Semaine du 25 au 31 mai 2005

Tentative d’extorsion de fonds

Comment quelques  juifs d’Algérie font reparler d’eux

 

 
 
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Tentative d’extorsion de fonds

Comment quelques  juifs d’Algérie font reparler d’eux

Pour l’Algérie, le dossier des indemnisations de rapatriés (toutes catégories de Français confondues) et de leurs sbires les harkis n’est plus d’actualité.

En 1962, chacun a choisi son camp. C’est plutôt l’Algérie qui, spoliée 132 ans durant, serait en droit de réclamer à ceux qui ont pillé ses richesses et qui l’ont abandonnée, exsangue, en 1962, repentance et réparation.

A en croire la presse, “les juifs d’Algérie demandent 144 millions de dollars à titre de compensation des biens qu’ils ont laissés en Algérie”. Cela, 43 ans après le recouvrement de l’indépendance qui a mis fin à huit années d’une guerre féroce, fin à la politique de la terre brûlée conduite par l’OAS, une organisation de triste mémoire, fin à des dépossessions d’”indigènes” au profit de colons et de colonisateurs de tout acabit.

Cela, 43 ans après l’“exode”, le départ précipité, sauve-qui-peut, de la grande masse de ceux qu’il était convenu d’appeler les “Européens”. Cela, au moment où, des deux côtés de la Méditerranée, on cherche à transcender un passé douloureux, au moment ou les pieds-noirs sont de plus en plus nombreux à venir retrouver leurs racines, respirer le parfum de leurs origines et non celui de quelconques pétrodollars.

Que veut dire, au juste, cette appellation de “juifs d’Algérie” ? Tout donne à penser qu’il s’agirait de Français de confession juive et d’origine algérienne, en tout cas pas de pieds-noirs. Pourquoi cherchent-ils aujourd’hui à se singulariser et à se constituer en “rapatriés” privilégiés ? Sont-ils, se considèrent-ils comme des Français à part entière ou des Français entièrement à part ?

Pour l’Algérie, le dossier des indemnisations de rapatriés (toutes catégories de Français confondues) et de leurs sbires les harkis n’est plus d’actualité. En 1962, chacun a choisi son camp. C’est plutôt l’Algérie qui, spoliée 132 ans durant, serait en droit de réclamer à ceux qui ont pillé ses richesses et qui l’ont abandonnée, exsangue, en 1962, repentance et réparation. Qu’on ne vienne pas nous parler de colonisation “positive” ! Le million et demi de martyrs devrait empêcher de dormir les tortionnaires.

Revenons à nos juifs d’Algérie qui se considèrent aujourd’hui comme des Français de première catégorie, des “super-citoyens”. Faut-il leur rappeler que, durant la colonisation, ils ont été considérés tantôt comme des “indigènes” sujets français, tantôt comme des citoyens français ?  Ils ont été tantôt régis par le senatus-consulte du 14 juillet 1865 qui en a fait des sujets français, des indigènes, tantôt régis par le décret Crémieux du 24 octobre 1870 qui en a fait des citoyens français, et par le décret Lambrecht du 7 octobre 1871 qui a apporté certaines restrictions aux dispositions “crémieuses”, tantôt régis par la loi du 7 octobre 1940 du gouvernement de Vichy qui les ramenait à leurs origines indigènes et qui instaurait même, pour eux, un régime d’exception et de discrimination, celui du numerus-clausus.

Si aujourd’hui, les juifs rapatriés d’Algérie font bande à part, c’est peut-être parce qu’ils se sont toujours sentis à part. Leurs ancêtres n’ont jamais été les Gaulois !

En 1962, au moment de leur “rapatriement”, ces “super-Français” d’aujourd’hui découvraient l’Europe et la France. Beaucoup d’entre eux n’avaient jamais, auparavant, mis les pieds en France. Ils bredouillaient le français, ils communiquaient en arabe, ils portaient le seroual et le turban comme des Arabes. Ils étaient affublés de noms arabes (Tordjman, Bensadoun, Khelifa, Sahel, Touati, Bouaziz, Sultan, Bénichou…). Comme les harkis arabes, ils étaient de fait des expatriés ; certains juifs s’étaient conduits comme des harkis avant l’heure. Aujourd’hui, ils se cherchent toujours. Qui sont-ils ? Que sont-ils ? Des Arabes, des Juifs, des Algériens, des Français, des Israéliens ? N’oublions pas que certains d’entre eux se sont portés volontaires pour combattre, au sein de l’Irgoun, les Palestiniens.

Plutôt que de se faire oublier, les juifs d’Algérie (ou certains d’entre eux) sont attirés par l’odeur du pétrole. Ils sont aujourd’hui assoiffés de pétrodollars et d’euros après l’avoir été de “douros”.

Le pillage de l’Algérie, c’est terminé. Juifs d’Algérie, l’heure n’est pas ou n’est plus à l’extorsion de fonds. Vous devez vous faire une raison et perdre à jamais vos illusions.

N. Rahal

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