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La peine capitale maintenue dans le Code pénal
Encore une
avancée reportée
Probablement que
l’on juge aussi de l’avancée du respect des droits de l’homme dans
un pays lorsque les Etats ont le courage d’abolir la peine capitale.
Les Algériens ont
été étonnés, en 2004, de voir un débat s’inviter au moment où l’on
s’y attendait le moins. On avait évoqué la possibilité, pour
certains crimes, de voir abolie la peine de mort. Cette possibilité
n’était finalement qu’une vue de l’esprit puisque les députés ont
adopté, la semaine dernière, la loi modifiant et complétant
l’ordonnance numéro 66-155 portant loi du code de procédure pénale
ainsi que la loi modifiant et complétant l’ordonnance numéro 66-156
portant Code pénal. Ces deux textes maintiennent la peine capitale
comme sanction pour certains crimes.
Le ministre de la
Justice a indiqué, dans une déclaration à l’APS, que «ces deux
lois, dans leur globalité, visent à combattre le crime organisé»,
citant la drogue, le blanchiment d’argent, le terrorisme et la
corruption comme exemples.
En fait,
l’adoption de ces deux textes souligne que le débat qui a été ouvert
n’avait pas lieu d’être. Alors qu’à l’époque, le même ministre de la
Justice expliquait la volonté de l’Algérie d’abolir la peine
capitale, préférant ainsi prendre les devants et éviter à ce que
cela ne lui soit imposé. M. Belaïz avait indiqué, en annonçant
l’éventualité de la suppression de la peine de mort, lors d’une
réunion régionale des magistrats, que «la peine capitale a été
abolie dans l’écrasante majorité des pays. Et comme nous devons
adapter notre législation dans le cadre de la mondialisation, il est
nécessaire d’en faire autant». Par ailleurs, le ministre de la
Justice avouait que «de
toutes les manières, nous n’avons pas d’autre choix que de la
supprimer de notre propre gré avant qu’on ne nous l’impose».
Il faut bien voir
que ce n’est plus le cas, même si au moment où était suggérée
l’abolition de la peine capitale, un début de débat avait été
ouvert, notamment entre juristes et défenseurs des droits de
l’homme. En fait, la société était prête à discuter de ce qui la
concerne et, au cas où les abolitionnistes auraient pu faire passer
leurs arguments, l’Algérie aurait pu être le premier pays à abolir
la peine de mort en Afrique pour peu que les amendements au Code
pénal aient été votés juste après l’annonce par Tayeb Belaïz de la
volonté du gouvernement de le faire. Le Sénégal aura été finalement
le premier pays abolitionniste africain, s’inscrivant à
l’avant-garde du respect des droits de l’homme.
Cela est d’autant
plus vrai que l’abolition effective, en Algérie, allait dans le sens
du moratoire sur les exécutions des peines capitales prononcées. La
peine de mort, même si elle est encore prononcée, n’est plus
exécutée depuis 1993 dans le pays. C’est en 1992 que l’Observatoire
national des droits de l’homme, présidé à l’époque par Maître Rezzag
Bara, ainsi que les Ligues des droits de l’homme, avaient demandé au
Haut-Comité d’Etat, à la tête du pays en 1992, de ne plus appliquer
la peine capitale.
A quoi aura
servi le moratoire ?
La dernière
exécution en Algérie remonte à 1993 : il s’agit de celle du pilote
d’Air Algérie et d’un de ses complices impliqués dans l’attentat à
la bombe de l’aéroport d’Alger, une année auparavant. A cette
époque, 231 condamnés à mort ont vu leurs peines commuées en
emprisonnement à perpétuité ou à des peines de 20 ans de réclusion,
avait indiqué Abdelkader Sahraoui, chef de cabinet au ministère de
la Justice en 2004, lors d’un débat radiophonique sur l’abolition de
la peine de mort. Le ministère était même sur le point de présenter
au gouvernement un projet d’abolition «graduelle» de la peine de
mort.
Mais outre
l’empressement légitime des défenseurs des droits de l’homme et le
pressing de quelques juristes avant-gardistes, l’Algérie, selon les
termes du débat de 2004, a aussi l’obligation d’adapter son cadre
législatif aux conventions internationales sur le droit humanitaire
auxquelles elle a adhéré.
On indiquait aussi
que l’abolition de la peine de mort faciliterait le travail de la
justice algérienne dans les cas de demandes d’extradition. Il est
vrai que l’affaire Khalifa a plané longtemps sur ces débats, puisque
Moumène Khalifa ne pouvait être extradé depuis son exil londonien
vers un pays où il risquait la peine capitale.
A ce moment-là
aussi, le président du Conseil consultatif sur les droits de
l’homme, Maître Farouk Ksentini, s’était pleinement distingué lors
de ce débat et avait insisté sur la nécessité de supprimer, d’une
manière officielle, la peine capitale. Qualifiant la peine de mort
de «totalement absurde» et sans aucun effet dissuasif sur le
phénomène de la criminalité, il ne trouvait aucune raison valable
justifiant encore le maintien de cette sanction «cruelle».
A l’époque, on
indiquait aussi sans ambages qu’un projet était prêt pour une
abolition de la peine de mort et que des blocages retardaient sa
présentation. C’était d’autant plus important que Farouk Ksentini ne
s’exprimait plus en tant que juriste, mais en tant que représentant
d’une instance consultative des droits de l’homme mise sur le compte
du pouvoir politique. Autant dire que son expression indiquait que
tout était fin prêt pour cette abolition officielle.
Finalement, y
a-t-il eu une sourde confortation entre abolitionnistes et
non-abolitionnistes ? Si tel était le cas, cette confrontation n’a
pas été publique au moment où on avait évoqué l’abolition ; seuls
les abolitionnistes étaient montés au créneau. Fallait-il s’en
inquiéter au lieu de croire que les jeux étaient déjà faits et que
l’abolition ne serait qu’une formalité ?
Il reste que le
maintient de la peine capitale dans le Code pénal algérien indique
bien que ce sont les défenseurs des droits de l’homme qui ont perdu
la bataille. Mais justement, n’ont-ils pas perdu ladite bataille
par absence de débat public ? Même quand les textes étaient
présentés devant les députés pour approbation, le débat de forme n’a
pas eu lieu. Et l’effervescence qui avait suivi les déclarations du
ministre de la Justice, en 2004, semblait telle une écume vite
dissipée, un vague souvenir.
Amine Esseghir
Haut
Baisse des prix du pétrole
Panique à bord
A peine la valeur marchande de
l’or noir a-t-elle perdu quelques dollars sur les Bourses du monde
entier qu’une certaine panique s’est installée en haut lieu. C’est à
croire que les pouvoirs publics pensaient que cette hausse allait
durer éternellement et qu’ils ont été pris de court puisqu’ils n’ont
rien préparé pour l’avenir, sinon amasser un matelas financier qui
va vite se consumer comme une feuille de papier à la flamme d’une
bougie. Nous ne sommes pas encore dans l’après-pétrole, mais il faut
vite réagir pour casser cette dépendance paralysante de l’économie
nationale vis-à-vis de l’exportation des hydrocarbures.
Un prix de référence du baril de
pétrole compris entre 24 et 28 dollars serait
"acceptable"
et
"équitable"
aussi bien pour les pays producteurs que pour les pays
consommateurs. C’est bien ce que nous disait Chakib Khelil il y a de
cela moins de trois ans, lorsqu’il avait tenté de convaincre, au
moment où le baril commençait à prendre son envol, qu’une hausse
trop importante pouvait être mauvaise pour les producteurs eux-mêmes
à cause de l’augmentation des prix des produits manufacturés.
Bref, depuis 2003, le baril de pétrole a doublé de valeur sans que
le ciel ne tombe sur la terre. Bien au contraire, les pays
producteurs ont fait d’énormes recettes, à l’image de l’Algérie qui
a engrangé (malgré les dépenses importantes en importations) plus de
70 milliards de dollars jusqu’à maintenant. Mais il a suffit que le
baril perde quelques dollars sur le marché mondial (à cause de la
reconstitution des réserves américaines) pour qu’une panique
s’installe chez les producteurs de pétrole et que l’on commence à
songer à des jours sombres à venir.
Finalement, comme dit l’adage,
"à
quelque chose malheur est bon".
La baisse sans grande importance des cours du pétrole en comparaison
avec les hausses cumulées depuis 3 ans aura un effet
"électrochoc"
qui, souhaitons-le du moins, fera prendre conscience à ceux qui ont
la destinée de ce pays entre leurs mains que compter trop sur les
richesses hydrocarbures risque de nous paralyser à vie. Des voix
hautement plus qualifiées avaient déjà sonné l’alarme pour expliquer
à ceux qui nous dirigent que l’économie algérienne ne peut plus
continuer sur cette voie et qu’il est nécessaire, voire vital de
prendre des mesures pour relancer la machine productive, en panne
depuis deux décennies au moins. Plus facile à dire qu’à faire dans
un système habitué à vivre de la rente pétrolière. Inimaginable pour
lui que la relance de l’économie doive s’accompagner
d’investissements rentables et non pas de commandes de produits et
services.
L’heureuse nouvelle, c’est que l’Etat semble finalement décidé à
élaborer une
"stratégie
industrielle"
pour relancer la machine économique. C’est le ministre de la
Participation et de la Promotion de l’investissement qui a été
chargé d’élaborer cette "vision
future"
de l’industrie algérienne. Rien de très précis jusqu’à présent, mais
on croit savoir qu’il s’agit d’un plan de prise en charge de
secteurs potentiellement exportateurs (comme celui du médicament et
d’autres).
Et si les voix algériennes ne
suffisent pas, peut-être que les mises en garde du Fonds monétaire
international (FMI) devraient avoir plus d’effet. Après 15 jours
d’évaluation du fonctionnement de l’économie nationale, la mission
du FMI, qui a séjourné récemment à Alger, fait le même constat.
L’embellie financière de l’Algérie ne profite pas à l’économie
réelle. C’est, en substance, ce qu’il faut retenir des déclarations
du chef de file de cette mission, Erik de Vrijer, lors de la
conférence de presse organisée mercredi dernier.
"Il
faut s’assurer qu’on puisse continuer à financer les investissements
nécessaires pour moderniser l’économie et la rendre compétitive",
expliquait-il aux
journalistes en insistant sur la nécessité
"d’améliorer
les performances des banques publiques pour financer la croissance
et non des crédits non performants".
Le chef de la
mission du FMI constate et affirme officiellement que les banques
publiques manquent cruellement de compétences pour apprécier les
projets qui leur sont soumis dans les demandes de crédits. On
apprendra à cette occasion que "les
créances non performantes des banques publiques (estimées à près de
40%), notamment sur le secteur privé, demeurent à un niveau très
élevé".
Il y a de quoi avoir peur pour l’avenir.
Donnez un
milliard de dollars à un homme d’affaire occidental et il fera des
miracles. Donnez en 70 milliards à un Etat et il n’en fera rien du
tout. Du moins, jusqu’à preuve du contraire. Alors, faut-il attendre
que le baril de pétrole atteigne 15 dollars (rappelons que cela est
déjà arrivé par le passé) pour se rendre compte de la tragédie que
nous risquons de vivre alors ?
Abdelkader Djalil
Haut
Autoroute Est-Ouest
1 216 km
d’embûches
S’il n’y a aucune
raison de douter de la parole du ministre des Travaux Publics
concernant le respect des délais de réalisation de l’autoroute
Est-Ouest, dont la livraison est prévue pour fin 2009, il est quand
même permis d’avoir des appréhensions quant au bon déroulement de ce
méga-projet qui a connu, dès le début, tant d’embûches et de
retards.
Amar Ghoul n’en
dira pas plus sur les «lobbies» et les «groupes de pression» qui
sont derrière les rumeurs faisant état de la surfacturation de
l’autoroute Est-Ouest. Dans ses réponses aux questions orales des
députés, jeudi dernier, M. Ghoul est resté sur les mêmes propos
qu’il avait tenus une semaine auparavant, lors d’une rencontre avec
la presse tenue en compagnie du ministre de la Communication,
lorsqu’il avait pour la première fois évoqué ces «pressions
extérieures terribles» avec
«des complicités et des ramifications
intérieures».
Il faut dire que
dès le départ, la réalisation de ce projet (dont l’idée remonte aux
années 1980) paraissait déjà problématique. Reportée à plusieurs
reprises, la décision a été prise finalement en 2005 de lancer un
appel d’offres pour les trois tronçons de cette autoroute de 927 km
(sur un total de 1 216 km) reliant Tlemcen à Annaba. Rappelons que
les pouvoirs publics avaient longtemps hésité avant de mettre la
main à la poche pour financer cet ouvrage dont la nécessité n’est
plus à démontrer compte tenu de la faiblesse du réseau de chemin de
fer en Algérie.
Même avec quelques
milliards de réserves de change, l’Etat avait refusé de financer le
projet. L’idée était donc, en 2003, de faire réaliser l’autoroute
par des financements extérieurs contre l’octroi d’une concession le
temps nécessaire (estimé à 30 ans par certains) pour récupérer
l’investissement à travers les droits de péage. A cette époque,
l’option était plutôt de construire l’autoroute Est-Ouest selon la
formule BOT (Build Operate and Transfer) qui ne coûte pas un centime
à l’Etat. Pour cette formule, plusieurs consortiums étrangers
(américains, européens et asiatiques) avaient fait des propositions
qui se comptaient par dizaines en décembre 2004. Finalement, voyant
que les finances du pays se portaient largement mieux, les pouvoirs
publics ont finalement décidé de payer cash la réalisation de
l’autoroute Est-Ouest. Un appel d’offres international a été lancé
et trois groupements étrangers ont été sélectionnés pour réaliser
les trois tronçons. Mais entre temps, le coût avait largement
augmenté. La différence entre la proposition de construire
l’autoroute en formule BOT faite par un consortium américain et
celles faites par les entreprises soumissionnaires se compte en
milliards de dollars. De 5 milliards de dollars, le montant du
projet a été réévalué à 7, puis à 11,4 milliards de dollars en
dernière offre. A titre d’exemple, entre l’offre faite par un
consortium américain (présentée en septembre 2003 à Alger) et les
soumissions retenues récemment, la différence est de… 5 milliards de
dollars.
Finalement, sur 7
soumissionnaires, ce sont deux groupements, chinois et japonais (CITIC-CRCC
et Kojal), qui ont remporté le marché de l’autoroute Est-Ouest. Ils
doivent construire les tronçons manquants dans un délai de 40 mois à
partir de septembre 2006. Un immense chantier qui est appelé à créer
plus de 120 000 emplois.
Amar Ghoul semble
avoir réussi à convaincre les députés du bien-fondé de sa démarche
et leur a donné assez d’arguments (relatifs aux procédures
d’acceptation du marché) pour réduire à néant la suspicion qu’on a
voulu accrocher à ce projet. Mais une chose est sûre : le ministre
des Travaux publics sera attendu au tournant si les délais ne sont
pas respectés.
Abdelkader
Djalil
Haut
Pauvreté
1,5 million
d’Algériens sont pauvres
Décidément, la
pauvreté n’est pas près de disparaître en Algérie. Ce ne sont pas
des paroles en l’air, mais bel et bien le résultat d’une enquête
–encore une – après celle du CENEAP, réalisée cette fois par
l’Agence nationale de l’aménagement du territoire (ANAT). En effet,
ces résultats affirment que 1,5 million de pauvres vivent en Algérie
et se concentrent surtout dans les Hauts Plateaux et les zones
montagneuses ou boisées des wilayas de Médéa, Chlef et Aïn-Defla.
Faut-il voir une coïncidence dans le fait que ces régions ont été
sérieusement touchées par les actes terroristes ou faut-il croire
que la pauvreté véhicule incontestablement la violence ?
Quelles que soient
les réponses, il faut reconnaître que cette étude, réalisée pour le
compte du ministère de la Solidarité nationale, et qui porte sur
l’affinement de la carte de la pauvreté, met à nu beaucoup de
réalités. A commencer par le fait que la pauvreté est très répandue,
plus même qu’on ne l’aurait cru.
En effet, 176 des
communes touchées par l’enquête affichent un niveau de précarité
très avancé et 46 sont extrêmement pauvres. Parmi elles, 51,4 % se
caractérisent par une mortalité très élevée qui dépasse les 58 %.
Quoi de plus éloquent que ces chiffres pour dire la pauvreté dans
laquelle vivent ces gens et la misère qui fait leur quotidien dans
des régions enclavées et des terres très pauvres en ressources ?
62% de ces ménages
démunis vivent dans des régions éparses et sur des terres qui ne
produisent pas grand-chose, ce qui oblige les chefs de famille à
chercher du travail loin de chez eux. 66,9% sont saisonniers en
agriculture, avec tout ce que cela implique comme incertitudes. En
effet, louer la force de ses bras à des gens qui risquent de ne pas
payer à la mesure des efforts fournis ou de ne pas payer du tout est
très fréquent. De plus, si la saison n’est pas prometteuse, les
agriculteurs risquent de ne pas recourir à beaucoup de saisonniers,
et c’est alors le chômage qui guette ces pères de familles,
incapables de gagner leur vie autrement car ils sont 82,1% à n’avoir
jamais fréquenté l’école, ce qui rend leurs chances de trouver du
travail minimes.
Tout cela se
répercute incontestablement sur le niveau de vie de ces familles,
qui se retrouvent dans un état de précarité tel que leurs enfants, à
leur tour, ne sont pas scolarisés.
A travers cette
enquête, il a été enregistré 89% de cas de non-scolarisation
d’enfants, justifiées par deux raisons aussi valables l’une que
l’autre. A savoir les difficultés financières de leurs parents et
l’éloignement de leurs lieux d’habitation en l’absence de tout moyen
de transport scolaire. Ce qui signifie très clairement que le
transport scolaire dont le ministère de la Solidarité nationale a
fait son cheval de bataille est loin d’avoir couvert toutes les
régions. Il est justement absent là où sa présence est vraiment
nécessaire.
Cela signifie
aussi que si rien n’est fait pour aider ces familles à sortir de
leur pauvreté et de leur éloignement, ces enfants auront à vivre la
même situation que leurs parents. Analphabètes, ils n’auront pas
beaucoup de possibilités de vivre une vie meilleure.
La situation
désastreuse. En fait, l’enquête fait ressortir que 52,2% des ménages
ont un salaire mensuel qui varie entre 5 000 et 10 000 DA, très peu
pour faire vivre une famille et couvrir les charges de la maison.
Comment peut-on imaginer alors des familles qui subsistent avec un
revenu mensuel qui n’atteint pas les 5 000 DA ? En effet, c’est le
cas de 40 % de ces ménages. Difficile d’imaginer comment sont
réparties les dépenses avec un revenu si minime que ces familles
doivent se nourrir juste assez pour survivre. Alors ?
Quand on nous
assure que la pauvreté a régressé, il est certain que ceux qui
l’affirment sont loin de connaître cette triste réalité. Sinon, ils
ne seraient pas très sûrs pour dire que la lutte contre la pauvreté
en Algérie est sur la bonne voie.
L’étude réalisée
par l’ANAT affirme tout de même qu’il y a une certaine amélioration
des conditions de vie depuis 1998, année où les actes terroristes
faisaient fureur, où les assassinats et les tueries avaient fait
fuir les familles de leurs douars éloignés vers les villes où la
sécurité était plus ou moins assurée.
Cette enquête fait
ressortir que certaines commodités sont plus accessibles que
d’autres. Ainsi on apprend que 84% des populations disposent de
l’électricité, ce qui est une bonne chose, mais il n’en est pas de
même pour l’eau potable, car seulement 30% en disposent. Seules 21%
des maisons sont raccordées à un réseau d’assainissement, ce qui
signifie que de nombreuses familles se retrouvent à vivre dans des
conditions d’hygiène déplorables qui se répercutent sur leur sauté.
D’est certainement
pour cette raison que les maladies infectieuses et parfois même
contagieuses sévissent dans ces régions. En l’absence de structures
sanitaires proches de leurs douars et du fait de leurs moyens
financiers très limités, les gens se soignent mal et parfois ne se
soignent pas du tout. Ce qui explique le taux de mortalité très
élevé, plus de 58% dans certaines communes.
Une question tout
de même. L’Etat aide-t-il suffisamment ces pauvres ? Leur
propose-t-il des formules à même de les sortir de leur enclavement ?
Il est connu que beaucoup d’aides sont accordées aux pauvres par le
biais du ministère de la Solidarité nationale. Mais ces aides
sont-elles distribuées équitablement et à ceux qui ont en le plus
besoin ?
Selon les
résultats de l’enquête, seuls 10,3% de ces pauvres ont bénéficié de
l’aide au logement rural et 17,2 % ont touché les différentes aides
sociales. La prime de scolarité de 2 000 DA par enfant scolarisé est
la plus distribuée, puisque 81,9 % des ménages affirment qu’elle
vient à point nommé pour les soulager un peu du poids des autres
dépenses.
L’étude sur
l’affinement de la carte de la pauvreté nous confirme que ce fléau
est une réalité des plus tristes dans un pays qui dispose de
richesses qui pourraient permettre d’endiguer la pauvreté. Car il
n’est pas juste de voir des gens souffrir de précarité et d’autres
gaspiller à outrance.
Le problème chez
nous, n’est pas manque de ressources, mais bel et bien injustice
dans la distribution des richesses. Cessons donc de dire qu’il n’y a
pas de pauvres en Algérie car des gens ne sont pas morts de faim.
Meurt-on de famine dans un pays aussi riche ?
Khadidja
Mohamed Bouziane
Haut
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