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Semaine du 27  septembre au 3 octobre 2006

AIEA

Deux poids deux mesures

Traitement des détenus

Le projet Bush viole le droit international

Brésil

Le taux de pauvreté à son plus bas niveau depuis 25 ans

 

 
 
 Monde

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AIEA

Deux poids deux mesures

Les pays arabes ont échoué dernièrement dans leur plus sérieuse tentative depuis quatorze ans pour faire adopter par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) une résolution mettant en cause le programme nucléaire d'Israël, en raison de l'opposition des pays occidentaux. L'examen d'un projet de résolution sur "les capacités et la menace nucléaires d'Israël" présenté par quinze pays arabes et soutenu notamment par l'Iran a été ajourné sine die à l'issue d'une manoeuvre de procédure initiée par le Canada et l'Union européenne (UE). La proposition d'ajournement a été adoptée par 45 pays, principalement occidentaux, contre 29 contre et 19 abstentions. La présidence finlandaise de l'UE a motivé son souhait de voir ce point ajourné en invoquant une "politisation" des débats "en rupture avec le consensus" d'usage au sein de l'AIEA. Un argument qui ne tient pas la route, les dossiers iranien et irakien ayant été avant tout instrumentalisés politiquement par Washington.

"Le consensus nous a échappé en dépit des efforts de nombreuses parties" pour trouver un compromis, a également déploré le président de séance, le Sud-Africain Abdul Minty. Les pays arabes, qui n'avaient plus fait inscrire de tel projet de résolution à l'ordre du jour de l'AIEA depuis 1992, ont indiqué avoir été encouragés dans cette démarche par les récents bombardements israéliens au Liban. Le texte exigeait "l'adhésion d'Israël au Traité sur la non-prolifération (TNP) afin d'assurer un caractère universel du TNP au Moyen-Orient et de permettre la mise en place d'une zone sans armes nucléaires dans cette région". L'Etat hébreu, qui ne reconnaît pas officiellement avoir l'arme nucléaire  (un secret de Polichinelle), possède, selon une majorité d'experts, au moins 200 bombes atomiques et est le seul Etat du Moyen-Orient à avoir choisi de rester en dehors du TNP. L’échec de l'initiative des pays arabes  prouve la politique à géométrie variable pratiquée par AIEA, noyautée par les grandes puissances.

Les pays occidentaux ont fait adopter, en début d'année, une condamnation par l'AIEA du programme nucléaire iranien, mais ne souhaitent évidemment pas stigmatiser, encore moins condamner Israël. La Syrie, un des principaux promoteurs du projet de résolution, a jugé "consternant" cet ajournement, estimant qu'il illustrait "de façon assez manifeste le deux poids-deux mesures en matière" nucléaire. La dernière résolution de l'AIEA mettant en cause Israël, également à l'initiative de pays arabes, remontait à 1991. Une autre tentative avait déjà été ajournée sine die en 1992.

Depuis lors, les Etats arabes avaient chaque année menacé de présenter un projet de résolution contre Israël, mais avaient accepté de les retirer en échange du soutien par ce pays d'un appel en faveur d'un Proche-Orient sans armes nucléaires proposé par l'Egypte. Corollaire au maintien du projet de résolution arabe, Israël et les Etats-Unis ont voté contre, pour la première fois depuis 1991, une nouvelle version de ce texte. Celui-ci a été adopté par 89 voix contre 2, et 3 abstentions.  Comble de l’ironie, l'ambassadeur américain  auprès de l'AIEA a jugé que le recours au vote constituait "une triste façon" de conclure la 50e assemblée générale de l'AIEA, qui a rassemblé dernièrement à Vienne les 141 pays membres de l'Agence. Comme par le passé, l'assemblée générale a toutefois adopté par consensus une résolution demandant à la Corée du Nord "l'abandon de toutes ses armes nucléaires et de ses programmes nucléaires" et le retour "sans conditions préalables" de Pyongyang aux négociations multipartites sur son programme nucléaire, ainsi qu'une reprise de sa coopération avec l'AIEA. La Corée du Nord, qui a expulsé des inspecteurs de l'AIEA en décembre 2002 avant de se retirer du TNP un mois plus tard, fait de la levée de sanctions financières le préalable à son retour à la table des négociations multipartites qui visent en vain, depuis août 2003, à la convaincre de renoncer aux armements nucléaires.

 

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Traitement des détenus

Le projet Bush viole le droit international

 Le projet de loi de l'administration Bush sur le traitement des suspects de terrorisme est contraire au droit international, ont estimé dernièrement à Genève cinq experts des Nations unies.

Les propositions de la Maison Blanche sont "contraires aux obligations des Etats-Unis en matière de droits de l'homme" et à l'article de 3 des Conventions de Genève sur le traitement des prisonniers, ont estimé les experts dans une déclaration commune devant le Conseil des droits de l'homme de l'ONU.

Le projet de loi vise à autoriser un programme d'interrogatoires par la CIA de terroristes présumés.

Ce texte interprète les limites posées par les Conventions de Genève au traitement des prisonniers. Il exclut la torture mais n'interdit pas explicitement les outrages à la dignité humaine comme des traitements humiliants et dégradants. Il définit de façon trop large le terme de "combattants ennemis", empêche les suspects de faire appel auprès de la justice civile et permet de les détenir sans inculpation, ont dénoncé les experts.

Selon eux, "ce projet de loi légaliserait une répétition des violations que nous constatons à Guantanamo Bay", la base américaine à Cuba où sont détenus sans procès plusieurs centaines de suspects de terrorisme arrêtés depuis la guerre en Afghanistan, à la fin de 2001.

La déclaration émane des rapporteurs spéciaux Manfred Nowak (torture), Leandro Despouy (indépendance des juges), Asma Jahangir (liberté religieuse), Paul Hunt (droit à la santé) et de la présidente du groupe de travail sur la détention arbitraire, Leila Zerrougui.

Les cinq experts indépendants ont présenté aux 47 pays membres du Conseil des droits de l'homme, dont les Etats-Unis ne font pas partie, un rapport publié en début d'année dans lequel ils exigeaient que Washington juge ou libère les détenus de Guantanamo.

 

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Le taux de pauvreté au Brésil à son plus bas niveau depuis 25 ans

Le taux de pauvreté au Brésil a atteint son niveau le plus bas depuis 25 ans sous la présidence de Luiz Inacio "Lula" da Silva, selon une étude diffusée dernièrement. La Fondation Getulio-Vargas a publié, le 22 septembre, une étude montrant que le nombre de personnes considérées comme pauvres est passé de 28,1% de la population en 2003 à 22,7% cette année, soit 42 millions de Brésiliens sur une population totale de 185 millions de personnes.

Selon Marcelo Neri, le directeur du Centre d'étude des politiques sociales de la Fondation, la pauvreté a ainsi atteint son niveau le plus bas depuis 25 ans. L'étude montre également que le nombre de Brésiliens vivant dans une "pauvreté extrême" – soit ceux gagnant mois d'un dollar par jour (0,78 euro) – a baissé de 19,2% entre 2003 et 2005. "Le revenu des personnes pauvres a augmenté de 8,4% sur l'année, soit plus du double par rapport aux riches", a précisé Marcelo Neri, qui attribue presque entièrement ces progrès au programme Bolsa Familia, qui offre des allocations familiales en échange de l'engagement des parents d'envoyer leurs enfants à l'école. Ce programme, qui est l'une des actions marquantes du gouvernement de "Lula", est un facteur important du maintien de sa cote de popularité. Malgré un scandale de corruption touchant son administration, les sondages font de "Lula" leur favori avant l'élection présidentielle qui doit avoir lieu le 1er octobre.

 

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