Semaine du 27  septembre au 3 octobre 2006

  Spéculation, cherté et promesses salariales non tenues

Ramadan de l’an 1427

 

 
 
 Les Quotidiens en débat

ccueil.

Spéculation, cherté et promesses salariales non tenues

Ramadan de l’an 1427

«L’argent seul ne fait pas la prospérité de l’Algérie.» Ce titre, à la Une du Jeune Indépendant du samedi 23 septembre, à la veille de ramadan, ne fera pas l’unanimité. Et pour cause, en ce jour, nombreux sont les Algériens qui auraient souhaité avoir de l’argent pour négocier au mieux et sans le moindre  souci pécuniaire les 30 jours qui s’annoncent d’un ramadan qui n’épargnera aucune bourse tant la spéculation sur les produits de première nécessité est omniprésente. Des arguments économiques développés par Ahmed Benbitour, l’ancien ministre des Finances, l’homme qui a inspiré ce titre. Les consommateurs n’en ont cure. En fait, ils sont imperméables à cette digression, bien qu’ils la vivent au quotidien, par laquelle il affirme que «les pétrodollars engrangés ces dernières années n’ont pas permis à l’Algérie de connaître la prospérité». il a indiqué que «l’argent seul ne permet pas un développement durable de l’Algérie» et  qu’«un cinquième de la rente pétrolière nationale n’a pas été consommé ni investi». 

El Khabar du même jour rapporte, en Une de son édition, que «la moitié des retraités n’a pas bénéficié de l’augmentation». Cette mesure de revalorisation décidée par Bouteflika n’a pas été appliquée en raison, est-il souligné, «du recours de l’administration à des mesures et des classifications qui n’ont rien à voir avec la loi sur les retraités qui, elle, ne fait pas de distinction entre les catégories». De son côté La Tribune, citant Ould Abbes, annonce «le début d’indemnisation pour 42 000 victimes de la tragédie nationale». 

L’Algérien consomme 5,10 kg de poisson

Liberté affirme que parce que l’Algérie est touchée par la contrainte mondiale, «le prix du café va  augmenter». Le quotidien précise qu’en conséquence de la flambée des cours du café sur le marché mondial, les professionnels algériens, notamment les torréfacteurs et les transformateurs, envisagent d’augmenter le prix de leur produit sur le marché national. Il faut noter que cette augmentation interviendra au cours du mois de ramadan. En page 7, le quotidien revient sur les déclarations de Ahmed Benbitour qui affirme que «22 milliards de dollars sont partis en fumée».  Le Soir d’Algérie, citant le ministre de la Pêche, en visite à Oran, annonce entre guillemets que « l’Algérien ne consomme que 5,10k g de poisson par an». Il souligne que «ces statistiques en dessous des ratios consommés par exemple par le Japonais estimé à 80 kg de poisson par an, encore par l’Espagnol qui en consomme 45 kg». La raison de ce décalage s’explique, selon le  quotidien, par la cherté du poisson vendu en Algérie. Et s’il est vrai que les produits de la mer sont devenus inaccessibles pour la majorité des Algériens, il faut souligner que de nombreux foyers se privent de bien d’autres produits.

Liberté affirme que «la fièvre des prix a déjà commencé». Une affirmation qui sera atténuée quelques lignes plus loin puisque, est-il indiqué, «certes, les prix n’ont pas connu une flambée exceptionnelle, mais la qualité des légumes d’arrière-saison laisse à désirer».

El Watan annonce qu’au premier jour du ramadan, «deglet nour est interdite de commerce». Ce quotidien donne les explications à l’origine de cette décision : «Ceux qui achètent des deglet nour en ce début du mois sacré cautionneront d’une façon directe le vol de la récolte encore sur pied. Pendant ce temps, d’autres ne souffrant aucunement de privations, se permettent d’offrir des gâteries à leurs animaux domestiques.  El Youm annonce, en Une de son édition du dimanche 24 septembre, qui coïncide avec le premier jour du mois de ramadan synonyme de dépenses supplémentaires, que «les fais des chiens des responsables dépassent le revenu quotidien du travailleur algérien». Et même la bonne nouvelle rapportée par El Khabar dans son édition du 24 septembre annonçant que «le patronat a donné son visa pour une augmentation  des travailleurs du secteur privé» est démentie le même jour par un autre quotidien.

Pas d’accord sur l’augmentation des salaires

En effet L’Authentique, contrairement à son confrère arabophone, rapporte pour sa part que «le patronat rejette la proposition de l’UGTA». Le quotidien indique que «le patronat souligne que le projet de l’UGTA est plein  ‘d’incompréhension’ et que certains articles nécessitent un remaniement». Autant dire donc que rien n’est acquis pour les travailleurs du privé  à qui, tout comme leurs collègues du public, on fait miroiter des revalorisations des salaires.

Les dernières illusions sont balayées par Le Jour d’Algérie. Catégorique, ce quotidien indique que ramadan s’écoulera «sans augmentation de salaires». Ce qui lui fait écrire que l’UGTA n’a pas tenu ses promesses faites depuis des mois relatives à la satisfaction de la principale revendication du monde du travail. Quel crédit accorder donc à l’information rapportée par La Tribune dans son édition du dimanche 24 affirmant que «la tripartite se tiendra vendredi et samedi prochains (29 et 30 septembre)» ? D’autant que le quotidien arabophone El Ahdeth, citant Lakhdar Badredine, indique que «la tripartite n’aura pas lieu avant la fin du mois courant». Mais il ne faut pas perdre espoir. Il faut dire aussi que les travailleurs n’ont pas d’autre choix que d’espérer une décision politique qui vienne mettre un terme à toutes ces tergiversations des responsables.  

Nadia Kerraz  

 

Haut

e-mail :contact@lesdebats.com

 

Copyright © 2001-2002 - MAHMOUDI INFO Sarl - Tous droits réservés.

Conception M.Merkouche