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Le Liban et Guerrouabi font l’actualité
Un pays détruit
et un maître disparu
Le Liban domine
pour la deuxième semaine consécutive l’actualité. Les titres de la
presse nationale traitent du sujet quasi quotidiennement. Les Unes
lui sont consacrées. Mais peut-il en être autrement lorsqu’un pays
frère se voit imposer la guerre par Israël ?
Le massacre
continue
Samedi 22 juillet,
Le Soir d’Algérie revient sur la connivence préméditée entre
Washington et Tel Aviv. Le Jeune Indépendant indique que l’appel de
kofi Annan à un cessez-le-feu a été immédiatement rejeté et
qu’Israël poursuit impunément l’agression du Liban. «C’est
l’escalade», affirme ce quotidien dans un commentaire. Son auteur
souligne que «les bombardements meurtriers de l’armée israélienne
ont causé, durant les dix derniers jours, de grandes destructions
aux infrastructures civiles, en plus d’un important exode». El
Khabar indique de son côté sur le représentant de Kofi Annan
reconnaît que «les Nations unies échouent au Liban et à Ghaza».
Le Jour d’Algérie
donne la parole aux juifs d’Algérie, qui s’expriment sur la guerre
au Liban. «De confession musulmane ou juive, femmes et hommes avec
lesquels nous avons parlé disent rejeter cette guerre qui cible
particulièrement les civils désarmés, dont des enfants.» Pour le
rédacteur, «c’est dire que malgré les appels à la poursuite de la
guerre et à l’assassinat du secrétaire général du Hezbollah, Hassen
Nasrallah, par une partie de l’opinion publique israélienne, une
partie du peuple juif exprime sa désapprobation à cette guerre : «Un
sentiment anti-guerre qui pourrait aller en s’amplifiant dans les
jours à venir si cette escalade déclenchée par des officiers
supérieurs du Tsahal contre le Liban et son peuple perdure dans le
temps.»
Liberté pour sa
part, a tenté de fournir les « 10 clés pour comprendre » la
situation qui prévaut au Liban. Ces «clés» sont proposées sous forme
de réponses à dix questions, à savoir pourquoi Olmert a sombré dans
l’entêtement, pourquoi Damas ne veut pas être la cible collatérale,
pourquoi l’économie libanaise dérange Israël, pourquoi le Hezbollah
est confiant, comment Bush gagne du temps pour Israël, pourquoi
l’échec de l’ONU est annoncé, pourquoi les Arabes sont aussi divisés
et Israël peut-il perdre la guerre de l’info ; une autre clé a trait
à la réconciliation de l’Iran avec le Hezbollah. L’éditorialiste
met en garde contre «le piège de guerre» qui menace et dont les
conséquences ne peuvent qu’être désastreuses pour la région. L’une
de ces conséquences est soulignée par El Watan : «600 000 Libanais
sur le chemin de l’exil.» «Les cris d’alarme se multiplient de par
le monde. Au dixième jour des bombardements israéliens intensifs
contre le Liban, les provisions en nourriture et en médicaments ont
nettement diminué.» Il rappelle qu’«une partie du pays est plongée
dans le noir et sans eau».
Drame
humanitaire
Car, est-il
ajouté, «en plus d’avoir largué des bombes sur des habitations,
tuant des centaines de civils et blessant des milliers d’autres,
l’aviation israélienne a détruit presque toutes les infrastructures
routières, autoroutières, portuaires et aéroportuaires, isolant
complètement le pays du Cèdre des autres nations limitrophes et
bloquant ainsi le chemin aux opérations de secours et à
l’acheminement des aides humanitaires».
La Tribune reprend
l’appel lancé par le premier ministre libanais : «Siniora implore la
communauté internationale d’agir contre la barbarie israélienne».
«Le sang libanais vaut-il moins que le sang d’autres être humains ?»
C’est la question qu’il a posée à la communauté internationale. Le
quotidien souligne que «confronté à sa première grande crise, le
Premier ministre libanais, qui bénéficiait pourtant d’un appui
international de taille, constate avec amertume les limites que cet
appui avoir, surtout lorsqu’il s’agit d’Israël».
La Nouvelle
République revient sur «les visées politiques de Tel Aviv». Le
commentateur estime que «le choix des armes utilisées, la nature des
cibles, l’intensité des bombardements, les massacres commis à partir
du ciel et en connaissance de cause, l’acharnement à ramener le
Liban à l’ère pré-industrielle et celui mis à faire fuir les
populations du Sud-Liban témoignent d’une volonté politique à aller
au-delà du simple alibi de la libération de deux soldats israéliens
capturés par le Hezbollah pour s’en servir de monnaie d’échange».
Pour le rédacteur, «il est bien évident qu’Israël escompte une
guerre civile au Liban afin qu’interviennent des forces
internationales qui désarmeront toutes les factions en confrontation
et modifieront la donne politique au Liban».
Le tour au
prochain
Mais il ne faut
surtout pas se méprendre, avertit l’éditorialiste du Jour d’Algérie.
Le Liban n’est pas le seul pays visé. «L’un après l’autre», les pays
de cette région du monde seront soumis aux visées hégémoniques. Un
danger que les pays arabes donnent l’impression d’ignorer. «Il
faudra attende probablement l’envahissement de la Syrie, puis la
destruction de l’Iran, pour que le monde arabo-musulman se rende
enfin compte que c’est dans sa totalité qu’il est visé par le couple
démoniaque anglo-américain avec son sous-traitant israélien.»
Explicitant son idée, il ajoute que «pourtant, les indices ne
manquent pas qui indiquent que la stratégie à l’œuvre aujourd’hui au
Moyen-Orient consiste rien moins qu’à ramener l’ensemble de la
nation arabo-musulmane à l’âge de pierre, pour l’empêcher d’émerger
sur le marché mondial comme un interlocuteur valable et comme
concurrent potentiel».
«El-Harrez est
parti El-Barah»
Au plan national,
ce mois de juillet aura vu la disparition de Guerrouabi. Le monde
de l’art et la famille plus restreinte du chaâbi est en deuil.
L’hommage qui lui a été rendu témoigne du son statut de «maître» de
ce genre musical. Il a été à la hauteur de la place qu’il occupait.
«La voix du chaâbi s’est tue» souligne La Nouvelle République ; «Le
dernier nesraf» estime Le Soir d’Algérie ; «Guerouabi nous quitte»
titre Le Jeune Indépendant ; «Adieu l’artiste» est le titre retenu
par El Watan et la Dépêche de Kabylie. «El-Harraz du chaâbi s’en
va.» «Les symboles meurent aussi», estime le commentateur de la
Dépêche de Kabylie. «Guerouabi s’en va, et c’est tout l’art algérois
qui déserte.» Tous ceux qui ont connu Guerrouabi, et il suffit de
l’écouter pour le connaître, sont tristes aujourd’hui de puiser dans
le passé pour dire qu’il était un grand parmi les plus grands. Mais
l’immortalité symbolique des symboles qui meurent aussi
physiquement, dicte de revenir au présent pour affirmer que
Guerrouabi est de ceux à qui on peut succéder, mais qu’on ne peut
pas remplacer.
Nadia Kerraz
Haut
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