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L'Egypte
Moubarak
en campagne
L'Egypte est
entrée en campagne présidentielle pour choisir, le 7 septembre, son
Président parmi une dizaine de candidats, dont Hosni Moubarak, dans
un climat encore marqué par les attentats de Charm el-Cheikh et le
mécontentement d'une grande partie de l'opposition.
L'actuel raïs part
avec une longueur d'avance dans cette course, la première
multipartite au suffrage universel. Certaines forces de l'opposition
entendent cependant boycotter ce scrutin, estimant que les dés sont
pipés. Après avoir longtemps laissé planer le doute, du moins
officiellement, Hosni Moubarak, au pouvoir depuis un quart de
siècle, a décidé, en juillet dernier, de briguer un cinquième
mandat de six ans.
La presse
gouvernementale (cinq titres quotidiens dont El Ahram) consacre de
larges manchettes depuis le démarrage de la campagne au président
Moubarak qu'elle présente en long et en large. Il a le privilège
d'arborer le croissant de lune en signe de ralliement de sa
campagne, et de le faire figurer sur les bulletins que devront
choisir les 32 millions d'électeurs, pour moitié illettrés.
Sur les neufs
candidats de partis ayant réussi à franchir les mailles du filet,
parmi lesquels ne figurent ni indépendant, ni femme, ni chrétien
copte, se distinguent deux figures de la vie politique : Nomaane
Gomaa et Ayman Nour. Le premier cité est le dirigeant du néo-Wafd,
héritier du grand parti de lutte pour l'indépendance et contre la
tutelle britannique. Le second, qui fait partie de la nouvelle
génération, patron du parti Al Ghad, s'est imposé comme le chef de
file des néo-libéraux. Ayman Nour, devenu la bête noire du régime,
est sous le coup d'une procédure judiciaire pour falsification de
papiers, une accusation qu'il considère comme étant une manœuvre
pour le disqualifier.
Les marxistes de
Tagammou et les nassériens ont, eux, refusé de présenter un
candidat, ayant été lâchés par le néo-Wafd qui, changeant d'avis au
dernier moment, a présenté son candidat.
Inconnu reste
encore le jeu des Frères musulmans, le mouvement islamiste
officiellement interdit quoique toléré. Les "frères", dont le chef
spirituel est Mohamed Mehdi Akef, est considéré comme le principal
courant d'opposition.
Kefaya, qui a
beaucoup fait parler de lui en organisant de nombreuses
manifestations anti-Moubarak depuis un an et demi, a appelé à
boycotter le scrutin, l'estimant non démocratique.
Le pouvoir a
nettement refusé tout contrôle international du scrutin. "L'Egypte
n'est pas sous le mandat de pays étrangers pour devoir accepter
cela”, tel est l'argument avancé par Oussama Al Baz, le conseiller
politique du président Moubarak, pour justifier le refus
d'observateurs étrangers.
Cette campagne
s'ouvre également alors que l'Egypte se retrouve confrontée à la
multiplication des attentats terroristes dans le Sinaï, une région
hautement sensible parce que frontalière d'Israël et de la bande de
Gaza. Après une première attaque sanglante en octobre 2004 à Taba,
tout proche d'Israël, une série d'attaques-suicide a été perpétrée
le 23 juillet dernier à Charm el-Cheikh, à la pointe de la péninsule
désertique.
La semaine
dernière, une bombe a explosé au passage d'un véhicule de liaison de
la Force multinationale et observateurs (FMO), la force de paix
déployée dans le Sinaï pour surveiller l'application des accords de
paix israélo- égyptiens de 1979.
Pour toutes ces
attaques, l'enquête menée par les autorités égyptiennes semblent
piétiner. Elles mettent en avant, sans grands détails, une piste
bédouine après avoir parlé de piste pakistanaise, mais se refusent
officiellement à établir une connexion avec le réseau terroriste d'Al-Qaîda.
Ces attentats ne
semblent pas être une résurgence de la violence islamiste orchestrée
par les groupes Al-Jihad et Al-Jamaâ Islamiya, qui avaient provoqué
la mort de 1 300 personnes dans les années 1990. Mais selon les
analystes, si l'Egypte entre dans le viseur d'Al-Qaîda, dont un
tiers des cadres sont Egyptiens (parmi lesquels Ayman al-Zawahiri)
cela signifie que la chute de ce régime jugé impie devient sa
priorité politique, ce qui est redoutable pour le président
Moubarak, même s'il bénéficie du “parapluie” américain.
Haut
Irak
La guerre fait
des vagues sur le second mandat de Bush
l a guerre en
Irak, qui laisse de plus en plus d'Américains sceptiques, ainsi que
les interminables tractations autour de la Constitution irakienne
viennent encore assombrir l'horizon de la présidence américaine de
George W. Bush. Alors que le bilan des pertes humaines américaines
s'alourdit aux fils des jours en Irak et que l'opinion publique
montre des signes d'impatience et peine à soutenir son Président
dans la gestion du conflit, le locataire de la Maison Blanche a dû
faire face, malgré les pressions de son administration, à l'échec
des négociateurs irakiens à se mettre d'accord dans les temps sur un
projet de nouvelle Constitution.
La lenteur des
négociations semblables à celles qui ont marqué la constitution du
gouvernement irakien après les élections du 30 janvier sont de
mauvais augure pour le Président américain, qui fait face lui-même à
une grande pression politique pour fixer un calendrier de retrait
des quelque 138 000 soldats américains déployés en Irak.
Mais les
Etats-Unis tiennent toujours à se montrer optimistes malgré les
faits. G. W. Bush félicite les négociateurs irakiens pour leurs
"efforts héroïques", tandis que la secrétaire d'Etat Condoleeza Rice
estime que "la démocratie est en route en Irak".
Ces longs
conciliabules à propos de la Constitution sous fond d'extrême
violence risquent d'engluer l'Irak dans une crise générée par
l'occupation américaine et d'aboutir à son démembrement. Des
responsables de l'administration américaine soulignent que la
fermeté va payer en Irak. Ils revendiquent des progrès dans la
formation des forces de sécurité locales et des avancées vers une
auto-gestion par les Irakiens.
Mais la réalité
est tout autre avec un pays à feu et à sang et des attentats qui
ciblent particulièrement les forces de sécurité irakiennes. De plus,
les représentants politiques irakiens n'arrivent pas à se mettre
d'accord sur l'essentiel, faisant passer l'intêrêt de leur
communautés avant celle du pays.
La popularité de
G. W. Bush décline dans les sondages alors que l'on dénombre près de
1 900 morts américains en Irak, dont plus de 50 en août, l'un des
mois les plus meurtriers pour les Marines depuis le début de la
guerre, en mars 2003.
Le Président
américain a dû également faire face à des manifestations d'opposants
à la guerre qui ont même campé près de son ranch au Texas où il
passait des vacances.
Les signaux
d'alarme commencent à affecter le parti républicain, qui craint que
le mécontentement naissant ne menace son assise au Congrès en
novembre 2006. Des hommes politiques influents, comme le sénateur
républicain Chuck Hagel, s'expriment de plus en plus ouvertement sur
la politique de Bush, qui maintien ses troupes vaille que vaille
contre le gré de la population, 28 mois après le renversement de
Saddam Hussein.
Moins de 4
Américains sur 10 approuvent la manière dont Bush gère le conflit en
Irak ; quelque 54% estiment que la guerre est une erreur et 56 %
pensent qu'une partie ou la totalité des troupes américaines devrait
rentrer, selon un récent sondage Gallup.
Le général David
Rodriguez, qui commande les forces américaines dans le secteur
nord-ouest de l'Irak, est resté très vague sur la date du retour des
troupes américaines. Le Président américain s'est toujours refusé à
fixer une date de retrait et il faut croire que ce ne sera
certainement pas demain, à moins que les pertes américaines ne
s'amplifient et que l'opinion publique se mobilise...
Haut
Washington a proposé un projet écrit de la Constitution
irakienne
les Etats-Unis ont
proposé un projet écrit de Constitution aux dirigeants irakiens,
c'est ce qu'a rapporté le Washington Post, citant des membres de la
commission de rédaction de la Constitution. "Les Américains disent
qu'ils n'interviennent pas, mais ils sont intervenus en profondeur",
a notamment indiqué le député kurde Mahmoud Osmane, cité par le
quotidien américain.
Le département
d'Etat affirme régulièrement que les Etats-Unis n'interviennent pas
directement dans le projet de Constitution irakienne. Mais, selon le
quotidien américain, ils ont remis à la commission un projet
détaillé, presqu'une version complète de Constitution...
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