Semaine du 29 juin au 5 juillet 2005

 

L’EN, les recettes du pétrole et la colère des citoyens

Ça flambe !

 

 
 
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L’EN, les recettes du pétrole et la colère des citoyens

Ça flambe !

Le sport roi a été l’un des sujets phare de cette semaine médiatique. Il faut souligner cependant qu’une élimination  en Coupe d’Afrique des nations qui intervient après celle du Mondial est difficilement acceptable.

La presse paraissant ce mardi 21 juin n’y a pas été avec le dos de la cuillère pour faire montre de son appréciation de la chose.  “Ce football nous fait honte!” est le titre de Une retenu par El Watan. Un titre qui veut tout dire. Et si d’aucuns n’avaient pas bien compris le sens, les différents articles consacrés au sujet auront vite fait de lever l’incompréhension. “La grande déception de Raouraoua”, “une défaite, des questions”, “le football réussit son échec”, “le désespoir national”, sont pour le moins révélateurs de l’état d’esprit des rédacteurs sportifs de ce quotidien qui, signalons-le, a traité de la question en pages 2e t 3. Reste, rappelle un des commentateurs, que “des tonnes de pages ne suffiraient pas pour énumérer les lacunes et manquent que pénalisent le football”. Ceci pendant qu’un autre renchérit en pensant mettre le doigt sur l’origine du mal qui ronge le sport-roi national et suggère une solution pour tout le mouvement sportif, car à défaut, “tout argumentaire ne serait que littérature…”. En quoi cette solution consiste-t-elle ? En la reprise en main du sport par les pouvoirs publics. Car, est-il souligné, “tant que l’Etat, détenteur de moyens colossaux et des compétences salvatrices, se désintéresse du sport et des sportifs, les choses iront en empirant”.

Un mal et des remèdes

Liberté, dans son édition du même jour, rapporte les propos du ministre de la Jeunesse et des Sports à propos de l’élimination de l’Equipe nationale.  Mais d’après ce représentant de l’Etat, qui affirme que l’”on s’attendait à l’échec”,  la responsabilité d’un tel fiasco n’incomberait nullement à l’Etat, puisque Yahia Guidoum “invite les gestionnaires du football à prendre leurs responsabilités après une telle défaite” et, dans le sillage, annonce “des mesures pour assainir le monde du sport”.

Le quotidien arabophone El Youm annonce pour sa part, ce même mardi, “la tenue d’une réunion extraordinaire de la FAF” et “la mise en place d’un comité national pour sauver l’Equipe nationale”. 

L’éditorialiste du Jour d’Algérie revient sur la question dans l’édition du mercredi 22 juin avec un titre des plus éloquents : “Arrêtons le massacre !” Le rédacteur ne prend pas par quatre chemins pour faire part de son idée : “Qui aura enfin le courage de proclamer la suspension de la participation de l’Equipe nationale de football aux tournois internationaux ?” et  suggérer “le temps d’une remise à niveau salvatrice”. Il poursuit en interpellant l’ensemble des gouvernants du pays : “Quel responsable,  ministre, chef du gouvernement ou président de la République sortira enfin de sa réserve pour admettre que notre système sportif est gravement malade et qu’il nécessite des soins bien plus sérieux qu’un simple cachet d’aspirine ?”

Suspendre la participation internationale

D’autant, poursuivra-t-il, que “nous n’inventerions rien en faisant au moins comme la Tunisie qui a décidé de suspendre ses participations sportives au plan international, pendant deux longues années, pour éviter à ses athlètes des humiliations à répétition, le temps qu’ils puissent retrouver un niveau de performance acceptable”. De son avis, “cette mesure jettera alors une lumière crue sur un monde sportif livré à l’argent occulte, aux magouilles de toute sorte, à la violence et aux arrangements régionalistes,sans que l’Etat ne puisse rien faire pour en tirer le minimum de victoires possibles”.

D’où la question posée par La Nouvelle République, ce même 22 juin : “Où va l’argent du football ?” Ce quotidien donne le montant alloué à la FAF depuis 2003, révélé par le ministère de la Jeunesse et des Sports. “Le chiffre dépasse les 100 milliards, auxquels il faut ajouter les 20 milliards au titre de l’année 2005”. Une réaction ? Hallucinant, n’est-ce pas ?!

Restons dans les chiffres, mais cette fois-ci non pas au chapitre des dépenses, mais au niveau des recettes. Et pour cause : “Le pétrole flambe”  titrait La Nouvelle République du jeudi 23 juin.

Selon Al Fadjr du même jour, il est attendu, d’ici la fin de l’année 2005, des recettes de plus de 40 milliards de dollars. Ce quotidien explique que les prix du pétrole ne descendront pas en dessous des 50 dollars le baril avant la fin de l’année en cours.

L’argent aiguise les appétits

Des recettes qui aiguisent bien des appétits. Pour preuve, cette information rapportée par Le Jour d’Algérie du  jeudi 23 juin.  Selon le rédacteur, deux institutions, l’une sous tutelle des Finances, la DGE, et l’autre,  l’Alnaft, sous tutelle de l’Energie et des Mines, “sont chargées de la collecte de la fiscalité des compagnies du secteur énergétique”. Une situation, est-il rappelé, qui “risque d’engendrer un conflit de compétences”. De son côté Le Maghreb rapportait la veille, c’est-à-dire dans son édition du  22 juin, que “pour faire face aux carences enregistrées suite aux intempéries” les pouvoirs publics n’auront d’autre choix que l’importation. D’où ce titre de Une : “Des céréales importées d’ici le 30 juin.”     

Au plan national toujours, Liberté nous apprend, dans son édition du samedi 25 juin, que le projet de révision constitutionnelle amplifie la polémique entre le FLN et le RND.

Son éditorialiste, qui s’interroge sur les raisons de l’opposition de la formation de Ouyahia,  estime que “la réponse  est donc à chercher dans les futurs amendements”.

Le Soir d’Algérie du même jour revient sur les propos de Abdelaziz Belkhadem et en fera sa Une : “L’amnistie ne sera pas soumise directement à référendum”, a-t-il déclaré.

Belkhadem est encore en Une de L’Authentique, à propos des thèses révisionnistes développées en France : “La France doit au moins s’excuser.” 

El Djazair News, qui s’est distingué le jeudi 23 juin  par l’annonce en Une d’une tentative d’agression sexuelle commise par un enseignant à l’encontre d’élèves à Ghardaïa, revient le samedi d’après sur “la colère populaire à Aïn Témouchent”.

La Tribune consacre sa Une du 25 juin aux propos du chef de la diplomatie  espagnol : “L’Espagne ne reconnaît pas la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental”, est-il rapporté. Ce thème est également retenu par Al Ahdeth, qui y consacre sa Une, en rapportant le cri de détresse lancé par des juristes sahraouis.

Nadia Kerraz

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