Semaine du 29 juin au 5 juillet 2005

 

 

 
 
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Iran

La victoire des gardiens du temple

La victoire à la présidentielle iranienne de Mahmoud Ahmadinejah, défini comme un ultra-conservateur, consacre le retour en force des gardiens du temple.

Ils parachèvent ainsi une totale reprise en main du pouvoir, faisant craindre de sombres lendemains aux forces modernistes dans le pays, particulièrement les femmes.

Seule la présidence leur échappait encore. Ils ont fini par y mettre bon ordre en boutant dehors les réformateurs. Ces derniers n'ont pas réussi à faire bouger les choses, tout projet de réforme étant automatiquement bloqué par les conservateurs en raison de la nature même du système iranien, extrêmement verrouillé. Le Conseil des gardiens, clé de voûte du régime islamique iranien, a grandement contribué à cette reprise en main. Les douze hommes qui composent cette institution, six religieux, six juristes sous l'autorité du Guide suprême (le véritable détenteur du pouvoir) ont mis en déroute l'aile réformatrice qui avait commencé par prendre la présidence en 1997, puis le Parlement

en 2000.

Les réformateurs ont subi une débâcle aux municipales 2003. Une abstention record a installé les conservateurs dans les municipalités. La victoire des mêmes aux législatives de 2004 devait beaucoup moins à la non-participation qu'à la censure exercée par le Conseil des gardiens. Cet organe, sourd aux protestations nationales et internationales, a disqualifié plus de 2 000 candidats, dont quasiment toutes les personnalités réformatrices. La République islamique a alors traversé, l'année de son 25e anniversaire, l'une de ses crises politiques les plus graves. Les démissions, les sit-in n'ont pas empêché une écrasante majorité conservatrice de s'asseoir au Majliss (Assemblée) en mai.

Les réformateurs ont alors dénoncé un "coup d'Etat institutionnel". En 2005, l'une des figures du régime, le religieux modéré Mehdi Karoubi, a même évoqué un "coup d'Etat rampant". Cette année encore, le Conseil des gardiens n'a guère laissé de chances à la compétition. Plus d'un millier de concurrents à la présidentielle sont passés sous les fourches caudines. Il a fallu l'intervention du Guide suprême, l'ayatollah Khamenei, pour que deux réformateurs soient repêchés. Le Conseil des gardiens a fait un travail de fourmi pour parvenir à ses fins. Il a passé des années à saper l'édifice des réformateurs, rejetant leurs principaux projets de loi. Les réformateurs ont aussi affronté la justice, autre bastion du conservatisme. Usés par les résistances, les emprisonnements, les fermetures de journaux, les réformateurs ont fait une vaine tentative pour contester l'emprise du Conseil des gardiens et de la justice. Les projets de loi en ce sens de l'ancien président Mohhamad Khatami ont été repoussés en 2003 par ce même Conseil.

L'échec des réformateurs à transformer la société, en raison du verrouillage des institutions, explique en partie la victoire des conservateurs, qui détiennent désormais tous les leviers de commandes.

 

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Irak

L’Unesco s’inquiète des dégâts et des fouilles illicites

Le directeur général de l'Unesco a, une nouvelle fois, appelé à la mobilisation contre les fouilles illicites sur les sites archéologiques irakiens et s'est inquiété des dégâts irréversibles que pourrait causer l'installation de bases militaires, notamment à Babylone et à Hatra. C'était lors de la deuxième réunion la semaine dernière du comité international de coordination pour la sauvegarde du patrimoine culturel irakien.  

Koïchiro Matsurura a rappelé qu'Hatra, près de laquelle sont positionnés des soldats américains, est inscrite depuis 1985, sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco. Une polémique s'était engagée en janvier dernier entre le ministère polonais de la Défense et le British Muséum, qui évoquait les dégâts substantiels causés par les armées polonaise et américaine à Babylone. "Il y a deux ans, dans la plus grande confusion, le musée de Baghdad était sauvagement pillé" et "de nombreuses institutions culturelles, y compris en dehors de la capitale, subissaient le même sort", a rappelé le responsable de l'Unesco, en référence aux pillages après l'invasion de Baghdad par des troupes américaines, le 9 avril 2003.

Environ 15 000 pièces, des antiquités volées à Baghdad, n'ont pas été retrouvées. Mais, selon le responsable de l'Unesco, "il est tout à fait impossible d'évaluer le nombre d'objet illicitement soustraits des sites archéologiques, c'est une perte inestimable pour l'Irak, mais aussi pour l'humanité entière".

L'invasion américaine de l'Irak a non seulement détruit le pays, mais lui a aussi volé sa mémoire…

 

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Plus de la moitié des Palestiniens ont moins de 18 ans

Les Territoires palestiniens comptent quelque 3,7 millions d'habitants, dont plus de la moitié sont âgés de moins de 18 ans, information donnée par le Bureau central des statistiques palestinien.

Selon cet organisme officiel de l'Autorité palestinienne, plus de 1,9 million de Palestiniens, soit 52,8% de la population totale de Cisjordanie et de la bande de Gaza, avaient moins de 18 ans à la fin 2004. 995.443 des Palestiniens de moins de 18 ans sont de sexe masculin et 958.927 sont de sexe féminin. Il y a aujourd'hui 5,2 millions de juifs et 4,9 millions de Palestiniens (y compris les Arabes israéliens) en Israël et dans les Territoires palestiniens.

Vu le taux de natalité beaucoup plus élevé des Palestiniens et la baisse de l'immigration juive en Israël, la population palestinienne sera majoritaire avant la fin de la décennie, selon les estimations des démographes.

Outre les 3,7 millions vivant en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, plus de 4,8 millions de Palestiniens vivent à l'étranger, surtout en Jordanie, au Liban et en Syrie, selon les chiffres officiels.

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