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Irak
Washington en
quête d'un plan B
Partition, retrait
ou renforts américains, responsables politiques et experts à
Washington sont en quête d'un "plan B" pour l'Irak, alors que la
stratégie américaine a plongé ce pays dans le chaos avec l'escalade
des violences.
Les supputations
et autres propositions vont bon train pour tenter de sortir du
bourbier Irakien et chacun y va de son plan pour tenter de sortir
l’hyper puissante Amérique de l’impasse. Qu’on en juge : "La
stratégie actuelle ne marche pas", estime Max Boot, expert au
Council on Foreign Relations, dans un point de vue paru ce mois-ci
dans le Los Angeles Times. Selon lui, le président George W. Bush
doit faire quelque chose pour "mettre fin au statu quo".
L’expert suggère
un renforcement significatif des troupes américaines: «Quelques
divisions à Baghdad, si elles sont habilement commandées,
pourraient rééditer le succès du colonel H.R. McMaster du 3e
régiment de cavalerie blindée en pacifiant la ville de Tall Afar,
où le ratio troupes-civils était dix fois supérieur à celui à
Baghdad aujourd'hui".
"Ce serait très
bien. Le problème est que l'armée américaine n'a pas à sa
disposition de troupes supplémentaires qu'elle pourrait maintenir en
Irak sur le long terme", considère Stephen Biddle, également expert
au Council on Foreign Relations.
"Le niveau de
troupes que nous avons maintenant est le maximum que nous pouvons
nous permettre", ajoute-t-il. D'après lui, si les Etats-Unis
augmentent le nombre de leurs soldats de manière significative, les
unités impliquées n'auraient pas le temps de reconstituer leurs
forces. Seule une augmentation sur une courte période lui parait
réaliste.
Le sénateur
démocrate Joseph Biden et le président du Council on Foreign
Relations Leslie
Gelb plaident pour une autre option: une fédéralisation de l'Irak,
qui ressemble à une partition, pour mettre fin aux violences
intercommunautaires.
Ils proposent de
"donner aux Kurdes, aux chiites et aux sunnites leur propre
région". "Le gouvernement central serait chargé des intérêts
communs, comme la sécurité aux frontières et la distribution des
revenus du pétrole", explique Joseph Biden dans un point de vue
publié dernièrement dans le Washington Post.
Il propose
également de convoquer une "conférence internationale qui
aboutirait à un pacte régional de non-agression".
Selon Stephen
Biddle, cette option "ne fait pas beaucoup avancer le débat". "La
difficulté est d'obtenir que les différentes parties en Irak se
mettent d'accord sur quelque chose", estime-t-il. "Le problème est
qu'elles considèrent toutes un compromis comme étant très risqué.
Elles ont extrêmement peur les unes des autres", ajoute-t-il, ce
qui, selon lui, rend impossible un accord sur une répartition du
pouvoir.
D'autres experts à
Washington suggèrent de retirer l'essentiel des troupes
américaines, pour les faire passer d'environ 138.000 actuellement à
50.000. L'ancien ambassadeur des Etats-Unis à l'Onu, Richard
Holbrooke, est ainsi favorable à un "retrait graduel" d'Irak, sans
toutefois que la date d'un retrait complet soit décidée. "Il
faudrait redéployer des troupes américaines dans le nord de l'Irak
pour servir de tampon entre les Kurdes et les Turcs qui sont de
plus en plus agités", estime-t-il aussi dans un point de vue publié
ce mois-ci dans le Washington post. "Un retrait créerait toutes
sortes de problèmes: une escalade de la guerre civile, un conflit
qui pourrait s'étendre au niveau régional, la création d'un
sanctuaire pour Al-Qaïda et d'autres conséquences économiques", juge
Joseph Biddle. Selon lui, la meilleure solution serait que les
Etats-Unis utilisent des moyens de pression pour pousser les
Kurdes, les chiites et les sunnites à trouver un compromis. Il
suggère que le gouvernement américain menace ces trois groupes
"d'aider leurs ennemis" s'ils ne font pas de compromis. Une autre
solution, suggérée par James Dobbins, expert à la RAND Corporation,
serait de demander le soutien des pays voisins de l'Irak pour
qu'ils obtiennent des chiites et des sunnites d'arrêter de se
battre, ajoute-t-il.
Bref l’ensemble de
ces " augustes " experts semblent ignorer que c’est la guerre
d’invasion américano-britannique qui a plongé le pays dans cette
situation et que l’occupant attise sciemment les divisions entre les
communautés pour pouvoir se maintenir en Irak.
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Palestine
Les dirigeants
du Fatah pour un gouvernement d'unité nationale
Le comité central
du Fatah, mouvement du président palestinien Mahmoud Abbas, a
accepté le principe d'un gouvernement d'union nationale avec le
Hamas, afin de mettre fin aux rivalités qu'Israël exploite, selon le
Fatah, pour ne pas avoir à honorer ses "promesses" en matière de
paix. "Le sang palestinien est sacré et nous n'allons pas accepter
des luttes intestines. Nous sommes convenus de travailler à la
formation d'un gouvernement d'unité nationale", a déclaré Nabil
Chaath, ancien ministre et membre du Fatah, à l'issue de trois jours
de discussions du comité central il y a quelques jours à Amman. "Un
gouvernement d'unité nationale nous renforcera pour faire face à
l'occupation israélienne", a poursuivi Chaath, dont le parti a perdu
les élections de janvier, remportées par le Hamas. Mahmoud Abbas et
Ismaïl Haniyeh ont accepté dernièrement la reprise de négociations
en vue d'un gouvernement d'unité, qui pourrait, selon eux, permettre
la levée des sanctions occidentales imposées au lendemain du
triomphe électoral du Hamas, pour le forcer à renoncer à l'usage de
la violence et à reconnaître Israël. Les responsables palestiniens
font également valoir que l’échec de l'armée israélienne au Liban,
durant son offensive meurtrière de 33 jours, a créé une atmosphère
propice à l'unité chez les Palestiniens. "Après ce qu'a réussi (le
Hezbollah), la suprématie israélienne a pris fin (...). Après le
Liban, ils ne peuvent plus faire ce qu'ils veulent", a estimé Hani
al Hassan, membre du comité central du Fatah. Privilégiant une
approche pragmatique des choses, les 17 membres du comité central
réunis dans la capitale jordanienne ont précisé ne pas vouloir poser
de conditions préalables à leur participation dans un gouvernement
d'unité nationale. "Nous ne demandons pas au Hamas de reconnaître
Israël", a souligné Abbas Zaki, un responsable du Fatah. "Nous
voulons un gouvernement national qui souscrit à un programme
pragmatique", a déclaré Nabil Chaath. Le Hamas, lui, a déjà fait
savoir qu'il n'accepterait de participer à un tel gouvernement qu'à
condition de conserver, entre autres, le poste de Premier ministre,
occupé actuellement par Ismaïl Haniyeh. Le comité central du Fatah
est également convenu d'accélérer les préparatifs en vue de la tenue
d'un congrès, dont le dernier remonte à plus de deux décennies. Ce
congrès pourrait être l'occasion d'un passage de relais, au sein des
dirigeants du Fatah, entre la génération au pouvoir et la jeune
garde avide de réformes.
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