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Histoire
Les quatre
écoles juridiques de l’islam
Les imams Malek,
Ibn Hambel, Chafeï et Abou Hanifa ont été les fondateurs des quatre
écoles juridiques, de qui se réclame l’ensemble de la communauté
islamique à travers tout l’espace géographique, du Golfe persique à
l’Atlantique.
Les luttes
fratricides au nom de l’orthodoxie et beaucoup plus pour le pouvoir
politique, ont commencé avec une rare violence à la disparition du
premier calife du Prophète, Abou Bakr. Cet acharnement, cette
obsession à vouloir revenir aux sources, à la pureté, à
l’intégralité de la loi et de l’éthique islamique a d’abord et
surtout des motivations religieuses, mais en apparence seulement.
Mais elle démontre aussi et surtout, selon la conjoncture, les
circonstances et les périodes, des rivalités tribales, ethniques,
dynastiques, nationales et idéologiques, et les vainqueurs ne
manquent jamais d’imposer par la force des armes des nouveaux
postulats, un nouveau mode de pensée et des concepts géopolitiques
en complète contradiction avec ce qui avait force de loi auparavant,
en définitif, un monde instable, vecteur de violence et d’anarchie.
Devant le
sunnisme, qui fait le plus souvent preuve de réalisme politique,
tenant compte de la conjoncture socio-économique et des rapports de
force en présence, se dresse en face de lui le chiisme intransigeant
qui apparaît toujours porteur de passion, d’ésotérisme et de
violence débridée.
La liberté des
rapports entre le musulman et Dieu son créateur, donne le droit et
impose à tout croyant, le devoir d’interpréter le Coran, explique la
pluralité des sensibilités au cours des deux premiers siècles de
l’Hégire, qui créent à leur tour une multitude d’écoles, de
théologiens, de juristes, etc. Il est relativement facile de cerner
et de comprendre l’importance primordiale prise par le fik’h,
science de la loi, appelé aussi “droit musulman” par les
Occidentaux. Le Coran et la Sunna étant intouchables et intangibles,
le fik’h est pour le musulman la recherche d’une façon de vivre, une
conception de la vie, une philosophie, en réalité un “projet de
société idéale”, à la disposition de l’ensemble de la communauté
islamique.
C’est à l’orée du
règne de la dynastie abbasside, ennemie de la dynastie ommeyade,
qu’émergent les quatre écoles juridiques, qu’on a dénommé en
Occident les “quatre rites” de l’islam, ce qui est complètement faux
et tendancieux, et qui régentent jusqu’à nos jours, l’espace
géographique de la communauté islamique.
Le rite de l’école
juridique hanéfite, du nom de son promoteur, Abou Hanifa (mort en
150 de l’Hégire) et le chaféïsme sont pratiqués par les musulmans
non arabophones (Turcs, Afghans, Pakistanais etChinois). C’est
relativement l’école juridique la plus tolérante, et qui laisse une
large marge très importante au jugement personnel, raisonnable et
censé aux croyants. Ses adeptes insistent néanmoins sur le
nécessaire retour servile (taqlid), qui poussera à la
stratification, qui domine sur la méthode, l’effort et la réflexion
et la recherche personnelle, hardie et enrichissante, orientation
recommandée par le Prophète Mohammed, que la bénédiction soit sur
lui.
L’école malékite,
fondée par Malek Ibn Annès (né à Médine et décédé en 179 de l’Hégire
- 795 de l’ère chrétienne) s’est implantée surtout en Afrique
(Egypte, Maghreb, Afrique noire). L’imam Malek appel au consensus et
au jugement personnel du croyant, tout en recommandant la
préservation du principe de l’intérêt général de l’ensemble de la
communauté (el maslaha). Elle tient compte des coutumes et des
traditions régionales et locales. Cette conception de la vie a
souffert à ses débuts de la disparition de l’hytihad, entraînant une
stagnation, puis un recul paralysant des sciences religieuses,
laissant une brèche, un vide immense, et la pénétration pernicieuse
des superstitions, vecteurs de décadence, de luttes fratricides pour
le pouvoir politique et l’affaiblissement de toute la communauté.
Les Chaféïstes se
réclament de l’imam Chafeï, mort en 204 de l’Hégire (820 de l’ère
chrétienne), un Arabe de la tribu des Koréchites. Il passa les
dernières années de sa vie au Caire, aux Philippines et surtout en
Indonésie. Elle a deux objectifs fondamentaux : elle insiste et
valorise la Sunna en tant que seule source de droit de l’yma, non
pas seulement en tant que consensus des savants, et de l’élite, mais
de toute la communauté dans sa composante et dans la globalité.
L’école hambilite se réclame d’Ahmed Ibn Hambel (décédé en 241 de
l’Hégire), a été formé à Baghdad : c’était un traditionnaliste
intégral, qui défendait avec acharnement et une érudition aussi
vaste que variée, l’unicité de l’islam et ses valeurs morales. Il
était très dur, intransigeant, et prônait une éthique rigoureuse,
qui l’emportait, d’après lui, sur les solutions juridiques.
De par son
rigorisme et sa piété qui frise le fanatisme, le hanbalisme a le
plus souvent touché les couches populaires les plus déshéritées. Il
a profondément marqué de son empreinte, au début du XIVe siècle, Ibn
Tamya, réformateur et grand penseur, qui s’est farouchement opposé à
l’invasion mongole et qui, pourtant, se réclamait de l’islam.
Ibn Tamya peut
être considéré comme le précurseur du courant fondamentaliste qui
agite à l’heure actuelle le monde musulman du Golfe persique à
l’océan Atlantique. Le grand penseur (Ibn Tamya) sera à l’origine
d’un mouvement, le wahabisme ; imprégnés par la lecture de son
œuvre, le cheikh Mohamed Abdelwahab et l’émir Mohamed Ibn Saoud
donnent naissance au courant wahabiste, qui chassera, par les armes,
les hachémites de La Mecque et de la péninsule arabique en 1920.
Chenouf Ahmed
Boudi
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