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Un mois nous
sépare du référendum sur la charte
Plus on avance,
moins on comprend
Jusqu'au jour
ultime du 29 septembre, il ne fait pas l'ombre d'un doute que le
projet de charte pour la paix et la réconciliation fera l'essentiel
de l'actualité nationale. Et pour cause, le projet en question est
apprécié et perçu
différemment..
A défaut de
l'ouverture d'un débat sur le sujet, c'est la presse indépendante
qui tente, en ouvrant ses colonnes à divers acteurs, de situer les
tenants et les aboutissants de la démarche. L'issue finale du
scrutin est loin d'être déterminée à l'avance. El Khabar souligne
dans son édition du mercredi 24 août qu'à un peu plus d'un mois du
référendum, "partisans et opposants sont face à face". "Le choix des
Algériens sera respecté." C'est ce qu'a retenu La Dépêche de Kabylie
du discours prononcé, mardi 23 février, par Abdelaziz Bouteflika à
l'occasion de l'installation officielle du Conseil supérieur de
magistrature. Reste, estime ce quotidien, que "la nécessité de ne
compter que sur les bonnes volontés du pays pour recouvrer la paix
et d'écarter toute ingérence étrangère a été le point nodal de
l'intervention du premier magistrat du pays qui signifiera
formellement, que la solution ne pourrait venir de l'extérieur et on
a foi en notre peuple qui saura relever les défis", d'autant, ajoute
Le Jeune Indépendant, qu'il n'y a pas d'autre issue.
Pas d'autre
issue
C'est du moins ce
qui est permis de penser au regard de son titre de Une du mercredi
24 août. Ainsi, rapporte-t-il dans son édition les propos de A.
Bouteflika qui affirmait que "nous n'avons pas d'autre choix". De
même qu'il est rapporté, en pages intérieures, le soutien apporté à
Bouteflika par des personnalités. Selon la rédactrice, "plusieurs
personnalités nationales, d'horizons divers, ont apporté leur
soutien à la démarche de réconciliation nationale et au projet de
charte pour la paix soumis à référendum le 29 septembre prochain".
El Djazair News du
samedi 27 a donné la parole à Abdelkader Boukhamkhem. "On ne
boycottera pas le référendum", a-t-il déclaré dans un entretien
réalisé par ce quotidien. Selon ce dirigeant du FIS dissous, "la
direction politique n'a pris, pour l'heure, aucune décision dans le
sens du boycott". Il a ajouté que "des entretiens sont entrepris
actuellement pour discuter du contenu et examiner les équilibres
annoncés par le président de la République".
Al Fadjr du samedi
27 annonce que "Rabah Kébir révèle l'existence de contacts avec le
pouvoir pour son retour en Algérie". De son côté, La Nouvelle
République signale, en Une de son édition du jeudi 25 août, que "les
arouch (sont) pour la paix". C'est, indique le rédacteur, ce qui
ressort d'une rencontre nationale tenue à Béjaïa dans le cadre de
l'université d'été. Les participants du mouvement citoyen des arouch
en Kabylie, aile dialoguiste, devaient se réunir pour faire le
"bilan sur le dialogue" et examiner les "perspectives du mouvement".
Dans son allocution d'ouverture, Belaid Abrika, est-il rapporté, a
affirmé : "Au sujet du référendum du 29 septembre prochain qui aura
à se prononcer sur le projet de réconciliation nationale annoncé par
le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, s'est déclaré
favorable pour mettre fin à l'effusion du sang."
Le Jour d'Algérie
du mercredi 24 août consacre sa première ouverture aux propos tenus
par Madani Mezrag. L'ancien chef de l'AIS a, entre autres, déclaré
que "80% du GSPC (sont) prêts à se rendre".
Trouble-fête ?
Le rédacteur de
ce quotidien souligne que "dans une sortie publique plus ou moins
attendue, Madani Mezrag n'a pas hésité à assimiler la charte pour la
paix et la réconciliation nationale, insuffisante à ses yeux pour un
règlement définitif, à la loi pour la concorde bis". Et si El Watan
estime que "Madani Mezrag (est appelé) en renfort" puisqu'il affirme
"soutenir sans réserve le projet de charte proposé par le chef de
l'Etat", Liberté rappelle qu'"alors que le Président propose une
charte pour tourner la page de la tragédie", l'ancien émir de l'AIS,
bras armé du FIS dissous "Madani Mezrag assume ses actes et menace".
Cette sortie a inspiré l'éditorialiste du Jour d'Algérie du jeudi 25
août qui affirme que "voir la bobine de Madani Mezrag à la Une de
quelques uns de nos confrères, à un moment où le projet de charte
pour la paix et la réconciliation nationale indique que les anciens
cadres du FIS dissous sont définitivement exclus du jeu politique, a
de quoi inciter à une réflexions sérieuse sur les jeux étranges qui
se déroulent sous nos yeux". Il ajoute : "A y regarder de plus près,
nous sommes là, face à des activités qu'aurait parfaitement pu
assumer la fameuse Cnag, mais sans la Cnag." Plus loin, il indique
que "l'entendre dire aujourd'hui que son combat était juste, alors
que nous savons qu'il a consisté à assassiner des soldats, des
policiers et des gendarmes algériens, a quelque chose de
terriblement outrageant qui plonge une grande partie de l'opinion
publique dans un profond désarroi. Surtout lorsqu'elle entend que le
projet sur lequel elle est appelée à se prononcer n'est que le
prélude à un projet encore plus vaste qui vise à quelque chose de
plus global". C'est pourquoi, conclut-il, "le trouble ainsi jeté au
sein de l'opinion (…) indique en tout cas que les fameux équilibres
nationaux ne sont ni acceptés ni respectés par tous, et ce, au sein
même du Pouvoir". Un constat qui pousse l'éditorialiste à
s'interroger : "Alors pourquoi les invoquer, si c'est pour tenter de
les rompre tout de suite après ?"
Pas d'amnistie
générale
Une seule
certitude semble s'imposer au fil des discours ; elle a fait la Une
de tous les titres de la presse écrite du samedi 27 août. Elle a
été rappelée, à partir de Sétif, par le président de la République.
Ainsi La Tribune de ce jour annonce : "La réconciliation n'est pas
l'amnistie générale." Dans un commentaire, ce quotidien souligne
qu'"il faut reconnaître honnêtement au chef de l'Etat d'avoir su
combiner un complexe jeu d'appareils et un soutien populaire pour
s'imposer à tous". Le rédacteur poursuit en précisant que "les
éradicateurs affirment qu'il fait le jeu des islamistes et beaucoup
de ces derniers sont persuadés qu'il fait que blanchir les
généraux". C'est pourquoi ajoute-t-il, "lorsque chacun aura
décompté ses propres pertes et totalisé les positions perdues ou
gagnées, il sera temps peut-être d'avoir quelques pensées pour les
simples soldats qui ont été massacrés parce qu'ils ont simplement
obéi à des ordres. Et des pensées pour les enfants orphelins de
pères terroristes et qui vont vivre dans ce pays qui est le leur.
Quant à l'après-29 septembre, c'est une autre partition encore
inconnue".
Le Soir d'Algérie,
de son côté, affirme en Une de son édition du mercredi 24 août que
"la lutte contre le terrorisme continue". Le rédacteur qui rapporte
cette affirmation se demande si "les fortes oppositions au sommet au
projet initial de Bouteflika, qui consistait à décréter tout
simplement une amnistie générale, sont-elles également à l'origine
de ce changement de ton ?". Il conclut que c'est "fort probable".
Nadia Kerraz
Haut
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