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Abbas à un pas de la trêve

Les factions radicales palestiniennes, qui négocient un accord de cessez-le-feu avec le président Mahmoud Abbas, ont accepté de suspendre leurs attaques anti-israéliennes et attendent désormais la réponse des autorités israéliennes à leur initiative, a annoncé le 24 janvier un responsable palestinien.

L’engagement conditionnel pris par les groupes armés – Hamas et Djihad islamique en tête – intervient alors que de hauts responsables israéliens, à commencer par le Premier ministre Ariel Sharon, ont tenu la veille des propos conciliants, assurant que l’Etat hébreu cesserait ses opérations militaires si le calme prévalait.

Dans ce contexte encourageant, le président israélien Moshe Katsav, dont la fonction est essentiellement honorifique, a appelé lundi Mahmoud Abbas. Les deux hommes ont souligné à cette occasion l’importance d’une action commune pour la paix.

Le vice-Premier ministre israélien Shimon Pérès a quant à lui estimé que l’Etat hébreu devait contribuer à ce que Mahmoud Abbas obtienne un soutien populaire plus large. “De l’avis de tous, il y a des choses que nous devons faire, comme retirer les obstacles des checkpoints”, a-t-il dit à la radio de l’armée.

Côté américain, l’émissaire William Burns, secrétaire d’Etat adjoint, est attendu cette semaine dans la région pour des entretiens centrés sur la lueur d’espoir que suscite la perspective d’une trêve.

A Gaza, depuis mardi dernier (18 janvier), le nouveau président de l’Autorité palestinienne attend du gouvernement israélien qu’il garantisse l’arrêt total de ses opérations armées, notamment des incursions et des attaques ciblées.

De son côté, Israël entend juger sur les actes, tout en n’excluant pas une libération de prisonniers dans le cadre de discussions formelles avec les dirigeants palestiniens.

Aucune déclaration publique n’est toutefois à attendre côté israélien. “Ce sera un cessez-le-feu de facto”, a expliqué Asaf Shariv, conseiller d’Ariel Sharon. “Nous répondrons au calme par le calme.”

“Ils (les groupes armés) ont calmé les choses sur le terrain depuis quelques jours et ils vont continuer à le faire quelque temps encore pour voir si Israël est prêt à accepter leurs demandes et respecter une trêve”, a pour sa part souligné Ziad Abou Amr, responsable palestinien chargé des négociations avec les groupes radicaux, sur les ondes de la Voix de la Palestine.

“Ce qui s’est passé jusqu’à présent, c’est une entente palestino-palestinienne dans le cadre du dialogue visant à obtenir à un accord global national, qui inclut des réformes, un partenariat politique et une trêve”, a poursuivi M. Abou Amr, jugeant qu’il appartenait à présent à l’Etat hébreu de prendre des mesures concrètes.

Mahmoud Abbas est d’ores et déjà parvenu à un accord avec le Hamas et le Djihad islamique sur les termes d’une plateforme politique. Dans ce cadre, le président de l’Autorité palestinienne devra informer régulièrement les dirigeants des factions d’opposition, notamment sur les décisions relatives au retrait israélien de la Bande de Gaza prévu pour cet été. De leur côté, les groupes radicaux comptent prendre part aux élections parlementaires de juillet, ce qui permettra pour la première fois de mesurer leur poids politique.

Aucune violence particulière n’a été signalée lundi (24 janvier), au quatrième jour des patrouilles effectuées par quelque 3 000 policiers palestiniens le long de la frontière entre la Bande de Gaza et Israël, afin d’empêcher les tirs de roquettes. 

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