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21 mai 2003 -
21 mai 2005
Deux ans après
le séisme
“Il y a deux ans,
le séisme”, c’est par ce titre que Le Soir d’Algérie du samedi 21
mai 2005 a ouvert son édition. Avait-il besoin de le rappeler ?
Assurément non. Car ce séisme du 21 mai 2003 qui a occasionné
d’importants dégâts humains et matériels dans les trois wilayas
touchées du Centre n’est près d’être oublié. La raison n’en incombe
pas à la presse seulement, dont le devoir est d’être le reflet des
préoccupations des citoyens. Les traces de cette tragédie sont
encore présentes en dépit des efforts consentis par les pouvoirs
publics en vue d’effacer les stigmates de la catastrophe. “L’Etat a
déployé beaucoup d’efforts, certes avec des insuffisances, mais il a
aidé les sinistrés de cette catastrophe”, souligne ce quotidien qui
ajoute que ces derniers de “leur côté, leur premier devoir, celui de
vivre, est de se reconstruire un avenir”.
“Boumerdès n’a pas
pansé ses blessures” soutient Al Fadjr ; Al Youm, autre quotidien
arabophone, a également livré à ses lecteurs un reportage sur la
wilaya : “Boumerdès, deux ans après la tragédie” était le titre de
Une de l’édition du jour. Et ce quotidien de rappeler que “ce séisme
a surtout démontré l’insuffisance des capacités de mobilisation et
d’intervention et à actionner le plan Orsec”.
Comment aborder
le séisme de Boumerdès ?
Deux ans après, on
est encore au stade de se demander, comme le fait Le Maghreb du
samedi 21 mai 2005, “comment aborder le séisme de Boumerdès”. En
fait, estime le rédacteur de ce quotidien, la réponse à cette
interrogation peut prendre diverses formes : “Sous l’angle des
négligences quant au respect des normes de construction ? Sous
l’angle des implications économiques ?”, ou encore, est-il ajouté,
“sous l’angle des leçons à tirer pour l’avenir, surtout que le
gouvernement met en œuvre un programme de construction d’un million
de logements”. Quoi qu’il en soit, souligne ce quotidien, qui a
consacré à ce triste anniversaire un dossier, “il a fallu qu’un
séisme dévastateur comme celui du 21 mai 2003 frappe l’Algérie pour
qu’on parle enfin de normes de construction”.
Cependant, La
Nouvelle République paraissant le même jour estime que deux années
après le séisme qui a frappé Boumerdès et Alger, “la prévention
reste insuffisante”. Le commentateur, qui ne manque pas de souligner
les efforts consentis par les pouvoirs publics, ne manque pas
également d’affirmer qu’il “ne fait aucun doute que les expériences
douloureuses vécues précédemment ont laissé planer à chaque fois des
incertitudes chez les citoyens quant à la capacité des pouvoirs
publics à résorber les effets d’une catastrophe immédiatement après
sa survenue”.
Le Jour d’Algérie,
lui, s’intéresse au sort des sinistrés. “Que deviennent-ils ?” deux
ans après, s’est-il interrogé. “On me dit encore d’attendre…”, telle
est la réponse livrée par l’un des habitants des chalets au reporter
de ce quotidien qui s’est rendu à Zemmouri. Et l’attente risque
encore de durer si l’on en croit le quotidien arabophone Al Khabar,
qui affirme, en Une de son édition du samedi 21 mai, que “le
gouvernement a décidé de prolonger les souffrances des hôtes des
chalets”. C’est la conclusion à laquelle Al Khabar a abouti après la
décision de prolonger d’un an et demi le délai de relogement des
sinistrés. Des propos qui contredisent ceux publiés par Al Djazaïr
News qui, reprenant les déclarations du ministre de l’Habitat et de
l’Urbanisme, affirme que le “relogement des sinistrés se fera dans
des délais records”…
Dossier clos au
mois de juin
Pour donner plus
de poids à cette affirmation, elle sera appuyée par un complément
d’information faisant état de “la distribution de 5 000 logements
avant la fin de cette année”.
Tout aussi
optimiste, La Dépêche de Kabylie souligne qu’”après le traumatisme”,
l’heure est à “la renaissance” Mais cela n’empêche pas
l’éditorialiste de ce quotidien de rappeler qu”au moment où l’Etat
mobilise une manne historique pour le soutien à la croissance, ne
serait-il pas un noble geste de solidarité nationale et un acte de
rationalité dicté par la bonne gouvernance que de prendre en charge,
avec équité et sens des responsabilités, les conséquences de ce
drame et de réparer les disparités nées des premières actions des
pouvoirs publics”.
El Watan rappelle
pour sa part que “d’aucuns estiment que les leçons n’auraient de
sens que si un travail de vérité et de justice accompagnait les
corrections et les efforts d’ordre technique”. Et au rédacteur de
s’interroger : “La justice a-t-elle clos le dossier avant même de
punir sévèrement les coupables ?” Il poursuivra en ajoutant : “Ne
doit-elle pas aller jusqu’au bout de ses investigations pour rendre
justice aux 2 000 personnes mortes, en grande majorité, du fait de
la bêtise humaine ?”, et conclura en affirmant : “Autrement, la mort
d’autant de personnes ne donnera pas aux survivants le goût de la
vie.” D’autant, affirme L’Authentique, que “le gouvernement a décidé
de clôturer le dossier du séisme du 21 mai 2003, du moins sur le
plan de la réhabilitation des logements endommagés, au mois de juin
prochain, soit dans quelques semaines”, exactement le 21 juin,
est-il précisé.
Nadia Kerraz
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