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Ils ont remis une lettre au président de la République
Les gardes
communaux rejettent en bloc les propositions d’Ould Kablia
Organisant un
sit-in ouvert au milieu d’un imposant dispositif sécuritaire dépêché
sur les lieux, les gardes communaux reviennent de plus belle à la
charge. Ils étaient nombreux à s’être rassemblés hier à la place des
Martyrs où l’hymne national et des chants patriotiques ont été
entonnés en chœur.
Des slogans
retraçant leur lutte, leur sacrifice, leur mal-vivre et leur abandon
par l’Etat y ont également retenti le long de la journée. Ils ont
promis, dès la matinée, de continuer à occuper les lieux jusqu’à ce
que le premier magistrat du pays se penche sur leurs revendications
que le ministère de l’Intérieur «n’a pas daigné satisfaire». A cet
effet, une délégation composée de 8 gardes communaux a été dépêchée
à la Présidence de la République en vue d’y déposer une plate-forme
de revendications. A leur retour, les délégués ont annoncé avoir été
reçus par le directeur des contentieux, qui leur a promis, selon
eux, de soumettre leur lettre au président de la République dès
l’après-midi d’hier. Dans cette missive, on peut clairement lire que
«la dernière rencontre de la commission ministérielle mise en place
pour étudier les doléances de ce corps, les 7 représentants des
gardes communaux n’ont approuvé aucune décision», et qu’en «dépit du
refus formulé par les ces représentants, ladite commission n’a fait
aucune proposition ayant trait à la résolution de leurs problèmes».
On peut également y lire que «le ministère de l’Intérieur a sommé
les délégations wilayales de procéder à l’application des mesures
prises, en dépit du fait que les représentants des gardes communaux
ne furent pas signataires », ce qu’ils considéreront «contraire à la
loi».
C’est ce qui a,
d’ailleurs, amené ces derniers à solliciter l’intervention du
premier magistrat pour «les sortir de la précarité et des mille et
un problèmes dans lesquels ils se débattent». S’agissant des
revendications que les gardes communaux ont déposées sur le bureau
du président de la République, elles se caractérisent, entre autres,
par la mise à la retraite de ceux qui se sont engagés de 1994 à 1997
et ce, sans considération d’âge, en précisant que le montant de
celle-ci (la retraite) ne «devra en aucun cas être inférieur à 25
000 DA, une augmentation salariale de pas moins de 10 000 DA au
garde communal, l’indemnisation des heures supplémentaires, une
prime en contrepartie de 17 ans de lutte antiterroriste, « même pour
ceux ne totalisant pas ce nombre d’années et, enfin, la
réintégration des radiés des listes des ayants droit aux
indemnisations. Outre ces revendications, les gardes communaux
réclament une couverture sociale à la hauteur des efforts consentis
dans l’accomplissement de leur «devoir» aux côtés de l’Armée
nationale populaire. Pour rappel, s’agissant des
décisions prises par la commission mise en place pour étudier les
doléances de ce corps, qui sont, notamment, l’intégration de près de
70% de ses effectifs dans les rangs de l’ANP, ils les qualifieront
d’«aberrantes et insensées», allant jusqu’à accuser la tutelle de
faire dans la «désinformation» et la «manipulation».
«On refuse même de
nous verser nos salaires pour que nous ne puissions pas nous rendre
à Alger poursuivre notre lutte», fulmine Mechrouh Ahmed, qui
s’est retrouvé concierge avec un salaire «minable» après avoir
exercé durant 11 ans dans la région de Blida. Vaut mieux avoir
affaire à Dieu qu’à ses saints ! Au regard du «divorce contracté»
entre les gardes communaux et le ministère de l’Intérieur et des
Collectivités locales-d’où la décision des protestataires de
s’adresser directement au président de la République-, la situation
peut se «tarir» en raison du nombre de ces derniers ainsi que leur
détermination à aller jusqu’au bout de leurs revendications.
Par Hamid
Fekhart
Non satisfaits des augmentations de salaire annoncées
Les greffiers
bloquent de nouveau les tribunaux
Après une longue
lutte, qui a pris pour longtemps le devant de la protestation
sociale en Algérie, les greffiers des tribunaux reviennent à la
charge pour ainsi donner, de nouveau, un cachet de nullité aux
jugements prononcés par la justice. Cette grève, que ses
organisateurs qualifient d’«illimitée», , qui a commencé hier est
due essentiellement au fait que les greffiers ne soient pas
satisfaits des augmentations de salaire obtenues. Selon eux, les
augmentations ne reflètent aucunement les engagements du ministre
de la Justice et garde des Sceaux qui leur a demandé de reprendre
le travail, en leur promettant que toutes leurs doléances vont être
prises en charge. Mais une fois les greffiers partis retirer leurs
salaires, ils ont été surpris de voir que l’augmentation n’était
pas telle que souhaitée. Pour rappel, les protestataires ont déjà
observé une grève, suite à laquelle tous les tribunaux du pays se
sont retrouvés bloqués à cause du fait qu’un jugement soit entâché
de nullité sans la signature d’un greffier. La tutelle avait, dans
le but de combler le vide causé au niveau de l’appareil judiciaire,
engagé des huissiers de justice, ce qui a constitué, de l’avis des
juristes «une violation de la loi en vigueur». La tutelle leur avait
alors promis des augmentations conséquentes ainsi que la révision de
leur statut particulier qu’ils avaient qualifié, rappelons-nous, de
«code pénal bis». «Tous ces articles commencent par la mention du
devoir !», s’étaient indigné les greffiers. La tutelle était, durant
les pourparlers avec les grévistes, allée jusqu’à leur promettre
des augmentations qui atteindraient 85% des salaires avec effet
rétroactif. Cela ne semble pas être le cas, puisque les
protestataires sont revenus à la charge. Ils comptent, cette
fois-ci, aller jusqu’au bout de leur lutte jusqu’à ce que leurs
revendications soient satisfaites. Rappelons, en outre, que les
revendications des protestataires n’étaient pas seulement d’ordre
salarial, car des primes de différentes sortes et des avantages en
nature ont été également mentionnés sur la liste, laquelle a été
jugée «relativement longue».
Par Hamid
Fekhart
Haut
Alliance présidentielle
Bouguerra
Soltani consomme le divorce
Le président du
Mouvement de la société pour la paix (MSP) ne semble vraiment pas se
plaire au sein de l’Alliance présidentielle, aux côtés du FLN et du
RND. Dans une réponse implicite au SG du RND, Ahmed Ouyahia,
Bouguerra Soltani a insinué que ladite structure politique est
arrivée à échéance, voir désuète. Il a estimé pour cela qu’après 7
années, l’Alliance présidentielle a besoin d’un bilan, quitte à
aller vers un large front national pour assurer la stabilité et
approfondir les réformes. Il s’est dit cependant «favorable à une
révision de la loi électorale», avant de se prononcer en faveur d’un
«équilibre entre les prérogatives de l’administration et les
attributions des élus, concernant les codes communal et de wilaya».
En outre,
Bouguerra Soltani estime que l’Algérie a «besoin de se remettre en
question pour se conformer davantage aux critères universels
touchant aux domaines politique, économique et social». Au cours
d’un meeting populaire organisé à Mila à l’occasion du 20e
anniversaire du parti, il a considéré qu’ «il y a encore de la marge
pour réaliser des réformes réelles, normaliser la vie nationale et
trouver des solutions aux questions de l’heure», estimant
«dangereux» de penser que «l’accès aux droits se fait par la
pression, les protestations dans la rue et le blocage des routes».
Le président du MSP a également indiqué que le changement et les
réformes «ne peuvent provenir que d’une révision de la Constitution
et d’un élargissement de la base du pouvoir en Algérie, donnant la
possibilité à toutes les forces disponibles, à toutes les
compétences et aux jeunes de s’exprimer sur des réformes globales».
Par ailleurs, il a appelé la jeunesse à «croire une fois pour toutes
que son avenir est en Algérie et nulle part ailleurs», avant
d’ajouter que le message de la jeunesse, «parfaitement reçu, doit
être traduit dans les actes par des décisions de l’Etat».
M. A. C.
Haut
Ils ont organisé un sit-in de quelques minutes
Les
journalistes de la radio nationale tentent de s’organiser
Une quarantaine de
journalistes des quatre chaînes de la radio nationale ont été au
rendez-vous, relativement «loupé», qui allait les réunir pour un
sit-in devant le siège de leur institution. Selon des indiscrétions,
des responsables sont allés jusqu’à «menacer de sanctions» les
personnels «tentés» par cette action pour les dissuader d’amorcer
une dynamique syndicale à même de valoriser leurs statuts, ainsi que
leur procurer des conditions socioprofessionnelles acceptables et à
la hauteur de la noblesse de leur métier. Revenant sur leur pas, ces
derniers se sont mis d’accord sur le fait que les personnels de
chaque chaîne organisent une assemblée en vue d’élaborer une liste
de revendications pour qu’après, une assemblée générale touchant
toutes les chaînes qui décidera du sort de la lutte que les
journalistes comptent mener soit tenue. Les premières exigences, qui
ont déjà fait surface et que les protestataires envisagent de mettre
sur le tapis, sont, entre autres, le reclassement qui n’a pas été
fait depuis une dizaine d’années et qui a fait perdre aux
travailleurs beaucoup d’avantages sociaux, salariaux et en mobilité
professionnelle. Ils comptent, en outre, «réactiver» leur syndicat
et préconisent la mise sur pied d’un syndicat national qui prendra
en charge les doléances des journalistes exerçant aussi bien dans la
presse écrite, audiovisuelle ou dans les journaux on-line.
Hamid Fekhart
Haut
Le mouvement El Islah prépare son candidat à la prochaine
présidentielle
Imminent retour
de Djaballah
Le come-back de
Abdallah Djaballah dans la vie politique se dessine chaque jour un
peu plus clairement. Les changements opérés ces derniers jours à la
tête du mouvement El Islah augurent un imminent retour du leader
charismatique de cette formation politique qu’il a lui-même fondée.
Les président et
secrétaire général du mouvement El Islah, respectivement Mohamed
Boulahia et Miloud Kadri, n’ont pas écarté un éventuel retour du
leader charismatique Abdallah Djaballah à la tête du parti. «Il ne
faut pas anticiper les choses», a rétorqué le SG de cette formation
politique, lors d’une conférence de presse organisée hier au siège
national du parti, en réponse à une question portant sur la
destitution de Djamel Benabdeslam par le Conseil consultatif et le
retour de Mohamed Boulahia à la présidence, un poste resté vacant
depuis sa démission en 2004. Ce qui confirme le changement de cap
entrepris par cette formation islamiste qui aspirerait, selon toute
vraisemblance, à renouer avec son passé et retrouver son fondateur
Djaballah, en perspective d’une éventuelle candidature à la
prochaine élection présidentielle de 2014. D’ailleurs, le président
revenant d’ El Islah Mohamed Boulahia a fait entendre que cette
piste n’est pas écartée. Il a, dans ce sens, rappelé que le
règlement intérieur du mouvement «permet aux adhérents d’El Islah et
à ceux d’Ennahda de se porter candidats pour les élections
présidentielles», avant d’ajouter que chaque militant remplissant
les conditions requises par le Conseil consultatif (Madjliss echoura),
même s’il n’est pas adhèrent au mouvement, peut être désigné pour
représenter le parti dans les échéances électorales. Une option qui
se confirme d’autant plus que l’actuel président du mouvement a
soutenu qu’il n’allait pas déposer sa candidature pour la prochaine
présidentielle. «J’ai juré de ne pas me présenter pour les élections
présidentielles», a-t-il clairement dit, en guise de bonne foi. En
outre, il convient de noter que Djamel Ben Abdessalem, qui se
présente toujours comme étant le SG du parti, a déclaré que ces
«figures» avaient démissionné et que leur représentation sont donc
illégitimes.
Le président de
Madjliss echoura, Djamel Soualah, a indiqué qu’«aucune demande de
démission n’a été faite, à l’exception d’une seule». Concernant
Benabdeslam, «nous avons déposé le dossier administratif au
ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales, la semaine
passée», tranchant ainsi sur son cas et institutionnalisant sa
déchéance des rangs du parti. Sur un autre registre, Mohamed
Boulahia a tenu à souligner que l’objectif du mouvement est de
«serrer ses rangs», en perspective bien sûr des futures échéances
électorales et autres activités organiques du mouvement.
De son côté, le
secrétaire général du parti, s’exprimant sur la situation qui
prévaut actuellement dans le pays, a estimé que «nous sommes pour
les réformes, mais pacifiquement».
Et d’ajouter :
«Tous les secteurs sont dans une situation catastrophique», pour
résumer le marasme social qui affecte de larges pans du monde du
travail et de la société. Miloud Kadri a également pointé du doigt
l’Assemblée populaire nationale (APN), l’accusant de «ne pas
représenter la masse populaire», et appelé à sa dissolution pure et
simple.
Par Mokrane Aït
Chabane
Haut
Crise au sein du FLN
Les hostilités
reprennent
Après les
échauffourées qui ont caractérisé l’opération de renouvellement des
kasmas et provoqué l’éclatement du parti et l’émergence d’une
quasi-direction parallèle qui veut à tout prix la tête de Belkhadem,
le renouvellement des mouhafadhas rallume l’étincelle de la «guerre
de succession» quelque peu «éclipsée» par la succession des
évènements sur la scène nationale.
A peine
l’opération entamée, les hostilités ont commencé le week-end passé
à Batna, où 3 blessés ont été signalés, mais aussi et surtout à
Oran, où ci ce n’était l’intervention de la police, redresseurs et
partisans de Belkhadem se seraient entre-tués et auraient provoqué
un drame. Pour Mohammed Seghir Kara, l’un des animateurs du
Mouvement de redressement et de l’authenticité, la montée au
créneau «des vrais militants qui veulent installer la mouhafadha
d’Oran est une preuve supplémentaire que l’équipe Belkhadem est
exécrée par la base». Notre interlocuteur estime que «ses jours à la
tête du FLN, qu’il a dénaturé en introduisant des intrus et des
affairistes au sein du comité central, sont comptés». Rappelant la
démarche du néomouvement de redressement, Mohamed Seghir Kara a
affirmé que les 42 kasmas ont rallié le mouvement de redressement.
«Nous allons installer nos mouhafadhas et poursuivre dans cette
voie», a ajouté notre interlocuteur qui dénonce les agissements de
Mustapha Abid, «envoyé spécial de Abdelaziz Belhadem, qui a voulu
perturber nos travaux». «Il ne reste plus de partisans de Belkhadem»,
a estimé Kara.
Le Mouvement de
redressement et de l’authenticité, coordonné actuellement par Salah
Goudjil, ne veut pas lâcher prise et semble décidé, selon
l’ex-ministre du Tourisme, à reprendre les rênes du parti. Lors
d’une rencontre, tenue en janvier dernier, au siège du mouvement à
Draria, une «feuille de route» a été rendue publique à cet effet.
«Nous sommes décidés à aller jusqu’au bout, y compris en passant par
la justice», tonne Kara, tout en mettant en avant le caractère
«légal» de l’action du mouvement. Il s’agira dans un premier temps
d’«épurer» le comité central du parti de ses intrus et le rendre
ainsi aux vrais militants et d’organiser par la suite une conférence
nationale «dans les meilleurs délais» qui se chargera d’élire la
nouvelle direction du parti. Un congrès extraordinaire n’est pas à
écarter. La direction actuelle qui parle de «signes de bonne santé»
lorsque la crise du parti est évoquée a, avons-nous appris, tenu
hier soir une réunion à huis clos, au siège central du FLN à Hydra
que les redresseurs «comptent investir pour dénoncer les dérives du
bureau politique». la crise n’a pas encore livré tous ses
secrets.
S.A.M.
Haut
Mohamed Khebache, directeur général de l’AADL :
«Aucune
solution n’a arrangé les souscripteurs de 2001»
Les délégués des
souscripteurs aux programmes de logements AADL doivent s’entendre
pour arrêter une liste finale des bénéficiaires, quitte à aller vers
un «tirage au sort», selon le directeur général de l’Agence pour
l’amélioration et le développement du logement (AADL), Mohamed
Khebache.
Aucune solution
n’a été dégagée pour le moment pour une distribution plus au moins
équitable des 8 000 logements destinés aux souscripteurs de 2001sous
la formule «location vente». Toutes les propositions avancées lors
des réunions tenues avec les représentants des souscripteurs n’ont
pas été à leur goût, ce qui risque de rendre la situation plus
compliquée qu’elle ne l’est déjà. Le nombre de logements destinés
aux demandeurs de 2001 sera désormais de 8 000 unités, mais toujours
insuffisant pour satisfaire toutes les demandes. A défaut
d’assiettes foncières «nous ne pouvons satisfaire les 142 000
demandes», a expliqué le directeur de l’AADL, invité de la rédaction
d’Alger Chaîne III. M. Khebache n’a pas écarté un éventuel «tirage
au sort» pour fixer une liste d’attributaires des logements des
sites de Réghaïa et Rouiba ou l’application du décret 08-142
définissant les conditions d’octroi de logements sociaux (ancienneté
de la demande, conditions d’habitation et sociales et niveau des
revenus). A ce jour, toutes les propositions soumises aux délégués
des souscripteurs ont été rejetées, selon notre
interlocuteur. «Aucune solution ne les arrange», dira M. Khebache.
Mieux encore, «chaque association se présente à nos services avec
une liste en main», a fait savoir le responsable de l’AADL, qui n’a
pas omis d’évoquer les efforts consentis par la tutelle pour mettre
fin au marasme des souscripteurs AADL 2001. En plus des 4 000
logements des sites Réghaïa et Rouïba, qui seront livrés
prochainement, 4 000 autres seront mis à la disposition des
demandeurs, a-t-il souligné. Le ministre de l’Habitat, Noureddine
Moussa, avait déjà annoncé cette nouvelle mercredi dernier sans
donner de détails sur le nouveau programme. Les 4 000 logements
proposés par le ministère de l’Habitat seront programmés dans le
cadre des autres formules de logements inscrits au programme
quinquennal 2010-2014, mais aucune assiette n’a été dégagée pour le
moment», précise Khebache. M. Moussa avait également, pour rappel,
conditionné l’attribution des logements à l’assainissement des
listes des souscripteurs et avait demandé aux souscripteurs,
répartis en deux groupes, de s’entendre sur une seule liste de
souscripteurs de 2001. Par ailleurs, pour ceux ayant payé la
première tranche et qui n’ont jusque-là pas encore bénéficié d’un
logement, le directeur de l’AADL a précisé que sur les 55 000
logements destinés à cette tranche, il ne reste que 5 000 unités en
cours de réalisation. Le retard accusé dans la livraison est dû à la
résiliation de contrats avec les entreprises de construction qui ont
failli à leurs engagements. «Les entrepreneurs qui n’ont pas
respecté les cahiers des charges sont au nombre de trois», dira M.
Khebache, qui rappellera, à l’occasion, que depuis le18 août 2001,
180 435 dossiers ont été déposés, dont 25 400 déjà pris en charge et
le nombre de ceux rejetés par la commission de l’époque est de
15 437», a-t-il expliqué, ajoutant que «ceux qui restent dans la
liste sont au nombre de 142 598 et ne peuvent être pris en charge
dans le cadre de l’AADL». Sur un autre plan, le directeur de
l’agence a souligné qu’«une centaine de dossiers sont au niveau de
la justice suite à des enquêtes diligentées par notre
organisme». «Nous avons constaté que plusieurs logements sont fermés
ou loués ; nous laissons le soin à la justice de faire son travail»,
conclura le directeur de l’agence.
Par Nassima
Hannat
Haut
Ils veulent être sous la tutelle de Sonatrach
Les
travailleurs de la raffinerie d’Adrar toujours en grève
Les 220 grévistes
de la raffinerie d’Adrar dénoncent la discrimination et le
favoritisme du groupe chinois à l’encontre des fonctionnaires
algériens.
La grève des
travailleurs de la raffinerie de Sbaâ située dans la wilaya d’Adrar
se poursuit toujours, ce qui risque de perturber l’approvisionnement
des wilayas de Béchar, Adrar et Tindouf ainsi que Aïn Salah en
carburant. Cette situation risque de causer de sérieux problèmes si
la tension entre les transporteurs et l’agence de gestion de fret
n’est pas désamorcée.
Pour la deuxième
semaine consécutive, les travailleurs de la raffinerie d’Adrar n’ont
pas l’intention de faire marche arrière ; le gel de leur mouvement
de protestation est tributaire d’une seule condition : ils veulent
être sous la tutelle du groupe Sonatrach. Depuis la mise en service
de cette raffinerie en 2007, les travailleurs algériens n’on eu de
cesse de reprocher au groupe chinois CNPC, qui détient 70% du
capital de l’unité, son favoritisme à l’encontre des employés
algériens, car seuls les travailleurs chinois, au nombre de 280,
bénéficient de primes et de salaires conséquents.
D’autres
protestataires demandent également plus de transparence dans la
distribution des quotas et l’affichage du programme de distribution
fixé par Naftal. Plus explicitement, les transporteurs grévistes
exigent d’être considérés sur le même pied d’égalité et rejettent le
fait qu’il soit confié à certains de faire de longs trajets comme
sur El Goléa, Aïn Salah et Tamanrasset, alors qu’on confie à
d’autres de courtes distances telles que Sbaâ-Zaouiet Kounta ou
Reggane.
N. H.
Haut
Les familles des victimes du terrorisme ne décolèrent pas
Sit-in devant
le palais du Gouvernement
Les familles
victimes du terrorisme ont tenu, hier matin un sit-in devant le
palais du Gouvernement à Alger. Ils étaient une centaine à faire le
déplacement depuis les wilayas de l’intérieur du pays vers la
capitale pour réitérer leurs revendications, devant un dispositif
dissuasif des forces anti-émeute, déployé en grand nombre pour la
circonstance, repoussant les protestataires venant principalement de
Relizane, Blida et Chlef à une centaine de mètres du palais du
Gouvernement.
«Une délégation de
six personnes a été reçue par le secrétaire général du Premier
ministère, devant le refus d’Ahmed Ouyahia de prendre directement
langue avec notre mouvement», proteste un contestataire venant de
Relizane.
Les victimes
réclament un statut particulier pouvant leur assurer l’accès au
logement, au travail et une pension. «Nous revendiquons
l’élaboration d’un statut particulier qui va nous garantir nos
droits au même titre que ceux accordés aux terroristes dans le cadre
de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale», soutient
notre interlocuteur. La délégation a réussi à soumettre leurs
revendications à un conseiller du Premier ministre, sans toutefois
avoir des garanties quant à leur prise en charge. «La sourde oreille
des pouvoirs publics renforce notre mouvement. On organisera des
actions de protestation tous les dimanches», a-t-il insisté. Les
protestataires menacent également de durcir leur mouvement. «Nous
allons faire appel au bureau de wilayas des victimes du terrorisme
afin de nous rejoindre dimanche prochain. Nous allons mobiliser 3
000 personnes devant la Présidence», menacent-ils.
Les familles de
victimes du terrorisme ont observé un sit-in devant la Présidence de
la République dimanche dernier, ce après quoi une délégation avait
été reçue par un conseiller du président. Depuis, aucune prise en
charge n’a été accordée au dossier. Outre la revendication du statut
particulier, les victimes du terrorisme réclament «la dissolution de
l’Organisation nationale des victimes du terrorisme» qui «ne
représente que sa présidente», fulmine une dame.
Par Yazid
Ferhat
Haut
Les programmes d’habitat et les impératifs de l’aménagement du
territoire
L’absence d’une
vision globale
La problématique
du logement ne cesse de se poser en Algérie en termes d’une
exponentielle demande, dont la solution définitive tarde à se
profiler à l’horizon. Les raisons d’une telle situation sont aussi
nombreuses que variées ; elles tiennent d’une gestion approximative
et bancale non seulement du secteur de l’habitat, mais aussi de tous
les autres secteurs qui lui sont liés, à savoir, entre autres, la
politique de l’aménagement du territoire, de l’investissement
industriel et de la création d’emplois.
Le logement
n’existe pas seulement en tant qu’entité autonome et étanche et le
ménage qui le sollicite ou qui l’habite a une histoire (venant d’un
quartier saturé de la ville ou d’un hameau de la campagne). Ce
ménage a aussi une relation étroite avec l’emploi (travaillant dans
la même ville où il habite, faisant la navette sur des dizaines de
kilomètres ou étant en situation de chômage). A une échelle
macro-sociale, de telles questions prennent l’allure d’une politique
globale censée inspirer les gestionnaires en matière de construction
de logements, d’identification des zones du territoire où les
programmes de construction devraient être promus et, enfin, des
dispositifs d’aide publique pour l’accès au logement. Dans le cadre
du nouveau plan d’investissements 2010-2014, le ministère de
l’Habitat a décidé l’année dernière que le programme gouvrnemental
d’un million de logements bénéficiera d’études ciblées et touchera
l’ensemble des wilayas du pays de façon à réduire le mouvement
d’exode rural et à fixer les populations dans leur région d’origine.
Ainsi, le choix et l’établissement de nouveaux quartiers et de zones
d’habitat seront soumis aux plans d’aménagement et d’urbanisme (PDAU)
dont sont censées être dotées toutes les villes et agglomérations.
Il s’agit, comme
l’a souligné le ministre de l’Habiat, Noureddine Moussa, devant les
parlementaires au cours de la session d’automne 2010 de l’APN, de
favoriser une mobilité des populations du nord vers les hauts
plateaux et le sud de façon à créer une équité en matière de chances
de développement. Cela contribuera également, selon la vision du
Schéma national de l’aménagement du territoire (SNAT), à atténuer la
charge démographique sur les régions côtières. S’agissant de la
politique de soutien de l’Etat aux couches défavorisées, le ministre
a insisté sur l’importance de poursuivre l’effort entrepris dans la
réalisation de l’habitat rural et de logement social. Cependant,
pour combattre la fraude et le trafic dans les programmes d’habitat
soutenus par l’Etat, le ministre fait part de l’élaboration d’un
fichier national qui recensera l’ensemble des bénéficiaires. Il faut
dire, dans ce contexte, qu’un retard est enregistré dans ce domaine
vu le nombre de logements déjà livrés depuis le lancement du premier
plan quinquennal (PSSR) en 1999. Les pouvoirs publics ont fourni
des efforts considérables dans la satisfaction d’un besoin social
primordial, mais les résultats sont en-deçà des attentes. Le
déficit, hérité de la colonisation, en logements et en habitat
décent, est une donnée connue dans l’histoire contemporaine de notre
pays. Cependant, à lui seul, ce déficit historique n’explique pas
l’acuité et la permanence de la crise qui s’étend maintenant sur
presque un demi-siècle.
Déficit
d’intégration au SNAT
Les questions
liées à la politique de l’habitat et à l’accès au logement expriment
amplement l’impuissance des pouvoirs publics et des gestionnaires à
gérer dans la rationalité et l’harmonie l’ensemble des segments de
l’économie nationale : territoire, urbanisme, environnement,
infrastructures routières, équipements publics, agriculture, zones
industrielles, mobilité des populations, politique de l’emploi…,
etc. Car, c’est connu, depuis que l’homme s’est constitué en
société, l’habitat- en tant que «nid» regroupant la cellule
familiale, nucléaire ou élargie-, ne se crée et se fixe qu’autour
des zones de production et de consommation, autrement dit, ce sont
le travail et l’emploi qui fixent les individus dans des espaces qui
seront appelés par la suite des habitats. La répartition
géographique de la population et sa mobilité inscrite dans l’espace
et dans le temps charrient indubitablement des activités et des
comportements spécifiques aux zones et espaces occupés. Le Plan
complémentaire de soutien à la croissance (PCSC), ayant couvert la
période 2005-2009, a tablé sur la réalisation d’un million de
logements. Les chiffres admis au niveau du ministère de l’Habitat
vont au-delà et se situent dans les 1,6 million d’unités, tous
programmes confondus. Mais, au-delà du nombre d’unités d’habitations
à réaliser- sous toutes les formules : sociale, promotionnelle ou
rurale, imaginées par les autorités du pays-, jusqu’à quand la
problématique du logement continuera à être appréhendée en termes
exclusivement quantitatifs au détriment d’une vision globale qui
intégrerait toutes les données du problème ? Multiplier le nombre
d’unités de logements au rythme de la progression géométrique que
connaît la démographie dans notre pays paraît un travail d’Hercule
qui épuiserait toutes les énergies nationales sans pouvoir
satisfaire un jour la demande en la matière. En plus de l’impératif
de diversifier les formules d’acquisition de logements par les
ménages -en faisant intervenir des crédits immobiliers et d’autres
formes de soutien-, il importe aussi de se pencher sur la manière
dont se pose le problème du logement en Algérie et sur les raisons
d’une demande astronomique concentrée en milieu urbain. Il y a lieu,
dans le cadre du nouveau plan d’investissement public de réfléchir
sérieusement à la problématique du logement, non seulement sur le
plan technique (normes, matériaux, coût du m², règles
parasismiques…), mais aussi sur le plan social et économique et dans
la perspective d’une heureuse intégration au Schéma national
d’aménagement du territoire (SNAT). C’est en quelque sorte la vision
développée par le ministre devant l’Assemblée populaire nationale
lorsqu’il a insisté sur le respect du plan d’aménagement du
territoire et les règles d’urbanisme. Depuis plus de quatre
décennies, les gouvernements qui se sont succédé ont lancé des
programmes de construction de logements de différentes formules
(logements sociaux clefs en main, évolutifs, auto-construction,
logements promotionnels, LSP, AADL, FNPOS, habitat rural…) faisant
la jonction avec les programmes d’urgence conçus par le «Plan de
Constantine» et lancés par les autorités coloniales à la veille de
l’indépendance de l’Algérie.
Les heures
fastes de l’anarchie
L’une des grandes
dérives du développement dont l’Algérie du XXIe siècle a hérité
suite au processus de construction nationale après l’Indépendance
est, aux yeux des aménagistes et des économistes, le déséquilibre de
la répartition spatiale de sa population, des ses investissements et
de sa gestion des ressources ; ce dernier terme étant entendu ici
dans son acception la plus large, qui recouvre aussi et surtout le
capital foncier. Même si la terminologie moderne impose son lexique
-aménagement du territoire, développement durable, sauvegarde de la
biodiversité- qui fait florès au sein des bureaux d’études et des
départements techniques de certains ministères, les préoccupations
relatives à la gestion des territoires ont accompagné les différents
plans de développement des pays avancés et de beaucoup d’autres pays
dits émergents. L’Algérie, qui s’est dotée depuis les années 1970 de
structures administratives inhérentes à l’aménagement du territoire,
s’est rapidement laissée griser par la rente pétrolière qui a permis
une urbanisation effrénée et anarchique, suivie de pôles industriels
autour de certains grandes villes. Cette situation a drainé des
populations de l’arrière-pays montagneux et steppique au point où
l’exode rural est devenu une réalité avec laquelle il faut désormais
compter dans tous les autres programmes de développement,
particulièrement ceux inhérents à la construction de logements.
Lorsque le programme d’habitat rural a été lancé au début des années
2 000, un certain flottement avait prévalu quant à la destination
précise de ces infrastructures. Ce n’est qu’avec les projets de
proximité de développement rural (PPDR) lancés en 2003 que le lien
entre l’emploi, la source de revenu et l’habitat a été sérieusement
pris en charge. En effet, dans certaines zones, pour n’avoir pas
pris en considération ce paramètre, de jolis logements ruraux ont
été transformés en résidences secondaires par des propriétaires
établis dans les grandes villes ou loués à des exploitants de la
région qui les ont transformés en étables ou hangars. La politique
des projets de proximité a permis à des foyers ruraux établis dans
des chaumières ou autres bâtis vétustes de bénéficier d’une maison
décente dont le montant de soutien était de 500 000 dinars, révisé à
la hausse, 700 000 dinars, depuis trois ans. La politique du
ministère de l’Habitat en matière d’équilibre régional basé sur une
occupation rationnelle de l’espace rejoint les contraintes et les
projections des différents secteurs dans leur souci de s’adapter et
de se soumettre aux orientations du plan d’aménagement du
territoire. En tout cas, tous les indices montrent un engorgement de
la partie nord du pays. La concentration des activités économiques y
a entraîné des problèmes de circulation automobile presque
insurmontables (le nombre d’accidents de la route est dans ce cas un
indice majeur). D’autres problèmes d’infrastructures et
d’équipements annoncent une asphyxie prochaine de la bande littorale
(AEP, décharges publiques, réduction drastique de réserves foncières
pour les programmes d’équipement…). La devise d’«équilibre régional»
chantée sur tous les toits au cours des années soixante-dix du
siècle dernier était plus un slogan populiste creux qu’une volonté
politique basée sur le sens de la prospective et de la gestion
rationnelle des ressources.
Par Saâd
Taferka
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Démantèlement de plusieurs réseaux
Le règne du
trafic des devises
Suite à des
informations crédibles parvenues à la brigade territoriale de la
Gendarmerie nationale d'El Affroun, dans la wilaya de Blida, ses
éléments ont réussit à démanteler un important réseau de trafic
d'euros.
C'est à la fin de
la semaine dernière que les gendarmes de la brigade de la GN de
cette commune ont démantelé un réseau spécialisé dans le trafic de
grosses sommes d'euros. Après avoir reçu tous les détails relatifs
aux activités de ce réseau, les gendarmes ont tendu une souricière à
l'un de ses membres. Cela dit, une jeune personne a été arrêtée par
les éléments de la Gendarmerie nationale alors qu'elle était à bord
de son véhicule. Après avoir procédé à une fouille minutieuse du
véhicule et de son propriétaire, les gendarmes ont découvert 54 900
euros dissimulés dans la veste de ce trafiquant. 40 billets de
coupures de 500 euros, 39 billets de 200 euros, 159 billets de 100
euros, 213 billets de 50 euros, 13 billets de 20 euros, et enfin, 29
billets de 10 euros ont été saisis lors de cette opération. Suite à
ce coup de filet, les gendarmes ont ouvert une enquête qui a permis
de découvrir, en outre, que la personne arrêtée avait des liens avec
des commerçants résidant dans la wilaya de Blida. Ces derniers
achètent ces grosses sommes en monnaie européenne auprès de ce
réseau qu’ils réservent ensuite pour l’achat de vêtements haut de
gamme en Europe. Ainsi, près de 700 millions de centimes ont été
saisis par les gendarmes chez ces commerçants illicites. L'enquête
a également dévoilé que les sommes de de devises en possession de ce
réseau appartiennent à des émigrés natifs de la région de Chlef. Ces
derniers vendent leurs euros à cette bande, laquelle les revend aux
commerçants de Blida, et ce contrairement à la loi qui interdit ce
genre de commerces. Il convient de noter que le trafic de l’euro est
en train de s'amplifier dans certaines wilayas qui, jusqu'ici,
étaient à l'abri de ce phénomène. D'habitude, c'est dans l'est du
pays, et particulièrement à Alger, que beaucoup de réseaux
spécialisés dans le trafic de l'euro sont démantelés par les
services de sécurité. Mais le phénoméne a désormais gagné les
autres wilayas. Les wilayas de Chlef et de Blida sont, ces deux
dernières années, privilégiées par les trafiquants de l'euro.
Autrement dit, en deux années, plusieurs réseaux ont été démantelés
grâce au travail soigné et méticuleux des gendarmes des groupements
des deux wilayas. En matière de chiffres, plusieurs dizaines de
milliers d'euros ont été récupérées, tandis que des dizaines de
trafiquants ont été arrêtés. La traque des trafiquants de l'euro est
de plus en plus menée par les gendarmes à travers les différentes
wilayas.
L'affaire
«Hydra» n'a pas dévoilé tous ses secrets
Le trafic de
l'euro a touché, également, presque l'ensemble des marchés
parallèles des devises du pays. A Alger, à titre exemple, les deux
marchés noirs des devises du square Port-Saïd, et d’Hydra sont les
cibles de certains réseaux de trafic de monnaie européenne. Les
innombrables «courtiers», des liasses de billets à la main, rôdent
sur les lieux dès les premières lueurs du jour, selon quelques
témoignages recueillis auprès des habitants du quartier limitrophe.
Quoi que l'on dise de ce trafic «banalisé avant d'être normalisé,
des millions d'euros transitent par ces places», selon les
observateurs. Il y a juste trois mois, une descente surprise de la
police judiciaire avait ciblé ce marché des devises informel. Ce
jour- là, des dizaines de personnes ont été interpellées dans le
cadre d'une affaire de blanchiment d'argent, selon une source
policière. D'ailleurs, ce n'est pas uniquement le marché informel du
square Port-Said qui fut la cible de cette descente, il en a été de
même pour celui de Hydra. Désormais, ces deux marchés informels sont
surveillés de très près par les policiers. C'est dans le cadre d'une
vaste enquête ciblant une affaire de blanchiment d'argent que ces
descentes ont été effectuées par les policiers. Dans l’affaire
«Hydra», plusieurs millions d'euros ont été envoyés illégalement
vers plusieurs pays étrangers à travers une petite boutique située
dans ce quartier. Cet argent a transité par le marché informel de
Hydra, raison pour laquelle les policiers ont réalisé ces deux
descentes. suite à cela, plusieurs personnes ont été arrêtées,
certaines ont été provisoirement libérées, d'autres sont sous mandat
de dépôt, et une personne, le propriétaire de la boutique, est en
fuite, a-t-on appris de même source. Les enquêteurs de la DGSN
veulent mettre la main sur le reste de ce réseau de trafic de
devises. La tâche n'est pas facile, mais l'enquête finira par
élucider l'énigme de cette affaire. Retour au marché de l'informel
du square Port-Saïd. A une ruelle proche du tribunal Abane-Ramdane,
Hamid, la trentaine, a pour tâche de s'occuper des automobilistes
empruntant cette direction. Il propose des euros et des dollars. A
ses côtés, ses deux «collègues» de la wilaya de Jijel accostent les
passants empruntant le trottoir. Le ciblage ou l'infiltration est
ainsi bien programmée. Si des monnayeurs scrutent le moindre regard
intéressé, d'autres, en revanche, sont à la limite du harcèlement.
Les ruelles proches ne sont pas épargnées et chaque mètre est
soigneusement exploité. «Il n'y a pas où mettre les pieds ! Allez-y
et constater par vous-même», déplore Samir, commerçant de son état,
tenant une boutique longeant la rue de la Liberté. «C'est quoi cet
Etat où l'on vend de l'argent dans la rue?», s'emporte un autre
jeune commerçant. «Toutes les pétitions signées par les commerçants
licites et les habitants des lieux contre les squatteurs de la place
sont restées sans écho à ce jour», indique indigné Samir. «En plus
des insultes et des obscénités qu'on débite ici à longueur de
journée, de nombreux passants, notamment la gent féminine, évitent
cet endroit, au grand dam des commerçants qui existent sur place»,
ajoute Samir qui a hérité de la boutique de son père, présent au
niveau de la place depuis 1963.
Des barons «x»
contrôlent les marchés informels des devises
Mais qui contrôle
les marchés informels des devises d'Alger ? Qui détermine les taux
de change sur lesquels tout le monde semble s’être donné le mot ?
«Des barons
cambistes investissent les lieux à l'aube», confie une source
policière. De la rencontre de ces grands bailleurs entourés d'euros
qui se tient souvent au marché du coin se dégage un consensus sur le
taux de change à adopter. En cette partie de la capitale où se
mêlent halabas, vendeurs à la sauvette et malfrats, les trottoirs
n'existent plus depuis belle lurette», explique-t-on. Notre virée
sur les lieux a coïncidé avec l'Aïd el Adha, mais surtout avec la
descente des policiers. «au niveau de cette, et au vu et au su de
tout le monde, dollar, euro, livre sterling et autres devises fortes
y sont librement convertibles», affirme un vieux retraité habitué
des lieux. Des liasses de billets à la main, de jeunes cambistes
travaillant au noir, et sont à l'affût du moindre client ou passant
intéressé. «Ce sont des barrons ''x'' dont on ne connaît pas
l'identité qui sont derrière ce commerce illégal. Il est très
difficile de les connaître ou de les localiser», confie notre
source. «Toutefois, il s'agit de barons natifs des wilayas de Jijel
et d'Alger», ajoute la même source. C'est à partir du square
Port-Saïd, point de rencontre entre trabendistes, affairistes et
importateurs de tous genres, véritable plaque tournante des
transactions, que la les devises seront partagés entre les vendeurs.
Chaque vendeur
peut toucher jusqu'à 100 DA pour chaque 100 euros vendus. Par
ailleurs, ce marché de la devise existe depuis le milieu des années
1980 et ces jeunes sont une troisième génération de revendeurs. Ici
comme ailleurs, le change informel est accessible à tous, du plus
petit au plus grand.
Par Lotfi Itou
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