Semaine du 31 août au 6 septembre 2005

 

Argentine

Retour de la vieille garde sur la scène politique

Burundi

De nouveaux défis à relever

USA

La CIA sur la sellette

 

 
 
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Argentine

Retour de la vieille garde sur la scène politique

A moins de deux mois des législatives en Argentine, la scène politique se caractérise par le retour d'anciennes personnalités pourtant largement honnies et conspuées par la foule, en 2001, lors de la grave crise socio-économique qui avait secoué le pays.

Symbole de ce come-back, l'ancien président Carlos Menem (1989-1999), autrefois pourchassé par la justice de son pays pour des accusations de corruption, fait aujourd'hui campagne pour un siège de sénateur en dépit du mépris dans lequel il est tenu par une grande partie des Argentins. Mieux, il a décidé de revenir en politique main dans la main avec Domingo Cavallo, son ancien ministre de l'Economie, qui est parvenu pendant 11 ans à faire croire aux Argentins que le dollar valait un peso argentin, avant de s'exiler prudemment aux Etats-Unis après la débâcle économique de 2002 et la dévaluation du peso.

Le retour de ceux autrefois honnis par des milliers d'Argentins réclamant leur départ à grands coups de casseroles devant la Casa Rosada, le palais de la Présidence, a même inspiré un programme de la radio argentine.

L'un des animateurs de cette radio a ironiquement décidé de constituer un comité de soutien pour le retour d'Isabelita, troisième épouse de l'ex-président Juan Peron et Présidente argentine de 1974 et 1976. Son incurie avait plongé le pays dans le chaos et favorisé l'arrivée des militaires et d'une dictature parmi les plus dures du continent. Agée de 74 ans, Isabelita Peron vit aujourd'hui à Madrid.

Carlos Menem avait recueilli 24,4% des voix au premier tour des élections présidentielles de 2003, mais avait préféré renoncer à se présenter au second tour pour éviter une défaite humiliante face au président actuel Nestor Kirchner. Ce dernier avait alors reçu le soutien de l'ancien président Edouardo Duhalde.

Autre phénix de la politique argentine, Edouardo Duhalde qui, sans directement se présenter aux législatives, joue un rôle non négligeable dans le prochain scrutin. Ses partisans dans la province de Buenos Aires, où vivent 40% des électeurs argentins et dont il est un ancien gouverneur, luttent désormais à couteaux tirés avec le camp du président Kirchner, bien que le Président actuel et son ancien mentor se reconnaissent tous deux dans le péronisme. Les deux hommes se battent par épouses interposées, Christina Kirchner et Hilda Duhalde, deux ennemies de toujours, étant candidates toutes deux dans la province de Buenos Aires. Péronistes comme leurs maris, elles se disputent aussi l'héritage d'Evita Peron, seconde épouse de Juan Peron, toujours adulée en Argentine plus d'un demi-siècle après sa mort.

Ce retour des "ex" Présidents est devenu, ces derniers jours, un thème de campagne pour Nestor Kirchner. Ce dernier a publiquement dénoncé un "pacte de déstabilisation" prétendument conclu entre Carlos Menem et Eduardo Duhalde, destiné à abattre le projet de renouveau politique dont il se dit le chef de file.

Un autre ancien Président a fait son retour, mais de manière plus discrète. Raul Alfonsin avait su rassembler les Argentins en devenant le premier Président démocratique après la chute des militaires en 1983. Mais son gouvernement était finalement tombé six ans plus tard sous les coups répétés de la débâcle économique et de militaires putchistes. Il n'est pas en première ligne, mais tire les ficelles derrière plusieurs candidats du parti radical, comme par exemple l'acteur Luis Brandoni.

Fernando De la Rua, autre ex-Président, radical comme Raul Alfonsin, est pour le moment le seul à ne pas tenter de revenir sur la scène politique. Il est vrai qu'il est poursuivi pour corruption de sénateurs.

En revanche, Adolfo Rodriguez Saa, lui aussi ancien Président, est candidat à un poste de sénateur tout comme son allié Carlos Menem. Peut-être espère-t-il durer davantage en politique après un mandat présidentiel de sept jours, fin 2001, un record dans l'histoire de l'Argentine.

 

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Burundi

De nouveaux défis à relever

Le Burundi, ravagé par douze années de guerre civile, est entré dans une nouvelle phase de son histoire après l'investiture, le 26 août, du président Pierre Nkurunziza.

Cet évènement consacre une transition politique entamée en novembre 2001, qui s'est avérée globalement positive.

Le nouvel homme fort, qui a proclamé sa détermination à redresser son pays, devra toutefois relever des défis considérables.

Pierre Nkurunziza, premier Président élu depuis le début, en 1993, d'une guerre civile meurtrière entre des rebelles hutus et l'armée, encore récemment dominée par la minorité tutsie, était aussi le chef du principal mouvement rebelle.

L'histoire de ce petit pays d'Afrique centrale a été jalonnée de massacres interethniques depuis son indépendance en 1962.

La prestation de serment de Pierre Nkurunziza est l'aboutissement d'un processus de longue haleine, entamée en 1996 avec les premiers contacts entre le pouvoir dominé par les Tutsis et la rébellion hutue, qui a compté sept mouvements en armes au plus fort de la guerre.

Ces contacts avaient abouti en 2000 à un accord de paix signé à Arusha en Tanzanie entre le pouvoir et l'opposition politique, mais en l'absence des rebelles. Au cœur de cet accord figurait un partage plus équitable du pouvoir entre la majorité hutue (85% de la population) et la minorité tutsie (14%), qui jusqu'alors détenait les rênes du pouvoir.

Le processus électoral, entamé le 28 février dernier et qui ne comprenait pas moins de six scrutins, s'est déroulé dans un calme relatif au regard du parcours tumultueux de ce pays.

Selon des observateurs, la population du Burundi, qui s'est pliée avec discipline au marathon électoral, a profité de l'occasion pour marquer sa volonté de sortir de la guerre.

Dans son discours d'investiture, le nouveau Président élu a brassé large, il s'est notamment engagé à lutter contre la corruption, l'exclusion ethnique et religieuse, la pauvreté et l'insécurité. Des thèmes très populaires, qu'il doit maintenant  traduire dans les faits.

De nombreux défis attendent en effet le nouveau chef d'Etat, professeur de sport et novice en politique, très discret jusqu'ici sur l'équipe qui va l'entourer. Il y a une attente très forte de la population, qui risque de s'impatienter si elle ne profite pas rapidement des dividendes de la paix, note le commissaire européen au développement Louis Michel.

Selon Willy Nindorera, observateur burundais du processus de paix, les défis portent notamment sur la situation socio-économique d'un pays ruiné par la guerre, la "surpopulation" aggravée par le retour des réfugiés et déplacés, ou "l'insécurité".

Autre question épineuse, celle des Forces nationales de Libération (FNL), dernière rébellion encore en armes au Burundi.

Pierre Nkurunziza, quasiment assuré de son élection depuis le succès de son parti aux élections communales du 3 juin, a appelé à plusieurs reprises les FNL à négocier, mais sans résultat probant jusqu'ici.

 

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USA

La CIA sur la sellette

Un rapport interne de la CIA met en cause son ex-patron, George Tenet, et plusieurs hauts responsables de l'agence de renseignement américaine pour leur absence d'efficacité face à Al-Qaîda avant les attentats du 11 septembre, selon une édition du New York Times parue la semaine dernière.

Tenet, qui a démissionné en juillet 2004 après sept années à la tête de l'agence de renseignement américaine, se voit reprocher de ne pas avoir mis en œuvre de plan stratégique contre l'organisation terroriste.

Le rapport confidentiel évoque des problèmes structurels dans l'agence avant les attentats du 11 sptembre.

Outre Tenet, il critique un certain nombre de hauts fonctionnaires de la CIA. Le rapport recommande que l'actuel directeur de l'agence, Porter Gros, lance des procédures disciplinaires contre les fautifs. Ce dernier pourrait être lui-même en position délicate puisqu'en tant que président de la commission du renseignement de la Chambre des représentants avant les attentats, il a directement influencé les politiques de renseignements et l'action des agences.    

 

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