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La presse cette semaine
Des chiffres et
des lectures
Le chiffre de la
semaine est révélé par Le Soir d’Algérie du jeudi 23 novembre 2006 :
"54,7 milliards de dinars." Mais ce chiffre n’est pas celui d’un
investissement consenti par un ministère, un opérateur public ou un
industriel privé dans la réalisation de n’importe quel projet
d’investissement d’utilité public. Non, ce montant est-il annoncé,
est celui de tous les détournements opérés au niveau des agences des
banques publiques que sont la BNA, la BADR, la BEA et la BDL.
Affaires
chiffres
Un montant
tellement exorbitant que même ceux qui ont confectionné cette
édition ont été assommés puisqu’il y a une erreur dans le renvoi de
la page. Annoncé en page trois, l’article est en définitive publié
en page 5. Mais qu’à cela ne tienne, le chiffre est, lui, bien vrai.
C’est le décompte de toutes ces sommes détournées "grâce, sera-t-il
rappelé, à des complicités internes" qui ont permis à des agents de
tromper "la vigilance d’un système de contrôle qui s’est avéré
obsolète". En effet, Le Soir d’Algérie précise que "des spécialistes
affirment que pour détecter un trou financier, il faut au moins six
mois. Un laps de temps suffisant pour permettre aux contrevenants de
prendre la fuite".
El Djazaïr News
rapporte, dans son édition du mardi 21 novembre, qu’"un africain se
faisant passer pour le fils d’un général a escroqué une agence de
la BEA à Oran en soutirant 160 000 euros". Mais qu’on se console,
du moins pour ce qui des Algériens, à en croire le directeur général
des impôts cité par El Khabar du samedi 25 novembre, "les nouveaux
riches sont soumis au microscope des impôts".
Bien mal acquis ne
profite jamais, selon l‘adage. Un dicton pourtant qui tendrait à
être confirmé tant les signes extérieurs de richesse deviennent
ostentatoires. Selon le quotidien, les services des impôts
recueillent des informations sur ceux qui présentent des signes de
richesse comme l’achat de voiture de luxe, de bateaux de plaisance
ou des maisons opulentes. Et à El Khabar de préciser "que plus de
725 personnes sont soumis au paiement de 3 milliards de dinars aux
impôts".
Pendant ce temps,
El Fadjr du 21 novembre nous apprend que "plus d’un million de
retraités sont privés du surplus de la CNAS", tandis que Le Jeune
Indépendant révèle que "plus de 1,2 millions de doublants par an
sont recensés dans nos écoles". La bonne nouvelle est rapportée par
La Nouvelle République qui indique que "19 000 enfants SDF sont
récupérés" et que "l’Etat envisage la construction de centres à
travers le territoire national pour la prise en charge des enfants
livrés à eux-mêmes".
Autre chiffre,
livré en Une d’El Khabar du mercredi 22 novembre : "700 000
Algériens sont en danger" car habitant des maisons menacées
d’effondrement.
Le Jour d’Algérie,
pour sa part, évoque la faillite qui a gagné 200 entreprises en
raison du blocage par l’APW d’Alger de 1 000 milliards facturés. Le
quotidien nous apprend qu’"à cause d’un différend entre la wilaya et
l’APW d’Alger portant sur 1 000 milliards de centimes correspondant
au coût des travaux de réhabilitation de la capitale en vue dernier
sommet de la ligue arabe". Et ce journal d’ajouter que "cette
enveloppe avait été réservée et reste disponible, mais pour l’APW,
hors de question de cautionner des marchés accordés de gré à gré
pour motif d’urgence". D’où la question : "Quel impact sur les
grands projets à venir ? "
El Ahdeth, qui
n’échappe pas à la chiffromania de cette semaine, se met de la
partie en indiquant, dans on édition du mercredi 22 novembre, que
"la zaouïa Tidjania a contribué à la fermeture de cinq ambassades
israéliennes en Afrique".
Et à El Watan de
prêter sa Une à ce jeu des chiffres en annonçant, le 20 novembre,
que 700 000 logements sociaux sont mis en vente. Pour ceux que la
question intéresse, il est rappelé que "la cession est évaluée sur
la base d’un prix de référence de 14 000 DA le mètre carré, soit
4 000 de moins que le prix précédemment en vigueur.
Le foncier
revient cette semaine
Autres scandales
ayant défrayé la chronique, ceux en relation avec le détournement du
foncier agricole. Le Jour d’Algérie rapporte que "les grands procès
ont commencé". Le rédacteur rappelle que "l’affaire Mohamed Bouricha,
ex-wali de Blida, est en partie concernée par ces enquêtes puisqu’il
est accusé notamment de dilapidation de foncier agricole". Il
ajoute qu’"il y a quelques semaines, les gendarmes se sont rendus
dans plusieurs sites agricoles de la wilaya d’Alger pour
recueillir des informations sur le devenir d’EAC et d’EAI. Des
agriculteurs ont été entendus dans ce cadre. Ce qui n’a pas empêché
la poursuite de travaux de construction sur ces terres, pourtant à
vocation agricole. Des coopératives immobilières continuent à ériger
des bâtisses". El Watan du 23 novembre, annonçant que "5 000
hectares disparaîtront d’ici 2015", livre l’explication de la
disparition des terres agricoles : "Les atteintes au foncier
agricole dans la wilaya d’Alger s’expliquent par la forte pression
urbaine et les défaillances des exploitants. "
La Tribune
retiendra, du sujet évoqué lors d’une émission radiophonique, que
"20 exploitations agricoles sont proposées à la déchéance". Et à la
question que tout un chacun se pose de savoir comment protéger la
Mitidja, le DSA de la wilaya d’Alger a répondu que "ses services
font partie de la commission des PDAU et il entend peser de tout son
poids pour ce que ces terres ne soient pas touchées". Souhaitons-le,
bien que le doute soit permis tant l’expérience a démontré que
devant l’utilité publique, aucun argument ne peut peser.
A Tigzirt, on ne
parle pas encore de dilapidation du foncier agricole. La Dépêche de
Kabylie rapporte, dans son édition du samedi 25 novembre, qu’"un
complexe de pêche de 280 millions de dollars" sera réalisé dans
cette localité et qu’il sera édifié sur 40 hectares. "Le projet
créera 2 000 emplois directs."
Nadia Kerraz
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