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Élections partielles du 24 novembre 2005
Un vote, des
leçons
La tenue, ce 24
novembre, des élections partielles en Kabylie, a alimenté
l'essentiel de l'actualité reprise par la presse nationale
paraissant samedi 26. Est-ce pour autant "la fin de l'impasse ?",
s'interroge El Djazair News. Une question à laquelle il est pour
l'heure difficile, voire prématuré de répondre. Il n'en demeure pas
moins et c'est L'Authentique qui pense que "le plus dur reste à
faire". Ainsi, est-il souligné, "aujourd'hui, certes, le vote
citoyen a sonné le glas des’ indus élus’ ou d'une certaine minorité
d'inexpugnables qui géraient les communes comme un bien familial".
Toutefois, est-il ajouté, "pour réparer leurs dégâts, incertitudes
et incohérences, la tâche risque d'être ardue bien que tous les tons
soient à l'optimisme".
Pourtant, du côté
de La Dépêche de Kabylie on estime que ces élections ont débouché
sur une "Kabylie bloquée" du fait qu'il n’a été enregistré que "peu
d'assemblées à majorité absolue". C'est pourquoi ce quotidien
considère que l'on ne fera pas l'économie du recours "aux
alliances". Un avis que ne manque pas de partager El Fadjr qui, sur
la base du même constat, estime que "le choix des alliances s'impose
pour éviter une nouvelle impasse en Kabylie". Reste que
l'éditorialiste de La Dépêche de Kabylie, dont l'objectif est de
faire la promotion d'un parti qui n'a pas encore obtenu son
agrément, se distinguera en faisant remarquer que "les calculs
d'épicier sur le recul de tel parti ou la percée de tel autre ne
peuvent éclipser le constat que le cheptel politique actuel,
pourtant largement et fidèlement représenté lors de ces élections
locales, n'a mobilisé que le tiers de l'électorat".
Pas de majorité
absolue
Selon lui, "la
première conclusion est que la Kabylie a besoin d'un sang politique
neuf". Pour l'heure, en attendant que ce vœu ne soit exaucé par
l'octroi de l'agrément, ces élections partielles ont permis de se
faire une idée de la cartographie politique dans cette région du
pays. Et si Le Soir d'Algérie est le seul quotidien à constater que
le "FFS recule", l'ensemble des autres titres de la presse
quotidienne n'a pas manqué de relever que le parti d'Ait Ahmed reste
"la première force politique en Kabylie". C'est ce qu'a rapporté La
Tribune, qui fait remarquer que "le FFS, même s'il a perdu du
terrain, en sort le grand vainqueur". Le Jeune Indépendant souligne
également que ce parti a "raflé la mise".
D'autres titres,
tout en soulignant ce constat, ont mis également l'accent sur ce
qu'ils ont estimé être sur la renaissance du RCD. C'est le cas du
Soir d'Algérie et d'El Watan qui, tout en soulignant "la
confirmation du FFS", relèvent "la percée du RCD" ou encore d’El
Youm qui rapporte que "le FFS est arrivé en premier suivi du RCD".
El Khabar a
préféré mettre les deux formations sur un pied d'égalité en
soutenant qu'à l'issue de ces élections, "le FFS et le RCD ont
confirmé leur ancrage en Kabylie".
Le Maghreb, tout
en reconnaissant le "redéploiement du FFS", souligne toutefois la
"percée du FLN". Le Soir d'Algérie, analysant les résultats des
deux partis (FLN et RND) a estimé que "l'alliance s'est infiltrée"
en Kabylie.
La Nouvelle
République s'est singularisée par une Une qui a l'avantage de faire
un constat global. C'est ainsi que sur une colonne, le quotidien
fait remarquer que "le FFS revient", que "le RCD crie à la fraude",
que "le FLN se replace" et que "le RND arrive".
En définitive, que
ces élections confirment la pole position du FFS et du RCD est tout
à fait "normal !" estime Le Jour d'Algérie. Reste, estime son
éditorialiste, qu'"aucune des prévisions politiciennes assénées avec
force par les leaders du FFS et du RCD ne se sera finalement avérée
juste". En fait, souligne-t-il, l'un des intérêts de cette
consultation est que "le dernier mot est revenu à des électeurs qui,
de toute évidence, ne sont pas aussi perméables qu'on le pense aux
pressions, aux intimidations et aux manipulations". Mais pour le
rédacteur, ce n'était pas là la seule révélation de ce scrutin. En
effet, remarque-t-il, l'autre fait à noter est "l'attitude
remarquablement équilibrée des aârouch qui semblent n'avoir donné
aucune consigne de vote et n'avoir cherché à exercer aucune sorte de
pression sur la région".
Les attentes de
la population
Commentant le
déroulement de ces élections "exemplaires", l'éditorialiste du Jour
d'Algérie, indique que "l'explication est tout simplement à chercher
du côté d'une population qui a fini par comprendre où est son
intérêt et qui a voté non pas en fonction de ses préventions et de
ses animosités, ou par peur, mais pour les candidats qui lui
paraissent les plus à même de prendre en charge les graves problèmes
qui se posent à elle". Et c'est dans ce sens qu'abonde le
commentateur de La Tribune, qui estime qu'il y a lieu de tirer les
"leçons d'un vote sanction". Selon son analyse, "parti et élus
doivent comprendre que les assemblées locales sont au service du
citoyen et non à leur service". C'est pourquoi, conclut-il " le
faible taux de participation en Kabylie est un coup de gueule
justement pour faire comprendre cette évidence".
De son côté le
commentateur d'El Watan estime que "le scrutin 24 novembre
s'adresse en premier au FFS, au RCD et aux aârouch : il leur offre
la confiance et le soutien de la population de la région, mais il
les met devant leurs responsabilités historiques".
L'éditorialiste de
L'Authentique rappelle que "durant les 18 mois à venir, ils doivent
répondre aux préoccupations et aux attentes citoyennes et ne jamais
se contenter de réformettes qui ne passionnent pas les foules".
Toutefois, précise-t-il, "ce n'est pas une sinécure, mais il faut
prendre des mesures frontales et courageuses afin de réparer les
dégâts d'une élection locale controversée en 2002". En quoi
consistent-elles? En "des décisions concrètes et positives pour
permettre à la Kabylie de panser ses blessures et remonter la
pente", est-il répondu. Et d'ajouter : "Avec les cinq milliards de
dollars débloqués par le gouvernement au profit de son développement
local, la région, meurtrie et pénalisée sous toutes les coutures,
peut s'en sortir. Il suffit de passer aux actes ! Tous les espoirs
sont permis."
Nadia Kerraz
Haut
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