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Venezuela
Chavez
consolide son pouvoir
Trois ans après le
coup d’Etat manqué contre lui, le Président vénézuélien renforce sa
garde avec, d’une part, la modernisation des forces armées et,
d’autre part, la constitution de groupes de réservistes pour faire
face à d’éventuelles “agressions impérialistes” des Etats-Unis.
Arrivé au pouvoir
par les urnes en 1999, Hugo Chavez vient de célébrer sa victoire sur
ceux qui voulaient sa chute en avril 2002. Le putsch, qui l’avait
tenu éloigné du pouvoir pendant 47 heures, était l’œuvre d’une
partie de l’opposition, de chefs d’entreprises et de militaires.
Symboliquement,
dans l’une des principales casernes de Caracas, il a officialisé le
lancement du “Commando général de la réserve”, formé dans un premier
temps de 20 000 réservistes, malgré les vives critiques d’une
opposition considérablement affaiblie par sa défaite au référendum
d’août dernier.
Ce commando, qui
dépendra directement du Président, vise à réunir entre 1,5 et
2 millions de personnes qui seront chargées de défendre les
richesses du cinquième exportateur mondial de pétrole face aux
attaques de l’”empire”, terme utilisé par l’ancien
lieutenant-colonel pour parler des Etats-Unis.
Cette réserve est
l’un des deux piliers de la nouvelle stratégie militaire de la
“révolution bolivarienne” avec la modernisation des forces armées.
Bénéficiant de
cours élevés du pétrole, le Venezuela a acheté de nouveaux armements
à la Russie (fusils, AK-17 et hélicoptères) et à l’Espagne
(patrouilleurs de haute mer, corvettes et avions de transport). Le
ministère espagnol des Affaires étrangères a dû, de ce fait, se
justifier auprès de la secrétaire d’Etat américaine en déclarant
qu’il ne s’agissait pas de ventes d’armes, mais d’un équipement
militaire inoffensif.
Le mois dernier,
le secrétaire américain à la Défense, que le bouillonnant Président
vénézuélien irrite au plus haut point, s’est dit inquiet des achats
d’armes qu’effectue le Venezuela.
Il faut dire que
depuis son accession à la tête du pays, Hugo Chavez n’a jamais été
en odeur de sainteté à Washington. Il a multiplié, depuis le début
de l’année, les accusations à l’encontre du Président américain,
l’accusant ouvertement de compléter pour l’assassiner et
s’approprier les abondantes ressources pétrolières du Venezuela.
Fidèle allié de
Cuba, auquel il envoie 50 000 barils de pétrole par jour, soit le
tiers de la consommation de l’île, le Président vénézuélien se sert
du pétrole comme d’une arme diplomatique, menaçant régulièrement les
Etats-Unis de couper les livraisons, tout en négociant avec les pays
voisins des contrats avantageux et en se rapprochant des pays
critiques de l’unilatéralisme de Washington (Iran, Chine, Espagne et
France).
La moitié du quota
de production vénézuélien (1,5 million sur 3,1 millions de barils
par jour) est destiné aux Etats-Unis, soit 15% de leurs besoins.
La consolidation
des positions de Chavez, qui a d’ores et déjà prévu de se
représenter aux élections de 2006, coïncide avec les poursuites
judiciaires engagées contre les meneurs du putsch raté d’avril 2002
et de la grève de 63 jours qui avait paralysé l’industrie pétrolière
et provoqué une récession économique.
Haut
Les professeurs
britanniques décident le boycott d’universités israéliennes
La principale
association d’universitaires britanniques a imposé un boycott sur
deux universités israéliennes, accusées de violer la liberté des
enseignants, de critiquer le gouvernement ou d’avoir des
départements dans les colonies dans les territoires occupés.
Un enseignant en
sciences politiques de l’université de Haïfa, le Dr Han Pappe risque
d’être licencié, voire traduit en justice parce qu’il a apporté son
soutien à la thèse d’un étudiant qui examine le massacre de
200 civils par un groupe armé israélien.
L’association, le
plus important syndicat d’universitaires britanniques, a décidé
aussi de mettre à l’index l’université de Bar Ilan, parce qu’elle
est liée à un collège établi dans une colonie illégale de
Cisjordanie. Une motion demandant de boycotter l’université hébreue
de Jérusalem, qui aurait bénéficié de la possibilité de construire
des bâtiments sur une terre où des maisons palestiniennes ont été
détruites au bulldozer, fait l’objet de nouvelles discussions. Aucun
membre de l’association ne devra visiter ces établissements pendant
que le boycott est en place.
L’année dernière,
en France, certaines universités avaient elles aussi adopté la même
position, mais à la levée de boucliers du puissant lobby sioniste,
elles avaient vite fait de rentrer dans les rangs. Les prochains
jours nous révéleront si l’association des universitaires
britanniques ira jusqu’au bout de son action…
Haut
Liban
Le
“confessionnalisme” mis à l’index
L’ancien ministre
libanais Ghassan Salamé, qui a refusé de participer au gouvernement
de Nagib Miqati s’est prononcé pour la fin du confessionalisme au
Liban, qui “punit les compétents et privilégie les corrompus”.
Prônant “la
laïcité et la modernité”, il a récusé ce système confessionnel qui
régit la vie politique au pays du cèdre, qu’il a qualifié de
“système politique du XIXe siècle, alors que “la vie sociale du
Liban est du XXIe”.
Ghassan Salamé,
qui fut le ministre de la Culture du gouvernement Hariri, a par
ailleurs déploré que “le système caricatural confessionnel libanais
ait été transposé en Irak”. Pour lui, “la guerre d’Irak est un
énorme échec. Les élections du 30 janvier étaient un recensement
confessionnel et non pas une élection démocratique”.
Pour les Irakiens,
selon l’analyse de l’ancien ministre, le confessionnel n’est qu’une
dimension de leur personnalité, et cela, les Américains ne l’ont
jamais compris ; d’autres dimensions sont importantes comme le
familial et le tribal. Mais si l’on dit aux Irakiens qu’ils ne sont
pertinents politiquement que s’ils se regroupent en confession, ils
vont finir, la mort dans l’âme, par y croire.
Quant à la
question du Golan syrien, occupé par Israël depuis 1967, Ghassan
Salamé estime que “les Syriens n’étaient pas très contents de voir
les Israéliens quitter le Liban”. Il ne voit pas, du côté des
Israéliens, de grandes dispositions à mettre le Golan sur la table
des négociations. “La Syrie a perdu la carte éventuelle qu’elle
pensait pouvoir utiliser pour récupérer son territoire contre un
retrait du Liban. Le Golan est déconnecté de l’affaire libanaise, il
existe en lui-même.”
Pour lui, ce qui
résoudrait le problème de Bachar Al-Assad, c’est qu’il réussisse un
coup d’Etat contre lui-même. C’est-à-dire qu’il prenne véritablement
en main un programme de fondation de son régime politique sur des
bases qui ne soient plus celles que son père avait trouvées, il y a
35 ans, en arrivant au pouvoir.
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