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inquiétants
A l’ère de la
mondialisation triomphante, il faut bien admettre que tout cela
finit par faire désordre et il n’y a aucun mystère, par ailleurs, à
reconnaître que le nationalisme du XXe siècle a encore de beaux
jours devant lui en ce début de XXIe. Chaque Etat s’employant à se
barricader derrière ses frontières, et plus si possibilités, comme
cela est déjà le cas pour l’Amérique, qui s’obstine à demeurer en
Irak malgré les effets désastreux d’une occupation qui n’a contribué
ni à y instaurer la démocratie, ni à y assurer la stabilité.
L’élection, cette
semaine, d’un ultra-conservateur, comme nouveau Président iranien
confirme, si besoin est, la tendance régressive qui marque d’une
façon assez nette la scène internationale. Avec le vote négatif des
Français, puis des Hollandais par rapport au Traité constitutionnel
européen, l’enlisement de l’Amérique dans le bourbier irakien, la
menace de guerre civile qui pèse sur le Liban, le recul de la Corée
du Nord sur la question de l’arme nucléaire et la soudaine montée
de la tension dans quelques pays d’Amérique Latine, dont Cuba et le
Vénézuéla, il est de plus en plus évident que nous assistons à un
net reflux des tendances les plus positives d’une mondialisation qui
se parait jusque là de ses plus beaux atours. L’heure semble donc
être au repli identitaire, si ce n’est à celui de la brutale montée
de fièvre nationaliste. Puisqu’au même moment, une stèle à la gloire
de l’OAS est érigée en France, tandis que le Maroc se lance à corps
perdu dans une folle course à travers les dunes pour tenter
d’annexer le Sahara Occidental et, si possible, deux ou trois
wilayas supplémentaires qu’il compte soustraire à l’Algérie.
A l’ère de la
mondialisation triomphante, il faut bien admettre que tout cela
finit par faire désordre et il n’y a aucun mystère, par ailleurs, à
reconnaître que le nationalisme du XXe siècle a encore de beaux
jours devant lui en ce début de XXIe. Chaque Etat s’employant à se
barricader derrière ses frontières, et plus si possibilités, comme
cela est déjà le cas pour l’Amérique, qui s’obstine à demeurer en
Irak malgré les effets désastreux d’une occupation qui n’a contribué
ni à y instaurer la démocratie, ni à y assurer la stabilité.
Mais le fait le
plus exemplaire de ce phénomène de repli et d’enfermement est
assurément l’Iran qui, au lieu de choisir d’aller plus loin dans le
processus d’ouverture initié par Mohamed Khatami, a au contraire
décidé de faire machine arrière tout en élisant comme président de
la République un authentique Pasdaran. Le coup est rude et serait
susceptible de faire désespérer de l’intelligence des peuples, s’il
ne faisait pas que s’inscrire dans une tendance mondiale beaucoup
plus large qui n’épargne ni les démocraties dites avancées ni les
plus grandes puissances du moment. Toute ouverture sur le monde
étant interprétée, aujourd’hui, par une grande majorité d’individus,
comme un renoncement dangereux à une identité bien établie sans
qu’ils soient bien sûrs qu’il y gagneraient une meilleure au change.
Le saut dans l’inconnu n’est apparemment pas pour demain et bien peu
d’Etats sont capables de convaincre leurs citoyens que ce n’en est
pas un.
Pourtant, si cette
tendance au repli ne devait se confiner qu’à cela, le problème ne
serait en définitive pas si grave. Là où les choses se compliquent,
c’est lorsque ces montées de nationalisme s’accompagnent de
comportements plus agressifs, comme c’est le cas de secteurs
politiques précis en France par rapport à l’Algérie, ou dans le cas
de l’attitude franchement belliqueuse du Maroc contre le Front
Polisario et contre… l’Algérie. Une agressivité excessivement
nationaliste qui peut également mener les Iraniens à adopter à
nouveau un comportement violent aussi bien vis-à-vis de leurs
voisins que par rapport à des pays, comme le nôtre où ils ne
désespèrent pas d’exporter leur révolution islamiste. Et lorsque
nous savons qu’à présent, l’un de leurs voisins les plus proches
n’est autre qu’un pays actuellement occupé par l’armée du “Grand
Satan” en personne, il y a franchement de quoi se faire des
cheveux.
Nous en serions
presque à regretter que la mondialisation tant décriée n’ait pas
réussi à gagner plus d’adeptes et à s’imposer plus facilement dans
une communauté internationale qui révèle encore de si grandes
lacunes internationalistes. Même s’il est possible de comprendre ces
dangereux reculs comme une réaction naturelle par rapport à une
nouvelle phase historique pleine d’inquiétantes zones d’ombre, il
est tout aussi possible de craindre que cette halte
ultra-nationaliste ne soit la source d’un certain nombre de conflits
qui ressembleraient, à Dieu ne plaise, aux deux Guerres mondiales
qui ont précédé le début de la mise en route de l’Union européenne.
Car s’il a fallu deux horribles guerres pour construire l’Europe, il
faut se demander combien il faudra de conflits de grande envergure
pour construire le Monde.
A. M.
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