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Le
CCF accueillera «Le Printemps des poètes» à partir de demain
La magie de la
parole à l’honneur !
Exprimer les liens
profonds qui unissent l’homme à la nature, les célébrer ou les
interroger est un des traits les plus constants de la poésie
universelle.
Mers et montagnes,
îles et rivages, forêts et rivières, ciels, vents, soleils, déserts
et collines, la plupart des poèmes porte comme un arrière-pays la
mémoire des paysages vécus et traversés.
Se reconnaître
ainsi tributaire des infinis visages du monde, c’est sans doute,
comme l’a programmé le Centre culturel français d’Alger qui
accueillera, «Le Printemps des poètes», à partir de demain lundi et
qui prendra fin le 07 du mois en cours. Intitulée «Autour de la
poésie de la Méditerranée», l’édition de cette année, verra la
participation de plusieurs poètes et poétesse, des deux rives de la
méditerranée.
Le coup d’envoi du
«Printemps des poètes» sera donc donné demain, à partir de 17h avec
une table ronde sur «Les poètes de la Méditerranée», et ce, à
l’occasion de la publication d’une anthologie «Poètes de la
Méditerranée » par les éditions Gallimard. A l’occasion, certains
poètes figurant dans cet ouvrage, seront de la partie à l’instar
de : Hadjira Oubachir, Habib Tengour, le Portugais Casimiro de Brito
ou le Grec Stratis Paschalis.
Avec d’autres
invités, ils vont tous parler de leur rapport à la Méditerranée
comme lieu de vie et aussi comme imaginaire poétique (modération :
Samira Negrouche). La galerie Benyaâ à Bir-Mourad-Raïs, pour sa
part, abritera le lendemain à partir de 19h00, une séance de
lectures avec Edith Azam et Bernard Noël (France), Mohammed Bennis
(Maroc), Abderrezak Boukebba (Algérie) et d’autres poètes,
accompagnés par des interventions musicales de Katerina Fotinaki.
Ainsi, la cafétéria du centre culturel Français sera le carrefour
des poètes et du public amoureux de la poésie dans une rencontre
intitulée «Une vie en poésie », et ce pour saluer l’œuvre et le
parcours de Bernard Noël, qui vient de fêter ses quatre-vingt ans et
qui est considéré comme l’un des plus grands noms de la poésie
française contemporaine. Dans l’après midi de la même journée, et
vers 17h, les jardins du CCF, rassemblera surement tous ce beau
monde dans une séance des lectures poétiques. Et pour clôturer
l’événement «Le Printemps des poètes», la musique sera au
rendez-vous avec un concert de chant et de guitare intitulé «Comme
un jardin la nuit», qui sera animé par Angélique Ionatos et Katerina
Fotinaki.
Par Timouche.
Idir.
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Point a la ligne
Le talent et
l’honnêteté faits homme
Deux jours avant
le début du mois du patrimoine et à l’heure où notre pays commence
à être cité en exemple pour sa stratégie en matière de protection
et de valorisation du patrimoine culturel matériel et immatériel,
il nous a semblé opportun de revenir sur celui qui fut, sans aucun
doute, l’un des centres d’attention majeurs son existence durant, en
l’occurrence Mouloud Mammeri. Homme d’une œuvre et d’une action aux
nombreuses facettes, il a été d’abord l’un des fondateurs de la
littérature maghrébine d’expression française. Ses œuvres sont
depuis bien longtemps des classiques autant en Algérie, au Maghreb,
qu’à l’echelle internationale. Comme d’autres, il a su s’amarrer à
cette tradition constituée d’hommes et de femmes qui ont maintenu
intacts leurs racines et l’attachement à leur culture, alors qu’ils
subissaient, souvent de manière brutale et autoritaire, à travers la
scolarisation française, l’immersion dans un monde et dans une
langue qui n’étaient pas les leurs. Le miracle aura été que ce qu’il
est convenu d’appeler un accident historique, loin d’engendrer la
classique «honte de soi», propre aux situations de domination, au
reniement des origines, a au contraire provoqué et favorisé une
prise de conscience évidente de la valeur universelle de la culture,
justement d’origine. Lorsqu’il est nommé à la direction du Centre
national de recherches anthropologiques, préhistoriques et
ethnographiques ( l’ex-CRAPE), il a constaté que celui-ci perpétuait
sa vocation initiale centrée sur l’étude de la préhistoire de
l’Afrique du Nord et du Sahara. Très rapidement, il s’est attaché en
priorité à réorganiser le centre dont il avait la charge dans deux
directions principales : d’une part, l’algérianisation du corps des
chercheurs avec le recrutement progressif de jeunes diplômés et,
d’autre part, le rééquilibrage des deux disciplines qui y sont
représentées, à savoir la préhistoire et l’ethnologie. Ce dernier
terme fut d’ailleurs abandonné, en raison surtout de ses
connotations coloniales pour être remplacé par celui beaucoup plus
neutre d’anthropologie. Nous sommes à ce moment-là en 1969. Le
départ des préhistoriens français a laissé un certain vide qui a été
progressivement comblé par le recrutement d’une bonne dizaine de
jeunes licenciés en géographie physique et en géologie. Ce sont ces
nouvelles recrues qui ont repris la tradition des fouilles de
terrain. Il voulait en fait établir un continuum dans l’étude des
cultures qui se sont succédé dans notre pays, et ce depuis la
préhistoire jusqu’aux périodes les plus récentes. Cette montée en
puissance de l’anthropologie dans la structure qu’il dirige va se
traduire par la mise en place de plusieurs équipes qui se
consacreront à la littérature orale, aux études sur la religion et
les pratiques juridiques, le pastoralisme et les communautés
rurales, mais aussi et surtout aux études sur les transformations en
cours dans la société algérienne.
Par Malik
Bellil
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