Semaine du 30 août au 5 septembre 2006

Irak

Washington en quête d'un plan B

Palestine

Les dirigeants du Fatah pour un gouvernement d'unité nationale

 

 
 
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Washington en quête d'un plan B    

Partition, retrait ou renforts américains,  responsables politiques et experts à Washington sont en quête d'un "plan B" pour  l'Irak, alors que la stratégie américaine a plongé ce pays dans le chaos avec l'escalade des violences.

Les supputations  et autres propositions vont bon train pour tenter de sortir du bourbier Irakien et chacun y va de son plan pour tenter de sortir l’hyper puissante Amérique de l’impasse.  Qu’on en juge : "La stratégie actuelle ne marche pas", estime Max Boot, expert au Council on  Foreign Relations, dans un point de vue paru ce mois-ci dans le Los Angeles  Times. Selon lui, le président George W. Bush doit faire quelque chose pour  "mettre fin au statu quo".

L’expert suggère un renforcement significatif des troupes américaines: «Quelques divisions à Baghdad, si elles sont habilement commandées, pourraient  rééditer le succès du colonel H.R. McMaster du 3e régiment de cavalerie blindée  en pacifiant la ville de Tall Afar, où le ratio troupes-civils était dix fois  supérieur à celui à Baghdad aujourd'hui".

"Ce serait très bien. Le problème est que l'armée américaine n'a pas à sa  disposition de troupes supplémentaires qu'elle pourrait maintenir en Irak sur le  long terme", considère Stephen Biddle, également expert au Council on Foreign  Relations.

"Le niveau de troupes que nous avons maintenant est le maximum que nous  pouvons nous permettre", ajoute-t-il. D'après lui, si les Etats-Unis augmentent  le nombre de leurs soldats de manière significative, les unités impliquées  n'auraient pas le temps de reconstituer leurs forces. Seule une augmentation sur  une courte période lui parait réaliste.

Le sénateur démocrate Joseph Biden et le président du Council on Foreign 

Relations Leslie Gelb plaident pour une autre option: une fédéralisation de  l'Irak, qui ressemble à une partition, pour mettre fin aux violences  intercommunautaires.

Ils proposent de "donner aux Kurdes, aux chiites et aux sunnites leur propre  région". "Le gouvernement central serait chargé des intérêts communs, comme la  sécurité aux frontières et la distribution des revenus du pétrole", explique Joseph Biden dans un point de vue publié dernièrement dans le Washington Post.

 Il propose également de convoquer une "conférence internationale qui  aboutirait à un pacte régional de non-agression".

Selon Stephen Biddle, cette option "ne fait pas beaucoup avancer le débat".  "La difficulté est d'obtenir que les différentes parties en Irak se mettent  d'accord sur quelque chose", estime-t-il. "Le problème est qu'elles considèrent toutes un compromis comme étant très  risqué. Elles ont extrêmement peur les unes des autres", ajoute-t-il, ce qui,  selon lui, rend impossible un accord sur une répartition du pouvoir.

D'autres experts à Washington suggèrent de retirer l'essentiel des troupes  américaines, pour les faire passer d'environ 138.000 actuellement à 50.000. L'ancien ambassadeur des Etats-Unis à l'Onu, Richard Holbrooke, est ainsi  favorable à un "retrait graduel" d'Irak, sans toutefois que la date d'un retrait  complet soit décidée. "Il faudrait redéployer des troupes américaines dans le nord de l'Irak pour  servir de tampon entre les Kurdes et les Turcs qui sont de plus en plus agités",  estime-t-il aussi dans un point de vue publié ce mois-ci dans le Washington post. "Un retrait créerait toutes sortes de problèmes: une escalade de la guerre  civile, un conflit qui pourrait s'étendre au niveau régional, la création d'un  sanctuaire pour Al-Qaïda et d'autres conséquences économiques", juge Joseph Biddle. Selon lui, la meilleure solution serait que les Etats-Unis utilisent des  moyens de pression pour pousser les Kurdes, les chiites et les sunnites à trouver un compromis. Il suggère que le gouvernement américain menace ces trois groupes "d'aider  leurs ennemis" s'ils ne font pas de compromis. Une autre solution, suggérée par  James Dobbins, expert à la RAND Corporation, serait de demander le soutien des  pays voisins de l'Irak pour qu'ils obtiennent des chiites et des sunnites  d'arrêter de se battre, ajoute-t-il.

Bref l’ensemble de ces " augustes " experts semblent ignorer que c’est la guerre d’invasion américano-britannique qui a plongé le pays dans cette situation et que l’occupant attise sciemment les divisions entre les communautés pour pouvoir se maintenir en Irak.

 

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Palestine

Les dirigeants du Fatah pour un gouvernement d'unité nationale

Le comité central du Fatah, mouvement du président palestinien Mahmoud Abbas, a accepté le principe d'un gouvernement d'union nationale avec le Hamas, afin de mettre fin aux rivalités qu'Israël exploite, selon le Fatah, pour ne pas avoir à honorer ses "promesses" en matière de paix. "Le sang palestinien est sacré et nous n'allons pas accepter des luttes intestines. Nous sommes convenus de travailler à la formation d'un gouvernement d'unité nationale", a déclaré Nabil Chaath, ancien ministre et membre du Fatah, à l'issue de trois jours de discussions du comité central  il y a quelques jours à Amman. "Un gouvernement d'unité nationale nous renforcera pour faire face à l'occupation israélienne", a poursuivi Chaath, dont le parti a perdu les élections de janvier, remportées par le Hamas. Mahmoud Abbas et Ismaïl Haniyeh ont accepté dernièrement  la reprise de négociations en vue d'un gouvernement d'unité, qui pourrait, selon eux, permettre la levée des sanctions occidentales imposées au lendemain du triomphe électoral du Hamas, pour le forcer à renoncer à l'usage de la violence et à reconnaître Israël. Les responsables palestiniens font également valoir que l’échec de l'armée israélienne au Liban, durant son offensive meurtrière de 33 jours, a créé une atmosphère propice à l'unité chez les Palestiniens. "Après ce qu'a réussi (le Hezbollah), la suprématie israélienne a pris fin (...). Après le Liban, ils ne peuvent plus faire ce qu'ils veulent", a estimé Hani al Hassan, membre du comité central du Fatah. Privilégiant une approche pragmatique des choses, les 17 membres du comité central réunis dans la capitale jordanienne ont précisé ne pas vouloir poser de conditions préalables à leur participation dans un gouvernement d'unité nationale. "Nous ne demandons pas au Hamas de reconnaître Israël", a souligné Abbas Zaki, un responsable du Fatah. "Nous voulons un gouvernement national qui souscrit à un programme pragmatique", a déclaré  Nabil Chaath. Le Hamas, lui, a déjà fait savoir qu'il n'accepterait de participer à un tel gouvernement qu'à condition de conserver, entre autres, le poste de Premier ministre, occupé actuellement par Ismaïl Haniyeh. Le comité central du Fatah est également convenu d'accélérer les préparatifs en vue de la tenue d'un congrès, dont le dernier remonte à plus de deux décennies. Ce congrès pourrait être l'occasion d'un passage de relais, au sein des dirigeants du Fatah, entre la génération au pouvoir et la jeune garde avide de réformes.

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