Semaine du 28 Décembre 2005 au 03 janvier 2006

 

2005 s'achève et 2006 s'annonce

Le ton est donné

 

 
 
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2005 s'achève et 2006 s'annonce

Le ton est donné

L'année 2005 s'achève pour laisser place à une nouvelle année. D'ores et déjà, on commence à se demander ce qu'elle apportera tout au long des 365 jours qu'elle durera. A en croire Mourad Medelci, repris par Le Maghreb du dimanche 25 décembre, "2006 apportera des changements importants", du moins "à propos de la réforme bancaire".  C'est ce que le ministre a déclaré à l'occasion d'une journée d'étude organisée par l'APN. Selon Medelci, "le processus se renforcera de façon déterminée et progressive au cours de l'année 2006 pour se stabiliser définitivement en 2007".

Pour sa part, Benlkhalfa de l'ABEF, repris également par Le Maghreb, a affirmé que "le nouveau dispositif de paiement sera complètement opérationnel au mois de juin 2006. En même temps que le chèque, qui sera érigé en moyen de paiement, la carte bancaire se développera pour passer de 300 000 porteurs aujourd'hui à 800 000, voire 1 million en 2006".

Engagements

La Dépêche de Kabylie rapporte  les engagements du ministre relatifs à l'éradication d'un phénomène qui gangrène l'économie nationale : "Le trafic de devises, c'est fini", a annoncé le premier argentier du pays. El Watan estime pour sa part que, s'agissant de ce marché parallèle, "les pouvoirs publics veulent sévir". "Après avoir toléré son existence des années durant, le gouvernement semble aujourd'hui décidé à s'attaquer au marché parallèle de la devise en comptant mettre en œuvre, prochainement, une série de mesures à même d'assainir le marché du change".  

Mais ce n'est pas le seul secteur où les pouvoirs publics veulent mettre de l'ordre à compter de cette année 2006. Selon El Khabar, une instruction du secrétaire général du ministère de l'Education nationale a provoqué un séisme dans le secteur. Ainsi, à en croire ce quotidien, "le ministère interdit aux directeurs d'établissements l'exercice syndical". Cette directive est en violation avec la Constitution qui garantit  le droit de faire du syndicalisme, est-il rappelé. 

Au registre des bonnes intentions du gouvernement pour l'année 2006, il y a lieu aussi de retenir cet autre engagement fait par le secteur de l'Emploi et de la Solidarité nationale. Il concerne ni plus ni moins que la création, durant les 12 prochains mois, de "plus de 430 000 postes permanents ". C'est ce que rapporte L'Authentique en cette fin d'année. A croire que dans ce pays musulman qui ne fête pas Noël, les gouvernants se sont entendus pour que ce 25 décembre, les différents titre de la presse nationale rapportent dans leurs éditions du jour tous ces présents offerts aux Algériens !

L'électricité plus chère

Mais en matière de changements, c'est surtout ce qu'a rapporté Le Jour d'Algérie, ce même 25 décembre, qui retiendra l'attention des citoyens. Et pour cause, ce quotidien annonce que Sonelgaz a retenu pour l'année  "une hausse des prix de 10 à 15 %". Vous avouerez  que pour les millions d'abonnés qui ne piratent pas Sonelgaz et qui s'acquittent de leurs redevances, la nouvelle n'a rien de réjouissant.

Ce même quotidien fait état d'un "nouveau scandale financier au niveau de la BADR de Birkhadem". Selon Le Jour d'Algérie, "1 400 milliards de  auraient été accordés à une société de taxis sur la base de faux documents formant le dossier de demande de crédit". Le Soir d'Algérie, lui, indique que "14 000 importateurs (sont) menacés de disparition". C'est la conséquence de "l'entrée en vigueur  de la nouvelle loi régissant le commerce extérieur", est-il souligné.  Reste, estime le rédacteur, que "des spécialistes de la question économique craignent par ailleurs que cette nouvelle loi fasse réapparaître un phénomène qu'on a jusque-là considéré comme révolu.  Il s'agit de la problématique du monopole qui pourrait refaire surface et imposer dès lors son diktat au sein de la sphère économique nationale". Reste, conclura Le Soir d'Algérie, que c'est là "un argument que rejettent les professionnels de la finance qui estiment que les nouvelles mesures vont permettre à l'administration d'avoir une traçabilité des importateurs". Faut-il les lier au fait que le phénomène de la contrefaçon, comme l'indique Le Jour d'Algérie du jeudi 22, "prend de plus en plus d'ampleur dans notre pays" ? Peut-être. Ce qui est par contre certain, comme le rappelle à juste titre le quotidien, c'est que "les chiffres sont effrayants et tous les secteurs d'activité sont concernés" puisque "40% des produits importés sont contrefaits".

El Djazair News du 20 décembre fait état, de son côté, de la présence sur le marché national "d'une arme prohibée en vente dans les quartiers populaires pour la somme de 10 000 dinars". "Son utilisation  contre des personnes, souligne le quotidien, "peut conduire à leur décès". El Khabar du même jour signale l'existence de "60 entreprises qui constituent un danger pour les citoyens". Mais le journal ne dit pas quel sort on leur a réservé pour 2006.

Alger menace ruine

 Le Jeune Indépendant du jeudi 22 décembre revient sur l'effondrement de l'hôtel qui a coûté la vie à huit personnes et rappelle que "22 000 logements dans la capitale sont vétustes". D'où la question que pose ce quotidien : "Doit-on s'attendre à d'autres drames ?" avant de réagir et de prendre en charge ce dossier. Le Jeune Indépendant rappelle à ceux qui l'auraient oublié la réalité et dresse un constat : "Alger la Blanche est précocement vieille. Le maquillage pour en cacher les rides s'avère de mauvaise facture. Il aura fallu attendre un énième effondrement, huit fois meurtrier, cette fois, pour qu'on se rappelle qu'Alger prend de l'âge, que ses quartiers vivent l'abandon, que ses immeubles portent de hideuses balafres là où les saupoudrages n'ont peut-être pas été jugé utiles. Les municipalités, premières à subir le choc des protestations, des plaintes et des indignations, s'avèrent impuissantes, leurs prérogatives ayant  changé de mains. Le gouvernement, qui détient les prérogatives, n'en use pas autant qu'espéré pour rajeunir, revigorer les cités dans l'Algérois. Les responsables compétents se complairaient-ils dans l'agonie de la capitale de l'Algérie ?"  Qu'en sera-t-il en 2006 ? L'éditorialiste du Jour d'Algérie revient sur le sujet le samedi 24 décembre : "Les bâtiments en ruines, qui sont en train de tomber les uns après les autres à Alger, engloutissant au passage des dizaines de vies humaines, donnent toute la mesure d'une crise qui trouve son origine dans l'incapacité des pouvoirs publics à trouver une réponse satisfaisante à l'énorme demande en logements qui a commencé à se manifester dès la fin des années…cinquante et qui est allée en s'amplifiant au cours des ans jusqu'à ne plus être du tout maîtrisée de nos jours."

Nadia Kerraz

 

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