Semaine du 31 août au 6 septembre 2005

 

Un mois nous sépare du référendum sur la charte

Plus on avance, moins on comprend

 

 
 
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Un mois nous sépare du référendum sur la charte

Plus on avance, moins on comprend

Jusqu'au jour ultime du 29 septembre, il ne fait pas l'ombre d'un doute que le projet de charte pour la paix et la réconciliation fera l'essentiel de l'actualité nationale. Et pour cause, le projet en question est apprécié et perçu

différemment..

A défaut de l'ouverture d'un débat sur le sujet, c'est la presse indépendante qui tente, en ouvrant ses colonnes à divers acteurs, de situer les tenants et les aboutissants de la démarche. L'issue finale du scrutin est loin d'être déterminée à l'avance. El Khabar souligne dans son édition du mercredi 24 août qu'à un peu plus d'un mois du référendum, "partisans et opposants sont face à face". "Le choix des Algériens sera respecté." C'est ce qu'a retenu La Dépêche de Kabylie du discours prononcé, mardi 23 février, par Abdelaziz Bouteflika à l'occasion de l'installation officielle du Conseil supérieur de magistrature. Reste, estime ce quotidien,  que "la nécessité de ne compter que sur les bonnes volontés du pays pour recouvrer  la paix et d'écarter toute ingérence étrangère a été le point nodal de l'intervention du premier magistrat du pays  qui signifiera formellement, que la solution ne pourrait venir de l'extérieur et on a foi en notre peuple qui saura relever les défis", d'autant, ajoute Le Jeune Indépendant, qu'il n'y a pas d'autre issue.

Pas d'autre issue

C'est du moins ce qui est permis de penser au regard de son titre de Une du mercredi 24 août. Ainsi, rapporte-t-il dans son édition les propos de A. Bouteflika qui affirmait que "nous n'avons pas d'autre choix".  De même qu'il est rapporté, en pages intérieures, le soutien apporté à Bouteflika par des personnalités. Selon la rédactrice, "plusieurs personnalités  nationales, d'horizons divers, ont apporté leur soutien à la démarche de réconciliation nationale et au projet de charte pour la paix soumis à référendum le 29 septembre prochain".

El Djazair News du samedi 27 a donné la parole à Abdelkader Boukhamkhem.  "On ne boycottera pas le référendum", a-t-il déclaré dans un entretien réalisé par ce quotidien. Selon ce dirigeant du FIS dissous, "la direction politique n'a pris, pour l'heure, aucune décision dans le sens du boycott". Il a ajouté que "des entretiens sont entrepris actuellement pour discuter du contenu et examiner les équilibres annoncés par le président de la République".

Al Fadjr du samedi 27 annonce que "Rabah Kébir révèle l'existence de contacts avec le pouvoir pour son retour en Algérie". De son côté, La Nouvelle République signale, en Une de son édition du jeudi 25 août, que "les arouch (sont) pour la paix".  C'est, indique le rédacteur, ce qui ressort d'une rencontre nationale tenue à Béjaïa dans le cadre de l'université d'été. Les participants du mouvement citoyen des arouch en Kabylie, aile dialoguiste, devaient se réunir pour faire le "bilan sur le dialogue" et examiner les "perspectives du mouvement". Dans son allocution d'ouverture, Belaid Abrika, est-il rapporté, a affirmé : "Au sujet du référendum du 29 septembre prochain qui aura à se prononcer sur le projet de réconciliation nationale annoncé par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, s'est déclaré favorable pour mettre fin à l'effusion du sang."

Le Jour d'Algérie du mercredi 24 août consacre sa première ouverture aux propos tenus par Madani Mezrag. L'ancien chef de l'AIS a, entre autres, déclaré que "80% du GSPC (sont) prêts à se rendre".

Trouble-fête ?

Le  rédacteur de ce quotidien souligne que "dans une sortie publique plus ou moins attendue, Madani Mezrag n'a pas hésité à assimiler la charte pour la paix et la réconciliation nationale, insuffisante à ses yeux pour un règlement définitif, à la loi pour la concorde bis". Et si El Watan estime que "Madani Mezrag (est appelé) en renfort" puisqu'il affirme "soutenir sans réserve le projet de charte proposé par le chef de l'Etat", Liberté rappelle qu'"alors que le Président propose une charte pour tourner la page de la tragédie", l'ancien émir de l'AIS, bras armé du FIS dissous "Madani Mezrag assume ses actes et menace". Cette sortie a inspiré l'éditorialiste du Jour d'Algérie du jeudi 25 août qui affirme que "voir la bobine de Madani Mezrag à la Une de quelques uns  de nos confrères, à un moment où le projet de charte pour la paix et la réconciliation nationale indique que les anciens cadres du FIS dissous sont définitivement exclus du jeu politique, a de quoi inciter à une réflexions sérieuse sur les jeux étranges qui se déroulent sous nos yeux". Il ajoute : "A y regarder de plus près, nous sommes là, face à des activités qu'aurait parfaitement pu assumer la fameuse Cnag, mais sans la Cnag." Plus loin, il indique que "l'entendre dire aujourd'hui que son combat était juste, alors que nous savons qu'il a consisté à assassiner des soldats, des policiers et des gendarmes algériens, a quelque chose de terriblement outrageant qui plonge une grande partie de l'opinion publique dans un profond désarroi. Surtout lorsqu'elle entend que le projet sur lequel elle est appelée à se prononcer n'est que le prélude à un projet encore plus vaste qui vise à quelque chose de plus global". C'est pourquoi, conclut-il, "le trouble ainsi jeté  au sein de l'opinion (…) indique en tout cas que les fameux équilibres nationaux ne sont ni  acceptés ni respectés par tous, et ce, au sein même du Pouvoir". Un constat qui pousse l'éditorialiste à s'interroger : "Alors pourquoi les invoquer, si c'est pour tenter de les rompre tout de suite après ?"

Pas d'amnistie générale

Une seule certitude semble s'imposer au fil des discours ; elle a fait la Une de tous les titres de la presse écrite du samedi 27 août.  Elle a été rappelée, à partir de Sétif, par le président de la République. Ainsi La Tribune de ce jour annonce : "La réconciliation n'est pas l'amnistie générale." Dans un commentaire, ce quotidien souligne qu'"il faut reconnaître honnêtement au chef de l'Etat d'avoir su combiner un complexe jeu d'appareils et un soutien populaire pour s'imposer à tous". Le rédacteur poursuit en précisant que "les éradicateurs affirment qu'il fait le jeu des islamistes et beaucoup de ces derniers sont persuadés qu'il fait que blanchir les généraux". C'est pourquoi ajoute-t-il,  "lorsque chacun aura décompté ses propres pertes et totalisé les positions perdues ou gagnées, il sera temps peut-être d'avoir quelques pensées pour les simples soldats qui ont été massacrés parce qu'ils ont simplement obéi à des ordres. Et des pensées pour les enfants orphelins de pères terroristes et qui vont vivre dans ce pays qui est le leur. Quant à l'après-29 septembre, c'est une autre partition encore inconnue".

Le Soir d'Algérie, de son côté, affirme en Une de son édition du mercredi 24 août  que "la lutte contre le terrorisme continue". Le rédacteur qui rapporte cette affirmation se demande si "les fortes oppositions au sommet au projet initial de Bouteflika, qui consistait à décréter tout simplement une amnistie générale, sont-elles également à l'origine de ce changement de ton ?". Il conclut que c'est "fort probable".

Nadia Kerraz 

 

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