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Bouteflika, Khalifa
Ils font
l’actualité
Samedi 22 avril.
Premier jour de la semaine. Contrairement à de nombreux week-end où
l’actualité était aux abonnés absents, mettant ainsi les
responsables des journaux dans une situation peu confortable du fait
qu’il est difficile de remplir un quotidien de 24 pages sans une
actualité intéressante, ce week-end des 20 et 21 avril aura été
particulièrement riche en évènements susceptibles d’offrir le choix
aux confectionneurs des quotidiens. Il faut dire aussi qu’entre le
retour du président de la République à l’hôpital militaire de Val de
Grâce, les déclarations des ministres en réponse aux interpellations
des députés de l’APN, la décision d’extradition prise par la cour
suprême marocaine à l’encontre des trois inculpés algériens dans
l’affaire BNA, il y avait matière.
Bouteflika, la
France et nous
Mais c’est
assurément le déplacement à Paris de Abdelaziz Bouteflika pour
effectuer un contrôle à l’hôpital militaire Val-de-Grâce qui aura
fait l’évènement en ce premier jour de la semaine, de part et
d’autre de la Méditerranée. «La droite française perd les pédales»
estime Le Jour d’Algérie suite à la réaction enregistrée à Paris et
animée notamment par la droite et l’extrême-droite. «La France
politique se frustre et s’agite à l’égard de l’Algérie» relève ce
quotidien qui ajoutera que « ce paradis perdu qui attise, de plus en
plus, l’intérêt des Américains. Le Pen qui s’en prend à Bouteflika
dans une virulente diatribe parce qu’à ses yeux, le génocide du 8
Mai 1945 relève beaucoup plus de la rubrique des chiens écrasés que
d’une tragédie humaine.»
Par ailleurs, il
sera rappelé que «Douste-Blasy n’arrive pas à digérer l’abrogation
de l’article 4 de la loi du 23 février. Une presse aux commandes de
magnats connus, Lagardère en tête, pour ses affinités avec les
ultras de la droite sarkosyste et les nostalgiques de l’Algérie de
papa, qui se fait le porte-parole d’une regrettable campagne de
laquelle la France n’en sort pas grandie».
C’est une
«campagne française contre l’Algérie», relève pour sa part La
Nouvelle République qui estime que «la France officielle semble
gênée par les sorties intempestives de Le Pen».
Illustrant sa Une
par les photos de Le Pen, Bernard Debré, Mariale Sarter, Guillaume
Yelti, Lionel Loca, Nicolas Le Pen, El Djazair News annonce que «ce
sont eux qui ont déclaré la guerre à l’Algérie en optant pour un
discours haineux». Le quotidien arabophone Al Ahdeth indique
que «la droite française intensifie sa campagne contre l’Algérie».
C’est le même sentiment que partage Al Fadjr, qui estime que c’est
là une campagne féroce qui est menée à l’encontre de l’Algérie.
Un climat
malsain
«Le séjour
controversé de Bouteflika à Paris», souligne de son côté El Watan.
Reste, fait remarquer leur correspondante en France, que «ce qui
trouble au plus haut point les Algériens, (c’est que cette
hospitalisation) comme programmée de longue date n’ait pas été
préalablement rendue publique». C’est en définitive cette
«opacité» qui «relance les rumeurs» estime quant à lui Le Soir
d’Algérie. Pourtant, souligne La Dépêche de Kabylie Belkhadem a
démenti «les rumeurs françaises» et a rassuré quant à l’état de
santé réel du Président algérien. Cependant, estime son billettiste,
«que le président de la République choisisse Paris pour se faire
soigner est une affaire personnelle qui n’a rien à voir avec
l’histoire ni la politique».
El Khabar
rapporte également en Une de son édition du jour le retour de
Bouteflika à l’hôpital du Val-de-Grâce. Le rédacteur estime
cependant que «ce tapage médiatique né suite à cette
hospitalisation s’arrêtera (…) par une gifle politique à ceux qui
ont tenu des réunions extraordinaires dans les coulisses, pour
parler de la période post-Bouteflika». Reste, ne manque pas de
relever La Tribune, que «ceux qui se sont déclarés surpris ou se
sont franchement gaussés de ce retour en France du Président
algérien – auquel on faisait précisément le procès des déclarations
faites lors du récent déplacement à Constantine – auraient été plus
avisés de relever le témoignage de confiance dans les compétences
françaises que traduit ce choix et de l’inscrire à l’actif d’une
sincère conviction quant au bien-fondé de la stratégie de
refondation des relations entre les deux Etats et les deux
sociétés». Mais, rappelle l’éditorialiste du Jour d’Algérie, «le
climat n’est pas sain entre nos deux pays. Trop de non-dits, trop
d’arrière-pensées, trop de calculs mesquins parasitent la volonté de
Abdelaziz Bouteflika et de Jacques Chirac d’aller vers des
relations d’exception». Et au rédacteur d’expliquer : «La logique du
rapport de force pèse encore lourdement dans la perception française
de ses relations avec l’Algérie.»
«Paris a-t-il
violé le secret ?», se demande Liberté.
D’autres
quotidiens ont consacré leur première ouverture à l’annonce faite
par le le ministre de la Justice relative à la tenue en juillet
prochain du procès Khalifa. C’est le cas notamment de La Nouvelle
République et du Maghreb. Si ce quotidien rapporte que cette
déclaration a été faite en marge de la session ordinaire de l’APN,
le premier cité pose la question que de nombreux observateurs se
sont posée : «Le procès se tiendra-t-il avec ou sans le principal
accusé ?» En fait, souligne ce quotidien, «tout dépend de la
progression et de l’issue des discussions engagées entre l’Algérie
et la Grande-Bretagne pour son extradition».
La Dépêche de
Kabylie reviendra sur la date du 20 avril. Au carrefour des deux
printemps est-il indiqué ; «Leçons d’avril » est le titre choisi.
Nadia Kerraz
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