Semaine du 29 novembre au 5 décembre 2006

 

Remaniement gouvernemental

Pas de fumée sans feu

Alliance présidentielle

Vidée de sa substance

Révision de la Constitution

Le brouillard s’estompe

Réconciliation nationale

Que veulent les islamistes ?

Mutations au sein de la société algérienne

Dilemme entre identité et modernisme

 

 
 
Nation

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Remaniement gouvernemental
Pas de fumée sans feu

Difficile de ne pas voir dans la conjonction de déclarations et de rumeurs insistantes les prémices d'un remaniement gouvernemental. A supposer qu'effectivement il n’y ait aucun projet de remaniement, il semble en tous les cas qu'il est espéré et attendu par beaucoup.
La dernière à avoir parlé de départ de ministres, c'est Louisa Hanoune, député et porte-parole du Parti des travailleurs, le PT. Cette femme politique qui a des idées précises sur tout et sur la manière de faire de la politique, insiste pour que l'on opère un "assainissement" du climat politique avant les élections législatives et locales de 2007. Cet assainissement serait mené par le président de la République et son chef du gouvernement et elle est prête à y apporter son soutien. En quoi consisterait cet assainissement ? Pour Louisa Hanoune, il serait cantonné au départ de deux ministres : celui de l'Energie Chakib Khelil et celui de la Participation et de la Promotion des investissements,   Hamid Temmar. 
Au-delà des considérations qui font faire ces choix à Mme Hanoune, la manière avec laquelle elle analyse la situation politique, si tant est qu'elle doit dissiper les confusions qu'elle constate, elle ne fait qu'en ajouter en définitive. La manière de présenter deux ministres "expiatoires"  semble plus être une réponse de la porte-parole du PT quant à l'éventualité, apparemment certaine, d'un prochain remaniement gouvernemental. Deux ministres dont les options économiques sont diamétralement opposées de ceux de Louisa Hanoune, pour préserver justement l'essentiel. Préserver  notamment un chef du gouvernement qui partage avec elle beaucoup d'idées politiques.
Car si elle explique les raisons idéologiques du choix de ces deux ministres elle met en évidence, une Charte de réconciliation plus tard, "la persistance du terrorisme et de la crise politique". Car en définitive, l'échec des options économiques – un peu trop libérales à ses yeux dans une situation d'embellie financière – ne sont rien à côté de ce qu'elle dénonce comme crimes et recrudescence de l'insécurité.   
D'ailleurs, n'est-ce pas là les termes d'un troc : deux ministres libéraux contre un chef du gouvernement dont on se demande quelle utilité politique il peut encore avoir ?
Abdelaziz Belkhadem  a été un fervent défenseur de la Charte pour la réconciliation nationale   et un artisan majeur de la remise sur rails du FLN. Il était l'homme à suivre pour comprendre le fonctionnement du système politique algérien jusqu'au moment où tout a basculé. C'est effectivement le même Belkhadem   qui, après avoir laissé entendre clairement que les anciens du FIS pourraient reprendre leurs activités politiques, annonce devant les hommes d'affaires arabes, alors que rien ne l'y obligeait, que les anciens du FIS – certainement ceux qui s'apprêtaient à rentrer après le retour triomphal de Kébir – qu'ils n'auront plus jamais le droit d'exercer des activités politiques. A croire donc que les promesses supposées ou réelles faites à Kébir sont caduques.
Cette déclaration, ou ce revirement, qui intervient dans une situation de flou, de report sine die du projet de nouvelle Constitution, donne à penser qu'il n’y a plus rien à attendre de Belkhadem. Du moins ceux qui attendaient – les anciens du FIS, notamment à l'étranger, qui étaient tentés de préparer des initiatives politiques –   des gestes, un soutien ou une aide de Belkhadem doivent regretter d'avoir cru que l'homme pouvait changer radicalement une situation au départ en totale défaveur pour eux à leur avantage.  
Cela confirme-t-il que Belkhadem s'en va, comme croient le savoir certains journaux ? Il est vrai  que les remaniements ont toujours été précédés de bruits et de folles rumeurs, parfois de long mois avant qu'ils n'aient lieu, mais ce que l'on constate cette fois, c'est cette conjonction de déclarations qui tendent à confirmer cette éventualité. Reste bien sûr à   avoir la configuration de ce futur gouvernement, si tant est que nous sommes à  quelques semaines de ce remaniement possible.
 Pures spéculations ?
En fait, depuis le début du mois, des déclarations de responsables politiques, et pas des moindres, sont plus ou moins allés dans le sens de ce possible remaniement. Bouguerra Soltani, ministre d'Etat, avait indiqué que des ministres allaient partir.  En visite à Aïn Témouchent le 11 novembre, Soltani avait déclaré, lors d'une conférence de presse, qu'"au cours des prochaines semaines, il y aura certainement des ministres qui seront remerciés et de nouveaux qui seront nommés", ajoutant qu’"il faut changer certains ministres qui ont beaucoup travaillé et sont fatigués, et faire appel à de nouvelles énergies et compétences".
Qui sont ces ministres fatigués ? Le ministre de l'Intérieur, qui a été souffrant en 2005, presque au même moment que le président Bouteflika.   Des ministres qui sont là depuis plus d'une dizaine d'années, résistant à tous les remaniements successifs. Soltani précise tout de même que le changement de gouvernement ou de ministres est une des prérogatives du seul président de la République et que c'est à lui de décider de la manière et des modalités.
Belkhadem également n'avait pas éludé l'éventualité d'un remaniement, considérant qu'il s'agit là d'une des attributions du président de la République.
Quant aux raisons qui doivent présider à un changement de l'équipe gouvernementale,  il y a cette situation de mollesse apparente dans laquelle semble baigner l'actuel Exécutif. Ce qui est ressenti, c'est surtout cette propension à faire du surplace.
Et puis, il y a les engagements internationaux de l'Algérie, notamment la future adhésion à l'OMC, alors qu'il est demandé au pays plus de volontarisme dans son action de libéralisation. On parle des banques, des transports et des services et la rapidité d'action passerait donc par un remaniement ministériel.
Mais il va sans dire que ce ne sont pas les seules réserves de l'OMC qui obligeraient l'Algérie à changer de gouvernement. Plus que jamais, la situation interne est marquée par des incertitudes et des hésitations alors qu'il semblait que le temps des atermoiements était fini et que les choix stratégiques avaient été définitivement faits. Outre les dispositions de la Charte sur la réconciliation nationale, une réhabilitation politique des anciens dirigeants du FIS, l'adoption d'une nouvelle Constitution et une mainmise complète du FLN sur la scène politique. Il semble que tout soit à revoir.   
Amine Esseghir
 

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Alliance présidentielle
Vidée de sa substance

Notre scène politique fait peine à voir. Pour qui prend la peine de scruter ce qui s’y passe, il n’y a aucun doute que le résultat n’est pas reluisant. En effet, malgré le multipartisme qui existe depuis l’explosion de 1988, les acteurs politiques pataugent. Signe que nous somme encore loin d’atteindre la maturité politique nécessaire pour provoquer de vrais changements. L’exemple le plus simple est celui de l’alliance présidentielle qui a fini par n’être plus que l’ombre d’elle-même. Ceux qui, au départ, devaient s’allier pour défendre et soutenir le programme du président de la République n’arrivent pas à surmonter les divergences qui les divisent.
Tout le monde s’était imaginé que l’alliance présidentielle avait un bel avenir et de beaux jours devant elle. D’autant que c’était la première fois où l’on voyait des partis politiques, dont la tendance n’est pas forcément la même, s’allier pour soutenir le programme du président Bouteflika, et par la même, faire bloc contre les autres partis qui essayeraient de faire opposition.
L’expérience était intéressante de par sa nouveauté, car on l’a vu sur le terrain, chaque parti ambitionne de réussir par lui-même et pour son propre compte.
La campagne électorale menée par chacun des partis peut à elle seule signifier cette rage de vaincre et d’arriver, même aux dépens des autres. L’agressivité affichée par chacun, lors des campagnes, n’a d’égale que la volonté de réussir et d’arriver. Alors quand, pour la première fois, des partis se sont réunis et ont décidé de constituer une alliance avec le président de la République, tout le monde était un peu surpris par cette manœuvre. Car ces partis ne s’entendent pas sur beaucoup de points et parfois l’essence même de leur politique est différente, mais ils ont décidé de dépasser ces différences et faire front commun. Cela veut sûrement dire que les responsables de ces formations ont pris conscience de l’importance qu’il y avait à dépasser leurs divergences pour l’intérêt de tout le monde.
Le président de la République a donc trouvé en cette alliance une force et un soutien appréciables. Il était surtout assuré de la voir soutenir la plupart de ses démarches. C’était autant de temps et d’efforts gagnés face à une opposition, il faut le dire, pas toujours très présente, même si de temps à autre elle trouve la force de se manifester avant de retourner à son hibernation.
Mais au fil du temps, l’alliance présidentielle a perdu de sa force et a été gangrenée par des divergences qui font qu’elle n’est plus, par les temps qui courent, que l’ombre d’elle-même. Ceux qui, un jour, ont décidé d’être présents jusqu’au bout pour soutenir toutes les démarches du Président, n’arrivent désormais plus à s’entendre.  Il y a déjà un moment que les observateurs ont remarqué que les partis de l’alliance présidentielle ne sont plus sur la même longueur d’ondes. Cette attitude était plus visible déjà dès cet été, quand chacun s’est mis à affûter ses armes et àse préparer à la rentrée sociale.
En effet, si le FLN et le MSP ont fait comme les autres et organisé leur université d’été presque en même temps, le RND, lui, a choisi, cette année, d’adopter une autre approche. Ainsi, au lieu de faire comme les autres "alliés", le RND a préféré, pour être prêt pour les échéances électorales, mobiliser ses troupes dans toutes les localités, et ce, pour établir une liste de tous les problèmes que vivent les citoyens. Ce choix différent était peut-être une façon pour les partis d’approfondir un peu plus le fossé qui s’est creusé. Car souvent ce sont de petits détails, parfois insignifiants, qui signifient que la discorde est déjà là, que le ver est dans le fruit.
La suite finira, bien sûr, par éclater au grand jour. Et si jusque-là les partis de l’alliance présidentielle n’ont pas étalé toutes leurs divergences, il est clair que beaucoup de points les divisent. La révision de la Constitution illustre, on ne peut mieux, cette division. En effet, si ces partis ne s’opposent pas à cette révision, il faut croire qu’ils n’arrivent pas du tout à trouver un terrain d’entente quant à la nature du régime qu’il faudrait désormais instaurer.
Si le RND estime que le régime semi-présidentiel est le meilleur système valable pour l’Algérie, comme l’a confirmé le secrétaire général du RND, Ahmed Ouyahia, sur les ondes de la Chaîne II, Aboudjerra Soltani et Abdelaziz Belkhadem appuient fortement l’idée de l’institution d’un régime présidentiel. Il faut croire qu’arrivée à ce stade, la divergence touche le fond, car ce n’est pas tellement la forme que prendra le système politique chez nous, mais surtout sur la configuration que véhiculera ce système.
Ce qui revient à dire que les partis de l’alliance présidentielle sont en réel déphasage et qu’au lieu de soutenir les démarches du président de la République, ils passent leur temps à signifier leurs différends.
Une interrogation s’impose tout de même. Pourquoi cette alliance qui avait si bien démarré se retrouve-t-elle presque dans l’impasse ? Comment se fait-il que ces partis, qui auraient pu devenir un pôle politique important, se retrouvent à œuvrer chacun de son côté ? Pourquoi cette force qui aurait dû donner l’exemple aux autres tendances qui existent sur la scène politique afin qu’ils se regroupent et unissent leurs efforts pour atteindre leurs objectifs se déchire ?
Faut-il voir dans cet échec un manque de maturité de nos acteurs politiques qui, comme chacun le sait, manœuvrent pour avoir plus de poids et plus d’influence sur la scène politique, ou bien faut-il croire que le projet de l’alliance présidentielle était voué à l’échec dès le départ, car l’essence politique de chacun des partis  est aux antipodes de celle des autres ? La réalité du terrain nous force à croire qu’il y a un peu des deux, mais surtout de la première hypothèse. Car, quoi qu’on dise, notre expérience du multipartisme est encore toute récente, ce qui fait de nous des novices en matière de démocratie, la vraie, celle où les avis contraires sont écoutés, pas celle de façade qui fait croire à ceux qui voient de l’extérieur que les règles du jeu sont claires et transparentes alors que la réalité, celle de tous ne peuvent pas voir, est en fait tout autre.
Ce clivage entre les partis qui se sont entendus pour œuvrer dans la même voie et pour le même but, a pour origine les intérêts de chaque parti qui calcule ce qu’il peut tirer des législatives et de la révision de la Constitution… Autant de projets qui peuvent donner plus de poids et d’influence à un parti ou, au contraire, le réduire à moins que rien.
Khadidja Mohamed Bouziane

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Révision de la Constitution
Le brouillard s’estompe

Ce mois de novembre aura été riche en rebondissements politiques. Mieux est-il permis de déduire, il aura été celui des clarifications. Faut-il s’en étonner ? Non dans la mesure où cette  navigation à vue n’était pas sans danger sur la stabilité du pays. Certes le danger est exagéré. Mais c’est par souci de souligner la dangerosité de la situation à laquelle était exposé le pays. Pourquoi ? Pour la simple raison que les deux points sur lesquels de profondes divergences sont apparues entre les principaux protagonistes politiques du pays portaient sur la révision constitutionnelle et le retour des anciens dirigeants du FIS dissous à la vie politique. Cette deuxième question semblait avoir été définitivement réglée avec l’adoption, le 29 septembre 2005, de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale. En effet l’une des dispositions contenues dans cette Charte, résultat des "équilibres nationaux" comme avait tenu à le souligner le président de la République dans son discours de présentation du contenu du document, signifiait  l’interdiction pour les responsables de la tragédie nationale de revenir à l’exercice de la politique.
Chassé-croisé
Une clause interprétée comme étant incluse exclusivement pour les anciens du FIS dissous. Pourtant, au lendemain de l’expiration des délais portant cette  Charte, l’on a assisté au retour de Rabah Kebir lequel a déclaré son intention de revenir à la politique en créant sa propre formation. Et le pire est que cette déclaration avait le soutien de quelques responsables politiques influents, à l’image de Belkhadem. Il aura fallu attendre ce mois de novembre pour qu’enfin l’opinion publique, du moins celle hostile au retour sur la scène nationale des dirigeants du parti dissous à l’origine de la tragédie nationale, soit  définitivement rassurée. Une première fois par la déclaration du SG du RND, lequel, devant les militants et les cadres de son parti réunis à Boumerdès, a déclaré que l’ancien exilé de Bonn n’aurait pas son parti. Une déclaration confirmée quelques jours après par celui-là même qui défendait la thèse de son retour sur la scène politique. En effet, devant les hommes d’affaires arabes réunis pour leur 10e forum, le patron du FLN et néanmoins chef du gouvernement a déclaré que les terroristes et ceux ayant bénéficié des dispositions de la Charte ne pouvaient revenir à la politique, fermant ainsi la porte devant les ambitions affichées par Rabah Kebir.
Le deuxième gros sujet de divergence entre les deux parties a trait au projet de révision constitutionnelle. Là aussi, ce mois de novembre aura été très révélateur des tendances en jeu. Annoncé pour cette fin d’année, un référendum devait être organisé pour la concrétisation de ce projet, défendu ongle et becs par le FLN au point qu’il n’a eu de cesse d’exercer la pression sur le chef de l’Etat en vue de l’amener à endosser sa vision du régime politique algérien, allant pour ce faire jusqu’à élaborer sa propre mouture, laquelle aurait été remise, selon quelques fuites émanant du siège de cette formation,  au mois d’août. Même les retards constatés dans la remise des propositions au peuple, comme annoncé par le président Bouteflika, et dans la convocation du corps électoral ne semblaient pas influer sur la conviction du plus vieux parti, le FLN en l’occurrence : le référendum, n’avait-il cessé de clamer haut et fort, se tiendrait à la date fixée. Il insistera également sur le bien-fondé de cette révision qui aurait le mérite de clarifier les prérogatives de chaque pouvoir et de lever toutes les ambiguïtés dans l’exercice du pouvoir en éliminant définitivement tous les chevauchements relevés entre le président de la République et le chef du gouvernement, entre autres.
Pourtant, le 31 octobre dernier, à l’occasion de son passage à la radio, le patron du FLN a, pour a première fois depuis des semaines, admis que le référendum connaîtrait un léger report. Le lendemain, le ministre de l’Intérieur, en marge de la cérémonie de présentations des vœux à l’occasion du 1er novembre, a confirmé le report. Mieux, Yazid Zerhouni  a expliqué, au sujet de la date du référendum sur la révision de la Constitution, que la difficulté résidait dans l’incapacité actuelle  "de  situer une date compte tenu des échéances" des législatives et des locales. C’est pourquoi, a-t-il déclaré, "il sera difficile de le tenir avant la fin de l'année parce qu'il y a des délais concernant la convocation du corps électoral qui doit se faire 45 jours avant", précisant qu’"il  lui paraît difficile avant le 31 décembre"
Duel à distance
Par cette déclaration, un premier pas venait d’être franchi officiellement. Ce n’était plus de simples supputations d’analystes et de commentateurs de presse. Les deux hommes qui se sont exprimés sur le sujet à vingt-quatre heures d’intervalle sont les mieux placés au sein du gouvernement pour savoir de quoi il retourne.
En fait, c’était loin d’être fini. Le feuilleton révision de la Constitution n’était cependant pas, avec ces déclarations, à son épilogue. Onze jours après, c’était au tour de Ouyahia de revenir à la charge. Le secrétaire général du RND a estimé, dans une conférence de presse animée à l’issue de la réunion des partis de l’alliance présidentielle, qu'il n'y a pas lieu de faire "un tapage" concernant le report du référendum sur la révision de la Constitution et ce, après que le SG du FLN ait annonce qu’il  devrait se tenir dans les trois prochains mois. La réponse à cette annonce n’a pas tardé puisque Ouyahia a souligné qu' "il appartient à une personne et une seule, en Algérie, de déterminer la date du référendum, c'est le président de la République". Soulignant  qu’il s’agit là d’un report et non pas d’un abandon, il affirmera que la date de la révision sera annoncée "par qui de droit".
Le soir même,  le SG du FLN, à l’occasion de son passage au forum de l’ENTV, confirmait ses propos précédents auxquels il ajoutait de nouveaux détails. Par exemple, que le président Bouteflika disposait de deux à trois moutures qu'il serait en train d'étudier ; que le jour où il opterait pour une mouture donnée, il convoquerait le corps électoral. 
Mais assurément, la déclaration la plus surprenante est celle faite par un autre membre de l’alliance présidentielle. Le patron du MSP en l’occurrence, qui a  affirmé que la raison du  report, objet de moult spéculations, n’était pas celle avancée par Zerhouni et encore moins par Belkhadem qui lui a argué un ordre de  priorités pour le Président. Cela peut sembler du cafouillage. Mais à y regarder de plus près on se demande si, en définitive, quelqu’un sait ce qui est en train de se passer.
Aboudjerra Sotani déclare que l’on a trop politisé la question de la révision de la Constitution, tout en affirmant qu’aucun des trois chefs des partis de l’alliance n’est en mesure d’annoncer une date. Pourtant, ils sont d’accord sur un point : le projet n’est pas abandonné, mais juste reporté. Ils disent le soutenir, pour peu que la nouvelle mouture soit l’émanation de la vision du président de la République et non pas d’un autre parti (le FLN en l’occurrence). Toutefois, ils sont partagés sur sa nécessité.
Chacun y va de son argument. D’où l’importance de l’instauration d’un débat sur la question, qui aurait le mérite de permettre à chacun de défendre son point de vue dans une arène démocratique. En bout de course, le peuple, qui sera appelé à se prononcer, le fera en toute connaissance de cause et surtout en ayant à l’esprit les jeux et les enjeux de cette révision constitutionnelle. Soltani a raison sur un point : la Constitution appartient à 33 millions d’Algériens.
Nadia Kerraz

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Réconciliation nationale

Que veulent les islamistes ?

Avec le report du référendum sur la révision constitutionnelle et la mise entre parenthèse (pour toujours ?) de la suite présumée du processus de réconciliation nationale, l’opinion, prise dans sa globalité, note une sorte de flottement non pas de la vie nationale, mais plutôt de l’initiative politique en ce sens que l’agenda immédiat est passé très rapidement du tout planifié à l’inconnu total.

Il est normal que la situation actuelle, pondérée, il faut le dire, par le coup d’arrêt porté par le Président aux rumeurs sur son état de santé, ouvre tout de même grande la porte aux multiples supputations. Mais tels ne doivent pas être, en principe, les repères sur lesquels doit se baser une analyse politique qui se veut rigoureuse. Pour ainsi dire, la réalité est généralement loin d’être ce qu’elle semble être a priori.

Il est nécessaire de dire, en premier chef, que l’un et l’autre des projets avancé par la direction du pays ne sont pas sans incidence sur sa réalité politique. Ils doivent donc être porteurs, tout naturellement, d’une continuité de la démarche de résorption de la crise politique et sécuritaire. Et pour différents qu’ils paraissent, ils (la révision de la Constitution et la réconciliation nationale) ont ceci de commun qu’ils prennent tous deux pour point de départ que la crise du pays est avant toute chose une crise d’Etat bien plus qu’elle ne fut une crise du régime.

Dans quel contexte ce statu quo apparent intervient-il ? Tout d’abord, le report du référendum sur la révision de la loi fondamentale, si l’on se base sur le discours officiel et notamment sur l’exposé des motifs expliquant la nécessité de celui-ci, affirmait que, subséquemment à la mise en œuvre de la réconciliation nationale déclinée à travers la Charte soumise à référendum et ses textes d’application, l’Algérie est entrée dans une phase nouvelle.

En partie, cela est vrai. Lorsque des personnalités de tous bords s’accordent à en louer les bienfaits et à dire que cela a contribué à réduire le nombre des terroristes dans les maquis, a permis de réinsérer la majorité des «repentis» parmi la société, a cicatrisé par leur prise en charge par l’Etat des blessures encore béantes de milliers de familles touchées par «la tragédie nationale» et aussi à faire sensiblement baisser la pression internationale sur l’Algérie, qui était à son pic à la fin des années 1990, tout cela tient d’une certaine vérité.

En revanche, le terrorisme est toujours là. Non seulement cela, comme a bien réussi à le rappeler la heureusement très courte série d’attentats aux portes de la capitale, mais le terrorisme demeure objectivement soutenu par une partie de la classe politique qui, lorsqu’elle ne l’attribue pas publiquement aux services de sécurité, fait de son mieux pour dire qu’après tout, le terrorisme est encore là et durera encore parce que la réconciliation véritable n’a pas encore eu lieu. Bien entendu, les partisans, les mêmes ou presque, du Contrat national de 1994, ont appris à mettre les formes pour maintenir différemment la pression sur les autorités. Mais leur discours n’a pas fondamentalement changé et reste dans la continuité d’une solution réhabilitant le FIS dissous. Les anciens signataires du document de San’Egidio qui, alors, croyaient sincèrement que le pouvoir allait effectivement négocier avec le FIS, sont aujourd’hui totalement dispersés et, aussi, politiquement bien affaiblis. La LAADH de Ali Yahia Abdennour, lequel a dû passer la main, se concentre sur sa vocation première et non plus exclusivement sur la crise. Le PT, qui a bien empoisonné les jours de Liamine Zeroual avec le dossier des disparus, n’en parle plus que du bout des lèvres, alors que Louisa Hanoune a été l’architecte de leur organisation en collectifs et pratiquement leur porte-voix. D’ailleurs, le PT ne fait plus sa priorité de l’opposition au régime, mais la libéralisation, bien que cela ne l’empêche en rien de formuler sporadiquement sa revendication d’une «conférence nationale pour la paix». Abdallah Djabbalah en est réduit à sauver El-Islah de l’éclatement après avoir été joliment excommunié d’Ennahda. Ahmed Ben Bella, depuis la dissolution du MDA, se consacre surtout aux questions internationales et s’est converti à l’altermondialisme, tandis que le FFS est aux prises avec la succession hasardeuse d’Aït Ahmed qui débouche déjà sur des dissensions internes qui ne sont pas sans lien avec les appréhensions des militants du parti quant à l’avenir de celui-ci.

Que dire du FIS ? Cette entité politique, dont nul ne cerne avec exactitude le poids réel actuel, a livré au grand jour, récemment, ses divisions entre son aile radicale et celle modérée (modérée en ce sens qu’elle renonce pour l’instant aux revendications initiales du mouvement). Les critiques de Ali Benhadj, soutenu en cela par les autres chouyoukh tels que Djeddi et Boukhemkhem et même Anouar Haddam, contre Rabah Kébir et son initiative pour laquelle le tapis rouge semblait parfaitement déroulé, sont une nouveauté dont il faut tenir compte. Non pas que l’une et l’autre des ailes représentent chacune un poids réel dans la société, mais parce que cela dénote d’un fait important auquel il faut être attentif. Car si la portion des irréductibles d’entre les islamistes se réduit, c’est la menace intégriste elle-même qui s’en trouve diminuée. Encore faut-il que la solution Kébir remplisse quelques conditions implicitement dictées par le contexte politique actuel. Le comprenant parfaitement, l’exilé de Bonn a déployé toute son énergie pour faire admettre que le projet du FIS est dépassé, que le recours à la violence avait été une erreur et que la seule perspective possible, en conclusion de l’évolution de la crise, est le combat politique, légal et pacifique. Comme le laissaient entendre des personnalités au sommet de l’Etat, comme Abdelaziz Belkhadem ou encore Abou Djerra Soltani qui ont reçu Kébir, il n’y aurait plus aucun instant à perdre face à l’offre de celui-ci qui, en suggérant la possibilité de réadmettre l’ex-FIS dans sa version aseptisée, c’est-à-dire en fait non-violente, donc désarmée, offre ainsi le parfait aboutissement, la fin rêvée au processus de réconciliation nationale. Sauf que cet avis est loin de faire l’unanimité.

Quand Ahmed Ouyahia refuse de le recevoir (donc de lui reconnaître un quelconque rôle politique) et rejoint l’adjoint de Yazid Zerhouni, Daho Ould Kablia, pour promettre que Rabah Kébir ne fait que fantasmer sur son pseudo retour à la politique, ils agitent tous deux une vieille formule imputable à… Abdelaziz Bouteflika lui-même qui avait promis, lors d’un discours, que les «repentis» dans le cadre de la réconciliation nationale n’auront pas droit à plus que «l’eau et l’oxygène». Au jour d’aujourd’hui, c’est cette hypothèse qui semble l’emporter. Dans les faits, Rabah Kébir est reparti en Allemagne bredouille. On peut même dire qu’à l’issue de son séjour en Algérie, il a laissé des plumes avec l’inimité qu’il s’est causé de la part de ses vieux compagnons.

Ouvrons une parenthèse ici pour dire que ce qu’il y a de pathétique pour les uns comme dans les autres des personnalités qui se disputent au grand jour «l’héritage du FIS», c’est qu’aucune d’elle n’a l’emprise qu’elle promet sur les groupes armés encore en activité. L’appel à l’arrêt des actions terroristes lancé à l’adresse du GSPC par Rabah Kébir et la suggestion distillée par Ali Benhadj que c’était plutôt lui seul qui était en mesure d’amener le groupe affilié à Al-Qaîda à déserter les maquis ont été sans effet. Bien évidemment, cela les discrédite aux yeux des autorités dont la préoccupation première est de régler la situation sécuritaire ; le dialogue, par l’entremise de personnalités développant des «sympathies» pour le courant radial de l’islamisme, n’avait dès le départ aucun autre intérêt que celui-là.

Et maintenant ? L’une des conséquences de cet échec logique des chefs de file de l’ex-FIS à se poser en interlocuteur détenant la solution ou une partie de celle-ci a été leur lâchage par leurs interlocuteurs. Il n’y a pourtant aucun hasard si Abdelaziz Belkhadem, secrétaire général du FLN et pourtant tête de pont du dialogue avec l’ex-FIS, a été l’auteur du plus cinglant revirement dans ce sens. Il n’a fait, en fait, que se soumettre à un mouvement d’ensemble. Lorsque le processus de réconciliation nationale été initié par le pouvoir – détenu idéologiquement rappelons-le, par le courant nationaliste (ou conservateur, c’est selon) – il était question d’une offre de paix qui vise, en définitive, à reproduire l’alliance traditionnelle entre le nationalisme et l’islamisme en tant que matrice historique du pouvoir depuis l’Indépendance, laquelle ne fut rompue que par l’échec politique, économique et social du premier (échec avéré à la fin des années 1980) et la revendication du second à prendre les rênes à son tour. Cette division historique, qui donnera lieu à la crise, aura pour point de désaccord l’aspiration des islamistes à un changement d’Etat et à l’instauration de la dawla islamiya. A l’issue d’une guerre de plus de dix ans, remportée chèrement contre l’insurrection armée des islamistes radicaux, et au bout d’une réconciliation nationale qui ne pouvait que prendre en compte pareil aboutissement, qui peut affirmer avec certitude que les islamistes qui disent renoncer aux armes ont fait sincèrement une croix sur l’avènement d’un Etat islamique ? La volonté de réintégrer le champ politique n’est-elle pas, en fait, qu’un moyen pour récupérer par les urnes, ce qui n’a pu être obtenu par les armes ?

Si à cet égard il y aurait peu de doutes, c’est qu’il n’y a aucune assurance possible. Aussi, en termes d’enjeux idéologiques et politiques, la phase actuelle correspond à un stand by, visiblement nécessaire à une décantation politique qui attend que les réponses prennent tout leur relief. Les voies du compromis restent ouvertes, certes,  mais on ne peut douter que pour les autorités, il est absolument hors de question de «revenir aux années 1990». En plus clair, il est question de s’assurer une bonne fois pour toutes que les islamistes ont sincèrement et définitivement abandonné tout projet d’édifier l’Etat théocratique, concept négateur de l’Etat-nation produit par l’Indépendance et c’est dire aussi tout le caractère décisif, sinon historique de l’enjeu. Et si les choses n’avancent que si lentement, c’est que rien n’est moins sûr.

Nabil Benali

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Mutations au sein de la société algérienne

Dilemme entre identité et modernisme

La société algérienne a-t-elle évolué depuis l’Indépendance ? La réponse est évidemment affirmative, bien que toute évolution, comme les deux faces d’une médaille, comporte des aspects positifs et des aspects négatifs. Néanmoins, les retombées de la dernière décennie, le nouveau contexte de globalisation et les défis qu’ils suscitent dans un pays toujours en transition, l’exercice du pouvoir et les défaillances en matière de représentativité politique, tout cela nous interpelle sur les perspectives d’avenir.

L’enquête sur la santé de la famille algérienne, publiée en 2005 (*), montre à tous points de vue les changements ayant touché la structure familiale, qui est devenue plus réduite et plus libérée des pesanteurs sociologiques traditionnelles. La baisse du taux de  mortalité (5,5 pour 1000 en 2000 contre 6,3 pour 1000 en 1990 et 16,4 pour 1000 en 1970), depuis l’Indépendance, est remarquable : la mortalité infantile a régressé plus de quatre fois. Quant à l’espérance de vie, qui était de 50 ans pour les deux sexes en 1970, elle dépasse aujourd’hui la barre des 70 ans. Cette situation  nous renvoie donc au phénomène de la vieillesse auquel sont confrontés les pays développés, un phénomène porteur de lourdes conséquences qui affectent, non seulement le groupe de personnes âgées, mais également la société et ses institutions. La tendance au vieillissement démographique est désormais "une certitude" dans notre pays : les plus de 60 ans seront 4,3 millions en 2020 et 6,7 millions en 2030.

Par ailleurs, la fécondité, considérée comme le principal moteur de la transition démographique, a emprunté une courbe décroissante depuis la fin des années 1980, atteignant 2,4 enfants en 2002. Parallèlement, l’âge moyen au mariage chez la femme et l’homme est passé de 30 ans à 33 ans.  

Sur un autre plan, l’enquête de 2005 indique une certaine évolution des mœurs, puisque de plus en plus de jeunes (des deux sexes) acceptent mal les interférences des parents dans le choix du partenaire pour le mariage. Mais cela ne veut pas dire aussi que ces jeunes reportent la décision de mariage en raison des difficultés rencontrées en matière notamment d’emploi et de logement.

Concernant la communication au sein de la famille, la mère constitue toujours la pièce maîtresse et occupe une place centrale dans la responsabilité familiale. Mais on remarque que plus de 80% des jeunes, âgés entre 15 et 29 ans, discutent avec les membres de la famille sur le lycée, l’université et le travail. Les jeunes filles sont toujours relativement les plus nombreuses à débattre des événements de la société. Sur le chapitre de l’autonomie et la prise de décision, l’enquête précise que les jeunes des deux sexes appartenant au milieu urbain, ont "beaucoup plus de libertés" dans la prise de décision. Cependant, le phénomène des jeunes (36,7%) qui sont attirés par le départ à l’étranger est révélateur du malaise de cette frange de la population, que l’on soit de sexe féminin (29,1%) ou de sexe masculin (43,5%), de la ville (40,3%) ou de la campagne (32%). Les raisons qui poussent les jeunes à fuir le pays sont principalement liées à leur vie quotidienne et se résument à "la mal vie, le chômage et l’absence de perspectives". Le désir d’émigrer est toutefois presque deux fois plus important chez ceux qui sont à la recherche d’un emploi et ceux ayant un niveau d’instruction élevé, qui espèrent vivre mieux et s’épanouir sous d’autres cieux.

Les "analyses approfondies" contenues dans le document du ministère de la Santé, même si elles nous éclairent sur les transformations qu’a connu la famille algérienne, ne peuvent pas faire l’impasse sur ce phénomène de santé publique, le suicide, qui prend de plus en plus d’importance dans notre société.

Il y a quelques mois, la Gendarmerie nationale a réalisé une étude abordant l’évolution de ce phénomène, devenu, selon l’avis des spécialistes, l’une des causes essentielles de mortalité. L’étude, menée de 1993 à 2005, concerne 3 709 affaires de suicide, dont 75,08% touchent des hommes et 24,91% des femmes, de même que 1 423 tentatives. Pour la seule année 2005, 136 suicides ont été enregistrés, dont 112 (82,35%) concernent des hommes et 24 (17,64%) des femmes, pour la plupart célibataires. D’après les rédacteurs du document, 66 cas ont été constatés durant l’année 2004 chez les personnes âgées de plus de 40 ans et 34 pour les seuls huit premiers mois de l’année 2005. Quant aux moins de 18 ans, ils étaient au nombre de 24 en 2004 et de 10 entre le 1er janvier et le 31 août 2005. Si l’on en croit la Gendarmerie nationale, les suicidés viennent de couches différentes de la société, mais il s’agit fréquemment de personnes sans profession (63% des cas). 70% des suicidés ont eu recours à la pendaison, l’empoisonnement, les armes à feu ou blanches et les objets tranchants pour mettre un terme à leur vie.

Autre précision : le suicide a touché particulièrement les wilayas de Béjaïa, Tizi-Ouzou, Bouira, Tlemcen, Oran, Skikda et Mila. Les facteurs à l’origine de ce geste fatal sont d’ordre psychologique (troubles mentaux ou psychoses).

Selon les spécialistes, les séquelles enclenchées par l’évolution de la famille ont été accentuées par "la violence et la barbarie dues au terrorisme" engendrant alors "la douleur, la souffrance et l’échec sous toutes ses formes". Mais d’autres problèmes sont venus se greffer à cet environnement perturbant, qui a hélas influé sur la personnalité et les comportements des individus, à savoir : la crise du logement, le chômage, le vide culturel, les problèmes relationnels, les échecs scolaires, la drogue et l’oisiveté. Cela dit, la gendarmerie a également noté que pour 49% des suicidés en 2005, les raisons demeurent encore inconnues. Dans ce cas, toutes les hypothèses sont permises pour comprendre le sens du geste du suicidé, celles déjà mentionnées et d’autres probablement liées à une déception sentimentale, à la difficulté de dépasser ses contradictions, car vécue comme une impossibilité, au non-apprentissage de ce qu’est la signification de l’effort ou à cette sensation de "tourner en rond", pour ne pas dire "tourner en cage", alors que les années passent…

Il faut souligner que malgré les promesses contenues dans les discours des dirigeants, la modernisation de l’Algérie tarde à être assumée pour s’affermir. Pour preuve, le code de la famille, en dépit de certaines "avancées", entretient le collège de l'infériorisation et traduit "la peur de la modernité", c’est-à-dire le manque de courage politique en ce qui concerne la réinvention de la tradition dans le changement permanent.
Après les années de tourmente et de violence, l’Algérie a renoué avec la vie.

L’immobilisme a laissé place à de grands chantiers qui mobilisent aujourd’hui de grosses sommes d’argent dans l’immobilier, les routes et les autoroutes. Mais comment expliquer ces mécontentements, ces inquiétudes, cette amertume et cette tristesse ? Il faut avouer que l’absence d’institutions stables et reconnues, dans un contexte de précarisation et d’inégalités, a un sérieux impact sur les libertés. Comment sortir de l’uniformité de la vie politique si semblable aux pays maghrébins et arabes ? Il faut croire que l’Algérie n’a pas fini de concilier son identité avec la voie de la modernisation que symbolise l’Occident.

Z’hor Chérief

 

(*) Enquête algérienne sur la santé de la famille, analyses approfondies 2005 (volume I). Projet panarabe pour la santé de la famille. Ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière.

 

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