Semaine du 26   juillet  au 1 août 2006

 

  Le Liban et Guerrouabi font l’actualité

Un pays détruit et un maître disparu

 

 
 
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Le Liban et Guerrouabi font l’actualité

Un pays détruit et un maître disparu

Le Liban domine pour la deuxième semaine consécutive l’actualité. Les titres de la presse nationale traitent du sujet quasi quotidiennement. Les Unes lui sont consacrées. Mais peut-il en être autrement lorsqu’un pays frère se voit imposer la guerre par Israël ?

Le massacre continue

Samedi 22 juillet, Le  Soir d’Algérie revient sur la connivence préméditée entre Washington et Tel Aviv. Le Jeune Indépendant indique que l’appel de kofi Annan à un cessez-le-feu a été immédiatement rejeté et qu’Israël poursuit impunément l’agression du Liban. «C’est l’escalade», affirme ce quotidien dans un commentaire. Son auteur souligne que «les bombardements meurtriers de l’armée israélienne ont causé, durant les dix derniers jours, de grandes destructions aux infrastructures civiles, en plus d’un important exode». El Khabar indique de son côté sur le représentant de Kofi Annan  reconnaît que «les Nations unies échouent au Liban et à Ghaza». 

Le Jour d’Algérie donne la parole aux juifs d’Algérie, qui s’expriment sur la guerre au Liban. «De confession musulmane ou juive, femmes et hommes avec lesquels nous avons parlé disent rejeter cette guerre qui cible particulièrement les civils désarmés, dont des enfants.» Pour le rédacteur, «c’est dire que malgré les appels à la poursuite de la guerre et à l’assassinat du secrétaire général du Hezbollah, Hassen Nasrallah, par une partie de l’opinion publique  israélienne, une partie du peuple juif exprime sa désapprobation à cette guerre : «Un sentiment  anti-guerre qui pourrait aller en s’amplifiant dans les jours à venir si cette escalade déclenchée par des officiers supérieurs du Tsahal contre le Liban et son peuple perdure dans le temps.»

Liberté pour sa part, a tenté de fournir les « 10 clés pour comprendre » la situation qui prévaut au Liban. Ces «clés» sont proposées sous forme de réponses à dix questions, à savoir pourquoi Olmert a sombré dans l’entêtement, pourquoi Damas ne veut pas être la cible collatérale,  pourquoi l’économie libanaise dérange Israël, pourquoi le Hezbollah est confiant, comment Bush gagne du temps pour Israël, pourquoi l’échec de l’ONU est annoncé, pourquoi les Arabes sont aussi divisés et Israël peut-il perdre la guerre de l’info ; une autre clé a trait à la réconciliation de l’Iran avec le Hezbollah. L’éditorialiste  met en garde contre «le piège de guerre» qui menace et dont les conséquences ne peuvent qu’être désastreuses pour la région. L’une de ces conséquences est soulignée par El Watan : «600 000  Libanais sur le chemin de l’exil.» «Les cris d’alarme se multiplient de par le monde. Au dixième jour des bombardements israéliens intensifs contre le Liban, les provisions en nourriture et en médicaments ont nettement diminué.» Il rappelle qu’«une partie du pays est plongée dans le noir et sans eau».

Drame humanitaire

 Car, est-il ajouté,  «en plus d’avoir largué des bombes sur des habitations, tuant des centaines de civils et blessant des milliers d’autres, l’aviation israélienne a détruit presque toutes les infrastructures routières, autoroutières, portuaires et aéroportuaires, isolant complètement le pays du Cèdre des autres nations limitrophes et bloquant ainsi le chemin aux opérations de secours et à l’acheminement des aides humanitaires». 

La Tribune reprend l’appel lancé par le premier ministre libanais : «Siniora implore la communauté internationale d’agir contre la barbarie israélienne». «Le sang libanais vaut-il moins que le sang d’autres être humains ?» C’est la question qu’il a posée à la communauté internationale. Le quotidien souligne que «confronté à sa première grande crise, le Premier ministre libanais, qui bénéficiait pourtant d’un appui international de taille, constate avec amertume les limites que cet appui avoir, surtout lorsqu’il s’agit d’Israël».  

 La Nouvelle République  revient sur «les visées politiques de Tel Aviv». Le commentateur estime que «le choix des armes utilisées, la nature des cibles, l’intensité des bombardements, les massacres commis à partir du ciel et en connaissance de cause, l’acharnement à ramener le Liban à l’ère pré-industrielle et celui mis à faire fuir les populations du Sud-Liban témoignent d’une volonté politique à aller au-delà du simple alibi de la libération de deux soldats israéliens capturés par le Hezbollah pour s’en servir de monnaie d’échange». Pour le rédacteur, «il est bien évident qu’Israël escompte une guerre civile au Liban afin qu’interviennent des forces internationales qui désarmeront toutes les factions en confrontation et modifieront la donne politique au Liban».

Le tour au prochain

 Mais il ne faut surtout pas se méprendre, avertit l’éditorialiste du Jour d’Algérie. Le Liban n’est pas le seul pays visé. «L’un après l’autre», les pays de cette région du monde seront soumis aux visées hégémoniques. Un danger que les pays arabes donnent l’impression d’ignorer. «Il faudra attende probablement l’envahissement de la Syrie, puis la destruction de l’Iran, pour que le monde arabo-musulman se rende enfin compte que c’est dans sa totalité qu’il est visé par le couple démoniaque anglo-américain avec son sous-traitant israélien.» Explicitant son idée, il ajoute que «pourtant, les indices ne manquent pas qui indiquent que la stratégie à l’œuvre aujourd’hui au Moyen-Orient consiste rien  moins qu’à ramener l’ensemble de la nation arabo-musulmane à l’âge de pierre, pour l’empêcher d’émerger sur le marché mondial comme un interlocuteur valable et comme concurrent potentiel».

«El-Harrez est parti El-Barah»

Au plan national, ce mois de juillet aura vu la disparition  de Guerrouabi. Le monde de l’art et la famille plus restreinte du chaâbi est en deuil. L’hommage qui  lui a été rendu témoigne du son statut de «maître» de ce genre musical. Il a été à la hauteur de la place qu’il occupait. «La voix du chaâbi s’est tue» souligne La Nouvelle République ; «Le dernier nesraf» estime Le Soir d’Algérie ; «Guerouabi nous quitte» titre Le Jeune  Indépendant ; «Adieu l’artiste» est le titre retenu par El Watan et la Dépêche de Kabylie. «El-Harraz  du chaâbi s’en va.» «Les symboles meurent aussi»,  estime le commentateur de la Dépêche de Kabylie. «Guerouabi s’en va, et c’est tout l’art algérois qui déserte.» Tous ceux qui ont connu Guerrouabi, et il suffit de l’écouter pour le connaître, sont tristes aujourd’hui de puiser dans le passé pour dire qu’il était un grand parmi les plus grands. Mais l’immortalité symbolique des symboles qui meurent aussi physiquement, dicte de revenir au présent pour affirmer que Guerrouabi est de ceux à qui on peut succéder, mais qu’on ne peut pas remplacer.

Nadia Kerraz

 

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