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Soufisme et
expression artistique
Le soufisme est
une dimension de la foi musulmane : sa dimension d'intériorité.
Forme spécifiquement musulmane de spiritualité, il est
essentiellement, pour Roger Garaudy, un équilibre entre le grand
djihad, c'est-à-dire la lutte intérieure contre tout désir
détournant l'homme de son centre, et le petit djihad, c'est-à-dire
l'action pour l'unité et l'harmonie de la communauté musulmane
contre toutes les formes d'idolâtrie de pouvoirs, de richesses, de
faux savoirs qui l'écarteraient du chemin de Dieu.
Ainsi,
contrairement à certaines idées reçues, il serait donc faux
d'identifier le soufisme avec la mystique chrétienne ou, à tout le
moins, avec la méditation hindoue. Et ce n'est pas la thèse de Louis
Massignon rendant proche le soufisme du mysticisme chrétien qui aura
raison de cette certitude. A plus forte raison lorsque le
prestigieux auteur de La Passion du Hallâj tente de mettre
l'accent, dans l'œuvre de Hossein Mansour Hallaâj, sur sa vie et sur
sa mort à Baghdad en 922, sur ce qui, dans la sainteté de cette vie
et de son martyre final, de sa "passion", dans son éloignement de
l'action politique, dans son messianisme, dans son exaltation de
l'amour divin, le rend proche du messianisme chrétien. Revisitée à
Mostaganem, l’illumination soudaine a fait l’objet d’un intéressant
colloque dont l’intitulé, "Soufisme et expression artistique", aura
comblé d’aise de nombreux mélomanes. Des mélomanes ravis
d’apprendre, sur les lieux mêmes de la Maison de la culture, qu’il
n’existe aucun rapport entre la dimension spirituelle leur tenant à
cœur et le mysticisme chrétien.
Les réserves mises
en avant par certains conférenciers sont loin d’être une vue de
l’esprit, le fruit d’un exercice de style. Elles procèdent, à
l’évidence, d’une logique chère à Ibn Hazm – le prestigieux auteur
de Kitab al-fisal fi milali wal ahwa’i wa nihal et de
l’insondable Le Collier perdu de la colombe –, une logique
qui soutient que toute chose a un caractère propre. Hypothèse
d’école s’il en est, cette façon de voir, doctement confortée par
Ibn Qayim al-Jawziya, est des plus avérées.
Une différence
fondamentale de but et de méthode existe, en effet, entre le
mysticisme chrétien et le soufisme musulman. Le mysticisme chrétien
est dialogue avec la personne de Jésus par lequel Dieu vient habiter
la vie du chrétien alors que pour un musulman, non seulement Jésus
n’est qu’un grand prophète, mais Dieu ne se révèle pas Lui-même : Il
révèle Sa parole et Sa loi. Pour un musulman, soutient Roger
Garaudy, croire que "le Verbe s’est fait chair" ou appliquer à Dieu
le nom de "Père", c’est altérer la transcendance de Dieu : "Il n’y a
pas d’analogie entre Le Créateur et la créature" et c’est pourquoi,
selon certains rigoristes, l’on ne saurait parler d’"amour de Dieu".
Il est d’ailleurs souvent reproché aux soufis, par des musulmans
intégristes, d’avoir employé ce langage et cultivé cette expérience.
Pourtant, l’amour
de Dieu pour l’homme et de l’homme pour Dieu n’est pas étranger à
l’islam. Il est dit, dans le verset 54 du Coran, "Il les aime, et
ils L’aiment." Il aime le premier et Il appelle. Comme le
rapporte magnifiquement Jalâl ud-Dîn Rûmi, Dieu dit : "Je suis
le bruit de l’eau dans les oreilles de l’assoiffé ; Je viens comme
la pluie du ciel. Lève-toi, ô amoureux, montre quelque impatience :
le bruit de l’eau, toi assoiffé, et tu dors !" Cette
problématique a été à l’honneur, la semaine dernière, dans la
capitale du Dahra, à la faveur d’une judicieuse et heureuse
initiative autour d'un système de philosophie religieuse fondé sur
l'intuition et l'illumination soudaine. Au centre des préoccupations
des invités de l’association de musique classique algérienne Nadi
Hillal at-Thaqafi de Mostaganem, la dimension mystique à l’honneur
dans certains pays musulmans, parmi lesquels l’Algérie. Une
dimension qui, si elle semble insoupçonnée dans un pays où elle
donne l'impression d'être mise en cage, n'en reste pas moins la
fierté de nombreux émules locaux de cheikh al-Akbar Mohieddine Ibn
Arabi, le maître incontesté de la pensée soufie chère à l’Emir
Abdelkader. Emules parmi lesquelles il est aisé de recruter des
confréries au prestige insondable comme al-Bouziddiya et
al-Allaouyya. De nombreux conférenciers étaient présents au pays de
cheikh Ahmed al-Alaoui, ce saint homme qui, né en 1869 et rappelé
par Dieu en 1934, avait été à l’origine de la fondation de l’une des
plus remarquables et puissantes tariqa. Auteur de nombreux ouvrages
de théologie et de mystique musulmanes et d’un Diwan publié
pour la première fois en 1921, cheikh Ahmed al-Alaoui comptait de
très nombreux disciples au Maghreb principalement, mais aussi dans
plusieurs villes européennes. Défenseur zélé s'il en est de
l'héritage mystique autant que pourfendeur avéré de ceux qui ont
patiemment tressé les nattes de la culture de l'oubli et de
l'occultation à l'encontre d'une pensée qui permet pourtant
d'entendre la voix même de la tendresse, de la compassion, de la
miséricorde, il aura servi de modèle à plusieurs générations tant
par la clairvoyance de son esprit que par sa gentillesse et le
message de paix et de Vérité dont il a toujours été porté très haut
l’étendard : "Si celui qui
appelle vient à offrir son aide, en faisant allusion à la Vérité
Qu’il a
réalisée, à la station suprême,
Garde-toi
d’insouciance et considère avec soin ses paroles.
"Interroge-le
sur l’union et vois s’il la reflète.
"S’il dit
qu’Elle est lointaine, il en est lui-même éloigné,
Mais s’il
l’affirme proche, tiens-le pour le plus digne d’être suivi ;
Pour toi, il
aplanira le chemin vers la Vérité
Par lequel tu
pourras rechercher la face de Dieu."
Une
connaissance parfaite, un intellect perspicace, un cœur présent et
une forte domination de son âme
Les orateurs qui
ont eu à se succéder à la Maison de la culture de Mostaganem ont
articulé leurs interventions autour de la dimension soufie, une
dimension irriguée par les connaissances et la sagesse de l'un des
plus grands maîtres de la spiritualité musulmane : cheikh Mohieddine
Ibn Arabi, le cheikh al-Akbar pour qui, d'ailleurs, la qualité de
soufi est synonyme de sagesse :
"Le soufisme requiert une connaissance
parfaite, un intellect perspicace et supérieur, un coeur présent et
une forte domination de son âme afin que les inclinaisons de
celle-ci n'aient pas d'emprise sur lui. Celui qui atteint ce degré
doit avoir pour guide suprême le Coran, il doit savoir comment Dieu
parle de Lui-même et dans quelle circonstance. Le soufisme est aisé
pour celui qui répond à ces conditions et ne déduit pas de son
propre chef des statuts légaux et des sagesses qui l'excluraient de
la juste mesure divine."
L'un des
intervenants apprendra à l'assistance que l'Emir Abdelkader était
l'un des héritiers de la tarîqa al-Qadiria de Sidi Abd al-Qadir
al-Jilani, le saint patron de Baghdad, donc naturellement destiné, à
l'instar de sa lignée, à l'apprentissage et à la divulgation des
sciences islamiques et à la transmission des sciences ésotériques de
la Tradition islamique : le taçawwuf. Cependant que la
Providence, soulignera un autre conférencier, voulut toutefois que
son vœu – à savoir imiter ses pères et se dédier donc au dhikr
d'Allah – ne se réalisât que tard dans sa vie.
"En effet, Dieu l'avait choisi pour une
mission tout aussi noble et importante, à savoir la défense des
droits des musulmans. Ainsi devait-il d'abord combattre, connaître
les joies de la victoire, la défaite, la trahison, la gloire et
enfin l'exil avant d'aboutir à ce à quoi il était naturellement
prédisposé, à savoir le tassawwuf."
Au cours de sa
quête spirituelle intervenue dès sa jeunesse, l'Emir a entrepris son
voyage initiatique grâce à l'enseignement dispensé par plusieurs
maîtres représentant le plus souvent des voies aussi respectées que
celles des Qadirî, Naqshbandi et Mawlawi. Un parcours que ne
manquera pas de couronner, alors qu'il se trouvait à La Mecque à
l'âge de 55 ans, cheikh Mohammed Ibn Messaoud al-Fassi, l'une des
figures emblématiques de la confrérie Darqawiyya, qui lui ouvrit la
voie majestueuse d'Ibn Arabi. A ce propos, l’un des intervenants
s'évertuera, tout au long de son intervention, à démontrer qu'il
arrive parfois dans le soufisme qu'un faqîr (celui qui
chemine vers Dieu) entre en contact avec un maître décédé. C'est le
cas, soulignera-t-il, de Abdelkader avec cheikh Mohieddine Ibn Arabi
et de cheikh al-Akbar lui-même avec Sidi Boumediène ech-Chouaïb, de
son vivant et après sa mort. Ce genre de relation, soulignera la
même source, n'est toutefois pas le fait du hasard. Bien au
contraire, il est le résultat d'un ordre préétabli, d'une Volonté
divine (amr ilâhi) et procède également d'un amour profond,
d'une admiration sans bornes ainsi que d'une parfaite connaissance
de la station et du rang spirituels qu'occupe Le Maître.
Avec Jallâl ud-Dîn
Rûmi, il est aisé de dire que tout itinéraire spirituel commence par
l'appel que Dieu adresse à l'âme pour la tirer du sommeil de
l'insouciance et de l'oubli. Quand l'aspirant sincère perçoit en
lui-même les premiers effets de cette attirance divine qui consiste
à éprouver du plaisir chaque fois qu'il pense à la glorieuse Réalité
suprême, il lui faut faire, souligne avec justesse Jâmi (le
prestigieux disciple du grand saint al-Naqshabandi et auteur de
Lawâ'ih et de Nafahât ul-uns), tous les efforts pour
accroître et fortifier cette expérience et en même temps bannir tout
ce qui est incompatible avec elle.
C’est la ronde
vertigineuse des planètes et de tout ce qui se meut dans la nature
Il doit savoir,
par exemple, insiste la même source – auteur par ailleurs de
Layla wa Majnûn – que s'il passait une éternité à œuvrer à cette
communion, cela compterait pour rien et il n'aurait pas rempli son
devoir comme il aurait fallu.
"Sur le luth de
mon âme, l'amour a frappé une corde transmutant tout mon être en
amour ;
Les temps
illimités n'acquitteraient pas ma dette
De gratitude
pour une brève heure d'amour."
(Jamî, in
Lawâ'ih)
Dans sa
Muqaddima ( Discours sur l'Histoire universelle), Abderrahmane
Ibn Khaldoun considère que la voie suivie par les soufis repose sur
la pratique stricte de la piété, de la foi exclusive en Dieu, du
renoncement aux vanités du monde, aux plaisirs, aux richesses et aux
honneurs que recherche le commun des hommes. A l'évidence, il
ressort clairement de son analyse historique d'abord que le soufisme
ne peut être une "spécialité" détachant la contemplation de
l'action. Son but est, au contraire, de prendre une conscience plus
profonde de l'unité divine et d'harmoniser davantage la volonté
humaine avec la volonté divine. Ce qui fait dire à Roger Garaudy :
"L'homme, tiraillé par ses convoitises et par les sollicitations
extérieures, est constamment menacé de se disperser dans le
multiple. Le soufisme inverse ce mouvement. La conquête de cette
unité, le centre de soi, est la condition première de l'activité la
plus intense et la plus vivifiante dans la communauté. Il n'appelle
pas à se retirer du monde : il conduit au détachement intérieur qui
seul permet l'action véritable; celle qu'on accomplit non pas en
fonction de nos visées égoïstes, de nos jouissances ou de nos
ambitions, mais en fonction du Tout."
"Bien-aimé,
allons vers l'union...
"Allons la main
dans la main,
Entrons en la
présence de la Vérité,
Qu'elle soit
notre juge et imprime son sceau
Sur Notre union
à jamais."
(Mohieddine Ibn
Arabi)
De la vie mystique
et du rapport du soufisme à l’expression artistique et culturelle,
il en a été beaucoup question lors de ce colloque organisé à
l'initiative de l’association Nadi Hillal et-Thaqafi de Mostaganem.
C’est donc en tant que moyen de connaissance illuminative, parce que
de "reconnaissance" au sens platonicien, que se justifie, de l’avis
même de Eva de Vitray-Meyerovitch citée par le président d’al-Andaloussia
d’Alger, le concert spirituel : "Le but doit toujours être non
pas le délice d’écouter de suaves mélodies, mais de saisir une
allusion divine, comme le dit si bien Hallâj ; la musique est éveil
de l’âme, elle abolit la durée car elle la fait se souvenir."
(in Anthologie du soufisme, Editions Sindbad). C’est ainsi
que Abou Othman al-Hiri note que les influences du monde invisible,
audibles aussi bien que visibles, produisent un effet puissant sur
le cœur quand elles sont en harmonie avec lui, c'est-à-dire quand le
cœur est pur (cf. Aflâkî, Manâqib ul-‘Arifîn, traduction
française de C. Huart, tome 2, pages 151-152).
Dans le même ordre
d’idées, Eva de Vitray Meyerovitch n’est pas loin de penser que le
samaâ’ est un véritable office liturgique, participation
mystique et mise au diapason d’un cosmos sacralisé où toutes choses
célèbrent les louanges de Dieu :
"Et lorsque dans la danse des mawlavî,
les derviches, au son de la flûte de roseau (le ney) s’élancent en
tourbillonnant, c’est la ronde vertigineuse des planètes, de même
que tout ce qui se meut dans la nature, qu’ils veulent symboliser.
Le maître de leur confrérie voyait l’univers tout entier s’associer
à leur joie triomphale."
La mosquée est
le point de convergence de toutes les créations artistiques
La terre entière
est une mosquée, enseignait le Prophète Sidna Mohammed (QSSSL), et
le poète en découvre la liturgie cosmique, souligne Roger Garaudy.
Sans doute inspiré par les écrits de Jalâl ud-Dîn Rûmî évoquant ,par
le tourbillonnement de la danse des derviches tourneurs, la giration
cosmique des planètes : "Je
vois… les eaux qui jaillissent de leurs sources…
"Les branches
des arbres qui dansent comme des pénitents,
Les feuilles
qui battent des mains comme des ménestrels."
C’est Roger
Garaudy qui soulignait qu’en islam, tous les arts mènent à la
mosquée et la mosquée à la prière : "La mosquée, prière de
pierre, centre de rayonnement de toutes les activités de la
communauté musulmane, est le point de convergence de tous les arts."
(in Promesses de l’Islam, Editions du Seuil, page 120).
Pour le président
de l’Association al-Andaloussia, le rôle joué par la mosquée
algéroise tant malékite que hanéfite était loin d’être le fruit
d’une quelconque hérésie. Il était, bien au contraire, le reflet
lumineux d’une religion où la tolérance et le respect de l’autre
étaient loin d’être de vains mots. L’école soufie algéroise était
des plus florissantes et renfermait des personnalités dont la
renommée dépassait les frontières nationales. Cette ouverture
d’esprit et sur l’autre contribua à faire voler en éclats les
faux-fuyants et à faire de la musique instrumentale, pourtant
diabolisée par les faux dévots, un auxiliaire de la vie spirituelle,
comme le fera remarquer Omar Métioui, musicien, chercheur et
directeur artistique de l’ensemble Shushtari de musique samaâ
du Maroc.
Eva de
Vitray-Meyerovitch avait raison d’écrire : "Quant à la voix, on
sait le rôle immense de la psalmodie qui constitue une véritable
science, le tajwîd, obéissant à des règles précises. Au-delà de
l’art ou de la technique elle a pour but de transformer l’homme tout
entier en un instrument de musique, témoignant de la foi en
l’Unique. Elle est aussi, comme le samaâ, un chemin menant vers
Dieu." (in La Musique et l’Islam par Eva de
Vitray_Meyerovitch, dans Axes, décembre 1973-janvier 1974.)
Comme pour mieux
insister sur cette parfaite symbiose qui irrigue le rapport de la
musique à la religion, les mêmes sources, rejointes en cela par
Hichem Zoheïr Achi (Algérie) et Oumar Sankaré (Sénégal) mettent
expressément l’accent sur le fait que les soufis semblent utiliser
indifféremment des termes ressortissant au domaine de la psychologie
et à celui de la muse dont il est grandement question ici : "En
vertu d’une conception du monde fondée sur les correspondances entre
macrocosme et microcosme, le vocabulaire musical va être utilisé à
différents niveaux, le même terme – le maqâm, par exemple –
désignant tantôt un état ou degré de l’être, tantôt un développement
mélodique. De même que l’on parle d’échelle musicale, les penseurs
musulmans auront constamment recours à cette même image pour figurer
l’ascension de tout le créé."
Il en est de même
pour le grand philosophe Mohamed Iqbal dont le recours spontané au
même symbolisme musical est légendaire :
"La Réalité est donc essentiellement esprit. Mais bien entendu, il
existe des degrés dans l’esprit. A travers la gamme tout entière de
l’Être s’élève la note du Je qui s’élève peu à peu jusqu’à ce
qu’elle atteigne sa perfection dans l’homme."
Pour le
musicologue tunisien Mahmoud Guettat, certes absent mais ô combien
présent à travers son message, les confréries ont rendu un très
grand service à l’art musical maghrébin tout en lui conservant son
authenticité, une impulsion incomparable. Leur répertoire très vaste
est inspiré par les mêmes tubû, les mêmes formules mélodiques
et rythmiques et parfois les mêmes paroles que le répertoire des
noubas profanes dans leur forme la plus fidèle : "Leurs poèmes
lyrico-mystiques composés à la gloire de Dieu, du Prophète (QSSSL),
voire du patron de la confrérie, peuvent également, dans leur sens
ordinaire, évoquer l’amour profane." Certains de ces poèmes
panégyriques, comme Al-Hamziyya e al-Burd du célèbre soufi
al-Bûçiri (1213-1235) avaient atteint une renommée remarquable dans
le monde islamique. "Se contentant de la voix, certaines
confréries n’utilisent aucun instrument, d’autres tolèrent les
instruments à percussion seuls ou accompagnés par le ney. Mais il
existe des confréries qui intègrent à leurs chants tous les
instruments."
Abdelhakim
Meziani
Haut
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