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Clôture du 17e
Sommet de la Ligue arabe
Un constat
partagé
Une semaine après
sa tenue, le 17e Sommet de la Ligue arabe d’Alger donne l’impression
qu’il n’a jamais eu lieu. Certes, quelques traces, qui ne
résisteront sans doute pas à l’usure du temps, sont encore là pour
témoigner que l’évènement, jugé “historique”, a bien eu lieu dans la
capitale algérienne. Un évènement auquel la presse nationale a
consacré les Unes du jeudi 24 mars.
Le Sommet
a-t-il été un échec ?
Le lendemain de sa
clôture, “Rendez-vous chez Kadhafi” annonce La Nouvelle République,
qui donne ainsi à penser qu’il est préférable de tourner la page du
Sommet d’Alger au plus vite et de songer dès à présent au prochain,
qui aura lieu en Libye. Du reste, dans un commentaire publié en
première page, ce même quotidien affirme que “le véritable
évènement” de ce 17e Sommet est “la rencontre, également au sommet”,
qui a réuni le souverain chérifien Mohamed VI et le président
Bouteflika. Le commentateur estime que cette rencontre “aura
finalement été plus importante qu’un sommet qui n’aura pas manqué de
ne pas tenir ses promesses, comme attendu”.
C’est également
l’avis d’El Djazaïr News qui aura été l’un des seuls quotidiens à
consacrer sa Une au sommet Bouteflika- Mohamed VIl. Reste que le
commentateur de La Nouvelle République trouve tout de même matière à
positiver puisqu’il estime que “le seul bénéfice que l’Algérie aura
tiré de ce rendez-vous politique, c’est bien d’avoir donné la preuve
de ses capacités à organiser un évènement de portée internationale”.
Ce constat d’échec
est également dressé par le quotidien arabophone El Khabar. Son
billettiste rappelle que “la déclaration finale d’Alger n’a pas fait
trembler la bourse de New York ou celle de Tokyo, n’a pas influé sur
le marché de Londres du pétrole et n’a pas réussi à faire égaler le
dollar et l’euro qui se raffermit chaque jour grâce à des idées dont
sont dépourvues nos dirigeants malheureusement”.
Al Fadjr est
également d’avis que le Sommet est passé à côté de l’évènement. Ce
quotidien ne manque pas d’affirmer, en Une de son édition du jeudi
24 mars, que “les dirigeants arabes ont occulté les questions
essentielles”. Dans un commentaire publié en page 24, la rédactrice
souligne, toutefois, que “ce Sommet, qui a failli être, à
l’initiative jordanienne (pourtant absent des travaux), celui de la
normalisation avec Israël si ce n’est le “djihad” de l’Algérie qui a
refusé à ce que son nom soit associé à ce terme abject, a innové en
ce qui concerne la question palestinienne”, puisque, est-il affirmé,
le concept “du droit au retour des réfugiés palestiniens a été
changé par l’expression ‘régler le problème des réfugiés de manière
équitable’” .
Pourtant rappelle,
l’éditorialiste du Jour d’Algérie, à l’ouverture des travaux de ce
17e Sommet, “le point d’orgue de l’intervention du Président
algérien aura été sans conteste la définition d’une position
rationnelle et sans arrière-pensées sur la question
israélo-palestinienne. Une position lucide et sans haine qui pose
clairement les termes de l’échange, sans arrogance, mais sans
faiblesse non plus”. Mais il semble que, du côté israélien, on ne
l’entend pas de cette oreille, du moins de l’avis du Jeune
Indépendant, puisque des Palestiniens, il en a été également été
question, même indirectement, dans son édition du 24 mars. Ce
quotidien revient sur ce qu’il considère comme “le silence
embarrassé de Washington” après que “Israël ait tourné, encore une
fois, le dos à la paix avec les Arabes”. Pour Le Jeune Indépendant,
il sera “difficile pour l’administration Bush de soutenir la
position de son protégé Israël qui a encore une fois dit non à la
paix, avec cette fois un argument fallacieux”. C’est celui, est-il
rappelé, de dire : “Nous rejetons l’offre de paix des 22 pays arabes
parce que nous avons déjà la paix avec deux pays arabes !”
L’esprit
d’Alger a prévalu
D’autres titres,
toutefois, ont vu dans ce Sommet la concrétisation des objectifs qui
lui ont été assignés avant sa tenue. C’est ainsi que Le Maghreb a
vu, dans la déclaration finale adoptée à l’issue des travaux, “un
pas vers la refondation de l’action commune”. Pour ce quotidien, “la
déclaration d’Alger a jeté les bases d’une réconciliation durable à
l’échelle du monde arabe”. Le rédacteur ajoute qu’”on peut dire que,
finalement ‘l’esprit d’Alger’ a prévalu et le succès a été
l’empreinte laissée par la concertation et la cohésion arabes”.
Constat partagé par La Tribune, qui annonce en Une de son édition
paraissant au lendemain de la clôture des travaux, qu’”Alger
dynamise la ‘réconciliation interarabe’”. Pour le rédacteur, “des
positions arabes réitérées dans une déclaration de huit pages,
contenant ‘l’esprit d’Alger’, quelques nouveaux pas timides vers la
réforme de la Ligue arabe et, surtout, une mise sur rails d’une
‘dynamique de réconciliation interarabe’ à même de concrétiser les
vœux des vingt-deux pays membres de cette organisation régionale de
s’assurer la construction d’un avenir commun résument l’issue de
cette 17e session ordinaire du Conseil des souverains et chefs
d’Etat de la Ligue arabe”.
Dans un
commentaire, La Tribune estime par ailleurs que “le Sommet arabe
d’Alger marquera sans doute une étape et sera une référence quand il
sera question d’évaluer le long processus d’une action arabe
commune, longtemps handicapée par des divergences à un point tel que
les opinions arabes ont fini par faire le deuil d’un ensemble
régional à même de peser de son poids sur nombre de questions qui
secouent le monde et, plus particulièrement, le Monde arabe en butte
à des conflits qui s’éternisent”. De même, estime ce commentateur,
“avec la réussite du sommet arabe d’Alger, l’Algérie signe son
retour sur la scène internationale avec un rôle déterminant en
faveur du processus de paix au Proche-orient et des réformes
politiques dans le Monde arabe”. Le Jour d’Algérie n’en pense pas
moins.
Evoluer ou
disparaître
Ainsi, son
éditorialiste, revenant sur le discours d’ouverture prononcé par
Bouteflika, un Président algérien qui, est-il souligné, “en avait
autant sur le cœur que la majorité des démocrates et progressistes
arabes qui souffrent depuis un siècle de voir leurs pays traîner
lamentablement en queue de peloton des nations les moins développées
de la planète”, ajoute que “cependant, ce qui caractérise le mieux
la position algérienne, illustrée avec un rare panache par Abdelaziz
Bouteflika, est l’indéniable rationalité de la pensée et le
pragmatisme de la démarche”. Pour l’éditorialiste, Bouteflika, “en
totale rupture avec l’hypocrisie et la fourberie habituellement en
vogue dans les cénacles officiels de l’Orient arabe, assènera vérité
sur vérité et évidence sur évidence à un parterre de despotes
médusés devant tant d’audace”. Le quotidien explique cette réaction
par le fait que “l’enjeu est vital”. Et pour cause, est-il rappelé,
“le monde arabe doit évoluer et vite (…), ou alors il est condamné à
terme à perdre toute substance et à se retrouver sous les fourches
caudines d’une nouvelle forme de domination occidentale dont
l’occupation de l’Irak nous donne un avant-goût”.
C’est certainement
pourquoi Le Citoyen estime que “ce Sommet est d’abord un succès
personnel du président de la République”.
El Bilad, pour sa
part, estime que des progrès sont déjà réalisés puisque les
dirigeants arabes distinguent désormais le terrorisme de la
résistance.
Nadia Kerraz
Haut
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