|
Accueil
Le Hoggar
Le Hoggar comprend
le gros bloc montagneux qui se détache nettement au centre des
cartes du Sahara algérien, mais aussi ses abords ; il est limité au
nord par le Tidikalt (Aïn-Salah), à l’est par le Tassili des Adjers
(Djanet), à l’ouest par le Touat (Adrar), au sud par le Niger et est
au sud-ouest par le Mali. Il s’étend, entre le 12e et le 25e
parallèle de l’hémisphère nord, donc à cheval sur le tropique du
cancer et les 3e et 6e degrés est du méridien de Grenwitch. Sa
superficie totale est de 507 000 kilomètres carrés, soit un peu
moins que la surface de la France (558 000). Le caractère majeur qui
a donné au Hoggar son aspect physique est sa structure géologique.
Mais le climat saharien est tel qu’il entraîne des différences
multiples dans le modèle du terrain, l’érosion, la décomposition et
la désagrégation des roches, ce qui donne au Hoggar un paysage
original en Afrique. Son influence a été déterminante sur la
formation des paysages, et il est nécessaire qu’il soit étudié
d’abord, car il facilite la compréhension de toutes les formes
géographiques sahariennes, ainsi que le peuplement, le genre de vie,
les potentialités, économiques, etc.
Ses principes
caractéristiques sont une très faible pluviométrie moyenne (moins de
100 mm par an), une grande irrégularité dans les pluies, l’action
permanente et néfaste des vents, de grandes différences de
température entre l’hiver et l’été et beaucoup plus encore entre le
jour et la nuit. Dans le massif du Hoggar, le climat est soumis à
des modifications dues aux barrières montagneuses. Ce sont parfois
des adoucissements, plus souvent des aggravations de la rigueur du
climat saharien : vents accentués, pluies irrégulières, assez grande
nébulosité, écarts de température, etc. Le régime des vents dans le
Hoggar est d’une très grande complexité ; il est difficile de tirer
des conclusions dans ce domaine encore mal étudié. Le fait
primordial qui ressort et qu’on doit retenir est que dans le Hoggar,
qui est à la limite de deux zones climatiques précises, le climat
oscille entre les deux. Cette instabilité des vents est aggravée par
les régions montagneuses qui jouent tantôt un rôle de barrière,
tantôt un rôle d’arrêtoir, et le plus souvent une action spécifique
qui modifie sensiblement un climat déjà fort complexe. Les vents
dominants sont parfois sahariens, comme l’armattan qui souffle à
Tamanrasset, du nord-est, de juin à septembre, par moments des vents
d’origine tropicale (la mousson qui souffle du sud-ouest, de mai à
septembre), ou encore des vents généreux, l’alizé et le contre-alizé
en haute altitude, avec quelquefois des courants descendants.
Le régime des
pluies est mieux connu que celui des vents, du moins dans la région
de Tamanrasset. Comme tous les régimes sahariens, il se singularise
par une extrême irrégularité, tant dans les saisons que dans la
répartition au cours des années.
La température
dans l’ensemble du massif est du type nettement saharien, en ce sens
que les chaleurs sont fortes, et qu’il y a de très importants écarts
entre les saisons d’une part, entre le jour et la nuit d’autre part.
Mais il est à remarquer que les montagnes jouent un rôle majeur dans
les changements de température. Les moyennes et les extrêmes
baissent de 10 centigrades par mille mètres d’altitude. De plus,
dans l’espace géographique qui nous intéresse, existe un très grand
écart entre les températures diurnes et nocturnes, qui peut
atteindre, fait extraordinaire, jusqu’à 30 degrés. Cet écart est, du
reste, plus fort en été qu’en hiver. Il se produit au lever et au
coucher du soleil et peut atteindre facilement 10degrés en un quart
d’heure.
Sans se laisser
entraîner dans le domaine aux termes savants et ésotériques des
géologues, il serait utile, pour la clarté de notre modeste étude,
de donner un aperçu succinct de la structure géologique de
l’ensemble saharien. Tout le Sahara est resté en dehors des grands
plissements et bouleversements géologiques. Le socle précambrien ou
plutôt la roche cristalline n’a pas été atteinte par l’action des
grands plissements ; il a subi un bombement à large rayon qui en a
fait un bouclier. Un sommet de ce bombement se trouve précisément
dans le Hoggar, ce qui explique les affleurements nettement
apparents de la roche ancienne – d’autres affleurements se situent
dans le massif des Eglabs et dans le Tibesti. La roche cristalline
de base a été ensevelie sous des couches sédimentaires, mais
l’érosion, surtout éolienne, a décapé les parties hautes ; le
substratum précambrien apparaît en boutonnière.
De ces hauteurs
descendent les oueds au profil irrégulier et spécifiquement
saharien, dont l’amont est le type du torrent alpin alors que l’aval
tortueux et changeant se perd dans les dépressions qui ont été peu à
peu comblées par des dépôts alluvionnaires et ont formé de grandes
zones d’épandage.
La structure
géologique du massif est extrêmement compliquée de par
l’enchevêtrement des roches d’origines différentes et leur aspect
identiquement noir et brûlé par le soleil, à cause d’une multitude
de plissements, de transports considérables de matériaux sous
l’action des eaux et du vent. A ces actions se sont superposés les
effets bouleversants d’un volcanisme relativement récent, qui a
sensiblement marqué le Hoggar par ses cratères, ses pics et ses
coulées de laves. Cette structure a été transformée par un
volcanisme dont les dernières éruptions sont peu éloignées de nous.
Ce volcanisme se manifeste au premier abord par d’immenses pics
basaltiques (l’Ilamon, l’Iharen, etc.), par des coulées de lave
couvrant de très grandes étendues et des cratères gigantesques (Ihari,
Imadoussé).
Mais le volcanisme
a aussi agi en soulevant des massifs cristallins traversant
indifféremment toutes les séries, arrivant dans le Tazenrout, l’Azoua,
jusqu’au Niger et, de là, au golfe de Guinée. L’existence de ces
oueds permet de supposer qu’il a eu une ou plusieurs phases plus
humides au Sahara. Ces oueds fossiles ont marqué le pays par un
ravinement accentué et la création d’un réseau hydrographique
d’aspect classique en montagne et dans les parties au relief assez
accusé par des lits immenses et incertains ; dans les zones
moyennes, par de gigantesques bassins d’épandage parfaitement plats
et sans aucun relief ; dans les dépressions, comme partout ailleurs,
l’aspect géographique de cette région est essentiellement déterminé
par la structure géologique et aussi et surtout par des phénomènes
climatologiques.
Les recherches
minières continuent encore dans le Hoggar.
Mais on peut
d’ores et déjà affirmer que l’existence de gisements pétroliers est
exclue dans le massif. Les zones susceptibles de receler le précieux
liquide sont en dehors, ou plutôt limitrophes du Hoggar. Le sous-sol
du massif est riche en uranium, en pierres précieuses (diamants), en
nickel et en cuivre, dont l’exploitation est possible et rentable
malgré l’éloignement et les difficultés d’approche.
Chenouf Ahmed
Boudi
Haut
e-mail :contact@lesdebats.com |