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Dernière semaine du ramadan
D’une saignée à
une autre
La Tribune
(édition du 17 octobre 2006), à l’instar d’autres titres, a
commémoré le 45e anniversaire du 17 octobre 1961.
"Unanimité
sur la condamnation du système colonial"
est le titre retenu par ce quotidien :
"Cette
commémoration (…) a été l’occasion pour les associations et les
historiens, en France comme en Algérie, de réaffirmer leur position
quant au passé colonial de la France.
"
Elle
aura été aussi
"l’occasion
pour Abdelhamid Mehri, ancien membre du Gouvernement provisoire de
la République algérienne, de déclarer que le colonialisme était un
‘système oppressif abject’ dont l’humanité avait connu les méfaits
et les crimes qui restent imprescriptibles et que le temps ne peut
effacer".
Amère réalité
El Khabar
du même jour nous replonge dans l’amère réalité non pas
post-indépendance mais post-années 1990.
"Les
détails du détournement de 4 000 milliards de la BNA"
est sa première ouverture. La deuxième ouverture ne diffère pas et
abonde dans le même sens :
"Six
opérations d’attaques contre les banques à Oran durant ce mois de
ramadan."
Autant dire
qu’il vaut peut-être mieux replonger dans le passé où les Algériens
luttaient pour accéder à l’indépendance. Ils oublieront qu’après dix
ans de lutte contre terrorisme au cours desquelles des milliers de
morts ont été enregistrés et à l’issue desquelles le pays tout
entier s’en est sorti amoindri, Haddam et Kebir, dont le rôle dans
la tragédie nationale n’est pas à prouver, sont opposés aujourd’hui
par des divergences sur la création d’un nouveau parti, et partant
se déclarent
"la
guerre",
comme le rapporte Le Jour d’Algérie dans on édition de ce 17
octobre. Le rédacteur indique, parlant de Anouar Haddam, qu’"on
le voit redoubler d’agressivité en soutenant que ‘personne n’a droit
de veto dans la création des partis ou l’exercice politique’".
Ce qui fait dire au rédacteur de ce quotidien que
"l’allusion
est claire et l’adversaire bien ciblée".
Et d’ajouter :
"Ce
qui renforce l’idée de son opposition aux motifs du retour de Rabah
Kebir en Algérie."
En fait, est-il précisé,
"Annouar
Haddam se prononce contre les démarches entreprise par Rabah Kebir
pour la création d’un parti politique sur les cendres du FIS dissous".
Ce qui fera conclure au Jour d’Algérie :
"Voilà
qui explique son empressement soudain à vouloir rentrer au plus vite
à Alger."
Mais de nombreux
lecteurs vous diront se soucier peu de la chose politique quand bien
même ils sont sensibles à ces titres de presse, comme celui du
Soir d’Algérie du 17 octobre qui rapporte l’assassinat de huit
gardes communaux à Sidi M’Djahed, à Aïn Defla.
Tchekchouka
En fait, ne
connaissant pas les véritables enjeux de ce qui pourrait leur
sembler une tchekchouka politique, ils vous diront que l’essentiel
pour eux est, actuellement, comme cela a été rapporté en Une du
Jeune Indépendant du 17 octobre qui se base sur les affirmations
du représentant de la FAO en Algérie, que
"1,6%
des Algériens souffrent de malnutrition".
Ce taux signifie, est-il ajouté, que
"plus
de 510 000 Algériens sont classés par la FAO comme des personnes
souffrant de malnutrition".
Et au quotidien de souligner
"un
chiffre très loin du constat du ministère de la Solidarité nationale
qui soutient que l’Algérie compte moins de 70 000 démunis".
Que l’on soit de
nouveau menacé par la grippe aviaire, d’où la raison comme l’annonce
La Nouvelle République de la réactivation du dispositif de
lutte, ou que des personnes – 17 selon La Dépêche de Kabylie
– soient blessées dans un accident à cause de l’excès de vitesse
dont a fait preuve le chauffeur d’un bus renversé, ou encore que les
spéculateurs imposent leur diktat (El Watan de la même date)
au niveau du marché de gros des fruits et légumes de Attatba sont
devenues choses courantes. A telle enseigne que ce type d’annonce ne
fait plus réagir. Ou presque. Alors, que l’on annonce, comme le
fait La Tribune du lundi 16 octobre, que
"l’Algérie
garde le contrôle de ses hydrocarbures"
doit vraiment faire rire. De toutes les façons les Algériens ne
savent pas vraiment où va l’argent du pétrole. Et encore moins celui
débloqué dans le cadre de la loi de finances. Dès lors, qu’El
Bilad relève que cette loi a ignoré le budget de la révision
constitutionnelle ne va surprendre personne. Ce qui surprend le
plus, en réalité, c’est que le prix de la pomme de terre a atteint
les 75 DA le kilo et que le quotidien El Youm annonce que ce
prix est appelé à augmenter encore. Impensable il y a seulement
quelques années, mais vrai en 2006. Comme il aurait impensable
d’imaginer ce chiffre, pourtant vrai, rapporté par El Fadjr :
50 000 enfants circoncis sont exposés, chaque année, à des
complications. Que tout cela se passe en Algérie en 2006 a de quoi
faire réfléchir sur les acquis que l’ont dit avoir enregistrés
depuis l’Indépendance, en 1962.
Remaniement
El Djazaïr News,
pour sa part, pose cette autre question qui ne cesse de tarauder les
esprits depuis que les langues se sont déliées et que des dossiers
ont été sortis :
"Qui
va demander des comptes à qui"
dans le cadre de la réouverture des dossiers de la corruption ?
Le Soir
d’Algérie annonce, dans son
édition du jeudi 19 octobre, que le remaniement gouvernemental
annoncé à plusieurs reprises se fera «après les législatives.
C’est-à-dire pas avant le mois de mai 2007, date fixée par le
ministre de l’Intérieur pour la tenue de ce rendez-vous électoral.
Selon le rédacteur, l’identité de ceux qui sont appelés à quitter
l’Exécutif n’est pas encore connue car
"la
question n’est pas soumise à examen au niveau de la haute autorité
politique du pays".
Toutefois, est-il indiqué,
"ce
qui est en revanche sûr, c’est que les auditions organisées
séparément ou par petits groupes sectoriels de ministres influeront
sur les choix présidentiels".
Et de préciser qu’"autrement,
il y a fort à penser que les ministres qui n’auront pas fait valoir
un bon bilan d’exercice feront leurs valises".
Nadia Kerraz
Haut
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