Semaine du 29 décembre 2004 au 4 janvier 2005

 

L’Algérie célèbre la Journée internationale des droits de l’homme

L’engagement de Bouteflika

 

 

 
 
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2004 s’achève

“Une année pas comme les autres”

En cette fin d’année 2004, la préoccupation n’est pas seulement à “qui veut un sapin, un beau sapin de Noël” comme se le demande Le Jeune Indépendant du mardi 21 décembre. L’heure est avant tout aux bilans. La presse nationale ne manquera pas d’en faire un. Il est certain aussi que tous les secteurs seront passés en revue. Quelles seront les leçons qu’il y a lieu de retenir? On y répondra une autre fois. Pour l’heure, ce qu’il faut retenir, c’est que 2004 a été “une année pas comme les autres”. C’est du moins l’avis, et il ne doit être le seul à le penser, de l’éditorialiste du Jour d’Algérie qui, dès le mercredi 22 décembre, estimait qu’à dix jours de la fin de cette année 2004, bien malin qui pourrait en tirer un bilan clair en termes d’actif et de passif”. Pour l’éditorialiste “la réélection de Abdelaziz Bouteflika à la présidence de la République tardant à produire ses effets, il y a un peu dans le pays une drôle de sensation de flottement généralisé”. En dépit du fait, est-il souligné, que le Président “a beau donner de grands coups dans la fourmilière et indiquer les voies royales vers l’avenir, le progrès et la modernité”. Mais “force est de constater que ça ne suit pas. Ou si peu”. Et pourtant rappelle l’éditorialiste du Jour d’Algérie, “que nous le voulions ou non, ce bilan de l’année 2004 va nécessairement être le pré-bilan de presque une année de second mandat”. Et au rédacteur de poursuivre : “Un mandat sur lequel les Algériens fondent leurs derniers espoirs, tant ils savent que si ce Président ne parvient pas à faire bouger les choses, aucun autre ne pourra le faire”. Et au chapitre des changements justement, il y en a au moins un que la presse annonce depuis des mois sans qu’il n’ait été effectué. C’est celui d’un remaniement du gouvernement. Il “serait imminent” soutient également La Nouvelle République. Sauf que pour ce quotidien, “Ouyahia reste”. Il dit “pourquoi” du reste. Mais avant cela, le commentateur rappelle que “périodiquement, l’accent médiatique est mis sur le changement du gouvernement comme si c’était la solution clé”. Et pourtant souligne-t-il “qu’Ouyahia parte, qu’est-ce que cela va introduire comme changement?”. Et à ce commentateur de rappeler que “depuis octobre 1988, il y eu à se succéder au poste de chef du gouvernement Kasdi Merbah, Hamrouche, Ghozali, Belaïd Abdesselam, Rédha Malek, Sifi, Ouyahia, Hamdani, Benflis puis à nouveau Ouyahia” . Et certainement dans le but de mieux souligner que c’est “un acte tout à fait banal”, il affirmera que “même à la tête du GIA, se sont succédé au moins huit chefs, dont l’alternance n’a pas été le fait d’une élection, mais de la neutralisation physique”. Et à La Nouvelle République d’estimer “qu’on changera de gouvernement, c’est une fatalité, car il n’y a pas de mandat à vie”. Mais dans le cas présent, on ne changera pas son chef car il se trouve être “l’un des premiers garants d’une certaine efficacité et de la continuité du programme présidentiel”. Reste que cet exécutif qui est toujours en place “presse la cadence” dans le processus d’adhésion de l’Algérie à l’OMC. C’est Le Maghreb du samedi 25 décembre qui l’annonce. Cette adhésion qui “semble être le cheval de bataille des pouvoirs publics ces derniers mois” explique selon le quotidien que le gouvernement soit passé “à la vitesse supérieure”. Reste, rappelle la rédactrice, qu’il “faudra une année supplémentaire au moins au gouvernement algérien, par rapport aux prévisions qu’il s’est fixées, pour pouvoir se joindre à l’immense organisation des 147 membres régissant le commerce mondial”. Au plan interne, le FLN poursuit toujours ses efforts pour tenir son 8ème congrès et ce, quand bien même Liberté estime que du côté du plus vieux parti algérien “c’est le cirque” (édition du mercredi 22 décembre) et que El Djazaïr News soutient que “Belkkhadem s’est débarrassé des redresseurs”. Reste que pour le FLN, c’est loin d’être la fin. Et pour cause, souligne l’éditorialiste de Liberté “étant l’instrument par excellence de l’exercice du pouvoir, il se doit donc, selon les promoteurs de la réconciliation et l’amnistie, se conformer à réaliser les missions qui lui sont dévolues et à attendre les objectifs qui lui sont assignés”. Il ajoutera que “c’est d’ailleurs à ce titre qu’il est un enjeu important qui se disputent les différentes factions du pouvoir”.

La guerre entre les opérateurs de la téléphonie mobile se poursuit toujours. “La puce Mobilis : la carte à 500 dinars” annonce en titre La Tribune qui affirme que “l’opérateur lance une nouvelle promotion et dénonce par ailleurs des pratiques anticoncurrentielles”. Selon le quotidien “la concurrence féroce continue à inciter les trois opérateurs à lancer des offres promotionnelles de plus en plus audacieuses et attrayantes en direction des consommateurs”.

 

La presse fera-t-elle son bilan ?

El Watan qui était loin de se douter qu’il allait annoncer dans son édition du dimanche 26 décembre que le procureur général de Blida qui était en charge du dossier Khalifa décède, “victime d’un arrêt cardiaque”, fait état dans son édition du jeudi que dans le cadre de la poursuite de l’instruction de l’affaire Khalifa “des sportifs (ont été) auditionnés”. Pour ce quotidien “au moins deux cents personnes ont été entendues durant cette dernière semaine par la Gendarmerie”. Dans un commentaire accompagnant l’article annonçant l’audition de ces sportifs, son auteur estimera que “le monde du sport n’échappera pas au déballage du scandale Khalifa”. Et au commentateur de rappeler que “si, la première année (2001) Khalifa a versé de l’argent aux clubs sans contrat en contrepartie, ce ne fut plus le cas à partir du moment où Khalifa Sport a été chargé de la gestion de ce dossier (sponsoring). Tous les clubs étaient soumis à la signature d’un contrat (droits et obligations), faute de quoi aucun dinar ne sera versé”. Mais cette précaution n’a pas été suffisante. Pour preuve, est-il ajouté, “ n’empêche, des bruits ont circulé sur certains aspects de cette relation privilégiée”.

Mais la presse est tenue également de faire son propre bilan, et si l’on en croit le chroniqueur, “les mots du jeudi du Soir d’Algérie, il est loin d’être reluisant. Ainsi dira-t-il, “la presse, jadis aventure intellectuelle, est menacée par l’argent et pratiquement tous les titres de ce qu’on appelait presse indépendante se sont rangés dans la douce quiétude du confort éditorial qui ne leur fait courir aucun risque !”

Nadia Kerraz

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