Semaine du 26  juillet  au 1 août 2006

 

La guerre israélienne contre le Liban et ses répercussions

Hassan Nasrallah, nouveau héros des Palestiniens 

Israël impose la loi du silence au Libanais en détruisant les télécommunications

 

 
 
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La guerre israélienne contre le Liban et ses répercussions

La guerre israélienne en cours contre le Liban va fragiliser les régimes arabes alliés des Occidentaux, miner un Etat libanais fragile et décrédibiliser totalement les Etats-Unis dans la région. Ce nouveau conflit, s'il devait durer, voire s'élargir à l'Iran et à la Syrie, risque ainsi de redistribuer les cartes du jeu Moyen-Orient en faisant de l'Iran, accusé de soutenir le Hezbollah, le mur porteur du front anti-israélien.

La situation actuelle est le résultat de l'impasse totale du processus de paix israélo-arabe après des décennies de faux départs, le résultat du soutien inconditionnel des Etats-Unis à Israël quelle que soit la «couleur» de son gouvernement et de la complicité de certains potentats arabes, plus inquiets de l’avenir de leur pouvoir que de la furie destructrice israélienne.

Les Libanais quant à eux sont livrés à eux-mêmes face au rouleau compresseur israélien qui a entièrement rasé le pays. Les événements démontrent une fois encore la grande fragilité de l'Etat libanais. Un état multicéphale caractérisé par un conflit permanent entre le président Emile Lahoud, le gouvernement et le Parlement, dominés par les forces dites «du 14 mars». Ces dernières, fédérées autour du Courant du futur, ont focalisé leurs attaques contre la Syrie — à qui elles ont imputé tous les maux du Liban — et n’ont pas vu venir le péril israélien.

Et l’on peut s’interroger, aujourd’hui, au vu de l’ampleur de l’agression israélienne dont les plans — les Israéliens eux-mêmes n’en font pas mystère — sont fins prêts depuis longtemps, sur l’identité des véritables assassins de l’ancien Premier ministre libanais et des autres personnalités qui ont suivi. La destruction du Liban a commencé avec l’assassinat de Rafik Hariri, le fédérateur de l’ensemble des composantes du pays, opposé au désarmement du Hezbollah, pour aboutir à la guerre menée actuellement avec comme finalité l’annihilation de toute velléité de résistance à l’Etat hébreu et l’anéantissement d’un pays qui lui faisait de l’ombre, notamment au plan économique.

Pour les régimes arabes alliés des Etats-Unis, notamment ceux qui ont couvert l’agression israélienne en accusant le Hezbollah «d’aventurisme», l’Arabie saoudite, la Jordanie et l’Egypte, la fracture entre la population et les gouvernants, déjà consommée, s’est davantage creusée. Et il faudra s’attendre à une accentuation de la répression contre toute forme de contestation. 

Mais  le tuteur américain y verra les prémices d’une démocratisation de ces pays, tout comme il invoque la démocratie en marche en Irak alors que le pays et à feu et à sang. L’invasion de l’Irak, le quitus accordé à Israël dans ses massacres contre Palestiniens et Libanais ont montré, une nouvelle fois s’il en faut, les véritables desseins de l’Amérique dans la région, une recomposition de la carte politique avec pour seule puissance régionale l’Etat Hébreu.

 

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Hassan Nasrallah, nouveau héros des Palestiniens 

Les affiches de cheikh Hassan Nasrallah coiffé de son turban noir ont fleuri dans toute la Bande de Gaza. On manifeste avec des drapeaux du Hezbollah et, en Cisjordanie, on se branche sur la chaîne de télévision Al-Manar pour y écouter les discours de résistance de son chef. Le cheikh Hassan Nasrallah, chef du Hezbollah chiite libanais, est devenu le nouveau héros de nombre de Palestiniens. Le seul capable, à leurs yeux, d'obtenir la libération de leurs prisonniers et d’avoir l'audace de s'en prendre à Israël, la puissance numéro un du Moyen-Orient, elle-même appuyée par la superpuissance américaine.

Contrairement à la situation prévalant en Irak où les divisions intercommunautaires sont suscitées et attisées par l ‘envahisseur, on ne s’arrête pas, ici, sur les différences entre les deux principales branches de l'islam. Si les Palestiniens sont majoritairement sunnites, le Hezbollah chiite n'en accorde pas moins son aide financière et ses conseils aux organisations luttant contre l'occupation israélienne.

En pleine offensive israélienne dans la Bande de Gaza, les Palestiniens les plus militants ont accueilli comme une bonne nouvelle le fait que le Hezbollah ouvre un nouveau front au nord, après la capture de deux autres soldats israéliens.

"Dieu merci, le Hezbollah a été capable d'atteindre le cœur d'Israël", lance Youssef Qadieh, qui vit à Khan Younès. "Toutes les armées arabes restent l'arme au pied et n'ont pas bougé d'un pouce dans une bataille que nous devions assumer seuls."

Khaled Ghanem, 55 ans, boulanger à  Jénine, en Cisjordanie, estime que Hassan Nasrallah "est la dernière bonne chose qui reste dans le Monde arabe. Je ne peux que souhaiter que d'autres dirigeants arabes aient ne serait-ce qu'une fraction des qualités de Nasrallah".

Hassan Nasrallah "a réduit les dirigeants arabes à l'état de nains", estime Yassine Doukat, professeur de comptabilité à Naplouse, en Cisjordanie.

 

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Israël impose la loi du silence au Libanais en détruisant les télécommunications 

 Après avoir massacré les populations civiles et détruit les infrastructures du pays, Israël s’en est pris aux relais de télévision et de téléphonie mobile,  franchissant une autre étape dans sa guerre à huis clos. Objectif : bâillonner les Libanais et surtout empêcher les médias  visés de montrer le vrai visage du carnage mené en toute impunité contre le pays du Cèdre.  Laisser ainsi le champ libre aux médias occidentaux qui conjuguent désinformation et manipulation, diabolisant le Hezbollah et présentant encore une  fois l’état hébreu comme l’éternelle citadelle assiégée et agressée. Le chef de station de la chaîne de télévision privée libanaise LBCI, Soleiman Chidiac, a été tué dans le bombardement par l'aviation israélienne d'une antenne à Fatka, dans la région chrétienne du Kesrouan, au nord-est de Beyrouth. "Les Israéliens cherchent à détruire le son et l'image du Liban, qui sont les dernières armes de ce pays qui ne dispose pas de blindés, après avoir bombardé ses infrastructures", a déclaré le ministre des Télécommunications Marwan Hamadé. "Un nouveau seuil a été franchi dans l'escalade contre les infrastructures du Liban, d'autant plus intolérable que les Israéliens tentent d'isoler les citoyens les uns des autres en visant les télécommunications", a-t-il ajouté.

Les forces israéliennes ont bombardé des relais de transmission utilisés par la chaîne Télé Liban (officielle) et plusieurs autres chaînes de télévision dont la LBCI et Future TV ainsi que des radios. Les tirs ont également visé deux centres de relais de télécommunications à Mzaar (dans la montagne du Kesrouan) et Terbol (nord-est de Tripoli, au Liban Nord). Quelques heures plus tard, deux autres stations appartenant à l'Etat, près de la localité d'Ehden, ont été bombardées. La diffusion des chaînes TV visées a été interrompue dans plusieurs régions du Liban, notamment dans le Nord.

La téléphonie mobile est également hors service dans les régions nord du pays à cause des tirs contre les centres de télécommunications.

Le Liban fait l'objet d'un blocus de la part d'Israël qui a bombardé de nombreux ponts et routes du pays, ainsi que l'aéroport international de Beyrouth, rendant de plus en plus difficile l'accès au Liban. Le pays du Cèdre est désormais tributaire du bon vouloir de l'Etat hébreu en ce qui concerne toutes ses voies de communication avec l'extérieur. L'évacuation par bateaux des ressortissants étrangers dépend du bon vouloir des forces israéliennes. Celles-ci ont démoli le principal pont de montagne haut de 70 mètres reliant Beyrouth à la vallée de la Békaa, sur la route Beyrouth-Damas.

S'insurgeant contre ces bombardements, le président libanais Emile Lahoud a estimé que "ces raids israéliens constituent une tentative flagrante de faire taire la vérité et cacher les images des massacres quotidiens" de la population. "Il s'agit d'un des aspects de la guerre ouverte menée par Israël contre le Liban et qui dépasse de loin la riposte à l'enlèvement de deux soldats israéliens" par le Hezbollah puisqu'il s'agit de la destruction de tout un pays, a-t-il dit.

Les forces israéliennes ont détruit les radars de l'armée libanaise installés sur le littoral. Il y a quelques jours, le siège de la chaîne de télévision du Hezbollah, Al-Manar, dans la banlieue sud de Beyrouth, a été bombardée par les Israéliens.

 

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