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Tentative d’extorsion de fonds
Comment
quelques juifs d’Algérie font reparler d’eux
Pour l’Algérie, le
dossier des indemnisations de rapatriés (toutes catégories de
Français confondues) et de leurs sbires les harkis n’est plus
d’actualité.
En 1962, chacun a
choisi son camp. C’est plutôt l’Algérie qui, spoliée 132 ans durant,
serait en droit de réclamer à ceux qui ont pillé ses richesses et
qui l’ont abandonnée, exsangue, en 1962, repentance et réparation.
A en croire la
presse, “les juifs d’Algérie demandent 144 millions de dollars à
titre de compensation des biens qu’ils ont laissés en Algérie”.
Cela, 43 ans après le recouvrement de l’indépendance qui a mis fin à
huit années d’une guerre féroce, fin à la politique de la terre
brûlée conduite par l’OAS, une organisation de triste mémoire, fin à
des dépossessions d’”indigènes” au profit de colons et de
colonisateurs de tout acabit.
Cela, 43 ans après
l’“exode”, le départ précipité, sauve-qui-peut, de la grande masse
de ceux qu’il était convenu d’appeler les “Européens”. Cela, au
moment où, des deux côtés de la Méditerranée, on cherche à
transcender un passé douloureux, au moment ou les pieds-noirs sont
de plus en plus nombreux à venir retrouver leurs racines, respirer
le parfum de leurs origines et non celui de quelconques
pétrodollars.
Que veut dire, au
juste, cette appellation de “juifs d’Algérie” ? Tout donne à penser
qu’il s’agirait de Français de confession juive et d’origine
algérienne, en tout cas pas de pieds-noirs. Pourquoi cherchent-ils
aujourd’hui à se singulariser et à se constituer en “rapatriés”
privilégiés ? Sont-ils, se considèrent-ils comme des Français à part
entière ou des Français entièrement à part ?
Pour l’Algérie, le
dossier des indemnisations de rapatriés (toutes catégories de
Français confondues) et de leurs sbires les harkis n’est plus
d’actualité. En 1962, chacun a choisi son camp. C’est plutôt
l’Algérie qui, spoliée 132 ans durant, serait en droit de réclamer à
ceux qui ont pillé ses richesses et qui l’ont abandonnée, exsangue,
en 1962, repentance et réparation. Qu’on ne vienne pas nous parler
de colonisation “positive” ! Le million et demi de martyrs devrait
empêcher de dormir les tortionnaires.
Revenons à nos
juifs d’Algérie qui se considèrent aujourd’hui comme des Français de
première catégorie, des “super-citoyens”. Faut-il leur rappeler que,
durant la colonisation, ils ont été considérés tantôt comme des
“indigènes” sujets français, tantôt comme des citoyens français ?
Ils ont été tantôt régis par le senatus-consulte du 14 juillet 1865
qui en a fait des sujets français, des indigènes, tantôt régis par
le décret Crémieux du 24 octobre 1870 qui en a fait des citoyens
français, et par le décret Lambrecht du 7 octobre 1871 qui a apporté
certaines restrictions aux dispositions “crémieuses”, tantôt régis
par la loi du 7 octobre 1940 du gouvernement de Vichy qui les
ramenait à leurs origines indigènes et qui instaurait même, pour
eux, un régime d’exception et de discrimination, celui du
numerus-clausus.
Si aujourd’hui,
les juifs rapatriés d’Algérie font bande à part, c’est peut-être
parce qu’ils se sont toujours sentis à part. Leurs ancêtres n’ont
jamais été les Gaulois !
En 1962, au moment
de leur “rapatriement”, ces “super-Français” d’aujourd’hui
découvraient l’Europe et la France. Beaucoup d’entre eux n’avaient
jamais, auparavant, mis les pieds en France. Ils bredouillaient le
français, ils communiquaient en arabe, ils portaient le seroual et
le turban comme des Arabes. Ils étaient affublés de noms arabes (Tordjman,
Bensadoun, Khelifa, Sahel, Touati, Bouaziz, Sultan, Bénichou…).
Comme les harkis arabes, ils étaient de fait des expatriés ;
certains juifs s’étaient conduits comme des harkis avant l’heure.
Aujourd’hui, ils se cherchent toujours. Qui sont-ils ? Que sont-ils
? Des Arabes, des Juifs, des Algériens, des Français, des
Israéliens ? N’oublions pas que certains d’entre eux se sont portés
volontaires pour combattre, au sein de l’Irgoun, les Palestiniens.
Plutôt que de se
faire oublier, les juifs d’Algérie (ou certains d’entre eux) sont
attirés par l’odeur du pétrole. Ils sont aujourd’hui assoiffés de
pétrodollars et d’euros après l’avoir été de “douros”.
Le pillage de
l’Algérie, c’est terminé. Juifs d’Algérie, l’heure n’est pas ou
n’est plus à l’extorsion de fonds. Vous devez vous faire une raison
et perdre à jamais vos illusions.
N. Rahal
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