Semaine du 24 au 30 Mai 2006

Proche-Orient

Abbas propose un référendum pour sortir de la crise

Etats-unis

George Bush reconnaît « certaines erreurs en Irak »

 

 
 
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Abbas propose un référendum pour sortir de la crise

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a accordé un délai de dix jours au Hamas pour s'entendre sur un programme politique avec le Fatah, faute de quoi il organisera un référendum sur une initiative de sortie de crise. Mahmoud Abbas s'exprimait à l'ouverture d'un "dialogue national" destiné à mettre fin à la crise politico-financière et aux violences entre partisans du Hamas et du Fatah, qui ont fait dix morts ces dernières semaines à Gaza. Le "dialogue national" a été l'occasion pour Mahmoud Abbas et pour le Premier ministre issu du Hamas Ismaïl Haniyeh, de lancer des appels véhéments pour empêcher que les heurts à Gaza ne virent à la "guerre civile". "Il ne faut pas recourir aux armes car le sang palestinien est sacré", a déclaré le président de l’Autorité palestinienne à son QG de Ramallah, la Mouqataa, dans une allocution retransmise vers Gaza par vidéoconférence. Le dialogue se tenait  en effet simultanément à Gaza, dans une salle de conférence, en raison de l'interdiction faite par Israël aux membres du Hamas et à d'autres groupes de se déplacer entre la Cisjordanie et la bande de Gaza. " Si le dialogue n'aboutit pas d'ici dix jours, je soumettrai le document élaboré par les prisonniers à référendum sous 40 jours", a déclaré Mahmoud Abbas. Il se référait au "document d'entente nationale" préparé par des cadres de mouvements palestiniens détenus en Israël et rendu public le 10 mai. Ce document suggère notamment de confiner la "résistance" aux territoires occupés -- c'est-à-dire la fin des attentats en Israël--, la formation d'un gouvernement d'union nationale et la création d'un Etat palestinien dans les territoires occupés par Israël en 1967, ce qui constituerait une reconnaissance implicite d'Israël, une éventualité jusqu'ici rejetée par le Hamas. Le Hamas, dont le gouvernement est boycotté par les Etats-Unis et l'Europe et privé d'aides internationales pour son refus de reconnaître Israël et de renoncer à la violence, a estimé que la tenue d'un référendum constituait une "tentative de pression" de la part du leader palestinien. "Présenter cette idée avant le dialogue est prématuré. Cela représente une tentative de pression dans le but d'imposer une certaine vision et des conditions au dialogue", a affirmé un porte-parole du Hamas, Sami Abou Zouhri. "Pourquoi contourner le Parlement aujourd'hui et aller directement à un référendum alors que cela ne s'est jamais produit auparavant", s'est-il interrogé. En dépit des déclarations de bonne intention du président de l’Autorité palestinienne et du premier ministre pour calmer le jeu, les violences partisanes se poursuivent à Gaza. Outre le Fatah et le Hamas, des représentants d'une dizaine d'autres factions, des maires, des dignitaires religieux, des universitaires et des représentants de la société civile ont participé au "dialogue". En se montrant déterminé à organisé un referendum pour sortir de la crise politico-financière, Mahmoud Abbas fait un pari à l’issue politique incertaine : résoudre la crise palestinienne ou l’aggraver.

 

Etats-unis

George Bush reconnaît « certaines erreurs en Irak »

Le président George Bush a reconnu que certaines expressions qu'il avait employées concernant l'insurrection irakienne n'avaient pas été des mieux choisies, et estimé que le scandale des mauvais traitements à la prison d'Abou Ghraïb avait constitué la plus lourde erreur de son administration en Irak depuis l'invasion de mars 2003. Interrogé lors d'une conférence de presse commune avec le Premier ministre britannique Tony Blair, qu'il venait de recevoir à la Maison blanche, Bush a estimé que l'affaire d'Abou Ghraïb, où des soldats américains avaient commis des abus sur des détenus irakiens, était "la plus grave erreur commise jusqu'à présent, au moins pour ce qui est l'engagement de notre pays en Irak (...)." "Nous en paierons le prix pendant longtemps", a dit Bush. Bush a déclaré d'autre part que certaines expressions qu'il avait pu utiliser à propos des insurgés irakiens relevaient "d'une sorte de langage cru, vous savez, qui a envoyé un mauvais message aux gens". "J'ai appris à m'exprimer d'une manière un peu plus soutenue, vous savez. 'Recherché, mort ou vif', ce genre d'expressions: Je pense que dans certaines parties du monde, elle a été mal interprétée". Tony Blair a reconnu de son côté que les efforts entrepris pour purger l'armée irakienne des membres de l'ancien Parti Baath de Saddam Hussein - processus appelé débaassification - aurait pu être mené de meilleure façon. "Je pense qu'il est facile de revenir sur les erreurs que nous avons pu commettre. Mais la raison principale pour laquelle l'Irak est synonyme de difficulté, c'est la détermination de nos adversaires à nous battre. Et je ne pense pas que nous devions en être surpris", a estimé Blair. Le chef du gouvernement britannique a déclaré d'autre part qu'il était du devoir de la communauté internationale dans son entier, tout comme de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis, de soutenir le nouveau gouvernement irakien. Les deux dirigeants ont reconnu que la décision d'envahir l'Irak en mars-avril 2003 avait divisé la communauté internationale, mais ont estimé que le moment était venu de regarder vers l'avenir maintenant que les Irakiens avaient voté et élu démocratiquement un nouveau gouvernement. "Il est de notre devoir, mais aussi du devoir de la communauté internationale dans son intégralité, de soutenir ce gouvernement", a dit Blair. Le nouveau Premier ministre irakien, Nouri al Maliki, estime que les forces irakiennes seront capables d'assumer les missions de sécurité dans le pays dans un an et demi, mais ajoute qu'elles doivent enrôler davantage, se consacrer davantage à l'entraînement, et qu'elles ont besoin d'un équipement plus conséquent. Blair et Bush se sont refusé à fixer un calendrier de retrait des forces américaines et britanniques d'Irak. "Je veux que nos troupes partent", a dit Bush, tout en réitérant la position des Etats-Unis selon laquelle les Américains doivent au préalable achever leur mission en Irak. "Avant toute chose, nous allons oeuvrer avec nos partenaires en Irak, avec le nouveau gouvernement, pour déterminer la meilleure manière d'atteindre l'objectif d'un Irak qui peut se gouverner par lui-même et se défendre par lui-même", a dit Bush. Il reste en Irak 132.000 soldats américains et 8.000 militaires britanniques. Les deux alliés pâtissent de leur engagement en Irak, où l'insécurité persiste. Ils sont soucieux de montrer que la situation évolue dans le bon sens, et la formation il y a quelques jours d'un gouvernement d'union nationale par le chiite Nouri al Maliki constitue l'un de leurs rares arguments. Bush, qui ne perd pas de vue les élections de mi-mandat qui remettront en jeu une partie des sièges au Congrès en novembre, a déclaré cette semaine que les forces américaines allaient progressivement adopter une posture de soutien aux forces irakiennes, lesquelles passeraient donc au premier plan. Le duo Bush-Blair qui a décidé d’envahir l’Irak en inventant de toutes pièces des prétextes, reconnaît aujourd’hui des « erreurs », mais c’est l’arbre qui cache la forêt…. Le pays est aujourd’hui à feu et à sang, doté d’un gouvernement croupion…pas difficile de savoir qui en porte la responsabilité…

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