Semaine du 30 Novembre au 6 Décembre 2005

 

Élections partielles du 24 novembre 2005

Un vote, des leçons

 

 
 
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Élections partielles du 24 novembre 2005

Un vote, des leçons

La tenue, ce 24 novembre, des élections partielles en Kabylie, a alimenté l'essentiel de l'actualité reprise par la presse nationale paraissant samedi 26. Est-ce pour autant "la fin de l'impasse ?", s'interroge El Djazair News.  Une question à laquelle il est pour l'heure difficile, voire prématuré de répondre. Il n'en demeure pas moins et c'est L'Authentique qui pense que "le plus dur reste à faire". Ainsi, est-il souligné, "aujourd'hui, certes, le vote citoyen a sonné le glas des’ indus élus’ ou d'une certaine minorité d'inexpugnables qui géraient les communes comme un bien familial". Toutefois, est-il ajouté, "pour réparer leurs dégâts, incertitudes et incohérences, la tâche risque d'être ardue bien que tous les tons soient à l'optimisme".

Pourtant, du côté de La Dépêche de Kabylie on estime que ces élections ont débouché sur une "Kabylie bloquée" du fait qu'il n’a été enregistré que  "peu d'assemblées à majorité absolue". C'est pourquoi ce quotidien considère que l'on ne fera pas l'économie du recours "aux alliances".  Un avis que ne manque pas de partager El Fadjr qui, sur la base du même constat, estime que "le choix des alliances s'impose pour éviter une nouvelle impasse en Kabylie". Reste que l'éditorialiste de La Dépêche de Kabylie, dont l'objectif est de faire la promotion d'un parti qui n'a pas encore obtenu son agrément, se distinguera en faisant remarquer que "les calculs d'épicier sur le recul de tel parti ou la percée de tel autre ne peuvent éclipser le constat que le cheptel politique actuel, pourtant largement et fidèlement représenté lors de ces élections locales, n'a mobilisé que le tiers de l'électorat".

Pas de majorité absolue

Selon lui, "la première conclusion est que la Kabylie a besoin d'un sang politique neuf".  Pour l'heure, en attendant que ce vœu ne soit exaucé par l'octroi de l'agrément, ces élections partielles ont permis de se faire une idée de la cartographie politique dans cette région du pays. Et si Le Soir d'Algérie est le seul quotidien à constater que le "FFS recule", l'ensemble des autres titres de la presse quotidienne n'a pas manqué de relever que le parti d'Ait Ahmed reste "la première force politique en Kabylie". C'est ce qu'a rapporté La Tribune, qui fait remarquer que "le  FFS, même s'il a perdu du terrain, en sort le grand vainqueur". Le Jeune Indépendant souligne également que ce parti a "raflé la mise".

D'autres titres, tout en soulignant ce constat, ont mis également l'accent sur ce qu'ils ont estimé être sur la renaissance du RCD. C'est le cas du Soir d'Algérie et d'El Watan qui, tout en soulignant "la confirmation du FFS", relèvent "la percée du RCD" ou encore d’El Youm qui rapporte que "le FFS est arrivé en premier suivi du RCD".

El Khabar a préféré mettre les deux formations sur un pied d'égalité en soutenant qu'à l'issue de ces élections, "le FFS et le RCD ont confirmé leur ancrage en Kabylie".

Le Maghreb, tout en reconnaissant le "redéploiement du FFS", souligne toutefois la "percée du FLN". Le Soir d'Algérie, analysant les résultats des deux  partis (FLN et RND) a estimé que "l'alliance s'est infiltrée" en Kabylie.  

La Nouvelle République s'est singularisée par une Une qui a l'avantage de faire un constat global. C'est ainsi que sur une colonne, le quotidien fait remarquer que "le FFS revient", que "le RCD crie à la fraude", que "le FLN se replace" et que "le RND arrive". 

En définitive, que ces élections confirment la pole position du FFS et du RCD est tout à fait "normal !" estime Le Jour d'Algérie. Reste, estime son éditorialiste, qu'"aucune des prévisions politiciennes assénées avec force par les leaders du FFS et du RCD ne se sera finalement avérée juste". En fait, souligne-t-il, l'un des intérêts de cette consultation est que "le dernier mot est revenu à des électeurs qui, de toute évidence, ne sont pas aussi perméables qu'on le pense aux pressions, aux intimidations et aux manipulations".  Mais pour le rédacteur, ce n'était pas là la seule révélation de ce scrutin. En effet, remarque-t-il, l'autre fait à noter est "l'attitude remarquablement équilibrée des aârouch qui semblent n'avoir donné aucune consigne de vote et n'avoir cherché à exercer aucune sorte de pression sur la région".

Les attentes de la population

Commentant le déroulement de ces élections "exemplaires", l'éditorialiste du Jour d'Algérie, indique que "l'explication est tout simplement à chercher du côté d'une population qui a fini par comprendre où est son intérêt et qui a voté non pas en fonction de ses préventions et de ses animosités, ou par peur, mais pour les candidats qui lui paraissent les plus à même de prendre en charge les graves problèmes qui se posent à elle". Et c'est dans ce sens qu'abonde le commentateur de La Tribune, qui estime qu'il y a lieu de tirer les "leçons d'un vote sanction". Selon son analyse, "parti et élus doivent comprendre que les assemblées locales sont au service du citoyen et non à leur service". C'est pourquoi, conclut-il " le faible taux de participation en Kabylie est un coup de gueule justement pour faire comprendre cette évidence".

De son côté le commentateur d'El Watan  estime que "le  scrutin 24 novembre s'adresse en premier au FFS, au RCD et aux aârouch : il leur offre la confiance et le  soutien de la population de la région, mais il les met devant leurs responsabilités historiques".   

L'éditorialiste de L'Authentique rappelle que "durant les 18 mois à venir, ils doivent répondre aux préoccupations et aux attentes citoyennes et ne jamais se contenter de réformettes qui ne passionnent pas les foules".  Toutefois, précise-t-il, "ce n'est pas une sinécure, mais il faut prendre des mesures frontales et courageuses afin de réparer les dégâts d'une élection locale controversée en 2002". En quoi consistent-elles? En "des décisions concrètes et positives pour permettre à la Kabylie de panser ses blessures et remonter la pente", est-il répondu. Et d'ajouter : "Avec les cinq milliards de dollars débloqués par le gouvernement au profit de son développement local, la région, meurtrie et pénalisée sous toutes les coutures, peut s'en sortir. Il suffit de passer aux actes ! Tous les espoirs sont permis."  

Nadia Kerraz

 

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