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Moyen Orient
La recomposition
politique en Israël et ses implications sur le processus de paix
A peine remis du séisme provoqué par le
départ du Likoud d'Ariel Sharon, les observateurs de la vie
politique au Proche-Orient s'interrogent désormais sur la position
qu'adoptera son nouveau parti face aux Palestiniens si le Premier
ministre démissionnaire est réélu pour un troisième mandat. Si la
plateforme de son nouveau parti du centre « en avant »--, dont le
slogan « Sharon, un leader fort pour la paix »-est assez floue pour
attirer israéliens de tous bords, elle inquiète en revanche les
Palestiniens, qui craignent de se voir imposer unilatéralement les
frontières d'un futur micro-Etat ingérable. Après le coup de
tonnerre qu'a été la démission d'Ariel Sharon et son départ du
Likoud, plusieurs voix s'élèvent déjà pour souligner l'ambiguïté du
message du Premier ministre démissionnaire sur la résolution du
conflit avec les Palestiniens. Ariel Sharon affirme qu'il n'y aura
plus de retraits unilatéraux de territoires palestiniens du type du
plan de "désengagement" de la Bande de Gaza mené à bien cet été.
Mais les analystes politiques remarquent qu'il reste délibérément
vague, ce qui pourrait lui permettre de nouveaux retraits en
Cisjordanie en cas d'absence de progrès de la "feuille de
route".Celle-ci prévoit la création d'un Etat palestinien, mais
seulement au terme de plusieurs étapes, dont le démantèlement des
mouvements palestiniens et le gel des implantations israéliennes.
Deux ans près la présentation de ce plan, le camp israélien n'a
rempli aucune des conditions initiales. Ariel Sharon insiste sur le
fait que les Palestiniens doivent démanteler les factions radicales
avant qu'Israël ne gèle l'expansion des colonies juives de
peuplement et n'évacue les avant-postes illégaux en Cisjordanie.
Cette impasse et l'apparente absence d'une tierce partie forte (Etats-Unis,
ou Union européenne) pourrait conduire à un statu quo, voire à la
confrontation entre les deux camps. Une situation qui, selon des
analystes et des parlementaires palestiniens, convient parfaitement
à Ariel Sharon"Sharon a détourné le processus en lui imposant des
séquences et des conditions et, bien sûr, en se faisant l'interprète
de la 'feuille de route'", explique la parlementaire palestinien
Hanane Achraoui. Utiliser la "feuille de route" comme plate-forme
politique est une "excuse à l'unilatéralisme" et "garantit que rien
ne va bouger", assure-t-elle. Les conseillers d'Ariel Sharon
affirment, eux, que la situation va évoluer. En l'absence de
partenaire pour la paix, selon la sempiternelle expression en
vigueur à Jérusalem, Israël continuera de construire le "mur" de
séparation en Cisjordanie en étendant les blocs de colonisation que
l'Etat hébreu souhaite conserver. Le président de l'Autorité
palestinienne, Mahmoud Abbas, s'est jusqu'ici montré peu disposé à
démanteler les mouvements radicaux, de crainte de déclencher une
guerre civile. Et Ariel Sharon semble faire le pari qu'il restera
sur cette position, garantissant pratiquement que les Etats-Unis
n'interviennent pas de manière plus prononcée pour lui forcer la
main. D'un autre côté, Sharon a promis de dessiner les frontières
définitives d'Israël au cours de son prochain mandat, s'il est
réélu. En fait, Ariel Sharon veut se tailler un costume de
centriste, faiseur de paix, et continuer à mener la danse à sa
manière, à contre-courant d’un véritable processus de paix… Une paix
à la Sharon…..
Haut
Mexique
Remplacement de la branche politique de
la guérilla zapatiste par une organisation civile
Le sous-commandant Marcos, chef des
Zapatistes mexicains, vient d’annoncer la dissolution de la branche
politique du mouvement, qui sera remplacée par une nouvelle
organisation civile. Le Front zapatiste a cessé ses opérations le
25 novembre, a déclaré le chef de la révolte de l'EZLN (Armée
zapatiste de libération nationale) dans un message publié dans le
journal mexicain "La Jordana". La nouvelle organisation "ne
luttera pas pour le pouvoir, mais bâtira une nouvelle façon de faire
de la politique", ajoute-t-il. "Elle sera pacifiste, anticapitaliste
et de gauche". Après quatre années de silence, les rebelles
zapatistes ont récemment multiplié les interventions publiques afin
de sortir de leur isolement et bâtir un mouvement politique en vue
de la campagne présidentielle de l'année prochaine. En septembre,
un millier de militants zapatistes s'étaient rassemblés dans le
village de La Garrucha, en pleine jungle, en zone frontalière avec
le Guatemala. Lors de cette rencontre, Marcos avait annoncé qu'il se
lancerait dans une tournée de six mois à travers le Mexique à partir
du 1er janvier. La révolte des zapatistes a été déclenchée en
janvier 1994 pour la défense des droits des Indiens. Marcos a été
identifié en 1995 par les autorités mexicaines comme étant
l'ex-chargé de cours à l'université Rafael Sebastian Guillen.
Haut
Tchétchénie
Législatives sous l'oeil de Moscou
Le Kremlin espère mettre la dernière
main à son plan d'intégration de la Tchétchénie à l'occasion des
élections législatives du 27 novembre dans la république
caucasienne, un projet dont les chances de succès semblent bien
limitées. Le conflit qui dure depuis onze ans en Tchétchénie a fait
des dizaines de milliers de morts, ruiné l'économie locale et réduit
en cendres la capitale, Grozny. Depuis la fin en 2000 des combats
à grande échelle, Moscou a organisé deux élections présidentielles -
la seconde pour trouver un remplaçant à l'élu du premier scrutin,
tué par les séparatistes - et un référendum censé arrimer la région
à la Russie. Les dernières législatives sont présentées par le
pouvoir central comme l'apogée du plan de paix imposé par Moscou il
y a cinq ans. La plupart des nouveaux élus sont issus du parti
Russie Unie, une formation pro Kremlin. Mais les séparatistes
tchétchènes, qui poursuivent leurs attentats quasi quotidiens en
s'aventurant même de plus en plus régulièrement au-delà des
frontières de leur république, voient dans cette consultation une
"farce" orchestrée par le président russe Vladimir Poutine. Dans le
même temps, les groupes de défense des droits de l'homme
s'inquiètent du pouvoir croissant de certains hommes forts locaux
auxquels Moscou, impatient de réduire sa présence militaire sur
place, sous-traite nombre de ses opérations de sécurité. Le plus
puissant d'entre eux est Ramzan Kadirov, vice-Premier ministre du
gouvernement local, qui contrôle des milliers de soldats irréguliers
accusés par les défenseurs des droits de l'homme d'enlèvements et de
meurtres. Le récent scrutin devrait renforcer sa mainmise sur la
région. Vladimir Poutine a en effet supprimé l'an dernier les
élections de gouverneurs, conférant par là-même un pouvoir accru aux
assemblées locales. Plusieurs ONG de défense des droits de l'homme,
dont le Mémorial de Russie et le groupe international d'Helsinki,
ont déclaré dans un rapport que le scrutin n’a été ni libre ni
équitable en raison de la campagne d'intimidation à laquelle se sont
livrés les hommes de Kadirov et les forces fédérales russes. "Cette
parodie de processus électoral ne servira pas à stabiliser la
situation. Elle prolongera simplement cette crise durable et
favorisera la poursuite du carnage", ajoute le rapport. Kadirov
dément ces accusations portées, selon lui, par des complices des
auteurs de nombreux attentats et de la prise d'otages de Beslan, en
septembre 2004, qui s'est soldée par la mort de 330 personnes, dont
la moitié d'enfants. Selon la plupart des observateurs, le nouveau
Parlement ne servira qu’à entériner les décisions de celui qui est
soupçonné d’être le vrai dirigeant de la Tchétchénie, Ramzan Kadirov.
La stabilisation en Tchétchénie n’est pas pour
demain.
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