Semaine du 25 au 31 mai 2005 

Histoire

Le hoggar

 

 
 
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Le Hoggar

Le Hoggar comprend le gros bloc montagneux qui se détache nettement au centre des cartes du Sahara algérien, mais aussi ses abords ; il est limité au nord par le Tidikalt (Aïn-Salah), à l’est par le Tassili des Adjers (Djanet), à l’ouest par le Touat (Adrar), au sud par le Niger et est au sud-ouest par le Mali. Il s’étend, entre le 12e et le 25e parallèle de l’hémisphère nord, donc à cheval sur le tropique du cancer et les 3e et 6e degrés est du méridien de Grenwitch. Sa superficie totale est de 507 000 kilomètres carrés, soit un peu moins que la surface de la France (558 000). Le caractère majeur qui a donné au Hoggar son aspect physique est sa structure géologique. Mais le climat saharien est tel qu’il entraîne des différences multiples dans le modèle du terrain, l’érosion, la décomposition et la désagrégation des roches, ce qui donne au Hoggar un paysage original en Afrique. Son influence a été déterminante sur la formation des paysages, et il est nécessaire qu’il soit étudié d’abord, car il facilite la compréhension de toutes les formes géographiques sahariennes, ainsi que le peuplement, le genre de vie, les potentialités, économiques, etc.

Ses principes caractéristiques sont une très faible pluviométrie moyenne (moins de 100 mm par an), une grande irrégularité dans les pluies, l’action permanente et néfaste des vents, de grandes différences de température entre l’hiver et l’été et beaucoup plus encore entre le jour et la nuit. Dans le massif du Hoggar, le climat est soumis à des modifications dues aux barrières montagneuses. Ce sont parfois des adoucissements, plus souvent des aggravations de la rigueur du climat saharien : vents accentués, pluies irrégulières, assez grande nébulosité, écarts de température, etc. Le régime des vents dans le Hoggar est d’une très grande complexité ; il est difficile de tirer des conclusions dans ce domaine encore mal étudié. Le fait primordial qui ressort et qu’on doit retenir est que dans le Hoggar, qui est à la limite de deux zones climatiques précises, le climat oscille entre les deux. Cette instabilité des vents est aggravée par les régions montagneuses qui jouent tantôt un rôle de barrière, tantôt un rôle d’arrêtoir, et le plus souvent une action spécifique qui modifie sensiblement un climat déjà fort complexe. Les vents dominants sont parfois sahariens, comme l’armattan qui souffle à Tamanrasset, du nord-est, de juin à septembre, par moments des vents d’origine tropicale (la mousson qui souffle du sud-ouest, de mai à septembre), ou encore des vents généreux, l’alizé et le contre-alizé en haute altitude, avec quelquefois des courants descendants.

Le régime des pluies est mieux connu que celui des vents, du moins dans la région de Tamanrasset. Comme tous les régimes sahariens, il se singularise par une extrême irrégularité, tant dans les saisons que dans la répartition au cours des années.

La température dans l’ensemble du massif est du type nettement saharien, en ce sens que les chaleurs sont fortes, et qu’il y a de très importants écarts entre les saisons d’une part, entre le jour et la nuit d’autre part. Mais il est à remarquer que les montagnes jouent un rôle majeur dans les changements de température. Les moyennes et les extrêmes baissent de 10 centigrades par mille mètres d’altitude. De plus, dans l’espace géographique qui nous intéresse, existe un très grand écart entre les températures diurnes et nocturnes, qui peut atteindre, fait extraordinaire, jusqu’à 30 degrés. Cet écart est, du reste, plus fort en été qu’en hiver. Il se produit au lever et au coucher du soleil et peut atteindre facilement 10degrés en un quart d’heure.

Sans se laisser entraîner dans le domaine aux termes savants et ésotériques des géologues, il serait utile, pour la clarté de notre modeste étude, de donner un aperçu succinct de  la structure géologique de l’ensemble saharien. Tout le Sahara est resté en dehors des grands plissements et bouleversements géologiques. Le socle précambrien ou plutôt la roche cristalline n’a pas été atteinte par l’action des grands plissements ; il a subi un bombement à large rayon qui en a fait un bouclier. Un sommet de ce bombement se trouve précisément dans le Hoggar, ce qui explique les affleurements nettement apparents de la roche ancienne – d’autres affleurements se situent dans le massif des Eglabs et dans le Tibesti. La roche cristalline de base a été ensevelie sous des couches sédimentaires, mais l’érosion, surtout éolienne, a décapé les parties hautes ; le substratum précambrien apparaît en boutonnière.

De ces hauteurs descendent les oueds au profil irrégulier et spécifiquement saharien, dont l’amont est le type du torrent alpin alors que l’aval tortueux et changeant se perd dans les dépressions qui ont été peu à peu comblées par des dépôts alluvionnaires et ont formé de grandes zones d’épandage.

La structure géologique du massif est extrêmement compliquée de par l’enchevêtrement des roches d’origines différentes et leur aspect identiquement noir et brûlé par le soleil, à cause d’une multitude de plissements, de transports considérables de matériaux sous l’action des eaux et du vent. A ces actions se sont superposés les effets bouleversants d’un volcanisme relativement récent, qui a sensiblement marqué le Hoggar par ses cratères, ses pics et ses coulées de laves. Cette structure a été transformée par un volcanisme dont les dernières éruptions sont peu éloignées de nous. Ce volcanisme se manifeste au premier abord par d’immenses pics basaltiques (l’Ilamon, l’Iharen, etc.), par des coulées de lave couvrant de très grandes étendues et des cratères gigantesques (Ihari, Imadoussé).

Mais le volcanisme a aussi agi en soulevant des massifs cristallins traversant indifféremment toutes les séries, arrivant dans le Tazenrout, l’Azoua, jusqu’au Niger et, de là, au golfe de Guinée. L’existence de ces oueds permet de supposer qu’il a eu une ou plusieurs phases plus humides au Sahara. Ces oueds fossiles ont marqué le pays par un ravinement accentué et la création d’un réseau hydrographique d’aspect classique en montagne et dans les parties au relief assez accusé par des lits immenses et incertains ; dans les zones moyennes, par de gigantesques bassins d’épandage parfaitement plats et sans aucun relief ; dans les dépressions, comme partout ailleurs, l’aspect géographique de cette région est essentiellement déterminé par la structure géologique et aussi et surtout par des phénomènes climatologiques.

Les recherches minières continuent encore dans le Hoggar.

Mais on peut d’ores et déjà affirmer que l’existence de gisements pétroliers est exclue dans le massif. Les zones susceptibles de receler le précieux liquide sont en dehors, ou plutôt limitrophes du Hoggar. Le sous-sol du massif est riche en uranium, en pierres précieuses (diamants), en nickel et en cuivre, dont l’exploitation est possible et rentable malgré l’éloignement et les difficultés d’approche.

Chenouf Ahmed Boudi

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