Semaine du 30 Novembre au 6 Décembre 2005

 

Moyen Orient

La recomposition politique en Israël et ses implications sur le processus de paix

Mexique

Remplacement de la branche politique de la guérilla zapatiste par une organisation civile

Tchétchénie

Législatives sous l'oeil de Moscou

 

 
 
 Monde

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Moyen Orient

La recomposition politique en Israël et ses implications sur le processus de paix

A peine remis du séisme provoqué par le départ du Likoud d'Ariel Sharon, les observateurs de la vie politique au Proche-Orient s'interrogent désormais sur la position qu'adoptera son nouveau parti face aux Palestiniens si le Premier ministre démissionnaire est réélu pour un troisième mandat. Si la plateforme de son nouveau parti du centre « en avant »--, dont le slogan « Sharon, un leader fort pour la paix »-est assez floue pour attirer  israéliens de tous bords, elle inquiète en revanche les Palestiniens, qui craignent de se voir imposer unilatéralement les frontières d'un futur micro-Etat ingérable. Après le coup de tonnerre qu'a été la démission d'Ariel Sharon et son départ du Likoud, plusieurs voix s'élèvent déjà pour souligner l'ambiguïté du message du Premier ministre démissionnaire sur la résolution du conflit avec les Palestiniens. Ariel Sharon affirme qu'il n'y aura plus de retraits unilatéraux de territoires palestiniens du type du plan de "désengagement" de la Bande de Gaza mené à bien cet été. Mais les analystes politiques remarquent qu'il reste délibérément vague, ce qui pourrait lui permettre de nouveaux retraits en Cisjordanie en cas d'absence de progrès de la "feuille de route".Celle-ci prévoit la création d'un Etat palestinien, mais seulement au terme de plusieurs étapes, dont le démantèlement des mouvements palestiniens et le gel des implantations israéliennes. Deux ans près la présentation de ce plan, le camp israélien n'a rempli aucune des conditions initiales. Ariel Sharon insiste sur le fait que les Palestiniens doivent démanteler les factions radicales avant qu'Israël ne gèle l'expansion des colonies juives de peuplement et n'évacue les avant-postes illégaux en Cisjordanie. Cette impasse et l'apparente absence d'une tierce partie forte (Etats-Unis, ou Union européenne) pourrait conduire à un statu quo, voire à la confrontation entre les deux camps. Une situation qui, selon des analystes et des parlementaires palestiniens, convient parfaitement à Ariel Sharon"Sharon a détourné le processus en lui imposant des séquences et des conditions et, bien sûr, en se faisant l'interprète de la 'feuille de route'", explique la parlementaire palestinien Hanane Achraoui. Utiliser la "feuille de route" comme plate-forme politique est une "excuse à l'unilatéralisme" et "garantit que rien ne va bouger", assure-t-elle. Les conseillers d'Ariel Sharon affirment, eux, que la situation va évoluer. En l'absence de partenaire pour la paix, selon  la sempiternelle expression en vigueur à Jérusalem, Israël continuera de construire le "mur" de séparation en Cisjordanie en étendant les blocs de colonisation que l'Etat hébreu souhaite conserver.  Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, s'est jusqu'ici montré peu disposé à démanteler les mouvements radicaux, de crainte de déclencher une guerre civile.    Et Ariel Sharon semble faire le pari qu'il restera sur cette position, garantissant pratiquement que les Etats-Unis n'interviennent pas de manière plus prononcée pour  lui forcer la main. D'un autre côté, Sharon a promis de dessiner les frontières définitives d'Israël au cours de son prochain mandat, s'il est réélu. En fait, Ariel Sharon veut se tailler un costume de centriste, faiseur de paix, et continuer à mener la danse à sa manière, à contre-courant d’un véritable processus de paix… Une paix à la Sharon…..

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Mexique

Remplacement de la branche politique de la guérilla zapatiste par une organisation civile

Le sous-commandant Marcos, chef des Zapatistes mexicains, vient d’annoncer la dissolution de la branche politique du mouvement, qui sera remplacée par une nouvelle organisation civile.   Le Front zapatiste a cessé ses opérations  le 25 novembre, a déclaré le chef de la révolte de l'EZLN (Armée zapatiste de libération nationale) dans un message publié dans le journal mexicain "La Jordana".   La nouvelle organisation "ne luttera pas pour le pouvoir, mais bâtira une nouvelle façon de faire de la politique", ajoute-t-il. "Elle sera pacifiste, anticapitaliste et de gauche".  Après quatre années de silence, les rebelles zapatistes ont récemment multiplié les interventions publiques afin de sortir de leur isolement et bâtir un mouvement politique en vue de la campagne présidentielle de l'année prochaine.  En septembre, un millier de militants zapatistes s'étaient rassemblés dans le village de La Garrucha, en pleine jungle, en zone frontalière avec le Guatemala. Lors de cette rencontre, Marcos avait annoncé qu'il se lancerait dans une tournée de six mois à travers le Mexique à partir du 1er janvier. La révolte des zapatistes a été déclenchée en janvier 1994 pour la défense des droits des Indiens. Marcos a été identifié en 1995 par les autorités mexicaines comme étant l'ex-chargé de cours à l'université Rafael Sebastian Guillen.

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Tchétchénie

Législatives sous l'oeil de Moscou

Le Kremlin espère mettre la dernière main à son plan d'intégration de la Tchétchénie à l'occasion des élections législatives du 27 novembre dans la république caucasienne, un projet dont les chances de succès semblent bien limitées. Le conflit qui dure depuis onze ans en Tchétchénie a fait des dizaines de milliers de morts, ruiné l'économie locale et réduit en cendres la capitale, Grozny.   Depuis la fin en 2000 des combats à grande échelle, Moscou a organisé deux élections présidentielles - la seconde pour trouver un remplaçant à l'élu du premier scrutin, tué par les séparatistes - et un référendum censé arrimer la région à la Russie. Les  dernières législatives sont présentées par le pouvoir central comme l'apogée du plan de paix imposé par Moscou il y a cinq ans. La plupart des nouveaux élus sont issus du parti Russie Unie, une formation pro Kremlin. Mais les séparatistes tchétchènes, qui poursuivent leurs attentats quasi quotidiens en s'aventurant même de plus en plus régulièrement au-delà des frontières de leur république, voient dans cette consultation une "farce" orchestrée par le président russe Vladimir Poutine.  Dans le même temps, les groupes de défense des droits de l'homme s'inquiètent du pouvoir croissant de certains hommes forts locaux auxquels Moscou, impatient de réduire sa présence militaire sur place, sous-traite nombre de ses opérations de sécurité. Le plus puissant d'entre eux est Ramzan Kadirov, vice-Premier ministre du gouvernement local, qui contrôle des milliers de soldats irréguliers accusés par les défenseurs des droits de l'homme d'enlèvements et de meurtres. Le récent scrutin  devrait renforcer sa mainmise sur la région.  Vladimir Poutine a en effet supprimé l'an dernier les élections de gouverneurs, conférant par là-même un pouvoir accru aux assemblées locales. Plusieurs ONG de défense des droits de l'homme, dont le Mémorial de Russie et le groupe international d'Helsinki, ont déclaré dans un rapport que le scrutin n’a été ni libre ni équitable en raison de la campagne d'intimidation à laquelle se sont livrés les hommes de Kadirov et les forces fédérales russes. "Cette parodie de processus électoral ne servira pas à stabiliser la situation. Elle prolongera simplement cette crise durable et favorisera la poursuite du carnage", ajoute le rapport.  Kadirov dément ces accusations portées, selon lui, par des complices des auteurs de nombreux attentats et de la prise d'otages de Beslan, en septembre 2004, qui s'est soldée par la mort de 330 personnes, dont la moitié d'enfants. Selon la plupart des observateurs, le nouveau Parlement ne servira qu’à entériner les décisions de celui qui est soupçonné d’être le vrai dirigeant de la Tchétchénie, Ramzan Kadirov. La stabilisation en Tchétchénie n’est pas pour demain.                                                                                                              

 

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