Semaine du  24 au 30 Août  2005

 

L'Egypte

Moubarak en campagne

Irak

La guerre fait des vagues sur le second mandat de Bush

Washington a proposé un projet écrit de la Constitution irakienne

 

 

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L'Egypte

Moubarak en campagne

L'Egypte est entrée en  campagne présidentielle pour choisir, le 7 septembre, son Président parmi une dizaine de candidats, dont Hosni Moubarak, dans un climat encore marqué par les attentats de Charm el-Cheikh et le mécontentement d'une grande partie de l'opposition.

L'actuel raïs part avec une longueur d'avance dans cette course, la première multipartite au suffrage universel. Certaines forces de l'opposition entendent cependant boycotter ce scrutin, estimant que les dés sont pipés. Après avoir longtemps laissé planer le doute, du moins officiellement, Hosni Moubarak, au pouvoir depuis un quart de siècle,  a décidé, en juillet dernier, de briguer un cinquième mandat de six ans.

La presse gouvernementale (cinq titres quotidiens dont El Ahram) consacre de larges manchettes depuis le démarrage de la campagne au président Moubarak qu'elle présente en long et en large. Il a le privilège d'arborer le croissant de lune en signe de ralliement de sa campagne, et de le faire figurer sur les bulletins que devront choisir les 32 millions d'électeurs, pour moitié illettrés.

Sur les neufs candidats de partis ayant réussi à franchir les mailles du filet, parmi lesquels ne figurent ni indépendant, ni femme, ni chrétien copte, se distinguent deux figures de la vie politique : Nomaane Gomaa et Ayman Nour. Le premier cité est le dirigeant du néo-Wafd, héritier du grand parti de lutte pour l'indépendance et contre la tutelle britannique. Le second, qui fait partie de la nouvelle génération, patron du parti Al Ghad, s'est imposé comme le chef de file des néo-libéraux. Ayman Nour, devenu la bête noire du régime, est sous le coup d'une procédure judiciaire pour falsification de papiers, une accusation qu'il considère comme étant une manœuvre pour le disqualifier.

Les marxistes de Tagammou et les nassériens ont, eux, refusé de présenter un candidat, ayant été lâchés par le néo-Wafd qui, changeant d'avis au dernier moment, a présenté son candidat.

Inconnu reste encore le jeu des Frères musulmans, le mouvement islamiste officiellement interdit quoique toléré. Les "frères", dont le chef spirituel est Mohamed Mehdi Akef, est considéré comme le principal courant d'opposition.

Kefaya, qui a beaucoup fait parler de lui en organisant de nombreuses manifestations anti-Moubarak depuis un an et demi, a appelé à boycotter le scrutin, l'estimant non démocratique.

Le pouvoir a nettement refusé tout contrôle international du scrutin. "L'Egypte n'est pas sous le mandat de pays étrangers pour devoir accepter cela”, tel est l'argument avancé par Oussama Al Baz, le conseiller politique du président Moubarak, pour justifier le refus d'observateurs étrangers.

Cette campagne s'ouvre également alors que l'Egypte se retrouve confrontée à la multiplication des attentats terroristes dans le Sinaï, une région hautement sensible parce que frontalière d'Israël et de la bande de Gaza. Après une première attaque sanglante en octobre 2004 à Taba, tout proche d'Israël, une série d'attaques-suicide a été perpétrée le 23 juillet dernier à Charm el-Cheikh, à la pointe de la péninsule désertique.

La semaine dernière, une bombe a explosé au passage d'un véhicule de liaison de la Force multinationale et observateurs (FMO), la force de paix déployée dans le Sinaï pour surveiller l'application des accords de paix israélo- égyptiens de 1979.

Pour toutes ces attaques,  l'enquête menée par les autorités égyptiennes semblent piétiner. Elles mettent en avant, sans grands détails, une piste bédouine après avoir parlé de piste pakistanaise, mais se refusent officiellement à établir une connexion avec le réseau terroriste d'Al-Qaîda.

Ces attentats ne semblent pas être une résurgence de la violence islamiste orchestrée par les groupes Al-Jihad et Al-Jamaâ Islamiya, qui avaient provoqué la mort de 1 300 personnes dans les années 1990. Mais selon les analystes, si l'Egypte entre dans le viseur d'Al-Qaîda, dont un tiers des cadres sont Egyptiens (parmi lesquels Ayman al-Zawahiri) cela signifie que la chute de ce régime jugé impie devient sa priorité politique, ce qui est redoutable pour le président Moubarak, même s'il bénéficie du “parapluie” américain.

 

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Irak

La guerre fait des vagues sur le second mandat de Bush

l a guerre en Irak, qui laisse de plus en plus d'Américains sceptiques, ainsi que les interminables tractations autour de la Constitution irakienne viennent encore assombrir l'horizon de la présidence américaine de George W. Bush. Alors que le bilan des pertes humaines américaines s'alourdit aux fils des jours en Irak et que l'opinion publique montre des signes d'impatience et peine à soutenir son Président dans la gestion du conflit, le locataire de la Maison Blanche a dû faire face, malgré les pressions de son administration, à l'échec des négociateurs irakiens à se mettre d'accord dans les temps sur un projet de nouvelle Constitution.

La lenteur des négociations semblables à celles qui ont marqué la constitution du gouvernement irakien après les élections du 30 janvier sont de mauvais augure pour le Président américain, qui fait face lui-même à une grande pression politique pour fixer un calendrier de retrait des quelque 138 000 soldats américains déployés en Irak.

Mais les Etats-Unis tiennent toujours à se montrer optimistes malgré les faits. G. W. Bush félicite les négociateurs irakiens pour leurs "efforts héroïques", tandis que la secrétaire d'Etat Condoleeza Rice estime que "la démocratie est en route en Irak".

Ces longs conciliabules à propos de la Constitution sous fond d'extrême violence  risquent d'engluer l'Irak dans une crise générée par l'occupation américaine et d'aboutir à son démembrement. Des responsables de l'administration américaine soulignent que la fermeté va payer en Irak. Ils revendiquent des progrès dans la formation des forces de sécurité locales et des avancées vers une auto-gestion par les Irakiens.

Mais la réalité est tout autre avec un  pays à feu et à sang et des attentats qui ciblent particulièrement les forces de sécurité irakiennes. De plus, les représentants politiques irakiens n'arrivent pas à se mettre d'accord sur l'essentiel, faisant passer l'intêrêt de leur communautés avant celle du pays.

La popularité de G. W. Bush décline dans les sondages alors que l'on dénombre près de 1 900 morts américains en Irak, dont plus de 50 en août, l'un des mois les plus meurtriers pour les Marines depuis le début de la guerre, en mars 2003.

Le Président américain a dû également faire face à des manifestations d'opposants à la guerre qui ont même campé près de son ranch au Texas où il passait des vacances.

Les signaux d'alarme commencent à affecter le parti républicain, qui craint que le mécontentement naissant ne menace son assise au Congrès en novembre 2006. Des hommes politiques influents, comme le sénateur républicain Chuck Hagel, s'expriment de plus en plus ouvertement sur la politique de Bush, qui maintien ses troupes vaille que vaille contre le gré de la population, 28 mois après le renversement de Saddam Hussein.

Moins de 4 Américains sur 10 approuvent la manière dont Bush gère le conflit en Irak ; quelque 54% estiment que la guerre est une erreur et 56 % pensent qu'une partie ou la totalité des troupes américaines devrait rentrer, selon un récent sondage Gallup.

Le général David Rodriguez, qui commande les forces américaines dans le secteur nord-ouest de l'Irak, est resté très vague sur la date du retour des troupes américaines. Le Président américain s'est toujours refusé à fixer une date de retrait et il faut croire que ce ne sera certainement pas demain, à moins que les pertes américaines ne s'amplifient et que l'opinion publique se mobilise...    

 

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Washington a proposé un projet écrit de la Constitution irakienne

les Etats-Unis ont proposé un projet écrit de Constitution aux dirigeants irakiens, c'est ce qu'a rapporté le Washington Post, citant des membres de la commission de rédaction de la Constitution. "Les Américains disent qu'ils n'interviennent pas, mais ils sont intervenus en profondeur", a notamment indiqué le député kurde Mahmoud Osmane, cité par le quotidien américain.

Le département d'Etat affirme régulièrement que les Etats-Unis n'interviennent pas directement dans le projet de Constitution irakienne. Mais, selon le quotidien américain, ils ont remis à la commission un projet détaillé, presqu'une version complète de Constitution...   

 

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