Semaine du 27 avril au 3 mai 2005

 

Venezuela

Chavez consolide son pouvoir

Les professeurs britanniques décident le boycott d’universités israéliennes

Liban

Le “confessionnalisme” mis à l’index

 

 
 
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Venezuela

Chavez consolide son pouvoir

Trois ans après le coup d’Etat manqué contre lui, le Président vénézuélien renforce sa garde avec, d’une part, la modernisation des forces armées et, d’autre part, la constitution de groupes de réservistes pour faire face à d’éventuelles “agressions impérialistes” des Etats-Unis.

Arrivé au pouvoir par les urnes en 1999, Hugo Chavez vient de célébrer sa victoire sur ceux qui voulaient sa chute en avril 2002. Le putsch, qui l’avait tenu éloigné du pouvoir pendant 47 heures, était l’œuvre d’une partie de l’opposition, de chefs d’entreprises et de militaires.

Symboliquement, dans l’une des principales casernes de Caracas, il a officialisé le lancement du “Commando général de la réserve”, formé dans un premier temps de 20 000 réservistes, malgré les vives critiques d’une opposition considérablement affaiblie par sa défaite au référendum d’août dernier.

Ce commando, qui dépendra directement du Président, vise à réunir entre 1,5 et 2 millions de personnes qui seront chargées de défendre les richesses du cinquième exportateur mondial de pétrole face aux attaques de l’”empire”, terme utilisé par l’ancien lieutenant-colonel pour parler des Etats-Unis.

Cette réserve est l’un des deux piliers de la nouvelle stratégie militaire de la “révolution bolivarienne” avec la modernisation des forces armées.

Bénéficiant de cours élevés du pétrole, le Venezuela a acheté de nouveaux armements à la Russie (fusils, AK-17 et hélicoptères) et à l’Espagne (patrouilleurs de haute mer, corvettes et avions de transport). Le ministère espagnol des Affaires étrangères a dû, de ce fait, se justifier auprès de la secrétaire d’Etat américaine en déclarant qu’il ne s’agissait pas de ventes d’armes, mais d’un équipement militaire inoffensif.

Le mois dernier, le secrétaire américain à la Défense, que le bouillonnant Président vénézuélien irrite au plus haut point, s’est dit inquiet des achats d’armes qu’effectue le Venezuela.

Il faut dire que depuis son accession à la tête du pays, Hugo Chavez n’a jamais été en odeur de sainteté à Washington. Il a multiplié, depuis le début de l’année, les accusations à l’encontre du Président américain, l’accusant ouvertement de compléter pour l’assassiner et s’approprier les abondantes ressources pétrolières du Venezuela.

Fidèle allié de Cuba, auquel il envoie 50 000 barils de pétrole par jour, soit le tiers de la consommation de l’île, le Président vénézuélien se sert du pétrole comme d’une arme diplomatique, menaçant régulièrement les Etats-Unis de couper les livraisons, tout en négociant avec les pays voisins des contrats avantageux et en se rapprochant des pays critiques de l’unilatéralisme de Washington (Iran, Chine, Espagne et France).

La moitié du quota de production vénézuélien (1,5 million sur 3,1 millions de barils par jour) est destiné aux Etats-Unis, soit 15% de leurs besoins.

La consolidation des positions de Chavez, qui a d’ores et déjà prévu de se représenter aux élections de 2006, coïncide avec les poursuites judiciaires engagées contre les meneurs du putsch raté d’avril 2002 et de la grève de 63 jours qui avait paralysé l’industrie pétrolière et provoqué une récession économique.

 

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Les professeurs britanniques décident le boycott d’universités israéliennes

La principale association d’universitaires britanniques a imposé un boycott sur deux universités israéliennes, accusées de violer la liberté des enseignants, de critiquer le gouvernement ou d’avoir des départements dans les colonies dans les territoires occupés.

Un enseignant en sciences politiques de l’université de Haïfa, le Dr Han Pappe risque d’être licencié, voire traduit en justice parce qu’il a apporté son soutien à la thèse d’un étudiant qui examine le massacre de 200 civils par un groupe armé israélien.

L’association, le plus important syndicat d’universitaires britanniques, a décidé aussi de mettre à l’index l’université de Bar Ilan, parce qu’elle est liée à un collège établi dans une colonie illégale de Cisjordanie. Une motion demandant de boycotter l’université hébreue de Jérusalem, qui aurait bénéficié de la possibilité de construire des bâtiments sur une terre où des maisons palestiniennes ont été détruites au bulldozer, fait l’objet de nouvelles discussions. Aucun membre de l’association ne devra visiter ces établissements pendant que le boycott est en place.

L’année dernière, en France, certaines universités avaient elles aussi adopté la même position, mais à la levée de boucliers du puissant lobby sioniste, elles avaient vite fait de rentrer dans les rangs. Les prochains jours nous révéleront si l’association des universitaires britanniques ira jusqu’au bout de son action…

 

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Liban

Le “confessionnalisme” mis à l’index

L’ancien ministre libanais Ghassan Salamé, qui a refusé de participer au gouvernement de Nagib Miqati s’est prononcé pour la fin du confessionalisme au Liban, qui “punit les compétents et privilégie les corrompus”.

Prônant “la laïcité et la modernité”, il a récusé ce système confessionnel qui régit la vie politique au pays du cèdre, qu’il a qualifié de “système politique du XIXe siècle, alors que “la vie sociale du Liban est du XXIe”.

Ghassan Salamé, qui fut le ministre de la Culture du gouvernement Hariri, a par ailleurs déploré que “le système caricatural confessionnel libanais ait été transposé en Irak”. Pour lui, “la guerre d’Irak est un énorme échec. Les élections du 30 janvier étaient un recensement confessionnel et non pas une élection démocratique”.

Pour les Irakiens, selon l’analyse de l’ancien ministre, le confessionnel n’est qu’une dimension de leur personnalité, et cela, les Américains ne l’ont jamais compris ; d’autres dimensions sont importantes comme le familial et le tribal. Mais si l’on dit aux Irakiens qu’ils ne sont pertinents politiquement que s’ils se regroupent en confession, ils vont finir, la mort dans l’âme, par y croire.

Quant à la question du Golan syrien, occupé par Israël depuis 1967, Ghassan Salamé estime que “les Syriens n’étaient pas très contents de voir les Israéliens quitter le Liban”. Il ne voit pas, du côté des Israéliens, de grandes dispositions à mettre le Golan sur la table des négociations. “La Syrie a perdu la carte éventuelle qu’elle pensait pouvoir utiliser pour récupérer son territoire contre un retrait du Liban. Le Golan est déconnecté de l’affaire libanaise, il existe en lui-même.”

Pour lui, ce qui résoudrait le problème de Bachar Al-Assad, c’est qu’il réussisse un coup d’Etat contre lui-même. C’est-à-dire qu’il prenne véritablement en main un programme de fondation de son régime politique sur des bases qui ne soient plus celles que son père avait trouvées, il y a 35 ans, en arrivant au pouvoir.

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