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Politique algérienne des visas
Entre
«ouverture» et «réciprocité»
Est-il possible
pour l’Algérie de produire un discours d’ouverture destiné à attirer
les investisseurs étrangers et vouloir atteindre environ deux
millions de touristes étrangers par an à l’horizon 2013, tout en
continuant à appliquer une politique de réciprocité en matière
d’octroi des visas d’entrée sur son territoire à des citoyens issus
de pays occidentaux (Europe, Canada, Etats-Unis…) ?
Selon les chiffres
officiels livrés par le ministère de tutelle, près de 1,5 million de
touristes ont visité l’Algérie durant l’année écoulée. Les
statistiques sont ce qu’elles sont, en Algérie, et il est permis
d’en douter. Avec des capacités d’accueil aussi médiocres en qualité
et en quantité, ce chiffre devrait être revu à la baisse. En effet,
le parc touristique algérien, qui ne dispose que de 82 000 lits, ne
peut accueillir 1,5 million de touristes. A moins que dans les
statistiques du ministère du Tourisme on ait comptabilisé les
retours saisonniers des émigrés algériens qui viennent au pays pour
passer leurs vacances d’été, les centaines de journalistes qui ont
couvert le référendum de septembre 2005, les responsables
d’entreprises étrangères installées en Algérie et les membres des
différents délégations d’hommes d’affaires (français, italiens,
allemands et autres) qui ont séjourné en Algérie au cours de cette
même année.
Déjà que la part
du tourisme dans le PIB de l’Algérie est très faible (de l’ordre de
6% selon une récente étude du réseau ANIMA des agences de promotion
des investissements dans les pays de la Méditerranée), les pouvoirs
publics ne font pas grand-chose pour améliorer la situation.
L’étude d’ANIMA
(avril 2006) explique la faiblesse des flux touristiques en Algérie
(et dans d’autres pays comme la Libye) par «une absence de volonté
politique».
L’activité
touristique en Algérie est, d’ailleurs, la plus faible parmi les 12
pays du pourtour méditerranéen. Sur les 1,23 million d’arrivées
internationales en 2004, «près des trois quarts sont des résidents
algériens à l’étranger», révèle l’étude en question. Le nombre de
touristes étrangers, provenant essentiellement d’Europe et des pays
du Maghreb, est estimé à 370 000 en 2004 (ce qui correspond au
nombre de visas attribués par nos représentations consulaires durant
cette année, ce qui est très peu).
Les recettes
touristiques de l’Algérie, y compris l’argent des émigrés, sont
estimées à 100 millions d’euros.
Le plus étonnant,
selon cette étude, c’est que plus de 1,4 million d’Algériens se sont
rendus à l’étranger en 2004. Ce qui suppose moins de problèmes de
visas pour nos compatriotes.
Dans la partie
réservée à la stratégie algérienne de relance du tourisme, les
rédacteurs du document du réseau ANIMA croient savoir que dans les
actions programmées, les autorités algériennes prévoient, en plus
des projets d’extension des capacités d’accueil, des facilités qui
seront accordées aux investisseurs, de «faciliter les procédures
d’entrée et de sortie du territoire».
En attendant que
cela soit, les procédures d’entrée sur le territoire algérien
restent très difficiles pour les touristes et en particulier les
Occidentaux. Pourtant, dans le discours officiel, il est souvent
question de faciliter l’accès aux investissements directs étrangers
et d’encourager le tourisme. Dans la réalité, la situation est tout
autre. Car, avant même de faire face aux problèmes liés à
l’environnement économique algérien, tout investisseur étranger
potentiel doit d’abord affronter les lancinantes démarches pour
l’obtention d’un visa d’entrée en Algérie. Il en est de même pour
ceux qui veulent y venir pour le tourisme.
L’objectif ici
n’est pas de suggérer aux pouvoirs publics de faciliter l’octroi des
visas aux étrangers, mais de leur demander seulement d’être logiques
et d’opter pour une stratégie claire et nette. En effet, il est
inconcevable de continuer à prôner un discours d’ouverture
économique vis-à-vis de l’étranger et de crier sur tous les toits
que l’Algérie dispose d’un plan de relance pour son secteur
touristique dont le but est d’attirer des millions de touristes,
tout en gardant telle quelle la politique d’octroi des visas sous
prétexte de «réciprocité» vis-à-vis des pays occidentaux qui ont une
politique restrictive en matière de visas.
Il faut savoir que
l’Algérie est un des rares pays du monde arabe (avec la Libye) à
imposer des visas d’entrée aux citoyens américains, canadiens et
européens en général. Il faut savoir qu’un citoyen tunisien,
marocain, égyptien ou jordanien a besoin d’un visa pour aller aux
Etats-Unis ou dans n’importe quel pays de l’Union européenne. Par
contre, un citoyen (opérateur économique ou simple touriste)
américain ou européen peut visiter ces pays arabes sans visa. En
d’autres termes, la Tunisie, le Maroc, l’Egypte, la Jordanie, le
Liban et d’autres n’opposent aucune réciprocité aux Américains et ni
aux Européens, non pas parce qu’ils n’en sont pas capables, ou
qu’ils n’ont pas d’orgueil, mais parce qu’ils sont pragmatiques et
préfèrent attirer les touristes, les investissements et l’argent qui
en découle.
Plusieurs
voyagistes s’accordent à dire que la politique algérienne des visas
«est un obstacle non négligeable, à côté du manque d’infrastructures
hôtelières, à l’expansion du tourisme en Algérie». Plusieurs agences
de voyages algériennes ont perdu d’importants marchés à cause de la
difficulté pour les touristes européens d’obtenir facilement et à
temps leurs visas. Quelle que soit la période de l’année, les
agences étrangères avec lesquelles nous travaillons affirment
toujours éprouver des difficultés à faire de délivrer des visas à
leurs clients. Résultat : «Les touristes sont systématiquement
orientés vers des pays voisins où l’on obtient facilement et sans
casse-tête préalable les titres d’entrée», explique un patron d’une
agence de voyage sur la place d’Alger.
C’est à croire que
l’Algérie craint l’entrée sur son territoire de terroristes ou
d’émigrés clandestins américains ou européens, comme c’est le cas
des pays développés !
L’autre
contradiction vient du fait que l’Algérie s’engage dans la
réalisation d’infrastructures aéroportuaires (comme l’aéroport
international d’Alger) et hôtelières (comme les projets annoncés par
les groupes Accor, Star Wood, Marriott, Eddar-Sidar et Al Hamed, en
plus de la mise à niveau annoncé du parc existant), encourage les
grandes compagnies aériennes à y revenir et veut même ouvrir des
lignes long courrier comme Alger-Montréal tout en persistant dans la
politique de restriction dans l’octroi des visas.
Le plus grave dans
cette démarche est que cela touche aussi les hommes d’affaires qui
désirent venir prospecter un marché ou une opportunité
d’investissement. Inimaginable en ces temps où tous les pays de la
région, nos voisins tunisien, égyptien et marocain en particulier,
font tout pour attirer des investisseurs en abaissant la première
barrière qui est celle du visa d’entrée. A moins que, chez nous,
tout demandeur de visa est considéré comme un «espion» potentiel,
comme tout Algérien demandeur de visa est considéré comme
un immigrant par le pays d’accueil.
Abdelkader
Djalil
Traité d’amitié entre Alger et Paris
Retour à un chadlisme plus aguerri ?
Depuis l’adoption
de la loi Gayssot, en 1990, la France, dit-on à raison ou pour
acculer la gauche républicaine, qualifiée par certains de "gauche
coloniale", a glissé sur une pente raide. La preuve, sous les
allures d’un justicier, elle a enfanté d’autres lois, dont celle du
23 février 2005. Quant à l’Algérie qui vient de reporter la
signature d’un traité d’amitié avec la France, elle s’est dépêchée
récemment de parapher le même type de texte, mais avec la Turquie.
Avec les changements apparus dans les affaires de l’Etat, il est à
craindre que la signature d’un traité d’amitié algéro-turc n’ouvre
la boîte de Pandore. Mais avec qui et sous quel contenu ?
Le Parlement
français doit-il légiférer sur l’histoire ? Cette question, maintes
fois posée par des intellectuels français, réapparaît aujourd’hui,
après le débat à l’Assemblée nationale, sur la proposition du parti
socialiste relative à une loi sur la reconnaissance publique du
génocide arménien par la Turquie. Une proposition survenue dans un
contexte d’interrogations sur l’intégration ou non de la Turquie à
l’Union européenne, qui prévoit des sanctions pénales contre la
négation de ce génocide en s’inspirant de la loi Gayssot, adoptée en
janvier 1990.
Avec le nouvel
ordre que veut dicter l’Occident, en particulier l’administration
Bush, notamment au monde musulman, l’on se rend compte de plus en
plus que la loi Gayssot, venue punir "la négation du génocide des
juifs pendant la Seconde Guerre mondiale", panser les blessures de
la mémoire des Français originaires d’Arménie et s’opposer au refus
d’Ankara d'assumer son passé, a ouvert la boîte de Pandore en
France. Depuis, ce pays s’est enlisé, dit-on, dans un engrenage,
devenant par la force des choses l’otage des lobbies. "La loi ne
saurait reconnaître certains épisodes douloureux du passé et garder
le silence sur d'autres, faire deux poids, deux mesures en fonction
de l'air du temps et de l'opiniâtreté inégale des groupes de
pression", souligne Guillaume Perrault, journaliste au Figaro
(édition du 18 mai 2006). Ce dernier rappelle d’ailleurs l’action
entreprise par 600 historiens, décidés à gommer la proposition de
loi PS. Pour les universitaires, les textes de loi sont en train de
polluer leur espace : "Ils ont restreint la liberté de l'historien,
lui ont dit, sous peine de sanctions, ce qu'il doit chercher et ce
qu'il doit trouver", alors que "l'historien ne plaque pas sur le
passé des schémas idéologiques contemporains et n'introduit pas dans
les événements du passé la sensibilité d'aujourd'hui".
Dans une pétition
intitulée "Liberté pour l'histoire", les 600 signataires exigent en
outre l'abrogation des principaux articles des lois Gayssot et
Taubira (relative à la traite des esclaves), précise Perrault. Quant
à la loi de février 2005, ils expriment, dit-il, leur
insatisfaction, même après l'annulation de l’article 4.
Alors que des
historiens admettent à présent que la Révolution française a enfanté
entre autres de "la République de l’idéologie", notre confrère du
Figaro craint, pour sa part, l’émergence "d'une société de
plaignants, d'indignés permanents qui réclament le statut de
victimes de l'histoire (qui) estiment avoir une créance à vie sur
leurs concitoyens pour les fautes commises jadis par d'autres". Plus
loin, il révèle que les lois entérinées et traitant sur l'histoire
"consacrent le morcellement communautaire" et, loin d'apaiser les
mémoires blessées et de préparer l'avenir, "divisent, aggravent la
compétition des souffrances et nourrissent le ressentiment". Au
journaliste du Figaro de clamer alors : "Accordons aux morts la
piété du souvenir, mais n'étouffons pas le présent sous le poids du
passé ! "
Faut-il pour
autant taire les méfaits du passé ? Un sage aurait certainement
dit : humains, faites la part des choses et ne tardez pas à classer
le passé, parce que la vie porte toutes les nuances des couleurs. Il
aurait ajouté : soyez fermes, en gardant votre humanité et
recherchez l’équilibre entre le passé et le présent pour construire
l’avenir, parce qu’une mémoire meurtrie a du mal à aller à la
rencontre dans la paix et à se réconcilier avec son histoire
douloureuse. Mais, avant de s’en aller, le sage aurait conclu : pour
bâtir durablement le futur, ne refaites plus les erreurs du passé et
abattez les murs des malentendus pour que plus jamais des êtres
troubles ne s’y suspendraient…
Mars 2000. Les
Présidents algérien et français décident, d’un commun accord,
d’aller vers la signature d’un traité d’amitié. Seulement, les deux
chefs d’Etat, ayant gardé secret le contenu d’un tel projet, sont
mis à mal cinq ans plus tard après l’adoption de la loi du 23
février, glorifiant "le rôle positif" du colonisateur. Une loi
introduite par des députés de droite et appuyée par le parti du
président Chirac. Et c’est la même France, ayant exigé le pardon de
l’Allemagne pour crimes perpétrés par les nazis, qui refuse de
présenter des excuses officielles à ses ex-colonies, parmi elles
l’Algérie, pour le génocide commis par l’empire français.
Il est normal que
les dirigeants algériens réclament que justice soit faite. Il est
même constructif que des franges de la société, par devoir de
mémoire et pour impulser un souffle citoyen aux relations communes,
appellent la France à "la repentance de ses crimes coloniaux", comme
a décidé de le faire la nouvelle "instance pour la décolonisation
des relations algéro-françaises". Mais, que faut-il répondre à ceux,
victimes en ce début de siècle, qui demandent que justice soit
rendue à l’encontre des responsables et commanditaires de "briseurs"
de l’Etat national, lesquels s’opposaient, pendant la décennie
écoulée, par la force et les armes au projet d’Etat démocratique et
social ? C’est dire donc que l’approche adoptée actuellement en
direction de l’ex-métropole ne saurait constituer, aux yeux des
observateurs, une pression suffisante, en l’absence à la fois "de
crédibilité, de sérénité et de distanciation" par rapport aux faits
traumatisants. Et sans l’implication, ô combien indispensable,
d'autres ex-colonies et particulièrement de la société civile
française.
Cette
revendication ne devrait pas, à notre avis, voiler les aspirations
des Algériens (nes) à une vie meilleure et digne ni les enjeux
actuels de l’Algérie, encore privée de son "projet républicain,
démocratique et social" ni verser dans les fleuves de réquisitoires
aux tons électoralistes, à l’heure où la planète est un grand
village. Cela, d’autant que notre pays a opté, depuis longtemps,
pour la stratégie de la diversification des échanges avec les autres
nations et parce que la politique, comme tout le monde sait,
notamment ceux qui se prêtent à son jeu, s’accoude sur des alliances
qu’elle renforce ou défait au gré de l’intérêt supérieur de la
nation et des conjonctures.
L’Algérie, Etat
souverain, a le droit de conditionner la signature du traité
d’amitié par "un geste fort" de la France, même si la pensée moderne
ne peut concevoir une amitié dans les rapports d’Etat à Etat. Comme
elle a le droit, en cas d’intransigeance de Paris, de décider
d’annuler le traité d’amitié ou de reporter sa signature. Sans pour
autant entretenir une guerre verbale avec le voisin français ni
couper les ponts avec lui. Mais de là à ne pas parapher le texte
avec la France pour décider après de signer un traité d’amitié avec
la Turquie (actuellement dirigée par un parti islamiste), il y a
comme une sorte de trou noir, quelque chose comme une précipitation
aux accents méprisants. Cela d’autant que le projet avec les Turcs
n’était même pas connu par les Algériens, y compris les électeurs
qui ont donné leur voix au président Bouteflika, lors de la dernière
élection.
Avec les
changements apparus, ces derniers temps, dans les affaires de
l’Etat, et la préférence toujours donnée à l’instabilité politique,
il est à craindre que la signature du traité d’amitié algéro-turc
n’ouvre la boîte de Pandore en Algérie, en accouchant de traités
fort surprenants. Mais avec qui et avec quel contenu ?
Assistons-nous au
retour d’un chadlisme plus aguerri ?
Z’hor Chérief
Interview de Omar Mokhtar Chaalal
"Je fuyais
l’arbitraire que je combattais en même temps"
Qui est Omar
Mokhtar Chaalal ? Un Sétifien qui, à l’âge de 60 ans, n’appréhende
pas de porter un regard serein sur le passé et de continuer à
avancer, comme le ferait un incorrigible optimiste. Ancien membre de
l’ORP-PAGS, l’ex-collaborateur au journal Alger Républicain s’est
lancé, depuis quelques années, dans l’aventure de l’écriture : il a
son actif un recueil de poésies, Le Proscrit, et trois romans, dont
le dernier s’intitule Le Fugitif. Celui que l’on nomme "Le Tigre"
est un homme qui fourmille de projets et qui aime dire : "Je
persiste avec entêtement à faire un travail pour la mémoire."
Ecoutons-le.
Les Débats :
Vous abordez, dans votre dernier livre, la mémoire sur un pan de
l’histoire de l’Algérie, la période du Parti d’avant-garde
socialiste. Pourquoi cet intérêt ?
O. M. Chaalal :
L’importance que revêt aujourd’hui l’écriture de l’histoire de notre
pays est plus qu’évidente. Nous sommes tenus à un devoir de mémoire
et à un droit de vérité envers les générations qui n’ont pas connu
directement les moments majeurs de l’histoire de notre peuple.
J’estime, pour ma part, que le roman est le mode d’expression
approprié pour dire l’histoire avec les mots simples de la vie,
c’est-à-dire privilégier la mise en mouvement des situations
humaines aussi bien dans leur joie que dans leur douleur, au lieu de
s’égarer dans l’austérité des discours politiques ou dans le vide
désolant des slogans creux.
Que
vouliez-vous transmettre à travers Le Fugitif ?
Je voulais
expliquer mon choix politique après l’Indépendance, aller dans un
sens et pas dans les autres. La généreuse idée d’équité sociale qui
animait les gens de nos campagnes, durant la Guerre de Libération
nationale, a déterminé mon engagement politique et m’a placé en
pleine adolescence dans le camp des démunis. Autrement dit, le
combat pour la libération de l’homme est pour moi le prolongement
naturel du combat pour la libération du pays. Cela dit, l’écrit
romanesque peut contribuer, à mon sens, à l’écriture de l’histoire,
qui reste en définitive le domaine des historiens, mieux armés pour
atteindre l’objectivité des faits.
Peut-on savoir
pourquoi vous avez intitulé votre livre Le Fugitif ? Que fuyiez-vous
au juste ?
Au départ, le
roman devait s’intituler Ceci dit en passant, en hommage à
Abdelhamid Benzine qui avait donné ce titre à une de ses chroniques
d’Alger Républicain. Pour un choix éditorial, j’ai opté pour Le
Fugitif parce que ce titre renvoie à un des aspects de l’ouvrage.
Pour la seconde partie de votre question, je dirais simplement que
je fuyais l’arbitraire. Je tiens à souligner cependant que cette
fuite n’était pas négative, du fait que je combattais ce même
arbitraire.
M. Chaalal,
vous inscrivez-vous dans l’écrit engagé ?
Tout acte dans la
vie est un acte engagé, quel qu’en soit le soubassement idéologique.
L’écriture n’est pas un processus neutre, même si c’est un acte
personnel. Je ne pourrais pas écrire si je me coupe de la réalité de
la société, si je ne suis pas sensible aux préoccupations de l’homme
qui travaille, si je ne comprends pas le cri de rage des jeunes que
la malvie malmène, enfin si je fuis le regard de la femme claustrée
dans un triste statut de mineure. A partir de là, je peux dire que
mon écriture est engagée.
Y a-t-il une
raison précise qui vous pousse, aujourd’hui précisément, au retour
au marxisme ?
Parler de retour
au marxisme suppose que j’en suis sorti. Ce n’est pas le cas. Si,
aujourd’hui, j’affirme avec force mon engagement et mon choix
politique et idéologique, c’est pour m’inscrire dans une dynamique
de lutte, surtout en ces temps d’amnésie, de renoncement honteux et
d’hypocrisie sociale. Pour moi, le marxisme reste l’idéal
humanitaire le plus élevé. Je dis cela parce que tous les acquis
sociaux, à l’échelle planétaire, sont aussi le fruit du combat des
communistes.
Propos
recueillis par Z. C.
(*) Omar Mokhtar
Chaalal, Le Fugitif, Casbah Editions (Alger 2006, 130 pages).
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