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Argentine
Retour de la
vieille garde sur la scène politique
A moins de deux
mois des législatives en Argentine, la scène politique se
caractérise par le retour d'anciennes personnalités pourtant
largement honnies et conspuées par la foule, en 2001, lors de la
grave crise socio-économique qui avait secoué le pays.
Symbole de ce
come-back, l'ancien président Carlos Menem (1989-1999), autrefois
pourchassé par la justice de son pays pour des accusations de
corruption, fait aujourd'hui campagne pour un siège de sénateur en
dépit du mépris dans lequel il est tenu par une grande partie des
Argentins. Mieux, il a décidé de revenir en politique main dans la
main avec Domingo Cavallo, son ancien ministre de l'Economie, qui
est parvenu pendant 11 ans à faire croire aux Argentins que le
dollar valait un peso argentin, avant de s'exiler prudemment aux
Etats-Unis après la débâcle économique de 2002 et la dévaluation du
peso.
Le retour de ceux
autrefois honnis par des milliers d'Argentins réclamant leur départ
à grands coups de casseroles devant la Casa Rosada, le palais de la
Présidence, a même inspiré un programme de la radio argentine.
L'un des
animateurs de cette radio a ironiquement décidé de constituer un
comité de soutien pour le retour d'Isabelita, troisième épouse de
l'ex-président Juan Peron et Présidente argentine de 1974 et 1976.
Son incurie avait plongé le pays dans le chaos et favorisé l'arrivée
des militaires et d'une dictature parmi les plus dures du continent.
Agée de 74 ans, Isabelita Peron vit aujourd'hui à Madrid.
Carlos Menem avait
recueilli 24,4% des voix au premier tour des élections
présidentielles de 2003, mais avait préféré renoncer à se présenter
au second tour pour éviter une défaite humiliante face au président
actuel Nestor Kirchner. Ce dernier avait alors reçu le soutien de
l'ancien président Edouardo Duhalde.
Autre phénix de la
politique argentine, Edouardo Duhalde qui, sans directement se
présenter aux législatives, joue un rôle non négligeable dans le
prochain scrutin. Ses partisans dans la province de Buenos Aires, où
vivent 40% des électeurs argentins et dont il est un ancien
gouverneur, luttent désormais à couteaux tirés avec le camp du
président Kirchner, bien que le Président actuel et son ancien
mentor se reconnaissent tous deux dans le péronisme. Les deux hommes
se battent par épouses interposées, Christina Kirchner et Hilda
Duhalde, deux ennemies de toujours, étant candidates toutes deux
dans la province de Buenos Aires. Péronistes comme leurs maris,
elles se disputent aussi l'héritage d'Evita Peron, seconde épouse de
Juan Peron, toujours adulée en Argentine plus d'un demi-siècle après
sa mort.
Ce retour des "ex"
Présidents est devenu, ces derniers jours, un thème de campagne pour
Nestor Kirchner. Ce dernier a publiquement dénoncé un "pacte de
déstabilisation" prétendument conclu entre Carlos Menem et Eduardo
Duhalde, destiné à abattre le projet de renouveau politique dont il
se dit le chef de file.
Un autre ancien
Président a fait son retour, mais de manière plus discrète. Raul
Alfonsin avait su rassembler les Argentins en devenant le premier
Président démocratique après la chute des militaires en 1983. Mais
son gouvernement était finalement tombé six ans plus tard sous les
coups répétés de la débâcle économique et de militaires putchistes.
Il n'est pas en première ligne, mais tire les ficelles derrière
plusieurs candidats du parti radical, comme par exemple l'acteur
Luis Brandoni.
Fernando De la
Rua, autre ex-Président, radical comme Raul Alfonsin, est pour le
moment le seul à ne pas tenter de revenir sur la scène politique. Il
est vrai qu'il est poursuivi pour corruption de sénateurs.
En revanche,
Adolfo Rodriguez Saa, lui aussi ancien Président, est candidat à un
poste de sénateur tout comme son allié Carlos Menem. Peut-être
espère-t-il durer davantage en politique après un mandat
présidentiel de sept jours, fin 2001, un record dans l'histoire de
l'Argentine.
Haut
Burundi
De nouveaux
défis à relever
Le Burundi, ravagé
par douze années de guerre civile, est entré dans une nouvelle phase
de son histoire après l'investiture, le 26 août, du président Pierre
Nkurunziza.
Cet évènement
consacre une transition politique entamée en novembre 2001, qui
s'est avérée globalement positive.
Le nouvel homme
fort, qui a proclamé sa détermination à redresser son pays, devra
toutefois relever des défis considérables.
Pierre Nkurunziza,
premier Président élu depuis le début, en 1993, d'une guerre civile
meurtrière entre des rebelles hutus et l'armée, encore récemment
dominée par la minorité tutsie, était aussi le chef du principal
mouvement rebelle.
L'histoire de ce
petit pays d'Afrique centrale a été jalonnée de massacres
interethniques depuis son indépendance en 1962.
La prestation de
serment de Pierre Nkurunziza est l'aboutissement d'un processus de
longue haleine, entamée en 1996 avec les premiers contacts entre le
pouvoir dominé par les Tutsis et la rébellion hutue, qui a compté
sept mouvements en armes au plus fort de la guerre.
Ces contacts
avaient abouti en 2000 à un accord de paix signé à Arusha en
Tanzanie entre le pouvoir et l'opposition politique, mais en
l'absence des rebelles. Au cœur de cet accord figurait un partage
plus équitable du pouvoir entre la majorité hutue (85% de la
population) et la minorité tutsie (14%), qui jusqu'alors détenait
les rênes du pouvoir.
Le processus
électoral, entamé le 28 février dernier et qui ne comprenait pas
moins de six scrutins, s'est déroulé dans un calme relatif au regard
du parcours tumultueux de ce pays.
Selon des
observateurs, la population du Burundi, qui s'est pliée avec
discipline au marathon électoral, a profité de l'occasion pour
marquer sa volonté de sortir de la guerre.
Dans son discours
d'investiture, le nouveau Président élu a brassé large, il s'est
notamment engagé à lutter contre la corruption, l'exclusion ethnique
et religieuse, la pauvreté et l'insécurité. Des thèmes très
populaires, qu'il doit maintenant traduire dans les faits.
De nombreux défis
attendent en effet le nouveau chef d'Etat, professeur de sport et
novice en politique, très discret jusqu'ici sur l'équipe qui va
l'entourer. Il y a une attente très forte de la population, qui
risque de s'impatienter si elle ne profite pas rapidement des
dividendes de la paix, note le commissaire européen au développement
Louis Michel.
Selon Willy
Nindorera, observateur burundais du processus de paix, les défis
portent notamment sur la situation socio-économique d'un pays ruiné
par la guerre, la "surpopulation" aggravée par le retour des
réfugiés et déplacés, ou "l'insécurité".
Autre question
épineuse, celle des Forces nationales de Libération (FNL), dernière
rébellion encore en armes au Burundi.
Pierre Nkurunziza,
quasiment assuré de son élection depuis le succès de son parti aux
élections communales du 3 juin, a appelé à plusieurs reprises les
FNL à négocier, mais sans résultat probant jusqu'ici.
Haut
USA
La CIA sur la
sellette
Un rapport interne
de la CIA met en cause son ex-patron, George Tenet, et plusieurs
hauts responsables de l'agence de renseignement américaine pour leur
absence d'efficacité face à Al-Qaîda avant les attentats du 11
septembre, selon une édition du New York Times parue la semaine
dernière.
Tenet, qui a
démissionné en juillet 2004 après sept années à la tête de l'agence
de renseignement américaine, se voit reprocher de ne pas avoir mis
en œuvre de plan stratégique contre l'organisation terroriste.
Le rapport
confidentiel évoque des problèmes structurels dans l'agence avant
les attentats du 11 sptembre.
Outre Tenet, il
critique un certain nombre de hauts fonctionnaires de la CIA. Le
rapport recommande que l'actuel directeur de l'agence, Porter Gros,
lance des procédures disciplinaires contre les fautifs. Ce dernier
pourrait être lui-même en position délicate puisqu'en tant que
président de la commission du renseignement de la Chambre des
représentants avant les attentats, il a directement influencé les
politiques de renseignements et l'action des agences.
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