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La réponse des terroristes
Au moment où ils
n'ont plus l'avantage du terrain et encore moins l'initiative, les
groupes armés encore actifs n'ont eu pour réponse à l'offre de paix
du président Bouteflika que d'autres crimes odieux fait
d'assassinats et de rapts de femmes. En effet, il est difficile de
ne pas voir une réponse à la réconciliation nationale dans les
meurtres commis, notamment à Batna, trois jours après l'annonce
officielle de la date du référendum sur la réconciliation
nationale. Incompréhensible ?
Pas si sûr.
Les intégristes
armés croiraient-ils encore en une victoire militaire qui
permettrait l'instauration de leur état obscurantiste ? Ou bien,
justement, est-ce que le rejet de la réconciliation nationale
n'indiquerait pas que cette charte balise complètement le terrain et
rend irréversible la nature républicaine de l'Etat algérien tout en
annihilant toute possibilité d'instaurer un système théocratique en
Algérie ?
Les terroristes se
sont attaqués à de paisibles citoyens qui revenaient d'un
pique-nique. Un loisir pacifique quasiment interdit aux plus durs
moments des tueries islamistes. Mais il ne fait aucun doute que
c'est à la faveur du climat sécurisant de ces derniers mois que les
gens se sont "risqués" à cette sortie bucolique.
Si la concordance
des temps permet de dire que l'attaque est une réponse "politique" à
la manière des terroristes au discours du président Bouteflika
(souvent les actions terroristes qui paraissent gratuites sont en
fait des réponses ou des réactions à des initiatives ou des
dispositions politiques ou sécuritaires) on notera que ce n'est pas
le seul événement sanglant qu'a connu le pays ces derniers jours.
Le 18 août, trois personnes ont été tuées dans une attaque dans la
commune de Aïn Romana, près de Blida. Une semaine auparavant, trois
gardes communaux avaient été assassinés dans la commune de Aïn Zouit,
dans la wilaya de Skikda. Le 5 août dernier, un convoi militaire est
tombé dans une embuscade terroriste à Gouraya, dans la wilaya de
Tipaza, dans laquelle deux militaires et un civil ont trouvé la
mort.
A Batna, comme
ailleurs, au delà du bilan macabre – six morts abattus froidement et
le rapt d'une femme – il est à se demander comment proches et
familles des personnes tuées et de la femme enlevée ressentent ces
événement qui ravivent des douleurs que l'on supposait tues après
quelques années d'un retour fragile de la paix. Ce sont eux, et
d'autres, qui sont appelés à aller voter le 29 septembre pour
entériner l'offre. Si les groupes armés n'ont plus les moyens de
terroriser les populations pour les empêcher d'aller voter (ont-ils
d'ailleurs un jour pu réellement empêcher les Algériens de reprendre
leur destin en main ?), ils peuvent par contre susciter une réaction
de rejet chez les citoyens qui bouderont alors les urnes devant
autant d'ingratitude.
Le GSPC seul
sur scène ?
Quant à l'offre de
paix proprement dite, elle est en tout cas clairement refusée par
ceux auxquels elle s'adresse. Effectivement, on attribue l'attaque
terroriste au GSPC, en principe le dernier groupe structuré le plus
actif dans les maquis non encore nettoyés.
Par ailleurs,
l'attaque elle-même a dû rendre à l'évidence les responsables de la
question sécuritaire puisqu'une importante opération militaire a été
déclenchée. D'ailleurs, on continue à comptabiliser les terroristes
abattus dans les régions investies récemment par les forces de
sécurité. Il n'est donc pas question de baisser la garde ou de
laisser, à la faveur de la réconciliation nationale, les terroristes
tranquilles s'ils rejoignent des sortes de lignes de démarcation. On
ne rappellera jamais assez que la réconciliation nationale absout
les crimes commis dans le cadre de la lutte armée contre le régime
et l'Etat – seuls les massacres, les viols et l'apologie du crime
sont encore passibles de poursuites et de peines, certes allégées.
A croire donc que
le référendum se tiendra sous haute surveillance comme aux plus
forts moments des crimes terroristes et que l'on s'acharnait à
organiser envers et contre tout des élections comme pour mieux
conjurer le mauvais sort qui était fait à l'Algérie et aux
Algériens. On se félicitait non plus du résultat – l'élection
présidentielle de 1995 en est le meilleur exemple – celui-ci
finalement comptait peu devant la peur transcendée et la
satisfaction de voir que le scrutin ait pu se dérouler sans bain de
sang devant les bureaux de vote.
Les attentats
terroristes qui ont eu lieu et qui, malheureusement, vont se
poursuivre, comme se poursuivra la traque des groupes armés,
indiquent que la charte sur la réconciliation nationale semble, du
point de vue sécuritaire, loin d'atteindre ses objectifs. A la
différence avec la concorde civile qui venait donner une couverture
politique et juridique à une situation de fait – la trêve
unilatérale prononcée par l'AIS en 1997 – la réconciliation
nationale vient comme une offre de paix qui devrait, en principe,
susciter au moins des trêves et des arrêts de l'action criminelle
d'autant qu'est proposée une chance de reddition extraordinaire et
l'extinction des poursuites judiciaires contre ceux qui ont porté
les armes contre leur pays et contre leur peuple. Une offre qui
intervient alors que les terroristes ont perdu depuis longtemps
l'avantage du terrain et que les forces de sécurité ne peuvent plus
se faire déborder.
Menacer la
réconciliation à l'étranger
Du point de vue
international, la cause des terroristes est indéfendable
aujourd'hui. Le suicide, tel que qualifié par le président
Bouteflika, pour les irréductibles, semble être entamé faute d'une
reddition avantageuse.
Par ailleurs, des
opérations militaires portent leurs fruits alors que des terroristes
sont éliminés, notamment à Zaouiet Boukachabia près de Annaba, pour
ne citer que les cas et les opérations connus et avérés.
Autre message des
groupes terroristes : la menace du GSPC contre les Algériens
résidants en France. Vigipirate et tous les dispositifs sécuritaires
utilisés ne semblent pas dissuader le GSPC, qui fait les demandes
les plus ridicules même si elles sont dangereuses. Une demande qui
présage d'attaques sanglantes qui tendraient à accréditer son
influence sur la communauté musulmane, notamment en France.
En 2003, on avait
annoncé une possible reddition de Hassan Hattab, présenté alors
comme émir national du GSPC. Des camps de toile avaient été préparés
à Larbaâ, près de Blida, pour accueillir ses membres. Si on a
annoncé la mort probable de Hattab, l'élimination de Nabil Sahraoui
(un second chef du groupe) et même l'arrestation de Abderrezak
El-Para, le GSPC, groupe recensé par les Etats-Unis après les
attentats du 11 septembre 2001 comme éminemment violent, n'a pas
pour autant perdu de sa virulence.
Est-ce réellement
le dernier baroud d'irréductibles inconscients et fanatiques qui ne
voient finalement de salut que dans la mort ? Difficile de répondre,
d'autant que cette approche réduirait aussi les groupes armés encore
actifs au seul GSPC. Si ce groupe est identifié et identifiable, il
faut se demander si les autres groupes – peu importe les sigles sous
lesquels ils se désignent, il n'existe plus aucune organisation
structurée organiquement hormis le GSPC – sont sensibles aux offres
de la réconciliation nationale ?
De plus, les
dispositions de la réconciliation nationale ne se réduisent pas aux
seuls terroristes. Il y a les situations de fait nées des suites de
la lutte contre le terrorisme (réintégration des gens dans leurs
droits et leur réinsertion dans la vie sociale) mais il y a aussi le
contenu politique de la réconciliation nationale, dont les tenants
de l'Etat islamique ne veulent absolument pas entendre parler quitte
à se désagréger dans un rejet entêté et autodestructeur d'une offre
de paix inespérée pour des desperados.
Amine Esseghir
Haut
Réconciliation nationale / Partis islamistes
Un soutien
inconditionnel
Les trois partis
islamistes, Hamas, El-Islah et Ennahda, ont fait un accueil plutôt
chaleureux à l'idée d'une réconciliation nationale. Ces partis, qui
soutiennent sans réserve ce projet,
estiment qu'il
répond à leurs attentes, eux qui ont toujours œuvré pour que règne
enfin la paix en Algérie.
En effet, juste
après le discours du chef de l'Etat, dans lequel il annonce qu'un
projet de charte de réconciliation nationale sera proposé aux
citoyens qui se prononceront pour ou contre ce projet le 29
septembre prochain, le MSP sort de sa réserve et déclare d'emblée
que le projet annoncé par le Président Bouteflika "correspond aux
thèses du MSP". Le président du MSP a déjà entrepris une série de
rencontres avec les membres du parti pour les sensibiliser sur
l'importance du projet qui, dit-il, est un pas géant dans le
processus pour la paix, car il mettra fin à quinze années de
malheurs politiques et sécuritaires dont les Algériens ont fait les
frais.
Bouguerra Soltani
estime que si les Algériens votaient à hauteur de 90%, d'autres
dossiers tout aussi importants seraient ouverts, comme par exemple
la levée de l'état d'urgence, dans lequel nous vivons depuis des
années. C'est aussi, dit-il l'occasion rêvée pour fermer la porte à
tous ceux qui font tout ce qui est en leur pouvoir pour ne pas
changer les choses et préserver ainsi les intérêts de la mafia
politico-financière. Mais pour que ceci soit enfin possible, le
président du MSP affirme qu'il faut réunir quatre conditions, à
savoir : une campagne de sensibilisation générale, reconnaître que
la réconciliation nationale n'a rien d'un compromis, cesser de
déterrer les vieilles rancunes et enfin ne plus brandir, à chaque
occasion, le dossier des disparus et des réfugiés politiques. M.
Bouguerra estime enfin que la charte de réconciliation nationale a
de fortes chances de toucher 20% des terroristes qui activent
toujours dans les maquis, car les autres 80% ont déjà bénéficié de
la concorde civile. Donc le MSP veut à tout prix que le projet de
réconciliation nationale aboutisse. Pour ce faire, les membres du
parti ont déjà engagé une réflexion pour mobiliser les Algériens,
même les victimes du terrorisme, afin qu'ils votent pour ce projet
car c'est la seule voie qui se présente pour sortir l'Algérie d'une
crise qui n'a que trop duré. Il est temps de tourner une page qui
attriste le pays en entier.
Le mouvement
El-Islah ne tient pas à être en reste et se dit "très satisfait des
mesures" annoncées par le président de la République, car ces
mesures touchent toutes les catégories touchées par la crise.
Abdallah Djaballah, président d'El-Islah, estime que cette
initiative est très louable et qu'elle répond à 80% des
revendications de son parti. Un parti qui, dit-il, depuis l'arrêt du
processus électoral en 1992, a appelé à une réconciliation
nationale. Une réconciliation qu'il a prônée lors de plusieurs
meeting du temps du président Liamine Zeroual, et qui a été l'angle
d'attaque lors de sa campagne pour les présidentielles en 1999, puis
en 2004. Le président d'El-Islah a tout de même émis quelques
réserves sur le projet qui se contente, dit-il, de traiter de
l'aspect sécuritaire et omet de toucher au volet politique de la
réconciliation nationale ; ceci comporte un risque majeur car ainsi
le mal n'est pas déraciné et peut réapparaître. Pour que cette
réconciliation réussisse, il est impératif, d'après M. Djaballah,
qu'elle soit conçue après l'instauration entière des libertés
démocratiques, ainsi que de la défense des éléments de l'identité
nationale. Pour ce faire, il faut dynamiser les institutions de
contrôle des actions du pouvoir. El-Islah mène une campagne de
sensibilisation pour la réussite de ce projet, pour encourager les
citoyens à oublier leurs vieilles rancunes et aller de l'avant pour
dépasser enfin les anciennes souffrances, car continuer à vivre dans
l'insécurité, c'est inévitablement le prolongement à l'infini de la
crise. Ce qui signifie aussi prolonger le désordre et l'échec des
projets, car cette situation de désordre ne profite en fait qu'aux
partisans de la mondialisation et leurs sympathisants. M. Djaballah
va un peu plus loin quand il adresse un message aux groupes armés, à
qui il demande d'adhérer au projet de charte de réconciliation
nationale, même s'il croit, lui, que la réussite de cette charte ne
signifie pas forcément l'arrêt total des actes de terrorisme qui
sont, dit-il, le résultat de plusieurs aspects politiques que le
projet du président de la République a omis de traiter ou de
changer.
Le parti Ennahda,
pour sa part, applaudit l'initiative du président de la République
qui vise à sortir le pays du drame dans lequel l'a plongé des années
de terrorisme et de violence. Un communiqué du parti cautionne le
discours du chef de l'Etat dans lequel il fixe la date du référendum
pour la réconciliation nationale. Le contenu du discours, précise le
communiqué, suscite l'espoir mais aussi la douleur des victimes du
terrorisme ; il met aussi à jour l'intention première du projet, qui
est la paix, comme il barre la route à tous ceux et celles qui
tenteront de vider ce projet de paix de son essence et essayeront
d'en détourner l'orientation. Pour Ennahda, l'assurance donnée par
l'Etat de prendre en charge toutes les victimes de la décennie noire
est un gage de sortie, enfin, des ornières de l'insécurité.
Donc il ne fait
aucun doute que les trois partis islamistes qui gravitent autour du
pouvoir cautionnent la charte pour la réconciliation nationale, à
travers laquelle ils voient une issue inévitable à la situation
catastrophique que vivent les Algériens depuis des années. Cette
caution est à signaler sans réserves, sauf du côté d'El-Islah qui
tient toujours à se démarquer un peu des autres formations, et qui
reproche au projet du chef de l'Etat de ne pas prendre en charge
l'aspect politique de la crise, ce qui peut vouloir dire demander la
réhabilitation du FIS dissous, qui est en fait le parti qui a donné
naissance à cette crise. Le parti de Djaballah mène tout de même une
action de sensibilisation qu'il a déjà commencée le 21 août passé,
durant son université d'été, à Mostaganem. Le soutien des autres
partis est, lui, total.
Khadidja
Mohamed Bouziane
Haut
Référendum du 29 septembre
Quelques
non-dits de la charte
Le président
Bouteflika nous engage à lire attentivement le texte sur lequel nous
aurons à nous prononcer le 29 septembre, à le lire ligne par ligne,
et même entre les lignes, car, à bien l'entendre, sa véritable
signification n'apparaîtrait pas à une lecture rapide, paresseuse,
ou qui serait seulement confiante dans la lettre tombant sous les
sens. Ce serait une naïveté de la part du public de s'en tenir à
l'apparence des mots, qui ne seraient là que pour l'induire en
erreur. N'est-ce pas une façon bien étrange pour un politique de
faire la promotion de ses
propositions en
commençant par mettre en garde l'opinion publique contre la
tentation de les prendre telles qu'elles se donnent ?
Mais il faut
admettre qu'en l'occurrence le président Bouteflika n'a pas livré
que l'énigme, il a tenu aussi à nous remettre la clé à même de
l'élucider. La Charte pour la paix et la réconciliation est, dit-il,
le résultat exact de cette chose bien mystérieuse que sont les
équilibres nationaux. Ainsi, un chouia d'une des forces en présence
venant s'ajouter sur le plateau qui lui est réservé, et c'est la
Charte qui s'en trouverait modifiée, dans son économie ou dans ses
parties, peut-être de façon substantielle. C'est du moins ce que
laisse entendre le Président quand il évoque cette clé que sont les
"équilibres nationaux" qui ont pas mal impressionné s'ils n'ont aidé
personne à y voir plus clair. Car, en effet, de quoi sont-ils faits,
quelles forces impliquent-ils, à quels acteurs personnels ou
collectifs se rapportent-ils ? La forme au pluriel qui les enrobe
n'est bien entendu qu'une figure de style ; ce dont il s'agit en
fait, c'est du rapport traditionnel mettant aux prises deux forces
principales. On n'en sait cependant pas plus pour les avoir ramenées
à deux. L'incompréhension de la majorité, sinon de la totalité des
Algériens, reste aussi grande à ce propos que du temps où l'on
ignorait jusqu'aux termes du projet présidentiel, et que l'on
demandait à ses partisans avant l'heure de nommer au moins les
parties qu'ils voulaient réconcilier entre elles. Ils s'en sont bien
gardés, n'ayant, de toute évidence, aucun intérêt à identifier ces
forces. Et pour cause, s'ils se risquaient sur ce terrain-là, ils
seraient obligés de reconnaître qu'en fait c'est tout le peuple
algérien qu'ils invitent à offrir solennellement la paix à un
millier de terroristes tout au plus, à s'en tenir du moins aux
estimations officielles, lesquels ont de plus fait savoir le plus
clairement du monde qu'ils ne déposeront les armes à aucun prix,
qu'ils ne veulent pas de la paix.
Dans ces
conditions, une démarche comme celle qui a été choisie est sans
objet ; elle doit être repoussée au moins pour deux raisons
essentielles. Premièrement, il ne convient pas à un peuple de se
mettre sur un pied d'égalité avec quelques centaines de terroristes,
seraient-ils beaucoup plus nombreux qu'on veut bien le dire, en
adoptant à leur égard, on dirait pour leur complaire, la procédure
la plus solennelle qui soit, celle en tout cas censée garantir le
mieux que les engagements pris seront tenus, ayant été marqués du
sceau de la souveraineté populaire dans son expression la plus
directe. Cet apparat et tous ses frais en solennité ne devraient
être déployés que dans des cas exceptionnels. Abdelaziz Bouteflika
se félicite à tort de ce que le référendum sur la concorde civile
ait obtenu un résultat similaire à celui qui avait marqué l'entrée
du pays dans l'ère de l'indépendance, un certain jour de juillet
1962, car les circonstances ayant présidé à l'un et à l'autre n'ont
rien de commun. Autant l'un est glorieux, autant l'autre est
décadent. En venir à faire voter le peuple pour être sûr qu'on fait
bien de relâcher quelques milliers de terroristes n'est pas à
proprement parler un sujet de satisfaction. Entre les deux
référendums, il y une autre différence qui les place au diapason
l'un de l'autre : l'un fait entrer le pays dans l'indépendance une
bonne fois pour toutes, tandis que l'autre ne s'est pas soldé par la
sécurité sur l'ensemble du pays, comme il était annoncé. Et
deuxièmement, on n'offre pas la paix à des terroristes qui
n'expriment aucune forme de contrition, car alors l'Etat apparaît
comme faible, soit qu'il se révèle incapable de mettre fin au
terrorisme, soit qu'il se sente menacé par son peuple, dans les deux
cas les terroristes en tireront la conclusion que leur cause n'est
pas totalement perdue, que si on va jusqu'à mobiliser la
souveraineté populaire pour leur forcer la main, c'est qu'ils
comptent encore, c'est qu'ils sont encore craints. Quand ils
auraient encore quelque doute sur leur poids réel dans "les
équilibres nationaux", ils n'auraient qu'à écouter le président
Bouteflika expliquer au peuple "impie" que sans la paix avec eux, le
pays resterait dans l'impasse : pas de développement économique, pas
de sécurité, et l'image du pays qui se dégrade de plus en plus.
Exactement le genre de choses qu'un mouvement en guerre contre un
Etat aime entendre, étant donné qu'elles lui prouvent qu'il est
fondé à poursuivre son effort, que ce qu'il a fait jusque-là a eu
des effets désastreux sur l'adversaire. Sans compter qu'en agissant
de la sorte avec les terroristes, avec une mansuétude à peu près
sans limite, on contribue à faire naître dans les esprits portés à
la rébellion que finalement le pouvoir ne comprend que le langage de
la violence, et qu'il n'est intraitable qu'avec ceux qui s'opposent
à lui par les moyens pacifiques.
Mais,
objectera-t-on sans doute, lorsque le Président parle d'équilibres
nationaux, ce n'est pas la société qu'il a en vue, mais le pouvoir
lui-même, cette chose dont on ne détient qu'une part, plus ou moins
importante car elle n'est jamais répartie équitablement entre ses
tenants. La charte qui nous est proposée serait l'expression du
compromis qui aurait fini par s'établir, après nombre péripéties,
parmi ce qu'on appelle les décideurs. Or, s'il en est vraiment
ainsi, qu'est ce qui fait arrêter cette analyse à ce constat, ou à
ce qu'on présente comme tel, pourquoi ne pas poursuivre sur sa
lancée et nous expliquer qui sont ces factions dont se compose le
pouvoir, et qui représente quoi dans ce fameux noyau dur grâce
auquel l'unité du pays aurait été préservée ? Mais, depuis qu'on
nous dispense cette lumière qui n'éclaire rien du tout, si elle
n'ajoute pas à notre confusion, on s'est fait à l'idée qu'on n'en
saura rien de plus, qu'on a éveillé notre intérêt pour une vétille,
que personne n'est en mesure de dire pour quel projet travaille tel
ou tel des membres supposés du non moins fameux cabinet noir. Pour
autant que ce dernier existe, ce qui est loin d'être établi.
Bouteflika lui-même reste à cet égard une énigme. Les islamistes
seraient portés à voir en lui un crypto laïc, et les laïcs un crypto
islamiste. Ce qui n'est peut-être pas pour lui déplaire, du reste.
Le plus probable
toutefois est que la référence du Président à ces équilibres n'a
pour but d'éclairer personne sur un point qui serait essentiel, mais
plutôt de neutraliser les uns et les autres en donnant à penser à
chacun d'entre eux d'être celui auquel le message est destiné, et
surtout d'être compris, c'est-à-dire d'être sûr que sa patience sera
finalement récompensée s'il consent maintenant à donner son soutien.
Et que s'il y a un constat à faire dès maintenant, c'est le suivant
: nous ignorons à ce jour quelles sont les parties à réconcilier
aussi bien que l'identité, politique ou autre, des protagonistes qui
agissent dans les hautes sphères, et qui, pour ainsi dire, ont
convenu pour l'avenir d'un pacte de non agression mutuelle, dont la
charte soumise au peuple serait l'exacte expression. Ce non-dit est,
à lui seul, un motif suffisant pour repousser le document, d'autant
qu'il se présente comme un tout qu'il faut accepter ou rejeter en
bloc.
Le fait est qu'on
ne s'en remet pas au peuple sans l'intention de s'autoriser de lui
par la suite pour s'engager dans une voie qui n'est pas sans
bouleverser les équilibres, ou qui n'est pas sans jurer avec les
lois en vigueur. D'ailleurs, le président Bouteflika ne s'en cache
pas : il attend que le peuple lui vote, le 29 septembre prochain,
les pleins pouvoirs pour prendre toutes mesures jugées par lui
utiles en vue de la paix, toute la paix, et de consolider la
réconciliation nationale. La question se pose alors de savoir ce
qui, dans les conditions actuelles, entrave son action dans ce
double but. Voilà encore un non-dit qui restera comme tel. A la
différence des autres, cependant, celui-ci est plus facile à
approcher, mais par un biais qui risque de prendre certains au
dépourvu.
En fait, ce que le
Président ne veut pas dire, c'est qu'il n'en est venu à proposer la
réconciliation nationale, le premier pas dans ce sens étant
précisément le référendum du 29 septembre, que parce que la démarche
de concorde civile n'a pas été le succès prétendu. On ne penserait
pas à faire une nouvelle offre de paix si la précédente a été
couronnée de succès. Or, que dit le Président ? Juste le contraire :
donnez-moi votre caution, avec autant sinon plus de conviction qu'il
y a six ans, et je vous promets de faire tant et si bien que je
réussirai à ramener un supplément de sécurité. Quel meilleur aveu
que la concorde civile est loin d'avoir tenu toutes ses promesses ?
Cet aveu, d'ailleurs, est implicitement fait quand le Président
affirme, ce qu'il s'est bien gardé de dire en 1999, que le nouveau
pas vers la paix et la réconciliation devra nécessairement être
suivi par des pas similaires, ce qui veut dire aussi, bien entendu,
par les mêmes initiateurs, et que la route est longue qui mène à
l'issue finale. Les offres de paix périodiques annulent
réciproquement leurs effets plutôt qu'elles ne les additionnent. On
s'éloigne de la paix au lieu de s'en approcher quand on est réduit à
prendre la même initiative à intervalles quasi réguliers.
Mais si la charte
pour la paix et la réconciliation ressemble à s'y méprendre à la
concorde civile, elle en diffère cependant sur deux points
importants. La loi sur la concorde civile n'est à tout prendre qu'un
habillage juridique à une situation de fait préexistante: l'abandon
de l'action terroriste par un des groupes en activité des mois
auparavant, à savoir l'AIS, qui passait alors, à tort ou à raison,
pour le bras armé du FIS. On peut dire, en somme, que dans le cas de
la concorde civile la véritable initiative vient des terroristes
eux-mêmes, et que les autorités n'ont fait que leur ménager une voie
de sortie plus ou moins honorable, cela dépend du point de vue où
l'on se place, tout en étendant la procédure adoptée à l'ensemble
des terroristes qui voudraient réintégrer la société. Ce n'est pas
le cas de la nouvelle offre de paix, qui survient sans être précédée
par une reddition massive. Dans le contexte d'aujourd'hui, pour que
les deux démarches puissent se valoir, il faudrait que le GSPC ait
annoncé préalablement son abandon de l'action terroriste, et qu'il
soit maintenant cantonné quelque part dans l'attente du sentiment de
la nation, qui se prononcera le 29 septembre. Peut-être qu'au
départ, les autorités avaient-elles quelques raisons de penser que
le GSPC serait intéressé par une offre de ce genre, et qu'il
suffisait de nouer des pourparlers avec lui pour l'amener à suivre
l'exemple de l'AIS. Toujours est-il qu'au final rien de tel ne s'est
produit, et que la charte fait des propositions ressortant à
l'amnistie générale (générale en ce sens que ses dispositions
couvrent à peu près toutes les situations dans lesquelles sont
susceptibles de se trouver les terroristes) sans la garantie qu'il y
aura preneur. Sans doute, des "égarés" se saisiront de l'occasion
pour fausser compagnie à leur bande, mais de toute évidence on
n'assistera pas à un mouvement un tant soit peu significatif. Par
contre, il y a des raisons de craindre que la direction du GSPC se
lance d'ici la date du référendum dans l'escalade d'une part pour
bien montrer qu'elle rejette la charte, et de l'autre pour
soustraire ses soldats, en les plongeant dans un surcroît d'horreur,
à l'influence que peut s'exercer sur eux la perspective de
l'amnistie.
La deuxième grande
différence de la charte d'avec la concorde civile, c'est que
celle-ci était limitée dans le temps alors que les dispositions de
celle-là ne le sont pas. Ces dernières n'amnistient pas seulement
les crimes déjà commis, mais également, parce que justement elles
sont valables un temps indéterminé, ceux qui ne le sont pas encore,
et qui seront commis après leur entrée en vigueur. C'est ainsi que
les terroristes qui ont, par exemple, appelé à l'assassinat de nos
deux diplomates en poste à Bagdad, sont éligibles à l'amnistie aux
termes de la charte, dans la mesure où leur seul crime est celui-là,
s'ils n'ont pas trempés autrement dans un massacre collectif.
Mais il y a plus
grave ; cette charte, si elle était approuvée le 29 septembre,
amnistie par avance, ce qui est unique dans les annales, jusqu'aux
assassinats à venir. De sorte qu'on peut imaginer toutes sortes
d'horreurs susceptibles d'être conçues par des esprits diaboliques à
partir d'elle. Un terroriste, par exemple, qui a choisi de se
rendre, peut estimer qu'il n'a pas à le faire tout de suite et qu'il
ne le fera qu'après avoir liquidé un certain nombre d'ennemis,
personnels ou politiques, dans l'assurance où il est d'être
amnistié, dût-il revendiquer ses crimes.
Tenter de
mobiliser les électeurs en faveur de ce document en incriminant des
adversaires, à l'extérieur et à l'intérieur du pays, qui seraient
chagrinés de voir les Algériens se réconcilier entre eux, c'est
évidemment pure démagogie. De toute façon, la culpabilisation à
outrance pour s'assurer d'un vote massif le 29 septembre et la
diabolisation des adversaires politiques qui ne croient pas du tout
que le véritable but de l'opération soit celui que l'on proclame,
risquent de ne pas produire cette fois-ci les effets recherchés, car
l'état de l'opinion n'est pas celui de 1999. Ceux qui pensent que
les Algériens n'ont pas évolué depuis et qu'il suffit de faire un
tour de piste pour faire s'évaporer les doutes qui les habitent, ne
sont pas vraiment à l'écoute de leur société. A moins que ce ne soit
les chargés de mission qui leur racontent des histoires. Mais cela
revient de toute façon au même. Il est impossible de développer les
arguments fallacieux d'il y a six ans, comme si de l'eau n'avait pas
coulé sous les ponts entre-temps, ou comme si la sécurité était
revenue sur chaque pouce du pays, comme cela aurait dû être déjà une
réalité si les discours de 1999 n'étaient pas que des
discours.
M. Habili
Haut
Amnistie pour les terroristes, exclusion des douâate
Y a-t-il deux
façons de mener le djihad ?
Tout ce qu'il est
question d'exclure, ce sont ceux qui ont appelé au djihad. Voilà, au
fond, une qualité qui pose plus de problème qu'elle n'en résout, non
seulement parce qu'il est, encore une fois, extrêmement difficile de
dire qui a appelé au djihad de celui qui ne l'a pas fait, mais parce
tout cela se passait au sein d'une mouvance où chaque individu a
fait du djihad sa religion, son mode de vie, son chemin entre ce
monde et l'au-delà.
C'est assurément
une tiédeur inédite qui marque la campagne à l'adresse de l'opinion
nationale appelée à un vote qu'on souhaiterait massif, d'une égale
intensité au moins de la participation qui l'a mobilisée le 16
septembre 1999. Une période estivale dont la majorité n'est pas
encore détachée, un affichage omniprésent mais basé sur une
sémiologie totalement incompréhensible, des médias publics à court
d'imagination qui peinent à assurer le service minimum et, en fait,
un discours dont la seule source est le chef de l'Etat, loin de lui
la qualité de disposer du soutien franc et efficace des hommes qui
ont pour habitude de se faire les exégètes de ses intentions. Les
quelques meetings organisés ça et là à travers le pays par les
Ouyahia, Belkhadem et autres Soltani peinent à sortir l'électorat
d'une torpeur qui pourrait fortement tenir à la nature même du
document qu'on leur demande d'approuver. Le fait est qu'il ne s'agit
pas d'une concorde civile bis, mais de cela aussi et d'un plus dont,
il faut bien le dire, la majorité a du mal à saisir les tenants et
aboutissants. Pour peu qu'il est véritablement question de
réconciliation en les mêmes termes qu'il sied au commun des
Algériens d'en concevoir la nécessité, c'est-à-dire la réintégration
sociale des terroristes et, dans le juste besoin, la fin du
terrorisme, il reste difficile de deviner ce qu'il est encore
possible de proposer aux irréductible d'entre les terroristes pour
qu'ils cessent leur aventure sanglante, à moins d'un compromis qui,
à l'ombre de l'actuel rapport de force, n'a aucun lieu d'être. Et si
c'est pour le retour de la paix que l'opinion pense être appelée à
voter, il reste difficile de comprendre également la déclinaison
faite et le discours explicatif qui leur est servi. La première
contrainte dans la compréhension de la charte elle-même se situe
dans le fait qu'il leur est demandé de lire entre les lignes, de
voir au-delà de son contenu, ce qui suffit largement, n'est-ce pas,
à en dérouter plus d'un. Il suffit donc de se prêter au jeu de la
lecture au second degré auquel l'on serait invité pour se perdre en
conjectures. Aussi des questionnements inévitables naissent auprès
de l'opinion à mesure que le débat, ou plutôt la campagne en faveur
de la charte pour la paix et la réconciliation nationale avance.
Ainsi en est-il de celui qui pousse à vouloir comprendre l'un des
principes contenus dans ce document qui fonde une différence entre
un individu ayant appelé au djihad et un terroriste qui a commis des
assassinats. Car quand bien même le second n'a pas participé à un
massacre collectif, déposé une bombe dans un lieu public ou commis
un viol (encore qu'il faudrait qu'on nous dise de quelle manière s'y
prendre pour savoir qui a fait quoi dans la confusion générale qui
fut celle des années 1990), un meurtre est un meurtre. Il cause la
perte d'une vie humaine (quoi de plus précieux ?) et endeuille une
famille ou des familles entières qui ne comprendront jamais
l'injustice qu'un tel acte peut porter et qu'elles devront, elles,
subir pendant des années. Mais c'est à ce terroriste qu'il est
question de pardonner, l'amnistier, tandis qu'un sort autre est
réservé à ceux qui ont appelé au djihad.
Tout aurait été
limpide, à vrai dire, si le texte de la charte pour la paix et la
réconciliation nationale avait dissocié les exécutants des
commanditaires, encore que l'on retienne le principe évoqué plus
haut. Mais ce ne sont pas les chefs du terrorisme que l'on exclut
définitivement de la compétition politique ni les financiers ni ceux
ayant noué des liens avérés avec l'internationale terroriste. La
liberté d'expression et de mouvement de Madani Mezrag le prouvent
dans une grande mesure bien avant le scrutin. Et ce ne sont pas tous
les chefs de l'ex-FIS que l'on interdit de vie politique par devers
le 29 septembre prochain. Tout ce qu'il est question d'exclure, ce
sont ceux qui ont appelé au djihad. Voilà, au fond, une qualité qui
pose plus de problème qu'elle n'en résout, non seulement parce qu'il
est encore une fois extrêmement difficile de dire qui a appelé au
djihad de celui qui ne l'a pas fait, mais parce tout cela se passait
au sein d'une mouvance où chaque individu a fait du djihad sa
religion, son mode de vie, son chemin entre ce monde et l'au-delà.
De plus, imagine-t-on un chef terroriste lancer ses troupes dans une
attaque contre une caserne ou sur un faux barrage sans qu'il
s'agisse pour lui de donner un ordre relevant du djihad ? Et s'il
s'agit de voter pour cette charte sur ce point précis, c'est qu'il
est question de faire une croix sur toutes ces considérations qui,
il faut le dire, ont un lien avec la responsabilité de chacun et,
partant, avec la vérité des tristes faits survenus.
Autre question :
est-il moralement acceptable de faire accroire à une différence
entre deux assassins qui n'ont de différent que le nombre des
victimes et la manière dont ils s'y sont pris ? Quelle différence
pour la famille d'une victime du terrorisme que leur disparu soit
mort suite à un attentat à la bombe, égorgé dans un faux barrage ou
tué par balle au coude d'une ruelle ?
Ce genre
d'interrogations n'avait peut-être pas germé dans l'esprit de tous
les Algériens en 1999, certainement sous la coupe d'un traumatisme
collectif et de blessures encore vivaces et qui étaient pressés,
avant toute chose, que la sécurité revienne, que le bain de sang
s'arrête. Quitte à pardonner sans chercher à s'assurer d'autre chose
qui soit désormais vrai autant que celui qui fut un terroriste ne
l'est plus.
Mais aujourd'hui ?
Une grande part d'incompréhension est perceptible à l'égard du
texte, précisément parce qu'il introduit une dimension politique qui
n'existait pas dans le projet de la concorde civile. Amnistier les
terroristes qui ont pris le maquis, tué leurs compatriotes pour
donner le pouvoir au FIS et, du même coup, priver les leader de ce
parti de revenir sur la scène politique parce qu'ils ont lâché leurs
troupes relève tout bonnement de l'inexplicable. D'abord parce que
tout ce beau monde concourrait à un seul et unique objectif : une
dawla islamyia confisquée à la sortie des urnes. Tout cela semble
bien illogique, à moins d'admettre que, au regard des visées de la
charte et non de la morale politique, il est une différence entre
les uns et les autres, que l'on considère que les terroristes et les
douaâte ne sont pas du même côté de la barrière, qu'il ne sont pas
tout un.
A bien y voir, et
dans un sens précis, cela n'est pas tout à fait faux : les repentis
amnistiés auront de facto le droit de faire de la politique ; en
premier chef parce qu'ils sont amnistié, ensuite parce que le peuple
ne les désigne plus comme les premiers responsables de sa "tragédie
nationale", mais juste des égarés, des manipulés et, en conséquence,
des victimes à qui il ne reste plus qu'à rejoindre la majorité où il
est question de les insérer dans une seconde étape.
Entre-temps, tout
est fait pour dire qu'il n'est nullement dans les desseins des
repentis et de leurs chefs, qui ne se départissent point de ce
statut, d'aller plus loin. Ce qui reste à vérifier bien entendu, ne
serait-ce que parce que nul ne connaît les conditions dans
lesquelles s'est opérée la reddition de l'AIS dont tous les membres
sont d'ores et déjà graciés, mais aussi à voir avec quelle
divergence sont accueillis par les islamistes radicaux les projets
successifs du président Bouteflika dans sa démarche de
réconciliation nationale.
Quant aux
questions de principe, la charte, à partir de cette distinction
difficilement défendable, en instaure une autre. L'Etat est en
mesure de renoncer à son droit de poursuite contre ceux qui ont osé
briser son monopole sur les armes, pas ceux qui lui ont disputé
l'usage de la religion. Dans les deux cas de figure, des dérives
assassines ont eu lieu. Derrière les armes, il y avait un projet
obscurantiste et ce projet avait besoin de tuer. Dire que les
terroristes n'avaient aucun projet politique pendant qu'ils étaient
au maquis, ça sert déjà à nous convaincre qu'ils n'en auront pas une
fois de retour dans les villes. Et ce ne serait pas les diviser que
d'agir dans ce sens.
Nabil Benali
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