Semaine du  31 Mai au 6 juin 2006

  Belkhadem évince Ouyahia et Bouteflika reconduit le gouvernement

Drôle d’histoire

 

 
 
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Belkhadem évince Ouyahia et Bouteflika reconduit le gouvernement

Drôle d’histoire

Jeudi 25 mai 2006. L’Algérie a un nouveau chef du gouvernement en la personne de  Abdelaziz Belkhadem. C’est à la une de tous les titres de la presse nationale. Si Le Maghreb lie cette nomination à la démission de Ouyahia, Le Jour d’Algérie y voit la réussite d’un coup d’Etat. Son éditorialiste estime que c’est là "la contre-offensive de Larbi Belkheir".  Il ajoute cependant que ce dernier  n’aura jamais été d’"une telle audace sans le concours de deux facteurs essentiels. Le premier étant  la maladie d’Abdelaziz Bouteflika qui l’a suffisamment affaiblie pour laisser ouverte une fenêtre de tir très avantageuse à ses adversaires et le second étant le retrait quasi-total de l’armée du champ politique. Il n’en fallait pas plus pour considérer alors qu’Ahmed Ouyahia tait devenu suffisamment vulnérable pour le pousser vers las sortie de la façon la plus dégradante qui soit". Mais, souligne l’éditorialiste du Jour d’Algérie, "le problème étant que le départ d’Ouyahia signifie automatiquement un affaiblissement encore plus grand d’Abdelaziz Bouteflika et le retour inévitable de celui qu’ila mis tant de temps à écarter du cœur du pouvoir d’Etat".                                                                                                                 

Lectures  diverses

"Cilima Taâ El Hit. " C’est la conclusion à laquelle est arrivé Le Jour d’Algérie  (édition du 27 mai) au lendemain de l’annonce du  nouveau gouvernement. Belkhadem s’est avéré incapable de former un gouvernement, a estimé ce quotidien. Il ajoute que "l’élan de l‘entreprise d’éviction d’Ahmed Ouyahia de la chefferie du gouvernement a été stoppé net avec la reconduction de tous les ministres. L’opinion en reste étonnée, vu que le changement politique qui a vu M. Belkhadem nommé à sa place a commencé par la critique du bilan de l’Exécutif, bilan dont on ne voulait même pas débattre à l’APN". Toutefois, dans un entretien publié en pages intérieures, Abderrahmane Si Affif, qui est considéré comme "l’un des cadres les plus en vue de la direction du FLN", estime que qu’"un autre gouvernement sera annoncé dans deux mois".

Liberté pour sa part de souligne "qu’après la désignation d’Abdelaziz Belkhadem (…) la question  est de savoir maintenant quelle sera sa feuille de route d’autant que la durée de vie de l’Exécutif actuel est limitée dans le temps". El Khabar fait remarquer  que "les partis s’étonnent de la reconduction du staff  gouvernemental".  Dans un commentaire signé par son directeur, ce quotidien se pose la question de savoir "ce qui s’est passé  ces trois dernières années". Ce quotidien pense détenir la réponse : "Beaucoup de choses se  sont passées." En premier lieu "les équilibres à l’intérieur de l’institution militaire" ne sont plus les mêmes, estime-t-il. "Sinon comment expliquer le refus opposé en 2000 à la nomination  en qualité de chef du gouvernement de Belkhadem et son acceptation en 2006 ? Refuser l’initiative de San Egidio et aller par la suite bien plus loin ? " D’après le commentateur, ces exemples et bien d’autres "dénotent  tous que le régime se  cherche et que l’Algérie est réellement en crise".        

 El Ahdeth estime que Belkhadem conduira le staff d’Ouyahia. El Fadjr croit savoir que Belkhadem "ne se présentera pas devant le Parlement pour présenter le programme de son gouvernement". El Watan,  dans un commentaire publié en page 24 rend presque Ouyahia responsable de son propre départ. "L’homme, est-il noté, de l’avis général, prenait indéniablement au fil du temps de l’épaisseur, une dangereuse épaisseur pour ses concurrents politiques". Et d’ajouter que "le système algérien est ainsi fait et Ouyahia le paye aujourd’hui de sa personne pour avoir été soupçonné de ramer à contre-courant de la société politique bien-pensante".

Quel avenir pour Ouyahia ?

Le Soir d’Algérie s’intéresse au sort de l’ancien chef du gouvernement.     "Ouyahia, quel avenir ? " s’est-il demandé en une de son édition du samedi 27 mai. Dimanche 28 mai, la réponse est rapportée par quelques titres ayant couvert les travaux du bureau national du RND. "Ouyahia s’occupera de son parti", indique La Dépêche de Kabylie . le rédacteur relève que "comme les secrets des dieux sont impénétrables, les militants et le peu de cadres qui se trouvaient hier au siège du RND se limitent  à des questionnements (…) sauf que tout un chacun s’accorde sur un point : le secrétaire général va pouvoir, maintenant, se consacrer pleinement à son parti et aura une marge de manœuvre suffisante pour bien préparer les élections législatives et locales de 200"7.

La Tribune indique également que "le RND se redéploie sous la coupe de Ahmed Ouyahia". La rédactrice en voudra pour preuve "la rencontre avec les coordinateurs des wilayas" programmée quelques jours après cette réunion. El Khabar, de son côté, soutient que "Ouyahia annonce la guerre contre son allié". Selon ce quotidien, le patron du parti a instruit ses militants pour descendre sur le terrain. Il est ainsi laissé entendre que l’ancien chef du gouvernement n’est pas prêt de  baisser les  bras.

Le billettiste du Soir d’Algérie, soulignait, la veille, ceci : "Ouyahia ne part jamais vraiment ! " Pour étayer sa conviction, il cite  des lignes tirées d’un billet écrit au moment du premier départ d’Ouyahia en 1999 : "M. Ouyahia nous laissera quand même un gouvernement résiduel : mais aux dernières nouvelles, il se pourrait qu’il revienne…" Et  d’actualiser ce billet en rappelant "qu’il est effectivement revenu pour succéder à Benflis. Et au moment où il repart encore une fois, soyez sûrs qu’il… reviendra bientôt ! Et ainsi de suite, jusqu'à ce qu’il grimpe à l’étage supérieur. Et grâce au changement constitutionnel introduit par le FLN de Belkhadem, le patron du RND ne quittera plus le palais d’El Mouradia. "

Il revient toujours…

Et de la révision constitutionnelle, il en est justement question dans Le Jeune Indépendant du même jour. "Avec Belkhadem au gouvernement, Bouteflika convoquerait un référendum  en septembre", est-il annoncé. Le rédacteur rappelle que  parmi "les raisons objectives au choix de Bouteflika" de limoger Ouyahia en figure une qui semble majeure. Elle  a trait "à la mobilisation de toutes les énergies pour réussir l’amendement de la Constitution dont le référendumaura lieu en septembre 2006". Mieux, ce quotidien est en mesure d’avancer la date à une semaine près, puisqu’il  indique que "ce référendum se tiendra le 14 ou 21 du mois de septembre, si les conditions sont  bien sûr réunies. Au  cas contraire, il sera renvoyé à l’après-ramadan, soit en novembre". 

Nadia Kerraz

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