Semaine du 26 avril au 2 mai 2006

Bouteflika, Khalifa

Ils font l’actualité

 

 
 
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Bouteflika, Khalifa

Ils font l’actualité

Samedi 22 avril. Premier jour de la semaine. Contrairement  à de nombreux week-end où l’actualité était aux abonnés absents,  mettant ainsi les responsables des journaux dans une situation peu confortable du fait qu’il est difficile de remplir un quotidien de  24 pages sans une actualité intéressante, ce week-end des 20 et 21 avril aura été particulièrement  riche en évènements susceptibles d’offrir le choix aux confectionneurs des quotidiens. Il faut dire aussi qu’entre le  retour du président de la République à l’hôpital militaire de Val de Grâce, les déclarations des ministres en réponse aux interpellations des  députés de l’APN, la décision d’extradition prise par la cour suprême marocaine à l’encontre des trois inculpés algériens dans l’affaire BNA, il y avait matière.

Bouteflika, la France et nous

Mais c’est assurément le déplacement à Paris de Abdelaziz Bouteflika pour effectuer un contrôle à l’hôpital militaire Val-de-Grâce qui aura  fait l’évènement en ce premier jour de la semaine, de part et d’autre de la Méditerranée.  «La droite française perd les pédales» estime Le Jour d’Algérie suite à la réaction enregistrée à  Paris et animée notamment par la droite et l’extrême-droite. «La France politique se frustre et s’agite à l’égard de l’Algérie» relève ce quotidien qui ajoutera que « ce paradis perdu qui attise, de plus en plus, l’intérêt des Américains. Le Pen qui s’en prend à Bouteflika dans une virulente diatribe  parce qu’à ses yeux, le génocide du 8 Mai 1945 relève beaucoup plus de la rubrique des chiens écrasés que d’une tragédie humaine.»

Par ailleurs, il sera rappelé que «Douste-Blasy n’arrive pas à digérer l’abrogation de l’article 4 de la loi du 23 février. Une presse aux commandes de magnats connus, Lagardère en tête, pour ses affinités avec les ultras de la droite sarkosyste et les nostalgiques de l’Algérie de papa, qui se fait le porte-parole d’une regrettable campagne de laquelle la France n’en sort pas grandie».

C’est une «campagne française contre l’Algérie», relève pour sa part La Nouvelle République qui estime que «la  France officielle semble gênée par les sorties intempestives de Le Pen».

Illustrant sa Une par les photos de Le Pen, Bernard Debré, Mariale Sarter, Guillaume Yelti, Lionel Loca, Nicolas Le Pen, El Djazair News annonce que «ce sont eux qui  ont  déclaré la guerre à l’Algérie  en optant pour un discours haineux».  Le quotidien arabophone Al Ahdeth indique que «la droite française intensifie sa campagne contre l’Algérie». C’est le même sentiment que partage Al Fadjr, qui estime que c’est là une  campagne féroce qui est menée à l’encontre de l’Algérie.

Un climat malsain

 «Le séjour controversé de Bouteflika à Paris», souligne de son côté El Watan. Reste, fait remarquer leur correspondante en France, que «ce qui trouble au plus haut point les Algériens, (c’est que cette hospitalisation) comme programmée de longue date n’ait pas été préalablement rendue publique». C’est  en définitive cette «opacité»  qui «relance les rumeurs» estime quant à lui Le Soir d’Algérie. Pourtant, souligne La Dépêche de Kabylie   Belkhadem a démenti «les rumeurs françaises» et a rassuré quant à l’état de santé réel du Président algérien. Cependant, estime son billettiste, «que le   président de la République choisisse Paris pour se faire soigner est une affaire personnelle qui n’a rien à voir avec l’histoire ni la politique».

El Khabar  rapporte également en Une de son édition du jour le retour de Bouteflika à l’hôpital du Val-de-Grâce. Le rédacteur estime cependant que «ce tapage médiatique né suite  à cette hospitalisation s’arrêtera (…) par une gifle politique à ceux qui ont tenu des réunions extraordinaires dans les  coulisses, pour parler de la période post-Bouteflika». Reste, ne manque pas de relever La Tribune, que «ceux qui  se sont déclarés surpris ou se sont franchement gaussés de ce retour en France du Président algérien – auquel on faisait précisément le procès des déclarations faites lors du récent déplacement à Constantine – auraient été plus avisés de relever le témoignage de confiance dans les compétences françaises que traduit ce choix et de l’inscrire à l’actif d’une sincère conviction quant au bien-fondé de la stratégie de refondation des relations entre les deux Etats et les deux sociétés». Mais, rappelle  l’éditorialiste du Jour d’Algérie,  «le climat n’est pas sain entre nos deux pays. Trop de non-dits, trop d’arrière-pensées, trop de calculs mesquins parasitent la volonté de Abdelaziz Bouteflika et de Jacques Chirac  d’aller vers des relations d’exception». Et au rédacteur d’expliquer : «La logique du rapport de force pèse encore lourdement dans la perception française de ses relations avec l’Algérie.»

«Paris a-t-il   violé  le secret ?», se demande Liberté.

D’autres quotidiens ont consacré leur première ouverture à l’annonce faite par le le ministre de la Justice relative à la tenue en juillet prochain du procès Khalifa.  C’est le cas notamment de La Nouvelle République et du Maghreb. Si ce quotidien rapporte que cette déclaration a été faite en marge de la session ordinaire de l’APN, le premier cité pose la question que de nombreux  observateurs se sont posée : «Le procès se tiendra-t-il avec ou sans le principal accusé ?» En fait, souligne ce quotidien, «tout dépend de la progression et de l’issue des discussions engagées entre l’Algérie et la Grande-Bretagne pour son extradition». 

La Dépêche de  Kabylie reviendra sur la date du 20 avril. Au carrefour des deux printemps est-il indiqué ; «Leçons  d’avril » est le titre choisi.

Nadia Kerraz

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