Semaine du 23 au 29 août 2006

 

Guerre du Liban

Quelles conséquences pour les Palestiniens ?

Près de 3,6 milliards de dégâts causés par Israël au Liban

Iran

Importantes manoeuvres militaires à travers le pays

 

 

 
 
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Guerre du Liban

Quelles conséquences pour les Palestiniens ?

Bien que la guerre du Liban ait éclipsé l’offensive meurtrière israélienne engagée le 28 juin contre les Palestiniens, elle aura sans doute des implications importantes pour la suite du conflit palestinien. Les 33 jours de guerre au Liban ont conduit à une intensification de la répression à Gaza, avec une armée israélienne durement secouée par son échec au Liban et décidée à se venger et à poursuivre sa furie destructrice dans le territoire palestinien.  Il est fort peu probable que la guerre contre le Liban relance les initiatives diplomatiques pour tenter de trouver une issue à un conflit qui déstabilise l'ensemble de la région, Israël ayant largement prouvée son refus de la paix.  La politique de fixation unilatérale des frontières décidée par le gouvernement israélien est en tous cas remise en question selon les déclarations des responsables israéliens. En attendant, la bande de Gaza est revenue sur le devant de la scène. Israël y poursuit  impunément son offensive déclenchée il y a deux mois après l'enlèvement d'un de ses soldats par des combattants palestiniens. Des responsables du Hamas et des proches du président Mahmoud Abbas font état de progrès dans les efforts de médiation pour obtenir la libération de ce caporal, en échange peut-être de la libération de détenus palestiniens. Israël "est à présent ouvert à la négociation à propos du soldat détenu car sa défaite au Liban l'a fait renoncer à recourir à la force pour obtenir sa libération", selon Mahmoud Al-Ramahi, cadre et député du mouvement islamiste Hamas. Des "contacts et des tractations" dans lesquels les Egyptiens sont impliqués sont en cours mais progressent avec difficulté. Si cette médiation échoue, un nouveau regain de violences semble inéluctable. "Après le Liban, ceux qui ne croyaient pas en la résistance vont devoir revoir leurs opinions", estime le député du Hamas Mahmoud Misleh. Même si les groupes armés palestiniens sont un ennemi bien mieux connu de l'armée israélienne et leur puissance de feu sans commune mesure avec celle du Hezbollah, les succès de la résistance libanaise face à un ennemi jugée jusque là « invincible » vont booster les combattants palestiniens, enhardis par l’exemple de la Moukaouama au pays du cèdre.   L’offensive israélienne dans la bande de Gaza a fait prés de 200 victimes palestiniennes, pour la plupart des civils. En outre, la plupart des ministres et députés du Hamas dont le président du parlement et le vice-premier ministre ont été emprisonnés  par Tel Aviv, sans qu’un tel acte soit condamné par la communauté internationale, aveuglée par son soutien à l’état hébreu. Quelque soit les événements à venir, les Palestiniens veulent présenter un front uni.  Le Premier ministre et le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas ont fait état dernièrement de progrès en vue de la formation d'un gouvernement d'union nationale regroupant le Hamas et le Fatah. 

L'objectif de la mise en place d'un gouvernement d'union nationale, que Mahmoud Abbas appelle de ses voeux, est de trouver une issue à la crise que traverse l'Autorité palestinienne depuis plusieurs mois. Il s'agit en particulier d'obtenir la reprise, au moins partielle, des aides financières à l'Autorité palestinienne, notamment celles de l'Union européenne, qui ont été suspendues après l'arrivée au pouvoir du Hamas. Reste que la formation d’un tel gouvernement d’union nationale est hypothéquée par la répression tous azimuts que mène Tel Aviv dans les territoires palestiniens en arrêtant à tour de bras des personnalités du Hamas. Le premier ministre palestinien a posé entre autres conditions la libération préalable de tous les députés et ministres du mouvement.

 

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Près de 3,6 milliards de dégâts causés par Israël au Liban

Les bombardements dévastateurs israéliens sur le Liban outre les milliers de victimes, ont causé en 33 jours des dégâts matériels qui se chiffrent à 3,6 milliards de dollars et dont le pays mettra des années à se relever, selon le principal responsable de la reconstruction. Al Fadl Chalak, chef du Conseil pour le développement et la reconstruction (CDR), a comparé la dévastation résultant des 33 jours de guerre entre Israël et le Hezbollah aux dégâts de la guerre civile qui déchira le Liban de 1975 à 1990. "J'ai été témoin de toutes les guerres au Liban, mais je n'en ai jamais vu d'aussi féroce et j'ai du mal à imaginer l'ampleur du travail de réhabilitation qui lui correspond", a-t-il précisé". Au moins 1.181 personnes ont été tuées au Liban durant la guerre qui a pris fin cette semaine. Près d’un million de personnes ont été déplacées soit le quart de la population. Plus de cent ponts ont été détruits ou endommagés par les raids de l'aviation israélienne, ainsi que des routes, des usines, des ports et des aéroports, le réseau de télécommunications, des écoles, des hôpitaux, des stations-service et des installations militaires. Au Sud-Liban, où s'est déroulé le gros des combats, des villages entiers ne sont plus que des amas de décombres. "Des pertes aussi lourdes subies en un temps aussi court dans un pays comme le Liban, cela représente une haute intensité de feu, de destruction et de combat", a déclaré le principal responsable de la reconstruction. Selon Chalak, 30.000 habitations ont été frappées, dont le quart dans les faubourgs sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah sur lequel Israël a concentré une grande partie de ses raids aériens. Si la reconstruction débutait immédiatement, il faudrait au moins un an pour remettre en état les infrastructures et trois ans pour réhabiliter les immeubles endommagés, estime-t-il. Des années et des milliards de dollars ont été nécessaires au Liban pour se relever de la guerre civile. A beaucoup d'égards, le pays doit aujourd'hui reprendre tout le processus.

 

 

Iran

Importantes manoeuvres militaires à travers le pays

Des dizaines de milliers de militaires iraniens ont entamé depuis quelques jours d'importantes manoeuvres à travers le pays alors qu'un haut responsable militaire a déclaré que l'Iran devait se préparer contre une attaque menée par Israël ou les Etats-Unis. "Face aux capacités du Hezbollah, l'ennemi est devenu fou. En tenant compte du passé de notre ennemi fou, nous devons toujours nous tenir prêt", a déclaré le chef de l'armée iranienne, le général Attaollah Salehi, cité par l'agence officielle Irna. L'Iran, principal soutien Hezbollah, a salué la victoire de la résistance libanaise contre l'armée israélienne au Liban. Ces manœuvres, présentées comme une nouvelle doctrine de défense, se déroulent dans seize provinces du nord, nord-ouest, sud et sud-est du pays, et sont destinées à préparer les forces iraniennes à faire face simultanément à un ennemi potentiel dans différentes régions. Elles interviennent, alors que la tension monte avec l'Occident en raison du programme nucléaire iranien, devenu un des abcès de fixation de Bush et de ses alliés. Pas question pour eux de puissance régionale au Moyen-Orient autre qu’Israël.

Des avions et des hélicoptères de combat, ainsi que des forces terrestres, participent à ces manoeuvres, appelées "Frappe de Zolfaghar", du nom de l'épée à deux pointes de l'imam Ali, premier imam des chiites.

"Le principal objectif de ces manoeuvres est d'adapter et d'améliorer nos tactiques et l'utilisation des équipements nouveaux pour répondre aux menaces potentielles et être capables d'affronter l'ennemi dans plusieurs points du pays", a déclaré le général Kioumars Heydari, porte-parole des manoeuvres, à la télévision iranienne.

"Nous avons observé les évolutions des méthodes (de guerre) dans le monde et nous avons investi de l'argent à la fois pour améliorer nos tactiques et nos équipements", a dit le responsable militaire iranien, qui a ajouté que l'un des objectif de ces manoeuvres était de "rendre peu sûr notre espace aérien pour l'ennemi".

En avril, l'Iran avait organisé une semaine de manoeuvres dans le Golfe pour préparer ses forces à faire face à toute "menace". A l'époque, Téhéran avait annoncé avoir testé avec succès de nouvelles armes, notamment des missiles et des avions militaires.

L'Iran possède deux corps de forces armées, l'armée classique et le corps des Gardiens de la révolution, l'armée idéologique du régime, dotés d'unités terrestres, navales et aériennes, toutes sous le commandement du Guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei. Les manœuvres militaires, qui vont s’étaler sur plusieurs jours, sont une démonstration de force destinée à l’Occident dans le cas où Washington et ses alliés  envisagent de recourir à la force…

 

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