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Semaine du 25 au 31 octobre 2006

Asie

Prolifération nucléaire possible, sinon probable

Irak

Bush exclut un retrait sur une défaite

 

 
 
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Asie

Prolifération nucléaire possible, sinon probable

Six mois suffiraient au Japon pour fabriquer une bombe atomique s'il en prenait la décision – lui ou l'un de ses voisins – à la suite de l'essai nucléaire auquel a procédé la Corée du Nord, ce qui pourrait déclencher une course aux armements régionale, estiment les experts. Depuis que Pyongyang a annoncé avoir testé un engin nucléaire le 9 octobre, les gouvernements du Japon, de Corée du Sud et de Taiwan se sont appliqués à souligner qu'ils ne comptaient pas développer de programmes d'armement nucléaire. Nombre d'experts estiment aussi que les pressions des Etats-Unis, soucieux de prévenir une prolifération nucléaire déstabilisatrice en Extrême-Orient, feraient efficacement obstacle à la mise au point de tels arsenaux.

Dernièrement à Tokyo, la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a assuré aux dirigeants nippons que Washington tiendrait ses engagements en matière de sécurité dans la région, notamment en ce qui concerne la défense du Japon en cas d'agression. Mais beaucoup spéculent sur le fait que les priorités pourraient changer à l'avenir, en fonction d'éventuels nouveaux essais nord-coréens et des perspectives de mise au point de missiles à longue portée dotés d'ogives nucléaires. A court terme, la Corée du Sud et Taiwan manqueraient de matériaux fissiles en quantité suffisante pour assembler un tel engin, déclarent des experts. Mais au Japon, seul pays au monde sur lequel aient été larguées des bombes atomiques, des réacteurs nucléaires ont produit assez de plutonium à partir de combustible usagé pour fabriquer un engin en six mois, ajoutent-ils.

Un programme intensif de ce type "exigerait un effort énorme et provoquerait sans doute de graves dissensions internes", estime Mark Fitzpatrick, spécialiste de la non-prolifération à l'Institut international des études stratégiques de Londres. "Le Japon possède assez de plutonium d'une qualité correspondant aux réacteurs pour en faire, selon certains experts américains, une arme en deux mois s'il met toute son énergie nationale dans le projet", dit Fitzpatrick. Mais, "à moins d'avoir procédé à des travaux préliminaires, il serait plus réaliste de dire que cela lui prendrait dans les six mois".

La Corée du Sud et Taiwan ont travaillé à la mise au point d'armes nucléaires dans les années 1970 et 1980 avant d'y renoncer sous la pression des Etats-Unis. Séoul et Taipeh disposent de centrales nucléaires produisant des matériaux susceptibles de servir à fabriquer du plutonium pour un usage militaire. La relance de tels programmes serait toutefois difficile d'un point de vue à la fois pratique et politique, indiquent des analystes. "Pour que Taiwan et la Corée du Sud se dotent de matériels produits sur place, il faut compter au moins deux ans dans l'hypothèse où serait lancé un programme intensif", déclare un diplomate en poste à Vienne et proche de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). La Corée du Sud avait suscité des remous en annonçant il y a deux ans à l'AIEA qu'elle avait procédé avec succès à l'enrichissement de petites quantités d'uranium dans les années 1970 et au début des années 1980, et qu'elle avait en outre extrait de petites quantités de plutonium à cette époque. Depuis lors, Séoul dit se conformer strictement à la réglementation de l'AIEA. Mais, après l'essai nord-coréen, 65% des Sud-Coréens interrogés lors d'un sondage se sont prononcés pour la mise au point d'armes nucléaires. Un redémarrage du programme nucléaire taiwanais est aussi jugé problématique, ne serait-ce que parce qu'il serait inacceptable pour la Chine, qui tient l'île pour une province chinoise rebelle qu'elle menace de reprendre par la force. Taipeh a réaffirmé qu'il ne relancerait pas de programme nucléaire militaire. L'expert nucléaire taiwanais Jiang Shiang-huei déclare que l'île ne possède pas le savoir-faire voulu pour produire du plutonium exploitable à un niveau militaire. Le Japon possède une capacité de lancement de fusées adaptable aux tirs de missiles à longue portée, déclarent des experts. "Une fusée est exactement la même chose qu'un missile. Il suffit de changer son angle de tir et de la diriger sur le pays pris pour cible", fait observer Yasuhiko Yoshida, professeur d'études politiques internationales à l'Université d'Osaka.

 

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Irak

Bush exclut un retrait sur une défaite

Le président George W. Bush a catégoriquement exclu que les troupes américaines se retirent battues d'Irak. Il a tout au plus évoqué un éventuel changement de tactique dans ce qu’il est convenu d’appeler le bourbier irakien. Une nouvelle stratégie qui pourrait se traduire par un déluge de feu sur l’Irak. Forcé par  la réalité du terrain qui relève d’un enlisement de ses troupes dans le pays avec de plus en plus de Marines tués,  il a admis pour la première fois une analogie possible avec la guerre du Vietnam. Mais à ceux qui auraient interprété ses propos comme la reconnaissance d'un embourbement, voire d'une possible défaite à la vietnamienne en Irak, Bush a asséné : "Nous ne retirerons pas nos troupes d'Irak avant d'avoir vaincu les terroristes." Et c’est toujours le même refrain de la "lutte contre le terrorisme" qu’il déclame pour justifier l’injustifiable.

"Nous ne laisserons pas les extrémistes parvenir à leurs fins sur ce front essentiel de la guerre contre le terrorisme (...). Nous allons l'emporter en Irak."

Bush a  néanmoins et pour la première fois accepté que l'on dresse un parallèle entre l'Irak et le Vietnam, dont l'armée américaine s'est retirée en 1973 sur une défaite durement éprouvée. La Maison-Blanche s'est employée à atténuer l'effet de ces propos potentiellement nuisibles, à quelques semaines des élections dont l'Irak est une donnée majeure.

M. Bush n'a pas dit explicitement que l'Irak était dans la même situation que le Vietnam, loin de là. Mais, a-t-il déclaré à la chaîne ABC, l'éditorialiste Thomas Friedman "pourrait avoir raison" quand il dit que le redoublement des attaques contre les soldats américains et irakiens s'apparente à l'offensive du Têt au Vietnam en 1968. Pour l'éditorialiste, la récente flambée de violence pourrait participer d'un plan pour peser sur les prochaines élections et forcer, avec une nouvelle majorité à Washington, un retrait d'Irak.

Considérée comme une défaite militaire mais une victoire psychologique pour les communistes, la vaste offensive lancée par le Vietcongs et les forces nord-vietnamiennes contre les Américains et les Vietnamiens du Sud a été un point de rupture. Radicalisant l'opposition à la guerre, elle avait poussé le président démocrate Lyndon Johnson à renoncer, en mars 1968, à briguer sa propre succession en novembre. Près de 60 000 Américains sont morts au Vietnam.

Depuis l'invasion de mars 2003, 2 772 soldats américains ont été tués en Irak, selon les chiffres officiels du Pentagone. Mais le mois d'octobre s'annonce comme l'un des plus meurtriers pour l'armée américaine.

Ces morts ajoutent à la pression qui va croissant sur Bush pour un changement de cap en Irak et qui vient aussi de la majorité républicaine ; il est à craindre que l'Irak ne cause sa perte, le 7 novembre. Mais le locataire du bureau ovale a affiché sa détermination et s'en est pris vigoureusement à l'opposition démocrate qui a fait de l'Irak un argument prépondérant dont la doctrine est, selon lui, celle du "courage fuyons". Il a même exclu que la totalité des quelque 140 000 soldats américains actuellement déployés ait quitté l'Irak d'ici à la fin de son mandat en janvier 2009. Ce qui veut dire que le chaos en Irak va perdurer…

 

 

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