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20 août 1956- 20 août 2006
« Comme si
c’était hier »
La date du 20 août
1956 est une des dates phare de la révolution algérienne. Elle s’est
rappelée au bon souvenir des Algériens du fait du calendrier. En
effet, il est difficile de faire autrement que d’en se rappeler et
de commémorer l’évènement qui a eu lieu à cette date. Une qui
d’emblée pourrait sembler lointaine, mais qui n’en est rien. « Comme
si c’était hier » a estimé à juste titre l’éditorialiste du jour
d’Algérie paraissant le 20 de ce mois. A l’attention de ceux qui
feignent d’oublier la date et ce qu’elle a charrié dans son sillage
il entamera son article en précisant que « le congrès de la Soummam
s’est déroulé voilà 50 années bien pleines et c’est comme si ses
protagonistes venaient tout juste de plier leurs documents et
s’apprêtaient à quitter la méchante table de bois d’olivier qui leur
a servi de point d’appui à des travaux qui auront duré un peu plus
d’un mois ». Des précisons qui pourraient sembler pour le commun des
lecteurs anodines. Et pourtant il n’en est rien. Elles sont très
significatives pour peu que l’on fasse un retour dans le présent.
Mais qu’à cela ne tienne, l’éditorialiste tiendra plus à rendre
hommage à deux hommes qui auront été présents parmi les dix-huit à
avoir pris part à cet évènement. Il s’agit indiquera–t-il de
Abane ramdane et Larbi Ben M’hidi. Deux hommes sera-t-il souligné
qui « auront brillé par une intelligence politique hors du commun
qui leur fera toucher du doigt les points les plus sensibles et les
plus importants qui pouvaient contribuer à faire progresser ou non
la guerre d’indépendance ». la perspicacité de ces deux hommes se
révèlera notamment s’agissant d’un problème qui « va traverser le
temps sans qu’une solution ne lui soit clairement apportée ». A
quel problème est-il fait allusion ? la réponse ne tardera pas à
être apportée. Il a trait est-il indiqué à « celui de la place
respective du politique et du militaire dans la conduite des
affaires de l’Etat ». pourtant sera-il souligné ,au lendemain de ce
congrès, la « problématique » avait trouvé solution. On opta
sera-t-il rappelé pour « la prééminence du politique sur le
militaire et par celle de l’intérieur sur l’extérieur ». Un
« équilibre subtil » estimera l’éditorialiste du Jour d’Algérie,
mais que la réunion du CNRA au Caire a remis en cause en « préférant
faire disparaître le sujet des débats et en faire l’un des nombreux
tabous algériens que nous traînons honteusement depuis un
demi-siècle ». Pis sera-t-il ajouté « ce problème nous empoisonne la
vie ».De son côté, le commentateur de la Nouvelle République , bien
qu’estimant que le congrès de la Soummam « a structuré la
Révolution » en lui donnant « une âme , un sens », il n’en pense pas
moins que cet évènement « ne devrait pas être, aujourd’hui,un objet
de règlements de comptes, de rivalités ». Selon lui « il devait être
approché sous l’angle de l’écriture de l’Histoire ».
Une classe
politique divisée
Ainsi
indiquera-t-il « les Algériens ou plutôt la population algérienne,
tirent du 20 août 1956, du congrès de la Soummam les éléments de
leur fierté ». En fait, précisera le commentateur « c’est la classe
politique qui en tire les éléments de division au point où s’avère
encore l’impossibilité d’écrire l’histoire avec sérénité, avec
suffisamment de recul et sans parti pris». De l’avis du Jeune
Indépendant, ce cinquantenaire donne lieu à « une commémoration pas
comme les autres ». Le quotidien indiquera que tous , ministres,
direction du FFS, cadres du FLN et animateurs des aârchs « se sont
donnés rendez-vous jusqu’à la fin de la semaine pour débattre
histoire et…sortie de crise ». Liberté au lendemain de cette
commémoration fera part d’une certaine « gêne » ressentie
s’agissant de la célébration 20 août 1956. ainsi fera remarquer son
éditorialiste » il faut dire que les festivités prévues à cette
occasion, pourtant annoncées en grande pompe, pour restituer à cet
évènement fondateur sa dimension de jalon majeur dans l’histoire du
pays,semblent avoir laissé un goût plutôt amer chez les populations
de la vallée de la Soummam ». il sera indiqué que « les festivités
ont sombré dans une légèreté qu’il est difficile de s’expliquer ».
c’est pourquoi estimera le rédacteur « cette façon de ne pas y aller
franchement de la part des autorités officielles, qu’on a vu, par
ailleurs, faire preuve d’effusions ostentatoires en d’autres
occasions similiaires ne manque pas de soulever des
interrogations ». En fait, affirmera l’éditorialiste de Liberté
« c’est comme s’il y avait une gêne officielle à assumer
nationalement et politiquement la plate-forme de la Soummam et
encore moins son géniteur, Abane Ramdane, qui continue à déranger,
quarante neuf ans après son assassinat ». Pour La Dépêche de Kabylie
, il est évident désormais qu’il y a « le 20 août des uns » et le
20 août « des autres ». L‘éditorialiste relèvera que « de la
plate-forme de la Soummam, très peu de gens peuvent se targuer d’en
connaître le contenu, même si certaines bribes ont été reprises
durant la période des Aârchs, lorsque ces derniers faisaient le lien
entre les revendications de la plate-forme d’El kseur et celles de
la Soummam ».
Promesses
« Les promesses
d’une révolution » est le titre choisi par El Watan, qui rappellera
que « cinquante ans après sa tenue, le Congrès de la Soummam n’en
finit toujours pas d’alimenter la controverse entre défenseurs et
détracteurs de la plate forme de la révolution algérienne ». De
l’avis du rédacteur « si le Congrès de la s’est vu arraché à son
contexte historique et propulsé au-devant de la scène politique,
c’est qu’il touche à l’enjeu ultime de la crise : celui de la
définition de la nation algérienne ». Mais peut-être que le mot de
la fin revient à ce titre de La Tribune qui estime que le « Congrès
de la Soummam » est en définitive un évènement qui s’est fait
« dans la continuité de novembre ». On en voudra pour preuve le
message adressé par Bouteflika à cette occasion et dans lequel il
plaidera pour « une Algérie une et indivisible».
Nadia kerraz
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