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Proche orient
Hégémonie II
Quand le droit
international est utilisé systématiquement à des fins de mainmise totale sur des
régions aussi stratégiques que sensibles dans le globe, cela menace
dangereusement la sécurité et la stabilité du monde et pourrait mener
graduellement à un conflit mondial et à l'effondrement de l'ordre mondial établi
depuis 1945.
"Le lac du Golan
appartient à la Syrie, car j'ai y nagé…" (1).
"Il suffit qu'il
nage au lac Léman pour qu'il revendique la Suisse." (2).
Pourquoi la
Syrie ?
La Syrie,
République du Proche-Orient, avait été le point de convergence des civilisations
de Babylone, d'Egypte et de Grèce. Ce point d'impact de ces grandes
civilisations qu'a connu l'humanité a été la source d'inspiration de la nation
syrienne, raison aussi historique que cardinale pour laquelle elle se trouve
aujourd'hui au devant de la scène politique mondiale.
Le pression
internationale qui s'exerçait graduellement sur la Syrie, il y a de cela
quelques années, est le résultat de son intransigeance quant au processus à
mener pour le règlement du conflit israélo-arabe, accentué après l'invasion de
l'Irak, car accusée d'abriter les ex-dirigeants du régime déchu, puis de son
soutien à la rébellion irakienne ; elle est à son apogée juste après
l'assassinat de l'ex-Premier ministre libanais Rafic Hariri.
Le droit
international actionné. L'alibi trouvé : l'assassinat de Hariri. A qui profite
le crime ? La Syrie pourrait-elle commanditer le meurtre ? Les dirigeants
syriens pourraient-ils parier sur leur propre destruction ?
Juste après
l'assassinat de l'ex-Premier ministre libanais, en février 2005, la machine
diplomatique américano-franco-britannique s'est actionnée en réunissant en
urgence le Conseil de sécurité des Nations unies et en faisant adopter une
résolution portant constitution d'une commission internationale d'enquête sur
l'assassinat de Rafic Hariri, puis en sommant la Syrie avec des injonctions
guerrières de coopérer pleinement et sans condition avec l'instance onusienne.
La Syrie, qui
évoluait sur un terrain miné sur le plan international, ne pouvait aucunement
commanditer un tel acte, quel que soit l'intérêt géostratégique envisagé par les
dirigeants syriens, soit sur le court ou sur le long terme, s'ils étaient
derrière le crime. Pourquoi ? S'ils étaient derrière le meurtre, quels arguments
invoquèrent-ils pour faire valoir leur non-implication tout en étant conscients
des implications dangereuses de leur acte ?
L'argument qui
consiste à faire admettre à la communauté internationale que la Syrie, qui se
trouvait en mauvaise posture sur le plan international, ne saurait commanditer
ce crime politique aux implications imprévisibles, ne tiendrait pas la route
devant la machine diplomatico-guerrière américano-franco-britannique qui s'était
mise en route en un temps record pour l'implication présumée de la Syrie.
La commission
internationale d'enquête que préside le magistrat allemand Detlev Mehlis n'est
qu'une véritable machine de guerre dotée d’un pouvoir de perquisition
exorbitant. Le Liban, qui a accepté et le principe de création de cette
commission et sa collaboration avec cette dernière, a amené sa propre justice à
n'être qu'une auxiliaire annexée à cette commission à vocation impérialiste.
La Syrie, qui se
trouve sous d'intenses pressions internationales qui la somment de coopérer
pleinement et sans condition, voit sa souveraineté mise en cause par les
mandataires de l'appareil d'investigations onusien, en lui renouvelant le
mandat. Les concepteurs de cette machination politico-diplomatico-guerrière ont
visé, dans un premier temps :
—
l'affaiblissement du régime syrien sur le plan régional et son isolement sur le
plan international ;
— la fin de la
mainmise syrienne sur le Liban et l’alimentation des relations conflictuelles
entre les deux pays ;
— la
neutralisation de la milice islamiste libanaise à travers l'affaiblissement de
son propre soutien stratégique ;
— l’élargissement
du champ d'action et l'influence d'Israël dans la région.
En quoi la
politique syrienne constituait-elle un obstacle majeur pour les visées
hégémonistes des Etats-Unis et d'Israël dans la région du Proche-Orient ?
La position
syrienne n'avait aucunement changé dans la région du Proche-Orient depuis les
deux guerres qui ont opposé les pays arabes à Israël en 1967 et 1973.
Les deux défaites
militaires des Arabes ne les avaient pas amenés à concevoir un plan global de
règlement pacifique du conflit, c'est ce qu’Israël a toujours empêchéde se
réaliser. La stratégie israélienne dans ce conflit consistait à empêcher par
tous les moyens la constitution par les pays arabes d'un bloc qui contraignait
Israël à négocier d'égal à égal une solution de sortie du conflit dans le cadre
de la terre contre la paix.
Cette stratégie a
donné ses fruits à partir du moment où les pays arabes, concernés directement
par le conflit, avaient mené séparément leur propre politique vis-à-vis
d'Israël. La Syrie, qui ne s'inscrivait pas dans cette logique, a toujours
proclamé un cadre global de sortie du conflit en tant que pays concerné
directement — les monts du Golan sous occupation israélienne. Sa démarche se
traduisait concrètement sur le terrain par son refus systématique de toute offre
de paix unilatérale sous le parapluie américain, d'une part, et son soutien
actif à la milice islamiste libanaise qui menait une lutte armée contre
l'occupation du Sud du Liban, d'autre part.
La crise qui
oppose aujourd'hui la Syrie aux Etats-Unis confirme que ce pays constituait un
obstacle majeur aux visées américano-israéliennes dans la région ; ce qu'ils
cherchent n'est que la mise en œuvre pratique du projet du Grand Moyen-Orient en
visant directement le renversement des deux régimes syrien et libanais, dont
l’effet d'entraînement dans toute la région amènerait sa déstabilisation.
Même si Bachar El
Assad y nageait à son tour, le lac du Golan serait toujours sous occupation
israélienne. Tant que les avions espions américains sillonnent le monde dans
toutes ses directions, David Lévy (ancien ministre des Affaires étrangères
d’Israël) aura toute latitude d'y nager.
Jusqu'où iraient
les dirigeants syriens dans leur concession, pourraient-ils sacrifier la reine
pour préserver le roi ?
Berdous Rachid
Haut
Etats-Unis
2005, une
année désastreuse pour la Maison-Blanche
Enquêtes,
inculpations, erreurs politiques, bourbier irakien, popularité en berne...
L'année 20gg05 aura été pour le moins délicate pour le président américain
George W. Bush, son gouvernement et sa majorité républicaine au Congrès. Parti
d’une position de force exceptionnelle après sa réélection fin 2004, il sort
affaibli d’une année désastreuse pour affronter les élections de mi-mandat l’an
prochain.
Pour la plupart
des experts politiques, 2005 a été l’année la plus difficile pour le
gouvernement depuis la première élection du président en 2000, et George Bush
doit répondre au plus vite aux demandes de l’opinion publique en rapatriant les
soldats d’Irak s’il veut conserver en 2006 la majorité absolue que son parti
républicain détient au Congrès. L'administration Bush a subi un coup dur avec
l'inculpation de l'ancien chef de cabinet du vice-président Dick Cheney, Lewis
Scooter Libby, dans l'affaire de la divulgation de l'identité d'un agent de la
CIA dans la presse. D'autres responsables du gouvernement américain pourraient
également être mis en cause dans ce dossier. De son côté, le chef de la majorité
républicaine à la Chambre des représentants Tom DeLay, en proie à des démêlés
avec la justice, a démissionné de ses fonctions. Sous son autorité, les députés
du Grand Old Party agissaient de concert et les dissensions étaient rares. Mais
depuis sa démission en septembre, les élus républicains n'affichent plus la même
unité. Le chef de la majorité républicaine au Sénat, Bill Frist, est également
dans le collimateur de la justice pour une vente d'actions dans des
circonstances jugées suspectes. Une enquête a été ouverte sur cette affaire. Et
comme si cela ne suffisait pas, la Maison-Blanche continue à traîner le boulet
de la guerre en Irak. Le nombre de soldats américains tués a franchi la barre
des 2.100 et le conflit a fait plonger la popularité de George W. Bush et
exacerbé les divisions partisanes. Mais le Président américain continue à
défendre cette guerre de plus en plus impopulaire. "La plupart des Américains
veulent deux choses en Irak : voir nos soldats gagner et rentrer à la maison le
plus tôt possible", a-t-il affirmé. "Et ce sont aussi mes objectifs." A l'orée
de l'année 2006, qui sera marquée par les élections de mi-mandat, M. Bush et les
républicains du Congrès font face à un profond mécontentement dans le pays. Les
deux tiers des Américains estiment que les Etats-Unis vont dans la mauvaise
direction, montre un récent sondage AP-Ipsos. Sans parler d'une image encore
dégradée à l'étranger avec l'affaire des prisons secrètes de la CIA. Les
déboires des républicains, qui contrôlent la Chambre des représentants, le Sénat
et la Maison-Blanche depuis plusieurs années, sont source d'espoir pour des
démocrates revanchards qui ont en ligne de mire le scrutin de novembre 2006. La
carte électorale et l'argument selon lequel le parti de l'ancien président Bill
Clinton n'a pas de programme clair devraient certes jouer en faveur des
républicains. Mais les démocrates semblent davantage en phase avec l'opinion sur
l'Irak.
Le blason de
l'administration Bush a également été terni par la lenteur de la réaction des
autorités après les ravages de l'ouragan Katrina à La Nouvelle-Orléans et dans
les régions alentour. Des critiques se font jour aussi sur l’absence de
reconstruction en Louisiane et dans le Mississipi. Plus de trois mois après la
catastrophe, de nombreux sinistrés mènent une vie précaire à l’hôtel, alors que
le Président avait promis un toit à tout le monde avant le 15 octobre.
En novembre,
seulement 37% des Américains approuvaient l’action de leur Président selon un
sondage, niveau le plus bas enregistré depuis le début de sa législature…
Haut
Afrique
Une situation
alarmante malgré des signes d’espoir
Absence de
nouveau conflit, épilogue de guerres fratricides, élections sans violence
irrémédiable : des signes d’espoir sont apparus en 2005 en Afrique, qui reste
affaiblie par de graves crises et une situation sanitaire alarmante.
Si la tension
s’est accrue ces derniers mois entre l’Ethiopie et l’Erythrée, en guerre
frontalière de 1998 à 2000, elle n’a pas dégénéré en conflit.
En Afrique de
l’Ouest, le Libéria semble avoir tourné la page de 14 ans de guerre civile
(1989-2003) avec l’élection en novembre d’Ellen Johnson Sirleaf, première femme
à devenir Président sur le continent.
Lueur d’espoir
aussi en Côte d’Ivoire voisine, divisée en deux depuis un coup d’Etat manqué
contre le président Laurent Gbagbo en septembre 2002, où un nouveau Premier
ministre consensuel vient d’être trouvé en la personne de Charles Konan Banny.
La désignation du gouverneur de la Banque centrale des Etats d’Afrique de
l’Ouest (BCEAO) permet à ce pays d’espérer un désarmement des milices
gouvernementales et de la rébellion, conditions sine qua non à l’organisation,
en 2006, d’élections générales devant ramener paix et stabilité.
En Afrique
centrale, le Burundi a connu une série d’élections après plus de douze années
d’une guerre civile entre Hutus et Tutsis qui a fait quelque 300.000 morts et
n’est pas encore totalement terminée, un dernier mouvement rebelle refusant de
déposer les armes.
La République
démocratique du Congo (RDC), qui reste soumise aux infiltrations et aux
violences sporadiques d’éléments armés étrangers et de milices locales après une
guerre de près de cinq ans, s’apprête à voter lors d’une série de scrutins, dont
la présidentielle, prévus entre le 18 décembre et le 30 juin 2006.
Le plus grand
pays du continent, le Soudan, a connu une avancée majeure avec la signature en
janvier d’un accord de paix qui a mis fin à 21 ans de guerre civile entre
Khartoum et les rebelles sudistes. John Garang, chefs des rebelles et architecte
de cet accord, est mort le 30 juillet dans la chute de son hélicoptère, alors
qu’il venait d’être désigné premier vice-président du pays. Le Soudan reste
toutefois le théâtre du conflit le plus meurtrier du continent au Darfour
(ouest). Déclenché en février 2003, il oppose des groupes rebelles noirs,
luttant pour un meilleur partage des richesses, aux autorités de Khartoum et aux
milices arabes qui leur sont alliées. En près de trois ans, il a fait de 180.000
à 300.000 victimes.
En Ethiopie,
après des législatives en mai remportées par le pouvoir sortant, dont les
résultats ont été contestés par l’opposition, des heurts entre police et
opposants ont fait une cinquantaine de morts.
Depuis la fin de
la guerre en Angola en 2002, l’Afrique australe vit en paix et connaît une
relative prospérité, grâce essentiellement aux performances de l’Afrique du Sud,
géant économique du continent.
Parallèlement à
ses conflits et à ses crises, l’Afrique, continent le plus pauvre du monde
peuplé de 900 millions d’habitants, dont 320 millions vivent avec moins d’un
dollar par jour, reste confrontée à la famine et à des épidémies ( sida,
paludisme et choléra) qui déciment sa population. L’Afrique sub-saharienne
compte plus de 60% des personnes vivant avec le VIH-sida, soit 25,8 millions de
malades.
Face à cette
situation critique, les sept pays les plus riches du monde et la Russie ont
décidé, en septembre, d’annuler la dette multilatérale de 18 pays pauvres dont
14 africains.
Mais malgré leur
engagement à une réforme rapide de leurs politiques de subventions agricoles qui
pénalisent les producteurs d’Afrique, ils n’en ont rien fait, alors qu’il est
dans leur intérêt d’aider l’Afrique afin de prévenir une émigration massive vers
leurs pays de ses habitants, surtout les plus jeunes, majoritaires sur le
continent, fuyant la misère et le désespoir.
Alpha Omar
Konaré, président de la commission de l’Union africaine (UA) a récemment
averti : "S’il n’ y a pas de solidarité, s’il n’y a pas de réponse au
développement, si nous n’avons pas un monde plus juste, ce continent va brûler."
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