Semaine du 29 Mars au 04 Avril 2006

Le chef de l’Etat et le chef du gouvernement sur la même longueur d’ondes

Bouteflika-Ouyahia : la symbiose

 

 
 
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Le chef de l’Etat et le chef du gouvernement sur la même longueur d’ondes

Bouteflika-Ouyahia : la symbiose

Après les clarifications apportées tant par le président de la République que le chef du gouvernement – le premier à l’occasion du discours qu’il a prononcé, jeudi 23 mars, devant les avocats qui ont tenu leur conférence nationale ; le second à l’occasion de la conférence de presse qu’il a animée le mardi 21 mars – les Algériens seront-ils pour autant rassurés quant  aux implications et conséquences de la mise en application des mesures portant Charte nationale pour la paix et la réconciliation nationale ?  Rien n’est moins sûr. Preuve en est a marche organisée par les familles des victimes du terrorisme, le 22 mars,  rapportée par quelques titres de la presse nationale dans leurs éditions du jeudi 23.

Ouyahia rassure

«Une marche organisée en  souvenir du 22 mars 1994 et qui a drainé une foule nombreuse», indique El Watan. «Les familles revendiquent un statut particulier», nous apprend par ailleurs Le Jour d’Algérie. Reste que l’impression laissée par les interventions du chef de l’Etat et du chef du gouvernement ont donné l’impression que les deux hommes étaient mus par le souci évident de rassurer et de mettre un terme à toutes les spéculations et supputations nées autour de la mise en œuvre de la Charte.

«Face aux incertitudes, Ouyahia veut rassurer», estime El Watan au lendemain  de la conférence de presse. Analysant les  mêmes propos, le quotidien arabophone El Youm en déduit que «Ouyahia a tracé les lignes rouges». El Djazair News rapporte l’engagement pris par le chef du gouvernement qui a affirmé que «l’on ne permettra pas le retour à l’anarchie». C’est ce même engagement qui a fait la une de La Tribune : «Il n’est pas question de revenir à l’anarchie des années 1990.», ajoutant : «Ouyahia, égal à lui-même au risque de déplaire, soulignera le rédacteur, n’a pas mâché ses mots.» Il a poursuivi en indiquant qu’«à  propos de la mise en œuvre des textes relatifs à la Charte pour la paix et la réconciliation nationale, il a rappelé qu’il a été qualifié d’éradicateur, une façon de dire que la réconciliation nationale est une nécessité pour la stabilité, que toute personne concernée ne bénéficiera que de ce que les textes de la Charte lui accorde, que l’inquiétude des citoyens est compréhensible mais non justifiée car l’Etat veillera au respect des lignes rouges». Plus explicites, La Dépêche de Kabylie, La Nouvelle République et Le Soir d’Algérie ont repris l’injonction de Ouyahia en direction des dirigeants de l’ex FIS :   «Taisez-vous !» pour le premier ; «la politique vous est interdite» pour le second et «les terroristes libérés sommés de se taire» pour le troisième. Cette fermeté affichée est assimilée par Le Jour d’Algérie à de la sérénité : «C’est un Ahmed  Ouyahia plus serein que jamais qui a tenu avant-hier à remettre à l’heure certaines pendules passablement déréglées», note son éditorialiste. Ce dernier ajoute que le chef  du gouvernement profitera de l’occasion que lui a donné la conférence de presse « pour bien indiquer que la sienne est parfaitement synchro avec celle du chef de l’Etat et que s’il y a des décalages horaires quelque part c’est ailleurs qu’il faut les chercher».

Pour l’éditorialiste du Jour d’Algérie, «la mise en œuvre des dispositions de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale ayant eu cela d’éminemment positif, qu’elle aura contribué à lever toutes les équivoques et à balayer tous les malentendus qui pouvaient encore subsister dans les sphères les plus élevées de l’Etat». En plus clair, comme l’indique Le Jeune Indépendant, le chef du gouvernement a exposé lors de cette conférence de presse «la vision de l’Etat…».

Bouteflika confirme

Et l’un comme l’autre ne croyaient pas si bien dire. Revenant sur le discours prononcé devant les avocats qui ont tenu leur  conférence nationale, Le Maghreb du 25 mars indique que Bouteflika a rappelé les lignes rouges de la Charte. Pour étayer ses conclusions, le quotidien cite le Président : «Aucune place n’est disponible pour les intégristes», a affirmé le premier magistrat du pays. Le rédacteur souligne que cette «intervention (…) s’est voulue, de prime abord, un rappel à  tout le monde qu’il sera fait application de la loi pour consolider ce choix souverainement adopté par l’écrasante majorité des Algériens et des Algériennes. Une volonté appelée à être respectée par tous, y compris les détenus libérés». La Dépêche de Kabylie renchérit dans le  même sens : «Il n’y aura pas de retour en arrière.». Le rédacteur de ce quotidien souligne que «Abdelaziz Bouteflika a encore une fois conforté son chef du gouvernement Ahmed Ouyahia». Cela s’est passé, indique-t-il, «au cours d’un discours prononcé jeudi devant les avocats où le président de la République a tracé une ligne rouge aux terroristes libérés dans le cadre de l’application de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale». Un peu plus loin, il ajoute que «plus ferme encore, le président Bouteflika avertit les terroristes libérés que l’Etat sera intransigeant avec eux».

El Fadjr  indique que «Bouteflika se promet de s’opposer à ceux qui abusent de la générosité du peuple». Le même jour, El Watan et Le Soir d’Algérie consacrent leur première ouverture à l’assassinat de quatre citoyens à Bouarfa, dans la wilaya de Médéa. «Les terroristes sont toujours là !» rappelle le premier titre. Le Soir d’Algérie estime pour sa part que cet assassinat est l’œuvre du «GIA qui a frappé».   

Chirac …

Le message adressé par le président français Jacques Chirac à son homologue algérien Abdelaziz Bouteflika a été  abondamment traité par la presse nationale. «L’appel du pied de Chirac», note El Watan ; «Chirac relance Bouteflika», estime pour sa part Le Jeune Indépendant. Le quotidien souligne que «retardé après une brouille qui ne disait pas son nom, le projet de signature du traité historique d’amitié entre la France et l’Algérie est remis au jour. Ainsi, le Président français (…) a souhaité s’entretenir dès que possible avec le Président algérien afin de parvenir à la signature du traité d’amitié entre l’Algérie et la France».

Nadia Kerraz

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