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La guerre israélienne contre le Liban et ses répercussions
La guerre
israélienne en cours contre le Liban va fragiliser les régimes
arabes alliés des Occidentaux, miner un Etat libanais fragile et
décrédibiliser totalement les Etats-Unis dans la région. Ce nouveau
conflit, s'il devait durer, voire s'élargir à l'Iran et à la Syrie,
risque ainsi de redistribuer les cartes du jeu Moyen-Orient en
faisant de l'Iran, accusé de soutenir le Hezbollah, le mur porteur
du front anti-israélien.
La situation
actuelle est le résultat de l'impasse totale du processus de paix
israélo-arabe après des décennies de faux départs, le résultat du
soutien inconditionnel des Etats-Unis à Israël quelle que soit la
«couleur» de son gouvernement et de la complicité de certains
potentats arabes, plus inquiets de l’avenir de leur pouvoir que de
la furie destructrice israélienne.
Les Libanais quant
à eux sont livrés à eux-mêmes face au rouleau compresseur israélien
qui a entièrement rasé le pays. Les événements démontrent une fois
encore la grande fragilité de l'Etat libanais. Un état multicéphale
caractérisé par un conflit permanent entre le président Emile Lahoud,
le gouvernement et le Parlement, dominés par les forces dites «du 14
mars». Ces dernières, fédérées autour du Courant du futur, ont
focalisé leurs attaques contre la Syrie — à qui elles ont imputé
tous les maux du Liban — et n’ont pas vu venir le péril israélien.
Et l’on peut
s’interroger, aujourd’hui, au vu de l’ampleur de l’agression
israélienne dont les plans — les Israéliens eux-mêmes n’en font pas
mystère — sont fins prêts depuis longtemps, sur l’identité des
véritables assassins de l’ancien Premier ministre libanais et des
autres personnalités qui ont suivi. La destruction du Liban a
commencé avec l’assassinat de Rafik Hariri, le fédérateur de
l’ensemble des composantes du pays, opposé au désarmement du
Hezbollah, pour aboutir à la guerre menée actuellement avec comme
finalité l’annihilation de toute velléité de résistance à l’Etat
hébreu et l’anéantissement d’un pays qui lui faisait de l’ombre,
notamment au plan économique.
Pour les régimes
arabes alliés des Etats-Unis, notamment ceux qui ont couvert
l’agression israélienne en accusant le Hezbollah «d’aventurisme»,
l’Arabie saoudite, la Jordanie et l’Egypte, la fracture entre la
population et les gouvernants, déjà consommée, s’est davantage
creusée. Et il faudra s’attendre à une accentuation de la répression
contre toute forme de contestation.
Mais le tuteur
américain y verra les prémices d’une démocratisation de ces pays,
tout comme il invoque la démocratie en marche en Irak alors que le
pays et à feu et à sang. L’invasion de l’Irak, le quitus accordé à
Israël dans ses massacres contre Palestiniens et Libanais ont
montré, une nouvelle fois s’il en faut, les véritables desseins de
l’Amérique dans la région, une recomposition de la carte politique
avec pour seule puissance régionale l’Etat Hébreu.
Haut
Hassan Nasrallah, nouveau héros des Palestiniens
Les affiches de
cheikh Hassan Nasrallah coiffé de son turban noir ont fleuri dans
toute la Bande de Gaza. On manifeste avec des drapeaux du Hezbollah
et, en Cisjordanie, on se branche sur la chaîne de télévision
Al-Manar pour y écouter les discours de résistance de son chef. Le
cheikh Hassan Nasrallah, chef du Hezbollah chiite libanais, est
devenu le nouveau héros de nombre de Palestiniens. Le seul capable,
à leurs yeux, d'obtenir la libération de leurs prisonniers et
d’avoir l'audace de s'en prendre à Israël, la puissance numéro un du
Moyen-Orient, elle-même appuyée par la superpuissance américaine.
Contrairement à la
situation prévalant en Irak où les divisions intercommunautaires
sont suscitées et attisées par l ‘envahisseur, on ne s’arrête pas,
ici, sur les différences entre les deux principales branches de
l'islam. Si les Palestiniens sont majoritairement sunnites, le
Hezbollah chiite n'en accorde pas moins son aide financière et ses
conseils aux organisations luttant contre l'occupation israélienne.
En pleine
offensive israélienne dans la Bande de Gaza, les Palestiniens les
plus militants ont accueilli comme une bonne nouvelle le fait que le
Hezbollah ouvre un nouveau front au nord, après la capture de deux
autres soldats israéliens.
"Dieu merci, le
Hezbollah a été capable d'atteindre le cœur d'Israël", lance Youssef
Qadieh, qui vit à Khan Younès. "Toutes les armées arabes restent
l'arme au pied et n'ont pas bougé d'un pouce dans une bataille que
nous devions assumer seuls."
Khaled Ghanem, 55
ans, boulanger à Jénine, en Cisjordanie, estime que Hassan
Nasrallah "est la dernière bonne chose qui reste dans le Monde
arabe. Je ne peux que souhaiter que d'autres dirigeants arabes aient
ne serait-ce qu'une fraction des qualités de Nasrallah".
Hassan Nasrallah
"a réduit les dirigeants arabes à l'état de nains", estime Yassine
Doukat, professeur de comptabilité à Naplouse, en Cisjordanie.
Haut
Israël impose la loi du silence au Libanais en détruisant les
télécommunications
Après avoir
massacré les populations civiles et détruit les infrastructures du
pays, Israël s’en est pris aux relais de télévision et de téléphonie
mobile, franchissant une autre étape dans sa guerre à huis clos.
Objectif : bâillonner les Libanais et surtout empêcher les médias
visés de montrer le vrai visage du carnage mené en toute impunité
contre le pays du Cèdre. Laisser ainsi le champ libre aux médias
occidentaux qui conjuguent désinformation et manipulation,
diabolisant le Hezbollah et présentant encore une fois l’état
hébreu comme l’éternelle citadelle assiégée et agressée. Le chef de
station de la chaîne de télévision privée libanaise LBCI, Soleiman
Chidiac, a été tué dans le bombardement par l'aviation israélienne
d'une antenne à Fatka, dans la région chrétienne du Kesrouan, au
nord-est de Beyrouth. "Les Israéliens cherchent à détruire le son et
l'image du Liban, qui sont les dernières armes de ce pays qui ne
dispose pas de blindés, après avoir bombardé ses infrastructures", a
déclaré le ministre des Télécommunications Marwan Hamadé. "Un
nouveau seuil a été franchi dans l'escalade contre les
infrastructures du Liban, d'autant plus intolérable que les
Israéliens tentent d'isoler les citoyens les uns des autres en
visant les télécommunications", a-t-il ajouté.
Les forces
israéliennes ont bombardé des relais de transmission utilisés par la
chaîne Télé Liban (officielle) et plusieurs autres chaînes de
télévision dont la LBCI et Future TV ainsi que des radios. Les tirs
ont également visé deux centres de relais de télécommunications à
Mzaar (dans la montagne du Kesrouan) et Terbol (nord-est de Tripoli,
au Liban Nord). Quelques heures plus tard, deux autres stations
appartenant à l'Etat, près de la localité d'Ehden, ont été
bombardées. La diffusion des chaînes TV visées a été interrompue
dans plusieurs régions du Liban, notamment dans le Nord.
La téléphonie
mobile est également hors service dans les régions nord du pays à
cause des tirs contre les centres de télécommunications.
Le Liban fait
l'objet d'un blocus de la part d'Israël qui a bombardé de nombreux
ponts et routes du pays, ainsi que l'aéroport international de
Beyrouth, rendant de plus en plus difficile l'accès au Liban. Le
pays du Cèdre est désormais tributaire du bon vouloir de l'Etat
hébreu en ce qui concerne toutes ses voies de communication avec
l'extérieur. L'évacuation par bateaux des ressortissants étrangers
dépend du bon vouloir des forces israéliennes. Celles-ci ont démoli
le principal pont de montagne haut de 70 mètres reliant Beyrouth à
la vallée de la Békaa, sur la route Beyrouth-Damas.
S'insurgeant
contre ces bombardements, le président libanais Emile Lahoud a
estimé que "ces raids israéliens constituent une tentative flagrante
de faire taire la vérité et cacher les images des massacres
quotidiens" de la population. "Il s'agit d'un des aspects de la
guerre ouverte menée par Israël contre le Liban et qui dépasse de
loin la riposte à l'enlèvement de deux soldats israéliens" par le
Hezbollah puisqu'il s'agit de la destruction de tout un pays, a-t-il
dit.
Les forces
israéliennes ont détruit les radars de l'armée libanaise installés
sur le littoral. Il y a quelques jours, le siège de la chaîne de
télévision du Hezbollah, Al-Manar, dans la banlieue sud de Beyrouth,
a été bombardée par les Israéliens.
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