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Belkhadem évince Ouyahia et Bouteflika reconduit le gouvernement
Drôle
d’histoire
Jeudi 25 mai 2006.
L’Algérie a un nouveau chef du gouvernement en la personne de
Abdelaziz Belkhadem. C’est à la une de tous les titres de la presse
nationale. Si Le Maghreb lie cette nomination à la démission de
Ouyahia, Le Jour d’Algérie y voit la réussite d’un coup d’Etat. Son
éditorialiste estime que c’est là "la contre-offensive de Larbi
Belkheir". Il ajoute cependant que ce dernier n’aura jamais été
d’"une telle audace sans le concours de deux facteurs essentiels. Le
premier étant la maladie d’Abdelaziz Bouteflika qui l’a
suffisamment affaiblie pour laisser ouverte une fenêtre de tir très
avantageuse à ses adversaires et le second étant le retrait
quasi-total de l’armée du champ politique. Il n’en fallait pas plus
pour considérer alors qu’Ahmed Ouyahia tait devenu suffisamment
vulnérable pour le pousser vers las sortie de la façon la plus
dégradante qui soit". Mais, souligne l’éditorialiste du Jour
d’Algérie, "le problème étant que le départ d’Ouyahia signifie
automatiquement un affaiblissement encore plus grand d’Abdelaziz
Bouteflika et le retour inévitable de celui qu’ila mis tant de temps
à écarter du cœur du pouvoir
d’Etat".
Lectures
diverses
"Cilima Taâ El
Hit. " C’est la conclusion à laquelle est arrivé Le Jour d’Algérie
(édition du 27 mai) au lendemain de l’annonce du nouveau
gouvernement. Belkhadem s’est avéré incapable de former un
gouvernement, a estimé ce quotidien. Il ajoute que "l’élan de
l‘entreprise d’éviction d’Ahmed Ouyahia de la chefferie du
gouvernement a été stoppé net avec la reconduction de tous les
ministres. L’opinion en reste étonnée, vu que le changement
politique qui a vu M. Belkhadem nommé à sa place a commencé par la
critique du bilan de l’Exécutif, bilan dont on ne voulait même pas
débattre à l’APN". Toutefois, dans un entretien publié en pages
intérieures, Abderrahmane Si Affif, qui est considéré comme "l’un
des cadres les plus en vue de la direction du FLN", estime que
qu’"un autre gouvernement sera annoncé dans deux mois".
Liberté pour sa
part de souligne "qu’après la désignation d’Abdelaziz Belkhadem (…)
la question est de savoir maintenant quelle sera sa feuille de
route d’autant que la durée de vie de l’Exécutif actuel est limitée
dans le temps". El Khabar fait remarquer que "les partis s’étonnent
de la reconduction du staff gouvernemental". Dans un commentaire
signé par son directeur, ce quotidien se pose la question de savoir
"ce qui s’est passé ces trois dernières années". Ce quotidien pense
détenir la réponse : "Beaucoup de choses se sont passées." En
premier lieu "les équilibres à l’intérieur de l’institution
militaire" ne sont plus les mêmes, estime-t-il. "Sinon comment
expliquer le refus opposé en 2000 à la nomination en qualité de
chef du gouvernement de Belkhadem et son acceptation en 2006 ?
Refuser l’initiative de San Egidio et aller par la suite bien plus
loin ? " D’après le commentateur, ces exemples et bien d’autres
"dénotent tous que le régime se cherche et que l’Algérie est
réellement en crise".
El Ahdeth estime
que Belkhadem conduira le staff d’Ouyahia. El Fadjr croit savoir que
Belkhadem "ne se présentera pas devant le Parlement pour présenter
le programme de son gouvernement". El Watan, dans un commentaire
publié en page 24 rend presque Ouyahia responsable de son propre
départ. "L’homme, est-il noté, de l’avis général, prenait
indéniablement au fil du temps de l’épaisseur, une dangereuse
épaisseur pour ses concurrents politiques". Et d’ajouter que "le
système algérien est ainsi fait et Ouyahia le paye aujourd’hui de sa
personne pour avoir été soupçonné de ramer à contre-courant de la
société politique bien-pensante".
Quel avenir
pour Ouyahia ?
Le Soir d’Algérie
s’intéresse au sort de l’ancien chef du gouvernement. "Ouyahia,
quel avenir ? " s’est-il demandé en une de son édition du samedi 27
mai. Dimanche 28 mai, la réponse est rapportée par quelques titres
ayant couvert les travaux du bureau national du RND. "Ouyahia
s’occupera de son parti", indique La Dépêche de Kabylie . le
rédacteur relève que "comme les secrets des dieux sont
impénétrables, les militants et le peu de cadres qui se trouvaient
hier au siège du RND se limitent à des questionnements (…) sauf que
tout un chacun s’accorde sur un point : le secrétaire général va
pouvoir, maintenant, se consacrer pleinement à son parti et aura une
marge de manœuvre suffisante pour bien préparer les élections
législatives et locales de 200"7.
La Tribune indique
également que "le RND se redéploie sous la coupe de Ahmed Ouyahia".
La rédactrice en voudra pour preuve "la rencontre avec les
coordinateurs des wilayas" programmée quelques jours après cette
réunion. El Khabar, de son côté, soutient que "Ouyahia annonce la
guerre contre son allié". Selon ce quotidien, le patron du parti a
instruit ses militants pour descendre sur le terrain. Il est ainsi
laissé entendre que l’ancien chef du gouvernement n’est pas prêt de
baisser les bras.
Le billettiste du
Soir d’Algérie, soulignait, la veille, ceci : "Ouyahia ne part
jamais vraiment ! " Pour étayer sa conviction, il cite des lignes
tirées d’un billet écrit au moment du premier départ d’Ouyahia en
1999 : "M. Ouyahia nous laissera quand même un gouvernement
résiduel : mais aux dernières nouvelles, il se pourrait qu’il
revienne…" Et d’actualiser ce billet en rappelant "qu’il est
effectivement revenu pour succéder à Benflis. Et au moment où il
repart encore une fois, soyez sûrs qu’il… reviendra bientôt ! Et
ainsi de suite, jusqu'à ce qu’il grimpe à l’étage supérieur. Et
grâce au changement constitutionnel introduit par le FLN de
Belkhadem, le patron du RND ne quittera plus le palais d’El Mouradia.
"
Il revient
toujours…
Et de la révision
constitutionnelle, il en est justement question dans Le Jeune
Indépendant du même jour. "Avec Belkhadem au gouvernement,
Bouteflika convoquerait un référendum en septembre", est-il
annoncé. Le rédacteur rappelle que parmi "les raisons objectives au
choix de Bouteflika" de limoger Ouyahia en figure une qui semble
majeure. Elle a trait "à la mobilisation de toutes les énergies
pour réussir l’amendement de la Constitution dont le référendumaura
lieu en septembre 2006". Mieux, ce quotidien est en mesure d’avancer
la date à une semaine près, puisqu’il indique que "ce référendum se
tiendra le 14 ou 21 du mois de septembre, si les conditions sont
bien sûr réunies. Au cas contraire, il sera renvoyé à l’après-ramadan,
soit en novembre".
Nadia Kerraz
Haut
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