Semaine du 23 au 29 août 2006

 

  20 août 1956- 20 août 2006  

« Comme si c’était hier »

 

 
 
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20 août 1956- 20 août 2006  

« Comme si c’était hier »

La date du 20 août 1956 est une des dates phare de la révolution algérienne. Elle s’est rappelée au bon souvenir des Algériens du fait du calendrier. En effet, il est difficile de faire autrement que d’en se rappeler et de commémorer  l’évènement qui a eu lieu à cette date. Une qui d’emblée pourrait sembler lointaine, mais qui n’en est rien. « Comme si c’était hier » a estimé à juste titre l’éditorialiste du jour d’Algérie paraissant le 20 de ce mois. A l’attention de ceux qui feignent d’oublier la date et ce qu’elle a charrié dans son sillage il entamera son article en précisant que « le congrès de la Soummam s’est déroulé voilà 50 années  bien pleines et c’est comme si ses protagonistes venaient  tout juste de plier leurs documents  et s’apprêtaient à quitter la méchante table de bois d’olivier qui leur a servi  de point d’appui à des travaux qui auront duré  un peu plus d’un mois ». Des précisons qui pourraient sembler pour le commun des lecteurs anodines. Et pourtant il n’en est rien. Elles sont très significatives pour peu que l’on fasse un retour dans le présent. Mais qu’à cela ne tienne, l’éditorialiste tiendra plus à rendre hommage à deux hommes qui auront été présents parmi les dix-huit à avoir pris part à cet évènement. Il s’agit indiquera–t-il   de  Abane ramdane et Larbi Ben M’hidi. Deux hommes sera-t-il souligné qui « auront brillé par une intelligence politique hors du commun qui leur fera toucher du doigt les points les plus sensibles et les plus importants qui pouvaient contribuer à faire progresser ou non la guerre d’indépendance ». la perspicacité de ces deux hommes se révèlera notamment s’agissant d’un problème qui « va traverser le temps sans qu’une solution  ne lui soit clairement apportée ». A quel problème est-il fait allusion ? la réponse ne tardera pas à être apportée. Il a trait est-il indiqué à « celui de la place respective du politique et du militaire dans la conduite des affaires de l’Etat ». pourtant sera-il souligné ,au lendemain de ce congrès, la « problématique »  avait trouvé solution. On opta sera-t-il rappelé pour « la prééminence du politique sur le militaire et par celle de l’intérieur sur l’extérieur ». Un « équilibre subtil » estimera l’éditorialiste du Jour d’Algérie, mais que la réunion du CNRA au Caire a remis en cause en « préférant faire disparaître le sujet des débats et en faire l’un des nombreux tabous algériens que nous traînons honteusement depuis un demi-siècle ». Pis sera-t-il ajouté « ce problème nous empoisonne la vie ».De son côté, le commentateur de la Nouvelle République , bien qu’estimant que le congrès de la Soummam «  a structuré la Révolution » en lui donnant « une âme , un sens », il n’en pense pas moins que cet évènement « ne devrait pas être, aujourd’hui,un objet de règlements de comptes, de rivalités ». Selon lui « il devait être approché sous l’angle de l’écriture de l’Histoire ».

Une classe politique divisée

Ainsi indiquera-t-il « les Algériens ou plutôt la population algérienne, tirent du 20 août 1956, du congrès de la Soummam les éléments de leur fierté ». En fait, précisera le commentateur «  c’est la classe politique qui en tire les éléments de division au point où s’avère encore l’impossibilité d’écrire l’histoire avec sérénité, avec suffisamment de recul et sans parti pris». De l’avis du Jeune Indépendant, ce cinquantenaire donne lieu à « une commémoration pas comme les autres ». Le quotidien indiquera que  tous , ministres, direction du FFS, cadres du FLN et animateurs des aârchs « se sont donnés rendez-vous jusqu’à la fin de la semaine pour débattre histoire et…sortie de crise ». Liberté au lendemain de cette commémoration fera part d’une certaine  « gêne » ressentie s’agissant de la célébration  20 août 1956. ainsi fera remarquer son éditorialiste » il faut dire  que les festivités prévues à cette occasion, pourtant annoncées en grande pompe, pour restituer à cet évènement fondateur sa dimension de jalon majeur dans l’histoire du pays,semblent avoir laissé un goût plutôt amer chez les populations de la vallée de la Soummam ». il sera indiqué que « les festivités ont sombré dans une légèreté qu’il est difficile  de s’expliquer ».  c’est pourquoi estimera le rédacteur « cette façon de ne pas y aller franchement de la part des autorités officielles, qu’on a vu, par ailleurs, faire preuve d’effusions  ostentatoires en d’autres occasions similiaires ne manque pas de soulever des interrogations ». En fait, affirmera l’éditorialiste de Liberté « c’est comme s’il y avait une gêne officielle à assumer nationalement et politiquement la plate-forme de la Soummam et encore moins son géniteur, Abane Ramdane, qui continue à déranger, quarante neuf ans après son assassinat ». Pour La Dépêche de Kabylie , il est évident désormais qu’il y a «  le 20 août des uns » et le 20 août « des autres ». L‘éditorialiste  relèvera  que « de la plate-forme de la Soummam, très peu de gens peuvent se targuer d’en connaître le contenu, même si certaines bribes ont été reprises  durant la période des Aârchs, lorsque ces derniers faisaient le lien entre les revendications de la plate-forme d’El kseur et celles de la Soummam ».

Promesses

« Les promesses d’une révolution » est le titre choisi par El Watan, qui rappellera que « cinquante ans après sa tenue, le Congrès de la Soummam n’en finit toujours pas d’alimenter  la controverse entre défenseurs et détracteurs de la plate forme de la révolution algérienne ». De l’avis du rédacteur « si le Congrès de la  s’est vu arraché à son contexte historique et  propulsé au-devant de la scène politique, c’est qu’il touche à l’enjeu ultime de la crise : celui de la définition de la nation algérienne ». Mais peut-être que le mot de la fin revient à ce titre de La Tribune qui  estime que le « Congrès de la Soummam » est en définitive  un évènement qui s’est fait « dans la continuité de novembre ». On en voudra pour preuve le message adressé par Bouteflika à cette occasion et dans lequel il  plaidera pour « une Algérie une et indivisible».

Nadia kerraz

 

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