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L’EN, les
recettes du pétrole et la colère des citoyens
Ça flambe !
Le sport roi a été
l’un des sujets phare de cette semaine médiatique. Il faut souligner
cependant qu’une élimination en Coupe d’Afrique des nations qui
intervient après celle du Mondial est difficilement acceptable.
La presse
paraissant ce mardi 21 juin n’y a pas été avec le dos de la cuillère
pour faire montre de son appréciation de la chose. “Ce football
nous fait honte!” est le titre de Une retenu par El Watan. Un titre
qui veut tout dire. Et si d’aucuns n’avaient pas bien compris le
sens, les différents articles consacrés au sujet auront vite fait de
lever l’incompréhension. “La grande déception de Raouraoua”, “une
défaite, des questions”, “le football réussit son échec”, “le
désespoir national”, sont pour le moins révélateurs de l’état
d’esprit des rédacteurs sportifs de ce quotidien qui, signalons-le,
a traité de la question en pages 2e t 3. Reste, rappelle un des
commentateurs, que “des tonnes de pages ne suffiraient pas pour
énumérer les lacunes et manquent que pénalisent le football”. Ceci
pendant qu’un autre renchérit en pensant mettre le doigt sur
l’origine du mal qui ronge le sport-roi national et suggère une
solution pour tout le mouvement sportif, car à défaut, “tout
argumentaire ne serait que littérature…”. En quoi cette solution
consiste-t-elle ? En la reprise en main du sport par les pouvoirs
publics. Car, est-il souligné, “tant que l’Etat, détenteur de moyens
colossaux et des compétences salvatrices, se désintéresse du sport
et des sportifs, les choses iront en empirant”.
Un mal et des
remèdes
Liberté, dans son
édition du même jour, rapporte les propos du ministre de la Jeunesse
et des Sports à propos de l’élimination de l’Equipe nationale. Mais
d’après ce représentant de l’Etat, qui affirme que l’”on s’attendait
à l’échec”, la responsabilité d’un tel fiasco n’incomberait
nullement à l’Etat, puisque Yahia Guidoum “invite les gestionnaires
du football à prendre leurs responsabilités après une telle défaite”
et, dans le sillage, annonce “des mesures pour assainir le monde du
sport”.
Le quotidien
arabophone El Youm annonce pour sa part, ce même mardi, “la tenue
d’une réunion extraordinaire de la FAF” et “la mise en place d’un
comité national pour sauver l’Equipe nationale”.
L’éditorialiste du
Jour d’Algérie revient sur la question dans l’édition du mercredi
22 juin avec un titre des plus éloquents : “Arrêtons le massacre !”
Le rédacteur ne prend pas par quatre chemins pour faire part de son
idée : “Qui aura enfin le courage de proclamer la suspension de la
participation de l’Equipe nationale de football aux tournois
internationaux ?” et suggérer “le temps d’une remise à niveau
salvatrice”. Il poursuit en interpellant l’ensemble des gouvernants
du pays : “Quel responsable, ministre, chef du gouvernement ou
président de la République sortira enfin de sa réserve pour admettre
que notre système sportif est gravement malade et qu’il nécessite
des soins bien plus sérieux qu’un simple cachet d’aspirine ?”
Suspendre la
participation internationale
D’autant,
poursuivra-t-il, que “nous n’inventerions rien en faisant au moins
comme la Tunisie qui a décidé de suspendre ses participations
sportives au plan international, pendant deux longues années, pour
éviter à ses athlètes des humiliations à répétition, le temps qu’ils
puissent retrouver un niveau de performance acceptable”. De son
avis, “cette mesure jettera alors une lumière crue sur un monde
sportif livré à l’argent occulte, aux magouilles de toute sorte, à
la violence et aux arrangements régionalistes,sans que l’Etat ne
puisse rien faire pour en tirer le minimum de victoires possibles”.
D’où la question
posée par La Nouvelle République, ce même 22 juin : “Où va l’argent
du football ?” Ce quotidien donne le montant alloué à la FAF depuis
2003, révélé par le ministère de la Jeunesse et des Sports. “Le
chiffre dépasse les 100 milliards, auxquels il faut ajouter les 20
milliards au titre de l’année 2005”. Une réaction ? Hallucinant,
n’est-ce pas ?!
Restons dans les
chiffres, mais cette fois-ci non pas au chapitre des dépenses, mais
au niveau des recettes. Et pour cause : “Le pétrole flambe” titrait
La Nouvelle République du jeudi 23 juin.
Selon Al Fadjr du
même jour, il est attendu, d’ici la fin de l’année 2005, des
recettes de plus de 40 milliards de dollars. Ce quotidien explique
que les prix du pétrole ne descendront pas en dessous des 50 dollars
le baril avant la fin de l’année en cours.
L’argent
aiguise les appétits
Des recettes qui
aiguisent bien des appétits. Pour preuve, cette information
rapportée par Le Jour d’Algérie du jeudi 23 juin. Selon le
rédacteur, deux institutions, l’une sous tutelle des Finances, la
DGE, et l’autre, l’Alnaft, sous tutelle de l’Energie et des Mines,
“sont chargées de la collecte de la fiscalité des compagnies du
secteur énergétique”. Une situation, est-il rappelé, qui “risque
d’engendrer un conflit de compétences”. De son côté Le Maghreb
rapportait la veille, c’est-à-dire dans son édition du 22 juin, que
“pour faire face aux carences enregistrées suite aux intempéries”
les pouvoirs publics n’auront d’autre choix que l’importation. D’où
ce titre de Une : “Des céréales importées d’ici le 30 juin.”
Au plan national
toujours, Liberté nous apprend, dans son édition du samedi 25 juin,
que le projet de révision constitutionnelle amplifie la polémique
entre le FLN et le RND.
Son éditorialiste,
qui s’interroge sur les raisons de l’opposition de la formation de
Ouyahia, estime que “la réponse est donc à chercher dans les
futurs amendements”.
Le Soir d’Algérie
du même jour revient sur les propos de Abdelaziz Belkhadem et en
fera sa Une : “L’amnistie ne sera pas soumise directement à
référendum”, a-t-il déclaré.
Belkhadem est
encore en Une de L’Authentique, à propos des thèses révisionnistes
développées en France : “La France doit au moins s’excuser.”
El Djazair News,
qui s’est distingué le jeudi 23 juin par l’annonce en Une d’une
tentative d’agression sexuelle commise par un enseignant à
l’encontre d’élèves à Ghardaïa, revient le samedi d’après sur “la
colère populaire à Aïn Témouchent”.
La Tribune
consacre sa Une du 25 juin aux propos du chef de la diplomatie
espagnol : “L’Espagne ne reconnaît pas la souveraineté du Maroc sur
le Sahara occidental”, est-il rapporté. Ce thème est également
retenu par Al Ahdeth, qui y consacre sa Une, en rapportant le cri de
détresse lancé par des juristes sahraouis.
Nadia Kerraz
Haut
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