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Le dixième congrès des hommes d’affaires arabes se tient à Alger
Quand l’Algérie
se tourne vers les capitaux arabes
A force de ne voir
dans les IDE que ceux venant d’Occident, n’a-t-on pas perdu
énormément de temps ? D’autres investisseurs, tout aussi efficaces
et dont nous sommes proches culturellement – même si l’argent se
passe allègrement de cette dimension – n’attendent que l’occasion de
venir faire des affaires en Algérie.
Alors que le
niveau d’investissement via des capitaux arabes, en Algérie, a déjà
atteint les 6 milliards de dollars, on espère le porter à 20
milliards de dollars et pour une longue période. Le 10e
congrès des hommes d’affaires arabes semble être l’entrée en matière
la plus évidente à ce sujet.
Mais plus
concrètement, on attend des investissements à hauteur de 5 milliards
de dollars pour l’année 2007, a indiqué le directeur de l’Agence
nationale du développement de l’investissement (ANDI). Comme quoi
avant même la clôture des travaux du congrès, nous sommes déjà dans
le concret. Situation à laquelle ne nous ont pas habitué les patrons
étrangers, notamment européens, se déplaçant en Algérie à grands
frais, mobilisant médias et politiques pour repartir en laissant
tout le monde sur sa faim. Le message, cette fois, semble dire tant
pis pour ceux qui ont raté le coche.
C’est le président
Bouteflika qui a ouvert, samedi, le 10e congrès des
hommes d'affaires arabes. Il a appelé, devant plus de 700 hommes
d'affaires venus de 15 pays arabes, les entreprises privées arabes à
venir investir en Algérie.
La question est,
bien entendu, pourquoi avoir attendu si longtemps pour se rappeler
que le monde ne s’arrête pas à l’Occident. On pourrait supposer que
ce sont aussi les investisseurs arabes qui sont velléitaires et
rechignent venir investir en Algérie quand les marchés se
rétrécissent, dans un monde que l’on dit ouvert alors que les
opportunités d’investissement, par la grâce d’un protectionnisme non
dit et de normes très exclusives et repoussantes ne sont pas aussi
évidentes que cela.
Ce congrès, même
s’il se tient sous le haut patronage du président de la République,
n’est pas une action de VRP du pouvoir politique.
Quand on parle
affaires
L’initiative et la
décision reviennent au Forum des chefs d’entreprise (FCE) qui avait
fait sa proposition lors de la neuvième édition du congrès, tenue à
Doha, soutenu par la Fédération des hommes d’affaires arabes.
Cette semaine ce
sont donc au moins 350 éminents hommes d’affaires représentant 15
pays, qui sont présents à Alger. La nouveauté, selon Omar Ramdane,
président du FCE, qui recevait la presse quelques jours avant le
congrès, c’est que les hommes d’affaires arabes planchent sur les
opportunités d’investissement dans un pays arabe alors que
précédemment, les travaux ont été consacrés à l’examen des moyens de
redynamiser la coopération arabe.
Par ailleurs,
l’Algérie s’est offert une occasion efficace pour mettre en évidence
le climat des affaires ainsi que les opportunités offertes par
l’économie algérienne aux investisseurs arabes.
Cela dit, est-ce
que le vice-président du groupe Wataniya, les deux ex-chefs de
gouvernement du Koweït et du Qatar, l’homme d’affaires qatari cheikh
Fayçal et Hamad Essabah Al-Ahmed Al-Sabbah, directeur du groupe
koweïtien Kipco – qui s’intéresse, aussi, au projet du cyberparc
technologique de Sidi-Abdallah – étaient durant les deux jours de
congrès en terra incognita ? Pas vraiment dans la mesure où les IDE
les plus importants, les plus visibles, ceux qui ont eu le plus
d’impact sur le développement, sur l’emploi et sur la vie des
Algériens sont des investissements arabes. On peut citer les
réalisations du groupe Orascom, de Wataniya, de Arab Gulf Bank, de
Sedar, de l’entreprise saoudienne spécialisée dans la promotion
immobilière, des Jordaniens Dar Al-Dawa ou Al-Hikma ou du groupe
Immar, des Emirats, qui a fait sensation en présentant d’ambitieux
projets à réaliser en Algérie. Des exemples parlants, mais qui sont
en deçà des capacités et des potentialités qu’offre l’Algérie. Cela
est d’autant plus vrai qu’en l’absence d’autres investisseurs
étrangers sérieux, les Arabes peuvent accaparer l’essentiel de ce
potentiel pour peu qu’ils affichent le même dynamisme et le même
sérieux que ceux déjà en place.
Par ailleurs, les
excédents budgétaires, réalisés dans les pays du Golfe
particulièrement à la faveur de l’augmentation des prix des
hydrocarbures, nécessitent des débouchés porteurs. Cette manne se
trouve également en prise avec les mesures restrictives imposées sur
les marchés financiers occidentaux qui ont poussé les pays arabes à
opter, eux aussi, pour une démarche protectionniste favorisant
l’investissement arabe dans les Etats arabes et asiatiques.
Le congrès a
permis en outre de déterminer les secteurs les plus porteurs, dans
un marché multiforme en attente de capitaux. On a passé en revue les
secteurs du tourisme, les banques et les assurances, les
technologies de l’information et de la communication, l’agriculture,
l’industrie agroalimentaire, les travaux publics, l’habitat, la
promotion immobilière, les transports, la santé ainsi que le
commerce.
Amine Esseghir
Climat des
affaires en Algérie
Peut mieux
faire
Les hommes
d’affaire arabes n’auront certainement pas ignoré le dernier rapport
publié par le Forum économique mondial. Celui-ci classe l’Algérie au
76e rang, soulignant que le climat des affaires n’est pas
aussi bon qu’il y paraît. En fait, l’Algérie a été épinglée sur le
secteur des services financiers, alors que la bureaucratie
omniprésente est propice à décourager les investisseurs les plus
dynamiques. Cela étant, on a indiqué, au moment où se tenait ce
congrès des hommes d’affaires arabes, que le secteur bancaire est
l’un des plus intéressants pour les investisseurs arabes, alors que
des Libanais, des Marocains, des Tunisiens, des Emiratis et des
Qataris ont pris contact avec l’Association professionnelle des
banques et des établissements financiers et ont présenté des projets
de création de banques. Dans le même temps, le secteur financier est
en train de connaître ses mutations qualitatives les plus profondes.
Haut
Algérie - France
Le statu quo
Bien avant sa
visite à Alger, soigneusement préparée d’ailleurs, le staff de
Sarkozy n’arrêtait pas de dire que le ministre de l’Intérieur avait
un bien beau cadeau pour l’Algérie. Maintenant que Sarkozy est de
retour chez lui, il est légitime pour chacun de se demander où est
le cadeau annoncé à cor et à cri ?Etait-ce de la poudre aux yeux ou
un bel emballage destiné à maquiller une visite où il est clair que
Sarkozy était lui-même demandeur ?
En effet, candidat
à la présidentielle de 2007, il ne serait pas vain d’amadouer près
d’un million de binationaux qui vivent en France. Conclusion : un
rapprochement politique entre Alger et l’Elysée n’est pas certain et
la signature d’un traité d’amitié tout aussi incertaine.
Mis à part
l’assouplissement des procédures pour les Algériens demandeurs de
visas, Sarkozy n’avait finalement pas grand-chose dans ses bagages.
Car il a aussi annoncé que la consultation européenne pour délivrer
ou non des visas aux Algériens est désormais supprimée. Cette
consultation n’était pas appliquée aux Tunisiens et aux Marocains.
Il faut savoir que cette facilité a été arrachée par les Algériens
qui, à la faveur de démarches diplomatiques multiples et d’une lutte
plutôt efficace contre le terrorisme, ont pu redorer le blason du
pays et lui redonner une crédibilité sur la scène internationale.
Donc, si Sarkozy y
était pour un peu dans cette histoire de consultation européenne, le
grand mérite revient à l’Algérie qui a su se replacer dans le monde
et effacer peu à peu l’étiquette qu’on lui avait collée. Celle
d’être un pays dangereux.
Au-delà de cette
visite et des motivations qu’elle pouvait avoir, ce sont surtout les
relations algéro-françaises qu’il faut prendre comme arrière-plan
pour enfin donner à cette visite toute sa dimension. Qui mieux que
l’ancien président Houari Boumediène avait défini ces relations en
disant qu’elles étaient tantôt tumultueuses et tantôt paisibles, en
tous cas, jamais banales ? En effet, comment pourraient-elles être
banales après une présence française en Algérie qui a duré pas moins
de 132 ans ? Autant dire que les deux pays ont presque une histoire
commune. Le premier contact établi entre eux a été fait sur le mode
de la domination : en 1830, les forces françaises débarquent à
Sidi-Fredj. Depuis, ce sont des années de lutte et de résistance
d’abord par l’Emir Abdelkader, relayé par la suite par d’autres
résistants qui, sur des périodes continues, organisent des
mouvements de révolte. A cette résistance, la France trouvait une
seule et même réponse : la répression armée. Ce n’est pas pour
autant que les Algériens ont cessé leur lutte. Une lutte qui a été
récompensée en fin de parcours par l’indépendance de l’Algérie.
Etait-ce
réellement la fin de la présence française en Algérie ? Sûrement
pas, car déjà lors des séances de travail pour préparer les accords
d’Evian, en 1962, les documents qui devaient définir la nature de la
coopération entre les deux pays étaient déjà prêts. Les Français
avaient même exigé que la langue française soit mise sur le même
pied d’égalité que la langue arabe, et aussi qu’ils puissent garder
les aéroports, le Sud et les zones militaires où des essais
nucléaires étaient en cours. Autant dire accorder à l’Algérie un
semblant d’indépendance.
Donc juste après
cette indépendance, la coopération était inévitable. L’Algérie était
un pays jeune qui n’avait aucune expérience et le modèle français
était tout trouvé pour se construire petit à petit. C’était un
modèle auquel tout le monde était habitué. Mais peu à peu, cette
coopération s’est faite moins intense. Même les relations entre les
deux pays ont connu un certain froid, surtout avec l’arrivée de
Houari Boumediène au pouvoir. Quand ce dernier décida de
nationaliser les hydrocarbures en 1971, la France, à travers sont
Parti socialiste, s’intéressa de nouveau à l’Algérie.
Progressivement, entre 1972 et 1980, s’établirent des relations
entre le PS et le FLN. Entre 1972 et 1981, les rapports politiques
entre le FLN et le PS s’améliorèrent sans cesse, sans pour autant
que les sujets qui incommodent l’une des parties soient évoqués,
c’est-à-dire les questions politiques. Le rapprochement s’est fait,
mais il était plutôt timide. D’un accord tacite entre les deux pays,
certains aspects ne sont jamais touchés.
Les relations
entre les deux pays continuèrent cahin-caha jusqu’à l’arrivée du
président Bouteflika et la visite qu’il effectua en France en juin
2000. Cette démarche semble avoir créé un dégel dans des relations
qui n’ont jamais été banales.
En 2003, c’est le
président français, Jacques Chirac, qui visite l’Algérie, la
première visite d’un gouvernant français depuis 1962. Depuis, les
deux pays parlent d’une relation nouvelle, confiante, sereine et
surtout durable. "La déclaration d’Alger", signée par les deux chefs
d’Etat est considérée comme "la feuille de route" de la relance des
relations bilatérales dans tous les domaines.
Lors de la visite
du président français en Algérie, le 15 avril 2004, l’on parla même
d’un traité d’amitié qui devait être conclu en 2005. Un dialogue
politique s’engagea alors, touchant à l’intégration maghrébine, au
partenariat euro-méditerranéen, au développement en Afrique en appui
au Nepad, à la sécurité en Méditerranée, aux migrations, à la
démocratisation et aux droits de l’homme.
Tout semblait
parfait jusqu’au jour où le Parlement français adopte la loi du 23
février 2005, exigeant que «les programmes scolaires reconnaissent
en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer,
notamment en Afrique du Nord».
Depuis, le
président Bouteflika conditionne la signature du traité d’amitié
avec la France à la reconnaissance par cette dernière de son passé
colonial. Une reconnaissance que les Français ne sont pas près de
faire. Sarkozy, lors de sa récente visite, n’a pas dérogé à la
règle. Même s’il a fait semblant de reconnaître que le système
colonial français en Algérie a causé des souffrances et des
injustices, il n’a à aucun moment voulu dire que ce sont les
Algériens qui étaient victimes de ces injustices. Comme si l’on
pouvait imaginer que les Français qui, à cette époque, profitaient
pleinement des richesses du pays, pouvaient se porter mal et
souffrir. Une attitude qui ne diffère pas de l’attitude dominatrice
et un peu méprisante qu’ont toujours affichée les Français depuis
qu’ils ont colonisé notre terre, torturé ceux qui ont signifié leur
rejet du colonialisme et enfin quitté le pays à regret avant d’avoir
épuisé toutes ses richesses.
Enfin, tout le
monde l’a compris, la visite de Sarkozy à Alger ne nous a rien
apporté et n’a rien changé à la nature des relations entre les deux
pays.
Khadidja
Mohamed Bouziane
Haut
Malgré le caractère libéral de la nouvelle loi sur
les assurances
Un secteur
toujours en gestation
Le secteur des
assurances, en Algérie, a marqué des courbes croissantes cette
année. Au premier semestre 2006, il a dégagé un chiffre d’affaires
de 11,7 milliards de dinars (571 millions de dollars), soit une
légère hausse de 2,24% par rapport à la même période de l’année
précédente. Il reste pourtant dominé par la branche automobile (taux
d’évolution de 14%) qui se taille la part du lion (43%) dans le
marché des assurances.
Cette situation
s’explique avant tout par le développement du crédit à la
consommation accordé aux particuliers par les banques pour l’achat
de véhicules. La branche transport, quant à elle, a enregistré un
taux d’évolution de 9%, alors que l’assurance agricole traîne un
mauvais score avec un écart négatif de – 16,1%. Pour les autres
branches, la place occupée jusque-là est sensiblement la même. A
l’exception de l’assurance des personnes qui a connu une évolution
de 16,4%, justifiée surtout par les souscriptions des contrats
d’assurance-vie, lesquels sont exigés par les organismes bancaires,
cette branche (assurance maladie, remboursement de soins, assurance
voyage, etc.) occupe 6% du part du marché national alors qu'elle
atteint les 50% en Europe.
Comment est
ressentie l’assurance par les Algériens ? Nombre d’entre eux la
vivent comme un impôt contraignant. La mentalité de l’«Etat
protecteur» y est en outre pour quelque chose. Mais il faut avouer
que beaucoup de citoyens se méfient des compagnies d’assurances,
d’aucuns sont même frustrés devant l’accueil qui leur est réservé,
essentiellement dans un secteur public souvent réticent au
changement.
D’autres facteurs
jouent également un rôle non négligeable dans la perception de ce
secteur : l’affaire de la banque Khalifa, l’érosion du pouvoir
d’achat et la difficulté d’épargner, les menaces de la globalisation
économique et l’absence de cadres organisés et crédibles de
protection, syndicaux ou d’assurés. Cela sans omettre de rappeler
les conséquences négatives de la décennie noire et des catastrophes
naturelles, ainsi que l’avancée de la corruption et
l’approfondissement du fossé entre riches et pauvres, des
conséquences venues renforcer l’idée de précarité et des
incertitudes de la vie, assimilée à l’injustice et la fatalité.
Une
place infime dans le marché financier
En 1962, une
centaine de succursales de compagnies d’assurances françaises
étaient implantées en Algérie. Après la nationalisation du secteur
des assurances, en mai 1966, un contentieux est né portant sur leurs
actifs et leurs passifs lorsque ces entreprises ont quitté
l'Algérie. Juste pour la précision, aucune compagnie française de
pouvait s’installer en Algérie. En 2006, soit 40 ans plus tard, la
société française Cardif a reçu le premier agrément pour créer une
filiale spécialisée dans les assurances de personnes et mener
l’activité bancassurance conjointement avec BNP-Paribas. Et si l’on
en croit le P-DG de la SAA, Amara Latrous, dont l’entreprise gère le
dossier pour le compte du Trésor public, le contentieux est sur le
point d’être réglé.
On retiendra, pour
notre part, qu’un vent nouveau a soufflé sur la planète à la fin des
années 1980, celui du libéralisme, contraignant bon nombre de pays,
dont le nôtre, à revoir leurs choix économiques. Le secteur bancaire
et financier, avec la promulgation de la loi sur la monnaie et le
crédit,
était
sommé à vivre des réformes qui sont toujours en cours,
Présenté comme un
secteur prometteur pour l’investissement privé, le marché des
assurances a également été ouvert aux capitaux privés sans
distinction d'origine. Depuis la publication de l'ordonnance 95-07
du 25/01/95 relative aux assurances, des sociétés privées
d'assurance ont été créées, parmi elles des compagnies à capitaux
étrangers.
Aujourd’hui, le
secteur des assurances comprend une quinzaine de compagnies, dont
six appartenant au secteur public (SAA, CAAR, CAAT, Cash assurances
spécialisée dans les hydrocarbures, Cagex spécialisée dans les
exportations et CNMA spécialisée dans l’agriculture), quatre au
privé national (CIAR, GAM assurances, Alliances assurances et L’Algérienne
des assurances ou 2 A) et le reste aux opérateurs étrangers (Trust
assurances, Baraka assurances, Salama assurances et Cardif). En
outre Cardif, sera doté bientôt d’une nouvelle filiale, dénommée
Alfa, spécialisée dans la lutte contre la fraude(1). Le
capital de cette filiale, concentré actuellement autour de la SAA,
la CAAR et la CAAT, sera ouvert aux compagnies privées. Par
ailleurs, la SAA est sur le point de lancer une filiale pour
l’assurance-vie. Ce projet sera concrétisé avec le partenariat
étranger.
Dans le cadre de
sa politique de déploiement international et pour renforcer sa
présence au Maghreb, la Coface a par ailleurs pris deux initiatives
en Algérie : lancer la police d’assurance-crédit en partenariat avec
l'assureur algérien Cagex, qui est membre de Credit Alliance depuis
1998, et mettre en place une société de services, appelée Coface
Algérie services (CALS). Il y a aussi la compagnie nationale
Alliance assurances qui lancera, à partir de janvier 2007, la
garantie assistance automobile sur le marché algérien. La mise en
service de ce produit, dont l’accompagnement technique se fera par
Groupama France, sera réalisée par le biais de la filiale Algérie
Touring Assistance, conjointement créée par Alliance assurances et
l’opérateur public Touring Club d’Algérie.
Le marché des
assurances en Algérie est dominé par les quatre entreprises
publiques qui représentent plus de 71% du marché contre environ 20%
détenus par les compagnies privées, nationales et étrangères. Sans
compter les deux mutuelles (Cagex et Cnma) qui couvrent le reste des
parts de marché (près de 7%). Ramené au marché des services, tout le
secteur des assurances ne pèse pas lourd, sa part n’étant que de
0,56% du produit intérieur brut (PIB). En d’autres termes, ce marché
en gestation enregistre dans la plupart des sociétés d’assurances
l’absence de système d’information intégré permettant de récupérer
l’information en temps réel du parc assuré.
Mais, dès lors que
l’Algérie a signé l’Accord d’association avec l’Union européenne(2)
et s’apprête à accéder prochainement à l’Organisation mondiale du
commerce (OMC), les choses commencent à se compliquer. D’où les
pressions exercées à l’intérieur et à l’extérieur du pays pour une
ouverture «rapide et totale» du marché des assurances. Ce qui
explique probablement l’accent mis, cette année, sur l’amendement de
l’ordonnance 95-07 sur les assurances.
Le texte de mars
2006 confirme le caractère libéral du marché des assurances et veut
rattraper le temps perdu en apportant de nouvelles règles pour
stimuler l’activité assurance (séparation entre l’assurance dommages
et l’assurance-vie et développement de celle-ci), assurer la
sécurité financière du secteur, renforcer la gouvernance des
compagnies et réorganiser la mission de supervision. La nouvelle loi
donne le feu vert pour l’ouverture du marché algérien aux filiales
et succursales de compagnies étrangères, sans préciser toutefois la
forme que prendra réellement cette installation. Elle autorise le
système de la bancassurance(3), dont les décrets
exécutifs sur les modalités d’exercice seront publiés prochainement.
Les autorités
publiques sont conscientes des «limites» du marché des assurances,
qui vit au rythme de la progression économique. Le constat est
inquiétant : le secteur présente des insuffisances en matière
d’organisation et de comportement des acteurs. Son ouverture a donné
lieu à une lutte sur les tarifs qui ne va pas forcément dans le sens
des intérêts des assurés, privés d’une organisation pour les
protéger. A cela viennent se greffer les problématiques de la
communication et de la formation des cadres et agents d’assurances,
ainsi que celle du déséquilibre, au niveau des compagnies
d’assurances publiques, entre l’obligation de résultat et
l’obligation sociale.
Alors, le secteur
des assurances est-il incompris en Algérie ? Possible, mais le temps
presse et les véritables questions sont ailleurs…
Z’hor Chérief
La fraude dans le
secteur des assurances en Algérie est estimée entre 20 et 40% des
charges des sinistres, selon des experts européens.
(1) Interview
accordée au Point économique du 8/11/2006, n° 50.
(2) Dans un
entretien accordé au Point Economique du 1er novembre
2006, n°49, Didier Duchêne, expert MEDA, révèle que 5 millions
d’euros (500 millions de dinars) sont prévus dans le cadre du
programme MEDA (qui prendra fin en 2007) pour aider les compagnies
d’assurances d’Algérie, essentiellement publiques, à faire face à la
concurrence et à l'ouverture du marché.
(3) En Algérie, la
bancassurance viendrait palier l’insuffisance du réseau actuel de
distribution des produits d’assurance, en particulier des produits
d’assurance de personnes.
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