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Le chef de l’Etat et le chef du gouvernement sur la même longueur
d’ondes
Bouteflika-Ouyahia : la symbiose
Après les
clarifications apportées tant par le président de la République que
le chef du gouvernement – le premier à l’occasion du discours qu’il
a prononcé, jeudi 23 mars, devant les avocats qui ont tenu leur
conférence nationale ; le second à l’occasion de la conférence de
presse qu’il a animée le mardi 21 mars – les Algériens seront-ils
pour autant rassurés quant aux implications et conséquences de la
mise en application des mesures portant Charte nationale pour la
paix et la réconciliation nationale ? Rien n’est moins sûr. Preuve
en est a marche organisée par les familles des victimes du
terrorisme, le 22 mars, rapportée par quelques titres de la presse
nationale dans leurs éditions du jeudi 23.
Ouyahia rassure
«Une marche
organisée en souvenir du 22 mars 1994 et qui a drainé une foule
nombreuse», indique El Watan. «Les familles revendiquent un statut
particulier», nous apprend par ailleurs Le Jour d’Algérie. Reste que
l’impression laissée par les interventions du chef de l’Etat et du
chef du gouvernement ont donné l’impression que les deux hommes
étaient mus par le souci évident de rassurer et de mettre un terme à
toutes les spéculations et supputations nées autour de la mise en
œuvre de la Charte.
«Face aux
incertitudes, Ouyahia veut rassurer», estime El Watan au lendemain
de la conférence de presse. Analysant les mêmes propos, le
quotidien arabophone El Youm en déduit que «Ouyahia a tracé les
lignes rouges». El Djazair News rapporte l’engagement pris par le
chef du gouvernement qui a affirmé que «l’on ne permettra pas le
retour à l’anarchie». C’est ce même engagement qui a fait la une de
La Tribune : «Il n’est pas question de revenir à l’anarchie des
années 1990.», ajoutant : «Ouyahia, égal à lui-même au risque de
déplaire, soulignera le rédacteur, n’a pas mâché ses mots.» Il a
poursuivi en indiquant qu’«à propos de la mise en œuvre des textes
relatifs à la Charte pour la paix et la réconciliation nationale, il
a rappelé qu’il a été qualifié d’éradicateur, une façon de dire que
la réconciliation nationale est une nécessité pour la stabilité, que
toute personne concernée ne bénéficiera que de ce que les textes de
la Charte lui accorde, que l’inquiétude des citoyens est
compréhensible mais non justifiée car l’Etat veillera au respect des
lignes rouges». Plus explicites, La Dépêche de Kabylie, La Nouvelle
République et Le Soir d’Algérie ont repris l’injonction de Ouyahia
en direction des dirigeants de l’ex FIS : «Taisez-vous !» pour le
premier ; «la politique vous est interdite» pour le second et «les
terroristes libérés sommés de se taire» pour le troisième. Cette
fermeté affichée est assimilée par Le Jour d’Algérie à de la
sérénité : «C’est un Ahmed Ouyahia plus serein que jamais qui a
tenu avant-hier à remettre à l’heure certaines pendules passablement
déréglées», note son éditorialiste. Ce dernier ajoute que le chef
du gouvernement profitera de l’occasion que lui a donné la
conférence de presse « pour bien indiquer que la sienne est
parfaitement synchro avec celle du chef de l’Etat et que s’il y a
des décalages horaires quelque part c’est ailleurs qu’il faut les
chercher».
Pour
l’éditorialiste du Jour d’Algérie, «la mise en œuvre des
dispositions de la Charte pour la paix et la réconciliation
nationale ayant eu cela d’éminemment positif, qu’elle aura contribué
à lever toutes les équivoques et à balayer tous les malentendus qui
pouvaient encore subsister dans les sphères les plus élevées de
l’Etat». En plus clair, comme l’indique Le Jeune Indépendant, le
chef du gouvernement a exposé lors de cette conférence de presse «la
vision de l’Etat…».
Bouteflika
confirme
Et l’un comme
l’autre ne croyaient pas si bien dire. Revenant sur le discours
prononcé devant les avocats qui ont tenu leur conférence nationale,
Le Maghreb du 25 mars indique que Bouteflika a rappelé les lignes
rouges de la Charte. Pour étayer ses conclusions, le quotidien cite
le Président : «Aucune place n’est disponible pour les intégristes»,
a affirmé le premier magistrat du pays. Le rédacteur souligne que
cette «intervention (…) s’est voulue, de prime abord, un rappel à
tout le monde qu’il sera fait application de la loi pour consolider
ce choix souverainement adopté par l’écrasante majorité des
Algériens et des Algériennes. Une volonté appelée à être respectée
par tous, y compris les détenus libérés». La Dépêche de Kabylie
renchérit dans le même sens : «Il n’y aura pas de retour en
arrière.». Le rédacteur de ce quotidien souligne que «Abdelaziz
Bouteflika a encore une fois conforté son chef du gouvernement Ahmed
Ouyahia». Cela s’est passé, indique-t-il, «au cours d’un discours
prononcé jeudi devant les avocats où le président de la République a
tracé une ligne rouge aux terroristes libérés dans le cadre de
l’application de la Charte pour la paix et la réconciliation
nationale». Un peu plus loin, il ajoute que «plus ferme encore, le
président Bouteflika avertit les terroristes libérés que l’Etat sera
intransigeant avec eux».
El Fadjr indique
que «Bouteflika se promet de s’opposer à ceux qui abusent de la
générosité du peuple». Le même jour, El Watan et Le Soir d’Algérie
consacrent leur première ouverture à l’assassinat de quatre citoyens
à Bouarfa, dans la wilaya de Médéa. «Les terroristes sont toujours
là !» rappelle le premier titre. Le Soir d’Algérie estime pour sa
part que cet assassinat est l’œuvre du «GIA qui a frappé».
Chirac …
Le message adressé
par le président français Jacques Chirac à son homologue algérien
Abdelaziz Bouteflika a été abondamment traité par la presse
nationale. «L’appel du pied de Chirac», note El Watan ; «Chirac
relance Bouteflika», estime pour sa part Le Jeune Indépendant. Le
quotidien souligne que «retardé après une brouille qui ne disait pas
son nom, le projet de signature du traité historique d’amitié entre
la France et l’Algérie est remis au jour. Ainsi, le Président
français (…) a souhaité s’entretenir dès que possible avec le
Président algérien afin de parvenir à la signature du traité
d’amitié entre l’Algérie et la France».
Nadia Kerraz
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