Algérie, la première visite d’un gouvernant français depuis 1962. Depuis, les deux pays parlent d’une relation nouvelle, confiante, sereine et surtout durable. "La déclaration d’Alger", signée par les deux chefs d’Etat est considérée comme "la feuille de route" de la relance des relations bilatérales dans tous les domaines.

Lors de la visite du président français en Algérie, le 15 avril 2004, l’on parla même d’un traité d’amitié qui devait être conclu en 2005. Un dialogue politique s’engagea alors, touchant à l’intégration maghrébine, au partenariat euro-méditerranéen, au développement en Afrique en appui au Nepad, à la sécurité en Méditerranée, aux migrations, à la démocratisation et aux droits de l’homme.

Tout semblait parfait jusqu’au jour où le Parlement français adopte la loi du 23 février 2005, exigeant que «les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord».

Depuis, le président Bouteflika conditionne la signature du traité d’amitié avec la France à la reconnaissance par cette dernière de son passé colonial. Une reconnaissance que les Français ne sont pas près de faire. Sarkozy, lors de sa récente visite, n’a pas dérogé à la règle.  Même s’il a fait semblant de reconnaître que le système colonial français en Algérie a causé des souffrances et des injustices, il n’a à aucun moment voulu dire que ce sont les Algériens qui étaient victimes de ces injustices. Comme si l’on pouvait imaginer que les Français qui, à cette époque, profitaient pleinement des richesses du pays, pouvaient se porter mal et souffrir. Une attitude qui ne diffère pas de l’attitude dominatrice et un peu méprisante qu’ont toujours affichée les Français depuis qu’ils ont colonisé notre terre, torturé ceux qui ont signifié leur rejet du colonialisme et enfin quitté le pays à regret avant d’avoir épuisé toutes ses richesses.

Enfin, tout le monde l’a compris, la visite de Sarkozy à Alger ne nous a rien apporté et n’a rien changé à la nature des relations entre les deux pays.

Khadidja Mohamed Bouziane

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Malgré le caractère libéral de la nouvelle loi sur les assurances

Un secteur toujours en gestation

Le secteur des assurances, en Algérie, a marqué des courbes croissantes cette année. Au premier semestre 2006, il a dégagé un chiffre d’affaires de 11,7 milliards de dinars (571 millions de dollars), soit une légère hausse de 2,24% par rapport à la même période de l’année précédente. Il reste pourtant dominé par la branche automobile (taux d’évolution de 14%) qui se taille la part du lion (43%) dans le marché des assurances.

Cette situation s’explique avant tout par le développement du crédit à la consommation accordé aux particuliers par les banques pour l’achat de véhicules. La branche transport, quant à elle, a enregistré un taux d’évolution de 9%, alors que l’assurance agricole traîne un mauvais score avec un écart négatif de – 16,1%. Pour les autres branches, la place occupée jusque-là est sensiblement la même. A l’exception de l’assurance des personnes qui a connu une évolution de 16,4%, justifiée surtout par les souscriptions des contrats d’assurance-vie, lesquels sont exigés par les organismes bancaires, cette branche (assurance maladie, remboursement de soins, assurance voyage, etc.) occupe 6% du part du marché national alors qu'elle atteint les 50% en Europe.

Comment est ressentie l’assurance par les Algériens ? Nombre d’entre eux la vivent comme un impôt contraignant. La mentalité de l’«Etat protecteur» y est en outre pour quelque chose. Mais il faut avouer que beaucoup de citoyens se méfient des compagnies d’assurances, d’aucuns sont même frustrés devant l’accueil qui leur est réservé, essentiellement dans un secteur public souvent réticent au changement.

D’autres facteurs jouent également un rôle non négligeable dans la perception de ce secteur : l’affaire de la banque Khalifa, l’érosion du pouvoir d’achat et la difficulté d’épargner, les menaces de la globalisation économique et l’absence de cadres organisés et crédibles de protection, syndicaux ou d’assurés. Cela sans omettre de rappeler les conséquences négatives de la décennie noire et des catastrophes naturelles, ainsi que l’avancée de la corruption et l’approfondissement du fossé entre riches et pauvres, des conséquences venues renforcer l’idée de précarité et des incertitudes de la vie, assimilée à l’injustice et la fatalité.

 Une place infime dans le marché financier

En 1962, une centaine de succursales de compagnies d’assurances françaises étaient implantées en Algérie. Après la nationalisation du secteur des assurances, en mai 1966, un contentieux est né portant sur leurs actifs et leurs passifs lorsque ces entreprises ont quitté l'Algérie. Juste pour la précision, aucune compagnie française de pouvait s’installer en Algérie. En 2006, soit 40 ans plus tard, la société française Cardif a reçu le premier agrément pour créer une filiale spécialisée dans les assurances de personnes et mener l’activité bancassurance conjointement avec BNP-Paribas. Et si l’on en croit le P-DG de la SAA, Amara Latrous, dont l’entreprise gère le dossier pour le compte du Trésor public, le contentieux est sur le point d’être réglé.

On retiendra, pour notre part, qu’un vent nouveau a soufflé sur la planète à la fin des années 1980, celui du libéralisme, contraignant bon nombre de pays, dont le nôtre, à revoir leurs choix économiques. Le secteur bancaire et financier, avec la promulgation de la loi sur la monnaie et le crédit, était sommé à vivre des réformes qui sont toujours en cours, Présenté comme un secteur prometteur pour l’investissement privé, le marché des assurances a également été ouvert aux capitaux privés sans distinction d'origine. Depuis la publication de l'ordonnance 95-07 du 25/01/95 relative aux assurances, des sociétés privées d'assurance ont été créées, parmi elles des compagnies à capitaux étrangers.

Aujourd’hui, le secteur des assurances comprend une quinzaine de compagnies, dont six appartenant au secteur public (SAA, CAAR, CAAT, Cash assurances spécialisée dans les hydrocarbures, Cagex spécialisée dans les exportations et CNMA spécialisée dans l’agriculture), quatre au privé national (CIAR, GAM assurances, Alliances assurances et L’Algérienne des assurances ou 2 A) et le reste aux opérateurs étrangers (Trust assurances, Baraka assurances, Salama assurances et Cardif). En outre Cardif, sera doté bientôt d’une nouvelle filiale, dénommée Alfa, spécialisée dans la lutte contre la fraude(1). Le capital de cette filiale, concentré actuellement autour de la SAA, la CAAR et la CAAT, sera ouvert aux compagnies privées. Par ailleurs, la SAA est sur le point de lancer une filiale pour l’assurance-vie. Ce projet sera concrétisé avec le partenariat étranger.

Dans le cadre de sa politique de déploiement international et pour renforcer sa présence au Maghreb, la Coface a par ailleurs pris deux initiatives en Algérie : lancer la police d’assurance-crédit en partenariat avec l'assureur algérien Cagex, qui est membre de Credit Alliance depuis 1998, et mettre en place une société de services, appelée Coface Algérie services (CALS). Il y a aussi la compagnie nationale Alliance assurances qui lancera, à partir de janvier 2007, la garantie assistance automobile sur le marché algérien. La mise en service de ce produit, dont l’accompagnement technique se fera par Groupama France, sera réalisée par le biais de la filiale Algérie Touring Assistance, conjointement créée par Alliance assurances et l’opérateur public Touring Club d’Algérie.

Le marché des assu­rances en Algérie est dominé par les quatre entreprises publiques qui représentent plus de 71% du marché contre environ 20% détenus par les compagnies privées, nationales et étrangères. Sans compter les deux mutuelles (Cagex et Cnma) qui couvrent le reste des parts de marché (près de 7%). Ramené au marché des services, tout le secteur des assurances ne pèse pas lourd, sa part n’étant que de 0,56% du produit intérieur brut (PIB). En d’autres termes, ce marché en gestation enregistre dans la plupart des sociétés d’assurances l’absence de système d’information intégré permettant de récupérer l’information en temps réel du parc assuré.

Mais, dès lors que l’Algérie a signé l’Accord d’association avec l’Union européenne(2) et s’apprête à accéder prochainement à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), les choses commencent à se compliquer. D’où les pressions exercées à l’intérieur et à l’extérieur du pays pour une ouverture «rapide et totale» du marché des assurances. Ce qui explique probablement l’accent mis, cette année, sur l’amendement de l’ordonnance 95-07 sur les assurances.

Le texte de mars 2006 confirme le caractère libéral du marché des assurances et veut rattraper le temps perdu en apportant de nouvelles règles pour stimuler l’activité assurance (séparation entre l’assurance dommages et l’assurance-vie et développement de celle-ci), assurer la sécurité financière du secteur, renforcer la gouvernance des compagnies et réorganiser la mission de supervision. La nouvelle loi donne le feu vert pour l’ouverture du marché algérien aux filiales et succursales de compagnies étrangères, sans préciser toutefois la forme que prendra réellement cette installation. Elle autorise le système de la bancassurance(3), dont les décrets exécutifs sur les modalités d’exercice seront publiés prochainement.

Les autorités publiques sont conscientes des «limites» du marché des assurances, qui vit au rythme de la progression économique. Le constat est inquiétant : le secteur présente des insuffisances en matière d’organisation et de comportement des acteurs. Son ouverture a donné lieu à une lutte sur les tarifs qui ne va pas forcément dans le sens des intérêts des assurés, privés d’une organisation pour les protéger. A cela viennent se greffer les problématiques de la communication et de la formation des cadres et agents d’assurances, ainsi que celle du déséquilibre, au niveau des compagnies d’assurances publiques, entre l’obligation de résultat et l’obligation sociale.

Alors, le secteur des assurances est-il incompris en Algérie ? Possible, mais le temps presse et les véritables questions sont ailleurs…

Z’hor Chérief

 

La fraude dans le secteur des assurances en Algérie est estimée entre 20 et 40% des charges des sinistres, selon des experts européens.

(1) Interview accordée au Point économique du 8/11/2006, n° 50.

(2) Dans un entretien accordé au Point Economique du 1er novembre 2006, n°49, Didier Duchêne, expert MEDA, révèle que 5 millions d’euros (500 millions de dinars) sont prévus dans le cadre du programme MEDA (qui prendra fin en 2007) pour aider les compagnies d’assurances d’Algérie, essentiellement publiques, à faire face à la concurrence et à l'ouverture du marché.

(3) En Algérie, la bancassurance viendrait palier l’insuffisance du réseau actuel de distribution des produits d’assurance, en particulier des produits d’assurance de personnes.

 

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