Semaine du 23 février au 1er mars 2005

 

Togo

Le bras de fer se poursuit

Liban

Crise politique

Etats-Unis

Projet de mini-bombes nucléaires

 

 
 
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Togo

Le bras de fer se poursuit

Trois semaines après le décès du président Gnassingbé Eyadéma, la crise de succession entraînée par la prise du pouvoir par son fils, Faure Gnassingbé, n’est pas résolue malgré l’annonce de l’organisation d’une élection présidentielle dans le délai constitutionnel de 60 jours.

L’opposition continue de demander l’application absolue de la Constitution et promet de “combattre le coup d’Etat de toutes ses forces”.

La Constitution togolaise prévoyait qu’en cas de décès du chef de l’Etat, le président de l’Assemblée nationale, en l’occurrence Fambaré Natchaba Ouattara, assure une transition de 60 jours pour organiser l’élection présidentielle.

Pour donner un semblant de légitimité à son pouvoir, Faure Gnassingbé et ses alliés (l’armée) ont rapidement révisé la Constitution le 6 février et il a prêté serment le 7. Ce “hold-up” a suscité la colère de l’opposition togolaise et des voisins africains rassemblés au sein de la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) et de l’Union Africaine (UA), actuellement présidée par le chef de l’Etat nigérian Olusegun Obasanjo.

Les pressions diplomatiques – notamment africaines – se sont multipliées sur le nouvel homme fort du Togo avec l’envoi de missions de médiation pour le convaincre de restaurer la légalité constitutionnelle. L’UA et la CEDEAO font planer la menace de sanctions, qui pourraient se traduire notamment par la suspension du Togo de ses instances. Cette menace ne semble cependant pas inquiéter vraiment les barons du régime restés à leur poste. Certes, l’accumulation de sanctions risquerait de handicaper pour un bon moment ce petit pays, particulièrement au niveau économique, mais ni la CEDEAO ni l’UA n’iront a priori jusqu’à l’intervention militaire.

Cédant néanmoins aux pression de la communauté internationale, africaine surtout, Faure Gnassingbé s’est engagé à organiser des présidentielles dans un délai de trois mois tout en conduisant la transition. Une formule lui permettant de sauver la face et qui le conforte dans l’idée de pouvoir remporter un tel scrutin.

Une solution rejetée par l’opposition qui reste mobilisée pour un respect absolu de la Constitution et par les instances africaines. Le pouvoir, fragilisé à l’extérieur, cherche maintenant à faire pièce à l’opposition mobilisée à l’intérieur. Aux manifestations de l’opposition répondent des marches de soutien au nouveau pouvoir. Le contentieux risque de s’alourdir entre les deux  pôles, sauf si la médiation de l’Union africaine porte ses fruits. Pour de nombreux analystes, la crise togolaise est aussi un test pour l’UA, qui a succédé à l’Organisation de l’unité africaine (OUA) en 2002 et dont les nouveaux statuts proclament le refus de reconnaître des coups d’Etats parmi ses Etats membres.

Un échec à restaurer l’ordre institutionnel dans ce petit pays ouest-africain serait de mauvais augure pour de futures interventions sur le continent.

Leïla Heraoua

 

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Liban

Crise politique

L’opposition libanaise s’est lancée dans la bataille – un “soulèvement  démocratique et pacifique pour l’indépendance”, dit-elle – afin de bouter la Syrie hors du Liban et pour faire chuter le gouvernement.

Renforcée par l’émotion de la population  après l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafik Hariri et les sit-in organisés un peu partout dans le pays, elle compte amplifier la mobilisation populaire pour arriver à ses fins dans un environnement international qui lui est plutôt favorable avec notamment les pressions américano-françaises sur la Syrie. Face à elle, un gouvernement placé sur la défensive et qui commence à enregistrer des défections dans ses rangs. Les appels à la démission de l’Exécutif se sont multipliés en dehors même de l’opposition. L’ex-Premier ministre Salim Hoss (un homme dont l’opinion est respectée par la classe politique) ou encore l’ancien ministre et député Najib Mikati, qui entretient d’étroites relations avec les dirigeants syriens, ont joint leurs voix pour appeler à la démission du gouvernement. Des quotidiens (Al-Diyar et Al-Chark) qui ne sont pourtant pas proches de l’opposition, ont lancé le même appel.

L’opposition rejette sur la Syrie et les autorités libanaises la responsabilité “au moins par omission” de l’assassinat de Rafik Hariri. La contestation de la tutelle syrienne sur le pays a pris une ampleur inédite, regroupant des formations jusque-là opposées, allant du Parti socialiste progressiste de Walid Joumblatt aux partisans de l’ancien président maronite Amine Gemayel.

La population est, selon un sondage de la chaîne El-Djazira, majoritairement pour un retrait des quelque 14 000 soldats syriens stationnés dans le pays. Les atermoiements du gouvernement libanais autour de la question de la commission d’enquête internationale de l’ONU sur l’attentat qui a coûté la vie à quinze personnes, dont Rafik Hariri, compliquent davantage la donne et l’on s’achemine vers une épreuve de force entre pouvoir et opposition qui laisse planer l’incertitude quant à l’avenir politique du pays du Cèdre.

L. H.

 

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Etats-Unis

Projet de mini-bombes nucléaires

Le secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld a demandé des crédits au Sénat pour réactiver un programme de faisabilité de bombes nucléaires destinées à pénétrer en profondeur dans des bunkers souterrains. Ce projet, lancé en 2002, avait été annulé fin 2004 par le Congrès, au vu d’études financières montrant que la production de l’arme coûterait quelque 500 millions de dollars au Trésor américain. Mais l’administration Bush a demandé une nouvelle ligne de crédit de 8,5 millions de dollars, l’an prochain, pour ce projet et indiqué qu’elle aurait besoin de 14 millions de dollars supplémentaires pour achever les études de faisabilité de cette arme d’ici 2007.

Cette arme, baptisée Robust Nuclear Earth Penetrator (RNEP), est nécessaire car l’arsenal américain ne contient pas d’armes pouvant neutraliser des cibles enterrées dans des tunnels ou sous des montagnes, selon les explications du patron du Pentagone.

Lorsque le projet de cette nouvelle arme avait été évoqué aux Etats-Unis, des experts et des parlementaires avaient souligné qu’elle allait à contre-courant du principe de la dissuasion car cette arme nucléaire était destinée à devenir une arme tactique. La crainte d’une possible dissémination de la radioactivité avait également été évoquée.

La puissance de la RNEP pourrait être dix fois supérieure à celle de la bombe d’Hiroshima. Mais la superpuissante Amérique n’a aucune raison d’être inquiétée par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

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