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2004
s’achève
“Une année pas
comme les autres”
En cette fin
d’année 2004, la préoccupation n’est pas seulement à “qui veut un
sapin, un beau sapin de Noël” comme se le demande Le Jeune
Indépendant du mardi 21 décembre. L’heure est avant tout aux bilans.
La presse nationale ne manquera pas d’en faire un. Il est certain
aussi que tous les secteurs seront passés en revue. Quelles seront
les leçons qu’il y a lieu de retenir? On y répondra une autre fois.
Pour l’heure, ce qu’il faut retenir, c’est que 2004 a été “une année
pas comme les autres”. C’est du moins l’avis, et il ne doit être le
seul à le penser, de l’éditorialiste du Jour d’Algérie qui, dès le
mercredi 22 décembre, estimait qu’à dix jours de la fin de cette
année 2004, bien malin qui pourrait en tirer un bilan clair en
termes d’actif et de passif”. Pour l’éditorialiste “la réélection de
Abdelaziz Bouteflika à la présidence de la République tardant à
produire ses effets, il y a un peu dans le pays une drôle de
sensation de flottement généralisé”. En dépit du fait, est-il
souligné, que le Président “a beau donner de grands coups dans la
fourmilière et indiquer les voies royales vers l’avenir, le progrès
et la modernité”. Mais “force est de constater que ça ne suit pas.
Ou si peu”. Et pourtant rappelle l’éditorialiste du Jour d’Algérie,
“que nous le voulions ou non, ce bilan de l’année 2004 va
nécessairement être le pré-bilan de presque une année de second
mandat”. Et au rédacteur de poursuivre : “Un mandat sur lequel les
Algériens fondent leurs derniers espoirs, tant ils savent que si ce
Président ne parvient pas à faire bouger les choses, aucun autre ne
pourra le faire”. Et au chapitre des changements justement, il y en
a au moins un que la presse annonce depuis des mois sans qu’il n’ait
été effectué. C’est celui d’un remaniement du gouvernement. Il
“serait imminent” soutient également La Nouvelle République. Sauf
que pour ce quotidien, “Ouyahia reste”. Il dit “pourquoi” du reste.
Mais avant cela, le commentateur rappelle que “périodiquement,
l’accent médiatique est mis sur le changement du gouvernement comme
si c’était la solution clé”. Et pourtant souligne-t-il “qu’Ouyahia
parte, qu’est-ce que cela va introduire comme changement?”. Et à ce
commentateur de rappeler que “depuis octobre 1988, il y eu à se
succéder au poste de chef du gouvernement Kasdi Merbah, Hamrouche,
Ghozali, Belaïd Abdesselam, Rédha Malek, Sifi, Ouyahia, Hamdani,
Benflis puis à nouveau Ouyahia” . Et certainement dans le but de
mieux souligner que c’est “un acte tout à fait banal”, il affirmera
que “même à la tête du GIA, se sont succédé au moins huit chefs,
dont l’alternance n’a pas été le fait d’une élection, mais de la
neutralisation physique”. Et à La Nouvelle République d’estimer
“qu’on changera de gouvernement, c’est une fatalité, car il n’y a
pas de mandat à vie”. Mais dans le cas présent, on ne changera pas
son chef car il se trouve être “l’un des premiers garants d’une
certaine efficacité et de la continuité du programme présidentiel”.
Reste que cet exécutif qui est toujours en place “presse la cadence”
dans le processus d’adhésion de l’Algérie à l’OMC. C’est Le Maghreb
du samedi 25 décembre qui l’annonce. Cette adhésion qui “semble être
le cheval de bataille des pouvoirs publics ces derniers mois”
explique selon le quotidien que le gouvernement soit passé “à la
vitesse supérieure”. Reste, rappelle la rédactrice, qu’il “faudra
une année supplémentaire au moins au gouvernement algérien, par
rapport aux prévisions qu’il s’est fixées, pour pouvoir se joindre à
l’immense organisation des 147 membres régissant le commerce
mondial”. Au plan interne, le FLN poursuit toujours ses efforts pour
tenir son 8ème congrès et ce, quand bien même Liberté estime que du
côté du plus vieux parti algérien “c’est le cirque” (édition du
mercredi 22 décembre) et que El Djazaïr News soutient que
“Belkkhadem s’est débarrassé des redresseurs”. Reste que pour le
FLN, c’est loin d’être la fin. Et pour cause, souligne
l’éditorialiste de Liberté “étant l’instrument par excellence de
l’exercice du pouvoir, il se doit donc, selon les promoteurs de la
réconciliation et l’amnistie, se conformer à réaliser les missions
qui lui sont dévolues et à attendre les objectifs qui lui sont
assignés”. Il ajoutera que “c’est d’ailleurs à ce titre qu’il est un
enjeu important qui se disputent les différentes factions du
pouvoir”.
La guerre entre
les opérateurs de la téléphonie mobile se poursuit toujours. “La
puce Mobilis : la carte à 500 dinars” annonce en titre La Tribune
qui affirme que “l’opérateur lance une nouvelle promotion et dénonce
par ailleurs des pratiques anticoncurrentielles”. Selon le quotidien
“la concurrence féroce continue à inciter les trois opérateurs à
lancer des offres promotionnelles de plus en plus audacieuses et
attrayantes en direction des consommateurs”.
La presse
fera-t-elle son bilan ?
El Watan qui était
loin de se douter qu’il allait annoncer dans son édition du dimanche
26 décembre que le procureur général de Blida qui était en charge du
dossier Khalifa décède, “victime d’un arrêt cardiaque”, fait état
dans son édition du jeudi que dans le cadre de la poursuite de
l’instruction de l’affaire Khalifa “des sportifs (ont été)
auditionnés”. Pour ce quotidien “au moins deux cents personnes ont
été entendues durant cette dernière semaine par la Gendarmerie”.
Dans un commentaire accompagnant l’article annonçant l’audition de
ces sportifs, son auteur estimera que “le monde du sport n’échappera
pas au déballage du scandale Khalifa”. Et au commentateur de
rappeler que “si, la première année (2001) Khalifa a versé de
l’argent aux clubs sans contrat en contrepartie, ce ne fut plus le
cas à partir du moment où Khalifa Sport a été chargé de la gestion
de ce dossier (sponsoring). Tous les clubs étaient soumis à la
signature d’un contrat (droits et obligations), faute de quoi aucun
dinar ne sera versé”. Mais cette précaution n’a pas été suffisante.
Pour preuve, est-il ajouté, “ n’empêche, des bruits ont circulé sur
certains aspects de cette relation privilégiée”.
Mais la presse est
tenue également de faire son propre bilan, et si l’on en croit le
chroniqueur, “les mots du jeudi du Soir d’Algérie, il est loin
d’être reluisant. Ainsi dira-t-il, “la presse, jadis aventure
intellectuelle, est menacée par l’argent et pratiquement tous les
titres de ce qu’on appelait presse indépendante se sont rangés dans
la douce quiétude du confort éditorial qui ne leur fait courir aucun
risque !”
Nadia Kerraz
Haut
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