Semaine du 28 Décembre 2005 au 03 janvier 2006

Proche orient

Hégémonie II

Etats-Unis

2005, une année désastreuse pour la Maison-Blanche

Afrique 

Une situation alarmante malgré des signes d’espoir

 

 
 
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Proche orient

Hégémonie II

Quand le droit international est utilisé systématiquement à des fins de mainmise totale sur des régions aussi stratégiques que sensibles dans le globe, cela menace dangereusement la sécurité et la stabilité du monde et pourrait mener graduellement à un conflit mondial et à l'effondrement de l'ordre mondial établi depuis 1945.

"Le lac du Golan appartient à la Syrie, car j'ai y nagé…" (1).

"Il suffit qu'il nage au lac Léman pour qu'il revendique la Suisse." (2).

Pourquoi la Syrie ?

La Syrie, République du Proche-Orient, avait été le point de convergence des civilisations de Babylone, d'Egypte et de Grèce. Ce point d'impact de ces grandes civilisations qu'a connu l'humanité a été la source d'inspiration de la nation syrienne, raison aussi historique que cardinale pour laquelle elle se trouve aujourd'hui au devant de la scène politique mondiale.

Le pression internationale qui s'exerçait graduellement sur la Syrie, il  y a de cela quelques années, est le résultat de son intransigeance quant au processus à mener pour le règlement du conflit israélo-arabe, accentué après l'invasion de l'Irak, car accusée d'abriter les ex-dirigeants du régime déchu, puis de son soutien à la rébellion irakienne ; elle est à son apogée juste après l'assassinat de l'ex-Premier ministre libanais Rafic Hariri.

Le droit international actionné. L'alibi trouvé : l'assassinat de Hariri. A qui profite le crime ? La Syrie pourrait-elle commanditer le meurtre ? Les dirigeants syriens pourraient-ils parier sur leur propre destruction ?

Juste après l'assassinat de l'ex-Premier ministre libanais, en février 2005, la machine diplomatique américano-franco-britannique s'est actionnée en réunissant en urgence le Conseil de sécurité des Nations unies et en faisant adopter une résolution portant constitution d'une commission internationale d'enquête sur l'assassinat de Rafic Hariri, puis en sommant la Syrie avec des injonctions guerrières de coopérer pleinement et sans condition avec l'instance onusienne.

La Syrie, qui évoluait sur un terrain miné sur le plan international, ne pouvait aucunement commanditer un tel acte, quel que soit l'intérêt géostratégique envisagé par les dirigeants syriens, soit sur le court ou sur le long terme, s'ils étaient derrière le crime. Pourquoi ? S'ils étaient derrière le meurtre, quels arguments invoquèrent-ils pour faire valoir leur non-implication tout en étant conscients des implications dangereuses de leur acte ?

L'argument qui consiste à faire admettre à la communauté internationale que la Syrie, qui se trouvait en mauvaise posture sur le plan international, ne saurait commanditer ce crime politique aux implications imprévisibles, ne tiendrait pas la route devant la machine diplomatico-guerrière américano-franco-britannique qui s'était mise en route en un temps record pour l'implication présumée de la Syrie.

La commission internationale d'enquête que préside le magistrat allemand Detlev Mehlis n'est qu'une véritable machine de guerre dotée d’un pouvoir de perquisition exorbitant. Le Liban, qui a accepté et le principe de création de cette commission et sa collaboration avec cette dernière, a amené sa propre justice à n'être qu'une auxiliaire annexée à cette commission à vocation impérialiste.

La Syrie, qui se trouve sous d'intenses pressions internationales qui la somment de coopérer pleinement et sans condition, voit sa souveraineté mise en cause par les mandataires de l'appareil d'investigations onusien, en lui renouvelant le mandat. Les concepteurs de cette machination politico-diplomatico-guerrière ont visé, dans un premier temps :

— l'affaiblissement du régime syrien sur le plan régional et son isolement sur le plan international ;

— la fin de la mainmise syrienne sur le Liban et l’alimentation des relations conflictuelles entre les deux pays ;

— la neutralisation de la milice islamiste libanaise à travers l'affaiblissement de son propre soutien stratégique ;

— l’élargissement du champ d'action et l'influence d'Israël dans la région.

En quoi la politique syrienne constituait-elle un obstacle majeur pour les visées hégémonistes des Etats-Unis et d'Israël dans la région du Proche-Orient ?

La position syrienne n'avait aucunement changé dans la région du Proche-Orient depuis les deux guerres qui ont opposé les pays arabes à Israël en 1967 et 1973.

Les deux défaites militaires des Arabes ne les avaient pas amenés à concevoir un plan global de règlement pacifique du conflit, c'est ce qu’Israël a toujours empêchéde se réaliser. La stratégie israélienne dans ce conflit consistait à empêcher par tous les moyens la constitution par les pays arabes d'un bloc qui contraignait Israël à négocier d'égal à égal une solution de sortie du conflit dans le cadre de la terre contre la paix.

Cette stratégie a donné ses fruits à partir du moment où les pays arabes, concernés directement par le conflit, avaient mené séparément leur propre politique vis-à-vis d'Israël. La Syrie, qui ne s'inscrivait pas dans cette logique, a toujours proclamé un cadre global de sortie du conflit en tant que pays concerné directement — les monts du Golan sous occupation israélienne. Sa démarche se traduisait concrètement sur le terrain par son refus systématique de toute offre de paix unilatérale sous le parapluie américain, d'une part, et son soutien actif à la milice islamiste libanaise qui menait une lutte armée contre l'occupation du Sud du Liban, d'autre part.

La crise qui oppose aujourd'hui la Syrie aux Etats-Unis confirme que ce pays constituait un obstacle majeur aux visées américano-israéliennes dans la région ; ce qu'ils cherchent n'est que la mise en œuvre pratique du projet du Grand Moyen-Orient en visant directement le renversement des deux régimes syrien et libanais, dont l’effet d'entraînement dans toute la région amènerait sa déstabilisation.

Même si Bachar El Assad y nageait à son tour, le lac du Golan serait toujours sous occupation israélienne. Tant que les avions espions américains sillonnent le monde dans toutes ses directions, David Lévy (ancien ministre des Affaires étrangères d’Israël) aura toute latitude d'y nager.

Jusqu'où iraient les dirigeants syriens dans leur concession, pourraient-ils sacrifier la reine pour préserver le roi ?

Berdous Rachid

 

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Etats-Unis

2005, une année désastreuse pour la Maison-Blanche

Enquêtes, inculpations, erreurs politiques, bourbier irakien, popularité en berne... L'année 20gg05 aura été pour le moins délicate pour le président américain George W. Bush, son gouvernement et sa majorité républicaine au Congrès. Parti d’une position de force exceptionnelle après sa réélection fin 2004, il sort affaibli d’une année désastreuse pour affronter les élections de mi-mandat l’an prochain.

Pour la plupart des experts politiques, 2005 a été l’année la plus difficile pour le gouvernement depuis la première élection du président en 2000, et George Bush doit répondre au plus vite aux demandes de l’opinion publique en rapatriant les soldats d’Irak s’il veut conserver en 2006 la majorité absolue que son parti républicain détient au Congrès.  L'administration Bush a subi un coup dur avec l'inculpation de l'ancien chef de cabinet du vice-président Dick Cheney, Lewis Scooter Libby, dans l'affaire de la divulgation de l'identité d'un agent de la CIA dans la presse. D'autres responsables du gouvernement américain pourraient également être mis en cause dans ce dossier. De son côté, le chef de la majorité républicaine à la Chambre des représentants Tom DeLay, en proie à des démêlés avec la justice, a démissionné de ses fonctions. Sous son autorité, les députés du Grand Old Party agissaient de concert et les dissensions étaient rares. Mais depuis sa démission en septembre, les élus républicains n'affichent plus la même unité. Le chef de la majorité républicaine au Sénat, Bill Frist, est également dans le collimateur de la justice pour une vente d'actions dans des circonstances jugées suspectes. Une enquête a été ouverte sur cette affaire.  Et comme si cela ne suffisait pas, la Maison-Blanche continue à traîner le boulet de la guerre en Irak. Le nombre de soldats américains tués a franchi la barre des 2.100 et le conflit a fait plonger la popularité de George W. Bush et exacerbé les divisions partisanes. Mais le Président américain continue à défendre cette guerre de plus en plus impopulaire. "La plupart des Américains veulent deux choses en Irak : voir nos soldats gagner et rentrer à la maison le plus tôt possible", a-t-il affirmé. "Et ce sont aussi mes objectifs."  A l'orée de l'année 2006, qui sera marquée par les élections de mi-mandat, M. Bush et les républicains du Congrès font face à un profond mécontentement dans le pays. Les deux tiers des Américains estiment que les Etats-Unis vont dans la mauvaise direction, montre un récent sondage AP-Ipsos. Sans parler d'une image encore dégradée à l'étranger avec l'affaire des prisons secrètes de la CIA. Les déboires des républicains, qui contrôlent la Chambre des représentants, le Sénat et la Maison-Blanche depuis plusieurs années, sont source d'espoir pour des démocrates revanchards qui ont en ligne de mire le scrutin de novembre 2006. La carte électorale et l'argument selon lequel le parti de l'ancien président Bill Clinton n'a pas de programme clair devraient certes jouer en faveur des républicains. Mais les démocrates semblent davantage en phase avec l'opinion sur l'Irak.

Le blason de l'administration Bush a également été terni par la lenteur de la réaction des autorités après les ravages de l'ouragan Katrina à La Nouvelle-Orléans et dans les régions alentour. Des critiques se font jour aussi sur l’absence de reconstruction en Louisiane et dans le Mississipi. Plus de trois mois après la catastrophe, de nombreux sinistrés mènent une vie précaire à l’hôtel, alors que le Président avait promis un toit à tout le monde avant le 15 octobre.

En novembre, seulement 37% des Américains approuvaient l’action de leur Président selon un sondage, niveau le plus bas enregistré depuis le début de sa législature…

 

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Afrique 

Une situation alarmante malgré des signes d’espoir

Absence de nouveau conflit, épilogue de guerres fratricides, élections sans violence irrémédiable : des signes d’espoir sont apparus en 2005 en Afrique, qui reste affaiblie par de graves crises et une situation sanitaire alarmante.

Si la tension s’est accrue ces derniers mois entre l’Ethiopie et l’Erythrée, en guerre frontalière de 1998 à 2000, elle n’a pas dégénéré en conflit.

En Afrique de l’Ouest, le Libéria semble avoir tourné la page de 14 ans de guerre civile (1989-2003) avec l’élection en novembre d’Ellen Johnson Sirleaf, première femme à devenir Président sur le continent.

Lueur d’espoir aussi en Côte d’Ivoire voisine, divisée en deux depuis un coup d’Etat manqué contre le président Laurent Gbagbo en septembre 2002, où un nouveau Premier ministre consensuel vient d’être trouvé en la personne de Charles Konan Banny. La désignation du gouverneur de la Banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest (BCEAO) permet à ce pays d’espérer un désarmement des milices gouvernementales et de la rébellion, conditions sine qua non à l’organisation, en 2006, d’élections générales devant ramener paix et stabilité.

En Afrique centrale, le Burundi a connu une série d’élections après plus de douze années d’une guerre civile entre Hutus et Tutsis qui a fait quelque 300.000 morts et n’est pas encore totalement terminée, un dernier mouvement rebelle refusant de déposer les armes.

La République démocratique du Congo (RDC), qui reste soumise aux infiltrations et aux violences sporadiques d’éléments armés étrangers et de milices locales après une guerre de près de cinq ans, s’apprête à voter lors d’une série de scrutins, dont la présidentielle, prévus entre le 18 décembre et le 30 juin 2006.

Le plus grand pays du continent, le Soudan, a connu une avancée majeure avec la signature en janvier d’un accord de paix qui a mis fin à 21 ans de guerre civile entre Khartoum et les rebelles sudistes. John Garang, chefs des rebelles et architecte de cet accord, est mort le 30 juillet dans la chute de son hélicoptère, alors qu’il venait d’être désigné premier vice-président du pays. Le Soudan reste toutefois le théâtre du conflit le plus meurtrier du continent au Darfour (ouest). Déclenché en février 2003, il oppose des groupes rebelles noirs, luttant pour un meilleur partage des richesses, aux autorités de Khartoum et aux milices arabes qui leur sont alliées. En près de trois ans, il a fait de 180.000 à 300.000 victimes.

En Ethiopie, après des législatives en mai remportées par le pouvoir sortant, dont les résultats ont été contestés par l’opposition, des heurts entre police et opposants ont fait une cinquantaine de morts.

Depuis la fin de la guerre en Angola en 2002, l’Afrique australe vit en paix et connaît une relative prospérité, grâce essentiellement aux performances de l’Afrique du Sud, géant économique du continent.

Parallèlement à ses conflits et à ses crises, l’Afrique, continent le plus pauvre du monde peuplé de 900 millions d’habitants, dont 320 millions vivent avec moins d’un dollar par jour, reste confrontée à la famine et à des épidémies ( sida, paludisme et choléra) qui déciment sa population. L’Afrique sub-saharienne  compte plus de 60% des personnes vivant avec le VIH-sida, soit 25,8 millions de malades.

Face à cette situation critique, les sept pays les plus riches du monde et la Russie ont décidé, en septembre, d’annuler la dette multilatérale de 18 pays pauvres dont 14 africains.

Mais malgré leur engagement à une réforme rapide de leurs politiques de subventions agricoles qui pénalisent les producteurs d’Afrique, ils n’en ont rien fait, alors qu’il est dans leur intérêt d’aider l’Afrique afin de prévenir une émigration massive vers leurs pays de ses habitants, surtout les plus jeunes, majoritaires sur le continent, fuyant la misère et le désespoir.

Alpha Omar Konaré, président de la commission de l’Union africaine (UA) a récemment averti : "S’il n’ y a pas de solidarité, s’il n’y a pas de réponse au développement, si nous n’avons pas un monde plus juste, ce continent va brûler."

 

 

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