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Togo
Le bras de fer
se poursuit
Trois semaines
après le décès du président Gnassingbé Eyadéma, la crise de
succession entraînée par la prise du pouvoir par son fils, Faure
Gnassingbé, n’est pas résolue malgré l’annonce de l’organisation
d’une élection présidentielle dans le délai constitutionnel de 60
jours.
L’opposition
continue de demander l’application absolue de la Constitution et
promet de “combattre le coup d’Etat de toutes ses forces”.
La Constitution
togolaise prévoyait qu’en cas de décès du chef de l’Etat, le
président de l’Assemblée nationale, en l’occurrence Fambaré Natchaba
Ouattara, assure une transition de 60 jours pour organiser
l’élection présidentielle.
Pour donner un
semblant de légitimité à son pouvoir, Faure Gnassingbé et ses alliés
(l’armée) ont rapidement révisé la Constitution le 6 février et il a
prêté serment le 7. Ce “hold-up” a suscité la colère de l’opposition
togolaise et des voisins africains rassemblés au sein de la CEDEAO
(Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) et de
l’Union Africaine (UA), actuellement présidée par le chef de l’Etat
nigérian Olusegun Obasanjo.
Les pressions
diplomatiques – notamment africaines – se sont multipliées sur le
nouvel homme fort du Togo avec l’envoi de missions de médiation pour
le convaincre de restaurer la légalité constitutionnelle. L’UA et la
CEDEAO font planer la menace de sanctions, qui pourraient se
traduire notamment par la suspension du Togo de ses instances. Cette
menace ne semble cependant pas inquiéter vraiment les barons du
régime restés à leur poste. Certes, l’accumulation de sanctions
risquerait de handicaper pour un bon moment ce petit pays,
particulièrement au niveau économique, mais ni la CEDEAO ni l’UA
n’iront a priori jusqu’à l’intervention militaire.
Cédant néanmoins
aux pression de la communauté internationale, africaine surtout,
Faure Gnassingbé s’est engagé à organiser des présidentielles dans
un délai de trois mois tout en conduisant la transition. Une formule
lui permettant de sauver la face et qui le conforte dans l’idée de
pouvoir remporter un tel scrutin.
Une solution
rejetée par l’opposition qui reste mobilisée pour un respect absolu
de la Constitution et par les instances africaines. Le pouvoir,
fragilisé à l’extérieur, cherche maintenant à faire pièce à
l’opposition mobilisée à l’intérieur. Aux manifestations de
l’opposition répondent des marches de soutien au nouveau pouvoir. Le
contentieux risque de s’alourdir entre les deux pôles, sauf si la
médiation de l’Union africaine porte ses fruits. Pour de nombreux
analystes, la crise togolaise est aussi un test pour l’UA, qui a
succédé à l’Organisation de l’unité africaine (OUA) en 2002 et dont
les nouveaux statuts proclament le refus de reconnaître des coups
d’Etats parmi ses Etats membres.
Un échec à
restaurer l’ordre institutionnel dans ce petit pays ouest-africain
serait de mauvais augure pour de futures interventions sur le
continent.
Leïla Heraoua
Haut
Liban
Crise politique
L’opposition
libanaise s’est lancée dans la bataille – un “soulèvement
démocratique et pacifique pour l’indépendance”, dit-elle – afin de
bouter la Syrie hors du Liban et pour faire chuter le gouvernement.
Renforcée par
l’émotion de la population après l’assassinat de l’ancien Premier
ministre Rafik Hariri et les sit-in organisés un peu partout dans le
pays, elle compte amplifier la mobilisation populaire pour arriver à
ses fins dans un environnement international qui lui est plutôt
favorable avec notamment les pressions américano-françaises sur la
Syrie. Face à elle, un gouvernement placé sur la défensive et qui
commence à enregistrer des défections dans ses rangs. Les appels à
la démission de l’Exécutif se sont multipliés en dehors même de
l’opposition. L’ex-Premier ministre Salim Hoss (un homme dont
l’opinion est respectée par la classe politique) ou encore l’ancien
ministre et député Najib Mikati, qui entretient d’étroites relations
avec les dirigeants syriens, ont joint leurs voix pour appeler à la
démission du gouvernement. Des quotidiens (Al-Diyar et Al-Chark) qui
ne sont pourtant pas proches de l’opposition, ont lancé le même
appel.
L’opposition
rejette sur la Syrie et les autorités libanaises la responsabilité
“au moins par omission” de l’assassinat de Rafik Hariri. La
contestation de la tutelle syrienne sur le pays a pris une ampleur
inédite, regroupant des formations jusque-là opposées, allant du
Parti socialiste progressiste de Walid Joumblatt aux partisans de
l’ancien président maronite Amine Gemayel.
La population est,
selon un sondage de la chaîne El-Djazira, majoritairement pour un
retrait des quelque 14 000 soldats syriens stationnés dans le pays.
Les atermoiements du gouvernement libanais autour de la question de
la commission d’enquête internationale de l’ONU sur l’attentat qui a
coûté la vie à quinze personnes, dont Rafik Hariri, compliquent
davantage la donne et l’on s’achemine vers une épreuve de force
entre pouvoir et opposition qui laisse planer l’incertitude quant à
l’avenir politique du pays du Cèdre.
L. H.
Haut
Etats-Unis
Projet de
mini-bombes nucléaires
Le secrétaire
américain à la Défense Donald Rumsfeld a demandé des crédits au
Sénat pour réactiver un programme de faisabilité de bombes
nucléaires destinées à pénétrer en profondeur dans des bunkers
souterrains. Ce projet, lancé en 2002, avait été annulé fin 2004 par
le Congrès, au vu d’études financières montrant que la production de
l’arme coûterait quelque 500 millions de dollars au Trésor
américain. Mais l’administration Bush a demandé une nouvelle ligne
de crédit de 8,5 millions de dollars, l’an prochain, pour ce projet
et indiqué qu’elle aurait besoin de 14 millions de dollars
supplémentaires pour achever les études de faisabilité de cette arme
d’ici 2007.
Cette arme,
baptisée Robust Nuclear Earth Penetrator (RNEP), est nécessaire car
l’arsenal américain ne contient pas d’armes pouvant neutraliser des
cibles enterrées dans des tunnels ou sous des montagnes, selon les
explications du patron du Pentagone.
Lorsque le projet
de cette nouvelle arme avait été évoqué aux Etats-Unis, des experts
et des parlementaires avaient souligné qu’elle allait à
contre-courant du principe de la dissuasion car cette arme nucléaire
était destinée à devenir une arme tactique. La crainte d’une
possible dissémination de la radioactivité avait également été
évoquée.
La puissance de la
RNEP pourrait être dix fois supérieure à celle de la bombe
d’Hiroshima. Mais la superpuissante Amérique n’a aucune raison
d’être inquiétée par l’Agence internationale de l’énergie atomique
(AIEA).
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