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Guerre du Liban
Quelles
conséquences pour les Palestiniens ?
Bien que la guerre
du Liban ait éclipsé l’offensive meurtrière israélienne engagée le
28 juin contre les Palestiniens, elle aura sans doute des
implications importantes pour la suite du conflit palestinien. Les
33 jours de guerre au Liban ont conduit à une intensification de la
répression à Gaza, avec une armée israélienne durement secouée par
son échec au Liban et décidée à se venger et à poursuivre sa furie
destructrice dans le territoire palestinien. Il est fort peu
probable que la guerre contre le Liban relance les initiatives
diplomatiques pour tenter de trouver une issue à un conflit qui
déstabilise l'ensemble de la région, Israël ayant largement prouvée
son refus de la paix. La politique de fixation unilatérale des
frontières décidée par le gouvernement israélien est en tous cas
remise en question selon les déclarations des responsables
israéliens. En attendant, la bande de Gaza est revenue sur le devant
de la scène. Israël y poursuit impunément son offensive déclenchée
il y a deux mois après l'enlèvement d'un de ses soldats par des
combattants palestiniens. Des responsables du Hamas et des proches
du président Mahmoud Abbas font état de progrès dans les efforts de
médiation pour obtenir la libération de ce caporal, en échange
peut-être de la libération de détenus palestiniens. Israël "est à
présent ouvert à la négociation à propos du soldat détenu car sa
défaite au Liban l'a fait renoncer à recourir à la force pour
obtenir sa libération", selon Mahmoud Al-Ramahi, cadre et député du
mouvement islamiste Hamas. Des "contacts et des tractations" dans
lesquels les Egyptiens sont impliqués sont en cours mais progressent
avec difficulté. Si cette médiation échoue, un nouveau regain de
violences semble inéluctable. "Après le Liban, ceux qui ne croyaient
pas en la résistance vont devoir revoir leurs opinions", estime le
député du Hamas Mahmoud Misleh. Même si les groupes armés
palestiniens sont un ennemi bien mieux connu de l'armée israélienne
et leur puissance de feu sans commune mesure avec celle du
Hezbollah, les succès de la résistance libanaise face à un ennemi
jugée jusque là « invincible » vont booster les combattants
palestiniens, enhardis par l’exemple de la Moukaouama au pays du
cèdre. L’offensive israélienne dans la bande de Gaza a fait prés
de 200 victimes palestiniennes, pour la plupart des civils. En
outre, la plupart des ministres et députés du Hamas dont le
président du parlement et le vice-premier ministre ont été
emprisonnés par Tel Aviv, sans qu’un tel acte soit condamné par la
communauté internationale, aveuglée par son soutien à l’état hébreu.
Quelque soit les événements à venir, les Palestiniens veulent
présenter un front uni. Le Premier ministre et le président de
l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas ont fait état dernièrement de
progrès en vue de la formation d'un gouvernement d'union nationale
regroupant le Hamas et le Fatah.
L'objectif de la
mise en place d'un gouvernement d'union nationale, que Mahmoud Abbas
appelle de ses voeux, est de trouver une issue à la crise que
traverse l'Autorité palestinienne depuis plusieurs mois. Il s'agit
en particulier d'obtenir la reprise, au moins partielle, des aides
financières à l'Autorité palestinienne, notamment celles de l'Union
européenne, qui ont été suspendues après l'arrivée au pouvoir du
Hamas. Reste que la formation d’un tel gouvernement d’union
nationale est hypothéquée par la répression tous azimuts que mène
Tel Aviv dans les territoires palestiniens en arrêtant à tour de
bras des personnalités du Hamas. Le premier ministre palestinien a
posé entre autres conditions la libération préalable de tous les
députés et ministres du mouvement.
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Près de 3,6 milliards de dégâts causés par Israël au Liban
Les bombardements
dévastateurs israéliens sur le Liban outre les milliers de victimes,
ont causé en 33 jours des dégâts matériels qui se chiffrent à 3,6
milliards de dollars et dont le pays mettra des années à se relever,
selon le principal responsable de la reconstruction. Al Fadl Chalak,
chef du Conseil pour le développement et la reconstruction (CDR), a
comparé la dévastation résultant des 33 jours de guerre entre Israël
et le Hezbollah aux dégâts de la guerre civile qui déchira le Liban
de 1975 à 1990. "J'ai été témoin de toutes les guerres au Liban,
mais je n'en ai jamais vu d'aussi féroce et j'ai du mal à imaginer
l'ampleur du travail de réhabilitation qui lui correspond", a-t-il
précisé". Au moins 1.181 personnes ont été tuées au Liban durant la
guerre qui a pris fin cette semaine. Près d’un million de personnes
ont été déplacées soit le quart de la population. Plus de cent ponts
ont été détruits ou endommagés par les raids de l'aviation
israélienne, ainsi que des routes, des usines, des ports et des
aéroports, le réseau de télécommunications, des écoles, des
hôpitaux, des stations-service et des installations militaires. Au
Sud-Liban, où s'est déroulé le gros des combats, des villages
entiers ne sont plus que des amas de décombres. "Des pertes aussi
lourdes subies en un temps aussi court dans un pays comme le Liban,
cela représente une haute intensité de feu, de destruction et de
combat", a déclaré le principal responsable de la reconstruction.
Selon Chalak, 30.000 habitations ont été frappées, dont le quart
dans les faubourgs sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah sur lequel
Israël a concentré une grande partie de ses raids aériens. Si la
reconstruction débutait immédiatement, il faudrait au moins un an
pour remettre en état les infrastructures et trois ans pour
réhabiliter les immeubles endommagés, estime-t-il. Des années et des
milliards de dollars ont été nécessaires au Liban pour se relever de
la guerre civile. A beaucoup d'égards, le pays doit aujourd'hui
reprendre tout le processus.
Iran
Importantes
manoeuvres militaires à travers le pays
Des dizaines de
milliers de militaires iraniens ont entamé depuis quelques jours
d'importantes manoeuvres à travers le pays alors qu'un haut
responsable militaire a déclaré que l'Iran devait se préparer contre
une attaque menée par Israël ou les Etats-Unis. "Face aux capacités
du Hezbollah, l'ennemi est devenu fou. En tenant compte du passé de
notre ennemi fou, nous devons toujours nous tenir prêt", a déclaré
le chef de l'armée iranienne, le général Attaollah Salehi, cité par
l'agence officielle Irna. L'Iran, principal soutien Hezbollah, a
salué la victoire de la résistance libanaise contre l'armée
israélienne au Liban. Ces manœuvres, présentées comme une nouvelle
doctrine de défense, se déroulent dans seize provinces du nord,
nord-ouest, sud et sud-est du pays, et sont destinées à préparer les
forces iraniennes à faire face simultanément à un ennemi potentiel
dans différentes régions. Elles interviennent, alors que la tension
monte avec l'Occident en raison du programme nucléaire iranien,
devenu un des abcès de fixation de Bush et de ses alliés. Pas
question pour eux de puissance régionale au Moyen-Orient autre
qu’Israël.
Des avions et des
hélicoptères de combat, ainsi que des forces terrestres, participent
à ces manoeuvres, appelées "Frappe de Zolfaghar", du nom de l'épée à
deux pointes de l'imam Ali, premier imam des chiites.
"Le principal
objectif de ces manoeuvres est d'adapter et d'améliorer nos
tactiques et l'utilisation des équipements nouveaux pour répondre
aux menaces potentielles et être capables d'affronter l'ennemi dans
plusieurs points du pays", a déclaré le général Kioumars Heydari,
porte-parole des manoeuvres, à la télévision iranienne.
"Nous avons
observé les évolutions des méthodes (de guerre) dans le monde et
nous avons investi de l'argent à la fois pour améliorer nos
tactiques et nos équipements", a dit le responsable militaire
iranien, qui a ajouté que l'un des objectif de ces manoeuvres était
de "rendre peu sûr notre espace aérien pour l'ennemi".
En avril, l'Iran
avait organisé une semaine de manoeuvres dans le Golfe pour préparer
ses forces à faire face à toute "menace". A l'époque, Téhéran avait
annoncé avoir testé avec succès de nouvelles armes, notamment des
missiles et des avions militaires.
L'Iran possède
deux corps de forces armées, l'armée classique et le corps des
Gardiens de la révolution, l'armée idéologique du régime, dotés
d'unités terrestres, navales et aériennes, toutes sous le
commandement du Guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei. Les
manœuvres militaires, qui vont s’étaler sur plusieurs jours, sont
une démonstration de force destinée à l’Occident dans le cas où
Washington et ses alliés envisagent de recourir à la force…
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