|
ccueil.
Spéculation, cherté et promesses salariales non tenues
Ramadan de l’an
1427
«L’argent seul ne
fait pas la prospérité de l’Algérie.» Ce titre, à la Une du Jeune
Indépendant du samedi 23 septembre, à la veille de ramadan, ne fera
pas l’unanimité. Et pour cause, en ce jour, nombreux sont les
Algériens qui auraient souhaité avoir de l’argent pour négocier au
mieux et sans le moindre souci pécuniaire les 30 jours qui
s’annoncent d’un ramadan qui n’épargnera aucune bourse tant la
spéculation sur les produits de première nécessité est omniprésente.
Des arguments économiques développés par Ahmed Benbitour, l’ancien
ministre des Finances, l’homme qui a inspiré ce titre. Les
consommateurs n’en ont cure. En fait, ils sont imperméables à cette
digression, bien qu’ils la vivent au quotidien, par laquelle il
affirme que «les pétrodollars engrangés ces dernières années n’ont
pas permis à l’Algérie de connaître la prospérité». il a indiqué que
«l’argent seul ne permet pas un développement durable de l’Algérie»
et qu’«un cinquième de la rente pétrolière nationale n’a pas été
consommé ni investi».
El Khabar du même
jour rapporte, en Une de son édition, que «la moitié des retraités
n’a pas bénéficié de l’augmentation». Cette mesure de revalorisation
décidée par Bouteflika n’a pas été appliquée en raison, est-il
souligné, «du recours de l’administration à des mesures et des
classifications qui n’ont rien à voir avec la loi sur les retraités
qui, elle, ne fait pas de distinction entre les catégories». De son
côté La Tribune, citant Ould Abbes, annonce «le début
d’indemnisation pour 42 000 victimes de la tragédie nationale».
L’Algérien
consomme 5,10 kg de poisson
Liberté affirme
que parce que l’Algérie est touchée par la contrainte mondiale, «le
prix du café va augmenter». Le quotidien précise qu’en conséquence
de la flambée des cours du café sur le marché mondial, les
professionnels algériens, notamment les torréfacteurs et les
transformateurs, envisagent d’augmenter le prix de leur produit sur
le marché national. Il faut noter que cette augmentation
interviendra au cours du mois de ramadan. En page 7, le quotidien
revient sur les déclarations de Ahmed Benbitour qui affirme que «22
milliards de dollars sont partis en fumée». Le Soir d’Algérie,
citant le ministre de la Pêche, en visite à Oran, annonce entre
guillemets que « l’Algérien ne consomme que 5,10k g de poisson par
an». Il souligne que «ces statistiques en dessous des ratios
consommés par exemple par le Japonais estimé à 80 kg de poisson par
an, encore par l’Espagnol qui en consomme 45 kg». La raison de ce
décalage s’explique, selon le quotidien, par la cherté du poisson
vendu en Algérie. Et s’il est vrai que les produits de la mer sont
devenus inaccessibles pour la majorité des Algériens, il faut
souligner que de nombreux foyers se privent de bien d’autres
produits.
Liberté affirme
que «la fièvre des prix a déjà commencé». Une affirmation qui sera
atténuée quelques lignes plus loin puisque, est-il indiqué, «certes,
les prix n’ont pas connu une flambée exceptionnelle, mais la qualité
des légumes d’arrière-saison laisse à désirer».
El Watan annonce
qu’au premier jour du ramadan, «deglet nour est interdite de
commerce». Ce quotidien donne les explications à l’origine de cette
décision : «Ceux qui achètent des deglet nour en ce début du mois
sacré cautionneront d’une façon directe le vol de la récolte encore
sur pied. Pendant ce temps, d’autres ne souffrant aucunement de
privations, se permettent d’offrir des gâteries à leurs animaux
domestiques. El Youm annonce, en Une de son édition du dimanche 24
septembre, qui coïncide avec le premier jour du mois de ramadan
synonyme de dépenses supplémentaires, que «les fais des chiens des
responsables dépassent le revenu quotidien du travailleur algérien».
Et même la bonne nouvelle rapportée par El Khabar dans son édition
du 24 septembre annonçant que «le patronat a donné son visa pour une
augmentation des travailleurs du secteur privé» est démentie le
même jour par un autre quotidien.
Pas d’accord
sur l’augmentation des salaires
En effet L’Authentique,
contrairement à son confrère arabophone, rapporte pour sa part que
«le patronat rejette la proposition de l’UGTA». Le quotidien indique
que «le patronat souligne que le projet de l’UGTA est plein
‘d’incompréhension’ et que certains articles nécessitent un
remaniement». Autant dire donc que rien n’est acquis pour les
travailleurs du privé à qui, tout comme leurs collègues du public,
on fait miroiter des revalorisations des salaires.
Les dernières
illusions sont balayées par Le Jour d’Algérie. Catégorique, ce
quotidien indique que ramadan s’écoulera «sans augmentation de
salaires». Ce qui lui fait écrire que l’UGTA n’a pas tenu ses
promesses faites depuis des mois relatives à la satisfaction de la
principale revendication du monde du travail. Quel crédit accorder
donc à l’information rapportée par La Tribune dans son édition du
dimanche 24 affirmant que «la tripartite se tiendra vendredi et
samedi prochains (29 et 30 septembre)» ? D’autant que le quotidien
arabophone El Ahdeth, citant Lakhdar Badredine, indique que
«la tripartite n’aura pas lieu avant la fin du mois courant». Mais
il ne faut pas perdre espoir. Il faut dire aussi que les
travailleurs n’ont pas d’autre choix que d’espérer une décision
politique qui vienne mettre un terme à toutes ces tergiversations
des responsables.
Nadia Kerraz
Haut
e-mail :contact@lesdebats.com |