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lundi 04 avril 2011

 

Ils ont remis une lettre au président de la République

Les gardes communaux rejettent en bloc les propositions d’Ould Kablia

Non satisfaits des augmentations de salaire annoncées

Les greffiers bloquent de nouveau les tribunaux

Alliance présidentielle

Bouguerra Soltani consomme le divorce

Ils ont organisé un sit-in de quelques minutes

Les journalistes de la radio nationale tentent de s’organiser

Le mouvement El Islah prépare son candidat à la prochaine présidentielle

Imminent retour de Djaballah

Crise au sein du FLN

Les hostilités reprennent

Mohamed Khebache, directeur général de l’AADL :

«Aucune solution n’a arrangé les souscripteurs de 2001»

Ils veulent être sous la tutelle de Sonatrach

Les travailleurs de la raffinerie d’Adrar toujours en grève

Les familles des victimes du terrorisme ne décolèrent pas

Sit-in devant le palais du Gouvernement

Les programmes d’habitat et les impératifs de l’aménagement du territoire

L’absence d’une vision globale

Démantèlement de plusieurs réseaux

Le règne du trafic des devises

 

 

 

 Evenement 


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Ils ont remis une lettre au président de la République

Les gardes communaux rejettent en bloc les propositions d’Ould Kablia

Organisant un sit-in ouvert au milieu d’un imposant dispositif sécuritaire dépêché sur les lieux, les gardes communaux reviennent de plus belle à la charge. Ils étaient nombreux à s’être rassemblés hier à la place des Martyrs où l’hymne national et des chants patriotiques ont été entonnés en chœur.

Des slogans retraçant leur lutte, leur sacrifice, leur mal-vivre et leur abandon par l’Etat y ont également retenti le long de la journée. Ils ont promis, dès la matinée, de continuer à occuper les lieux jusqu’à ce que le premier magistrat du pays se penche sur leurs revendications que le ministère de l’Intérieur «n’a pas daigné satisfaire». A cet effet, une délégation composée de 8 gardes communaux a été dépêchée à la Présidence de la République en vue d’y déposer une plate-forme de revendications. A leur retour, les délégués ont annoncé avoir été reçus par le directeur des contentieux, qui leur a promis, selon eux, de soumettre leur lettre au président de la République dès l’après-midi d’hier. Dans cette missive, on peut clairement lire que «la dernière rencontre de la commission ministérielle mise en place pour étudier les doléances de ce corps, les 7 représentants des gardes communaux n’ont approuvé aucune décision», et qu’en «dépit du refus formulé par les ces représentants, ladite commission n’a fait aucune proposition ayant trait à la résolution de leurs problèmes». On peut également y lire que «le ministère de l’Intérieur a sommé les délégations wilayales de procéder à l’application des mesures prises, en dépit du fait que les représentants des gardes communaux ne furent pas signataires », ce qu’ils considéreront «contraire à la loi».

C’est ce qui a, d’ailleurs, amené ces derniers à solliciter l’intervention du premier magistrat pour «les sortir de la précarité et des mille et un problèmes dans lesquels ils se débattent».  S’agissant des revendications que les gardes communaux ont déposées sur le bureau du président de la République, elles se caractérisent, entre autres, par la mise à la retraite de ceux qui se sont engagés de 1994 à 1997 et ce, sans considération d’âge, en précisant que le montant de celle-ci (la retraite) ne «devra en aucun cas être inférieur à 25 000 DA, une augmentation salariale de pas moins de 10 000 DA au garde communal, l’indemnisation des heures supplémentaires, une prime en contrepartie de 17 ans de lutte antiterroriste, « même pour ceux ne totalisant pas ce nombre d’années et, enfin, la réintégration des radiés des listes des ayants droit aux indemnisations. Outre ces revendications, les gardes communaux réclament une couverture sociale à la hauteur des efforts consentis dans l’accomplissement de leur «devoir» aux côtés de l’Armée nationale populaire.             Pour rappel, s’agissant des décisions prises par la commission mise en place pour étudier les doléances de ce corps, qui sont, notamment, l’intégration de près de 70% de ses effectifs dans les rangs de l’ANP, ils les qualifieront d’«aberrantes et insensées», allant jusqu’à accuser la tutelle de faire dans la «désinformation» et la «manipulation».

«On refuse même de nous verser nos salaires pour que nous ne puissions pas nous rendre à Alger poursuivre notre lutte», fulmine Mechrouh Ahmed, qui s’est  retrouvé concierge avec un salaire «minable» après avoir exercé durant 11 ans dans la région de Blida. Vaut mieux avoir affaire à Dieu qu’à ses saints ! Au regard du «divorce contracté» entre les gardes communaux et le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales-d’où la décision des protestataires de s’adresser directement au président de la République-, la situation peut se «tarir» en raison du nombre de ces derniers ainsi que leur détermination à aller jusqu’au bout de leurs revendications.

Par Hamid Fekhart

 

Non satisfaits des augmentations de salaire annoncées

Les greffiers bloquent de nouveau les tribunaux

Après une longue lutte, qui a pris pour longtemps le devant de la protestation sociale en Algérie, les greffiers des tribunaux reviennent à la charge pour ainsi donner, de nouveau, un cachet de nullité aux jugements prononcés par la justice. Cette grève, que ses organisateurs qualifient d’«illimitée», , qui a commencé hier est due essentiellement au fait que les greffiers ne soient pas satisfaits des augmentations de salaire obtenues. Selon eux, les augmentations ne  reflètent aucunement les engagements du ministre de la Justice et garde des Sceaux qui leur a demandé de  reprendre le travail, en leur promettant que toutes leurs doléances vont être prises en charge. Mais une fois les greffiers partis retirer leurs salaires, ils ont été surpris  de voir que l’augmentation n’était pas telle que souhaitée. Pour rappel, les protestataires ont déjà observé une grève, suite à laquelle tous les tribunaux du pays se sont retrouvés bloqués à cause du fait qu’un jugement soit entâché de nullité sans la signature d’un greffier. La tutelle avait, dans le but de combler le vide causé au niveau de l’appareil judiciaire, engagé des huissiers de justice, ce qui a constitué, de l’avis des juristes «une violation de la loi en vigueur». La tutelle leur avait alors promis des augmentations conséquentes ainsi que la révision de leur statut particulier qu’ils avaient qualifié, rappelons-nous, de «code pénal bis». «Tous ces articles commencent par la mention du devoir !», s’étaient indigné les greffiers. La tutelle était, durant les pourparlers avec les grévistes,  allée jusqu’à leur promettre des augmentations qui atteindraient 85% des salaires avec effet rétroactif. Cela ne semble pas être le cas, puisque les protestataires sont revenus à la charge. Ils comptent, cette fois-ci, aller jusqu’au bout de leur lutte jusqu’à ce que leurs revendications soient satisfaites. Rappelons, en outre, que les revendications des protestataires n’étaient pas seulement d’ordre salarial, car des primes de différentes sortes et des avantages en nature ont été également mentionnés sur la liste, laquelle a été jugée «relativement longue».

Par Hamid Fekhart

 

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Alliance présidentielle

Bouguerra Soltani consomme le divorce

Le président du Mouvement de la société pour la paix (MSP) ne semble vraiment pas se plaire au sein de l’Alliance présidentielle, aux côtés du FLN et du RND. Dans une réponse implicite au SG du RND, Ahmed Ouyahia, Bouguerra Soltani a insinué que ladite structure politique est arrivée à échéance, voir désuète. Il a estimé pour cela qu’après 7 années, l’Alliance présidentielle a besoin d’un bilan, quitte à aller vers un large front national pour assurer la stabilité et approfondir les réformes. Il s’est dit cependant «favorable à une révision de la loi électorale», avant de se prononcer en faveur d’un «équilibre entre les prérogatives de l’administration et les attributions des élus, concernant les codes communal et de wilaya».

En outre, Bouguerra Soltani estime que l’Algérie a «besoin de se remettre en question pour se conformer davantage aux critères universels touchant aux domaines politique, économique et social». Au cours d’un meeting populaire organisé à Mila à l’occasion du 20e anniversaire du parti, il a considéré qu’ «il y a encore de la marge pour réaliser des réformes réelles, normaliser la vie nationale et trouver des solutions aux questions de l’heure», estimant «dangereux» de penser que «l’accès aux droits se fait par la pression, les protestations dans la rue et le blocage des routes». Le président du MSP a également indiqué que le changement et les réformes «ne peuvent provenir que d’une révision de la Constitution et d’un élargissement de la base du pouvoir en Algérie, donnant la possibilité à toutes les forces disponibles, à toutes les compétences et aux jeunes de s’exprimer sur des réformes globales». Par ailleurs, il a appelé la jeunesse à «croire une fois pour toutes que son avenir est en Algérie et nulle part ailleurs», avant d’ajouter que le message de la jeunesse, «parfaitement reçu, doit être traduit dans les actes par des décisions de l’Etat».         

M. A. C.

 

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Ils ont organisé un sit-in de quelques minutes

Les journalistes de la radio nationale tentent de s’organiser

Une quarantaine de journalistes des quatre chaînes de la radio nationale ont été au rendez-vous, relativement «loupé», qui allait les réunir pour un sit-in devant le siège de leur institution. Selon des indiscrétions, des responsables sont allés jusqu’à «menacer de sanctions» les personnels «tentés» par cette action pour les dissuader d’amorcer une dynamique syndicale à même de valoriser leurs statuts, ainsi que leur procurer des conditions socioprofessionnelles acceptables et à la hauteur de la noblesse de leur métier. Revenant sur leur pas, ces derniers se sont mis d’accord sur le fait que les personnels de chaque chaîne organisent une assemblée en vue d’élaborer une liste de revendications pour qu’après, une assemblée générale touchant toutes les chaînes qui décidera du sort de la lutte que les journalistes comptent mener soit tenue. Les premières exigences, qui ont déjà fait surface et que les protestataires envisagent de mettre sur le tapis, sont, entre autres, le reclassement qui n’a pas été fait depuis une dizaine d’années et qui a fait perdre aux travailleurs beaucoup d’avantages sociaux, salariaux et en mobilité professionnelle. Ils comptent, en outre, «réactiver» leur syndicat et préconisent la mise sur pied d’un syndicat national qui prendra en charge les doléances des journalistes exerçant aussi bien dans la presse écrite, audiovisuelle ou dans les journaux on-line.       

Hamid Fekhart

 

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Le mouvement El Islah prépare son candidat à la prochaine présidentielle

Imminent retour de Djaballah

Le come-back de Abdallah Djaballah dans la vie politique se dessine chaque jour un peu plus clairement. Les changements opérés ces derniers jours à la tête du mouvement  El Islah augurent un imminent retour du leader charismatique de cette formation politique qu’il a lui-même fondée.

Les président et secrétaire général du mouvement El Islah, respectivement Mohamed Boulahia et Miloud Kadri, n’ont pas écarté un éventuel retour du leader charismatique Abdallah Djaballah à la tête du parti. «Il ne faut pas anticiper les choses», a rétorqué le SG de cette formation politique, lors d’une conférence de presse organisée hier au siège national du parti, en réponse à une question portant sur la destitution de Djamel Benabdeslam par le Conseil consultatif et le retour de Mohamed Boulahia à la présidence, un poste resté vacant depuis sa démission en 2004. Ce qui confirme le changement de cap entrepris par cette formation islamiste qui aspirerait, selon toute vraisemblance, à renouer avec son passé et retrouver son fondateur Djaballah, en perspective d’une éventuelle candidature à la prochaine élection présidentielle de 2014. D’ailleurs, le président revenant d’ El Islah Mohamed Boulahia a fait entendre que cette piste n’est pas écartée. Il a, dans ce sens, rappelé que le règlement intérieur du mouvement «permet aux adhérents d’El Islah et à ceux d’Ennahda de se porter candidats pour les élections présidentielles», avant d’ajouter que chaque militant remplissant les conditions requises par le Conseil consultatif (Madjliss echoura), même s’il n’est pas adhèrent au mouvement, peut être désigné pour représenter le parti dans les échéances électorales. Une option qui se confirme d’autant plus que l’actuel président du mouvement a soutenu qu’il n’allait pas déposer sa candidature pour la prochaine présidentielle. «J’ai juré de ne pas me présenter pour les élections présidentielles», a-t-il clairement dit, en guise de bonne foi. En outre, il convient de noter que Djamel Ben Abdessalem, qui se présente toujours comme étant le SG du parti, a déclaré que ces «figures» avaient démissionné et  que leur représentation sont donc illégitimes.

Le président de Madjliss echoura, Djamel Soualah, a indiqué qu’«aucune demande de démission n’a été faite, à l’exception d’une seule». Concernant Benabdeslam, «nous avons déposé le dossier administratif au ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales, la semaine passée», tranchant ainsi sur son cas et institutionnalisant sa déchéance des rangs du parti. Sur un autre registre, Mohamed Boulahia a tenu à souligner que l’objectif du mouvement est de «serrer ses rangs», en perspective bien sûr des futures échéances électorales et autres activités organiques du mouvement.

De son côté, le secrétaire général du parti, s’exprimant sur la situation qui prévaut actuellement dans le pays, a estimé que «nous sommes pour les réformes, mais pacifiquement».

Et d’ajouter : «Tous les secteurs sont dans une situation catastrophique», pour résumer le marasme social qui affecte de larges pans du monde du travail et de la société. Miloud Kadri a également pointé du doigt l’Assemblée populaire nationale (APN), l’accusant de «ne pas représenter la masse populaire», et appelé à sa dissolution pure et simple.   

Par Mokrane Aït Chabane

 

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Crise au sein du FLN

Les hostilités reprennent

Après les échauffourées qui ont caractérisé l’opération de renouvellement des kasmas et provoqué l’éclatement du parti et l’émergence d’une quasi-direction parallèle qui veut à tout prix la tête de Belkhadem, le renouvellement des mouhafadhas rallume l’étincelle de la «guerre de succession» quelque peu «éclipsée» par la succession des évènements sur la scène nationale.

A peine l’opération entamée, les hostilités ont commencé  le week-end passé à Batna, où 3 blessés ont été signalés, mais aussi et surtout à Oran, où ci ce n’était l’intervention de la police, redresseurs et partisans de Belkhadem se seraient entre-tués et auraient provoqué un drame. Pour Mohammed Seghir Kara, l’un des animateurs du Mouvement de redressement et de l’authenticité, la montée au créneau  «des vrais militants qui veulent installer la mouhafadha d’Oran est une preuve supplémentaire que l’équipe Belkhadem est exécrée par la base». Notre interlocuteur estime que «ses jours à la tête du FLN, qu’il a dénaturé en introduisant des intrus et des affairistes au sein du comité central, sont comptés». Rappelant la démarche du néomouvement de redressement, Mohamed Seghir Kara a affirmé que les 42 kasmas ont rallié le mouvement de redressement. «Nous allons installer nos mouhafadhas et poursuivre dans cette voie», a ajouté notre interlocuteur qui  dénonce les agissements de Mustapha Abid, «envoyé spécial de Abdelaziz Belhadem, qui a voulu perturber nos travaux». «Il ne reste plus de partisans de Belkhadem», a estimé Kara.

Le Mouvement de redressement et de l’authenticité, coordonné actuellement par Salah Goudjil, ne veut pas lâcher prise et semble décidé, selon l’ex-ministre du Tourisme, à reprendre les rênes du parti. Lors d’une rencontre, tenue en janvier dernier, au siège du mouvement à Draria, une «feuille de route» a été rendue publique à cet effet. «Nous sommes décidés à aller jusqu’au bout, y compris en passant par la justice», tonne Kara, tout en mettant en avant le caractère «légal» de l’action du mouvement. Il s’agira dans un premier temps d’«épurer»  le comité central du parti de ses intrus et le rendre ainsi aux vrais militants et d’organiser par la suite une conférence nationale «dans les meilleurs délais» qui se chargera d’élire la nouvelle direction du parti. Un congrès extraordinaire n’est pas à écarter. La direction actuelle qui parle de «signes de bonne santé» lorsque la crise du parti est évoquée a, avons-nous appris, tenu hier soir une réunion à huis clos, au siège central du FLN à Hydra que les redresseurs «comptent investir pour dénoncer les dérives du bureau politique». la crise n’a pas encore livré tous ses secrets.   

S.A.M.

 

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Mohamed Khebache, directeur général de l’AADL :

«Aucune solution n’a arrangé les souscripteurs de 2001»

Les délégués des souscripteurs aux programmes de logements AADL doivent s’entendre pour arrêter une liste finale des bénéficiaires, quitte à aller vers un «tirage au sort», selon le directeur général de l’Agence pour l’amélioration et le développement du logement (AADL), Mohamed Khebache.

Aucune solution n’a été dégagée pour le moment pour une distribution plus au moins équitable des 8 000 logements destinés aux souscripteurs de 2001sous la formule «location vente». Toutes les propositions avancées lors des réunions tenues avec les représentants des souscripteurs n’ont pas été à leur goût, ce qui risque de rendre la situation plus compliquée qu’elle ne l’est déjà. Le nombre de logements destinés aux demandeurs de 2001 sera désormais de 8 000 unités, mais toujours insuffisant pour satisfaire toutes les demandes. A défaut d’assiettes foncières «nous ne pouvons satisfaire les 142 000 demandes», a expliqué le directeur de l’AADL, invité de la rédaction d’Alger  Chaîne III. M. Khebache n’a pas écarté un éventuel «tirage au sort» pour fixer une liste d’attributaires des logements des sites de Réghaïa et Rouiba ou l’application du décret 08-142 définissant les conditions d’octroi de logements sociaux (ancienneté de la demande, conditions d’habitation et sociales et niveau des revenus). A ce jour, toutes les propositions soumises aux délégués des souscripteurs ont été rejetées, selon notre interlocuteur. «Aucune solution ne les arrange», dira M. Khebache. Mieux encore, «chaque association se présente à nos services avec une liste en main», a fait savoir le responsable de l’AADL, qui n’a pas omis d’évoquer les efforts consentis par la tutelle pour mettre fin au marasme des souscripteurs AADL 2001. En plus des 4 000  logements des sites Réghaïa et Rouïba, qui seront livrés prochainement, 4 000 autres seront mis à la disposition des demandeurs, a-t-il souligné. Le ministre de l’Habitat, Noureddine Moussa, avait déjà annoncé cette nouvelle mercredi dernier sans donner de détails sur le nouveau programme. Les 4 000 logements proposés par le ministère de l’Habitat seront programmés dans le cadre des autres formules de logements inscrits au programme quinquennal 2010-2014, mais aucune assiette n’a été dégagée pour le moment», précise Khebache. M. Moussa avait également, pour rappel, conditionné l’attribution des logements à l’assainissement des listes des souscripteurs et avait demandé aux souscripteurs, répartis en deux groupes, de s’entendre sur une seule liste de souscripteurs de 2001. Par ailleurs, pour ceux ayant payé la première tranche et qui n’ont jusque-là pas encore bénéficié d’un logement, le directeur de l’AADL a précisé que sur les 55 000 logements destinés à cette tranche, il ne reste que 5 000 unités en cours de réalisation. Le retard accusé dans la livraison est dû à la résiliation de contrats avec les entreprises de construction qui ont failli à leurs engagements. «Les entrepreneurs qui n’ont pas respecté les cahiers des charges sont au nombre de trois», dira M. Khebache, qui rappellera, à l’occasion, que depuis le18 août 2001, 180 435 dossiers ont été déposés, dont 25 400 déjà pris en charge et le nombre de ceux rejetés par la commission de l’époque est de 15 437», a-t-il expliqué, ajoutant que «ceux qui restent dans la liste sont au nombre de 142 598 et ne peuvent être pris en charge dans le cadre de l’AADL». Sur un autre plan, le directeur de l’agence a souligné qu’«une centaine de dossiers sont au niveau de la justice suite à des enquêtes diligentées par notre organisme». «Nous avons constaté que plusieurs logements sont fermés ou loués ; nous laissons le soin à la justice de faire son travail», conclura le directeur de l’agence.

Par Nassima Hannat

 

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Ils veulent être sous la tutelle de Sonatrach

Les travailleurs de la raffinerie d’Adrar toujours en grève

Les 220 grévistes de la raffinerie d’Adrar dénoncent la discrimination et le favoritisme du groupe chinois à l’encontre des fonctionnaires algériens.

La grève des travailleurs de la raffinerie de Sbaâ située dans la wilaya d’Adrar se poursuit toujours, ce qui risque de perturber l’approvisionnement des wilayas de Béchar, Adrar et Tindouf ainsi que Aïn Salah en carburant. Cette situation risque de causer de sérieux problèmes si la tension entre les transporteurs et l’agence de gestion de fret n’est pas désamorcée.

Pour la deuxième semaine consécutive, les travailleurs de la raffinerie d’Adrar n’ont pas l’intention de faire marche arrière ; le gel de leur mouvement de protestation est tributaire d’une seule condition : ils veulent être sous la tutelle du groupe Sonatrach. Depuis la mise en service de cette raffinerie en 2007, les travailleurs algériens n’on eu de cesse de reprocher au groupe chinois CNPC, qui détient 70% du capital de l’unité, son favoritisme à l’encontre des employés algériens, car seuls les travailleurs chinois, au nombre de 280, bénéficient de primes et de salaires conséquents.

D’autres protestataires demandent également plus de transparence dans la distribution des quotas et l’affichage du programme de distribution fixé par Naftal. Plus explicitement, les transporteurs grévistes exigent d’être considérés sur le même pied d’égalité et rejettent le fait qu’il soit confié à certains de faire de longs trajets comme sur El Goléa, Aïn Salah et Tamanrasset, alors qu’on confie à d’autres de courtes distances telles que Sbaâ-Zaouiet Kounta ou Reggane.           

N. H.

 

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Les familles des victimes du terrorisme ne décolèrent pas

Sit-in devant le palais du Gouvernement

Les familles victimes du terrorisme ont tenu, hier matin un sit-in devant le palais du Gouvernement à Alger. Ils étaient une centaine à faire le déplacement depuis les wilayas de l’intérieur du pays vers la capitale pour réitérer leurs revendications, devant un dispositif dissuasif des forces anti-émeute, déployé en grand nombre pour la circonstance, repoussant les protestataires venant principalement de Relizane, Blida et Chlef à une centaine de mètres du palais du Gouvernement.

«Une délégation de six personnes a été reçue par le secrétaire général du Premier ministère, devant le refus d’Ahmed Ouyahia de prendre directement langue avec notre mouvement», proteste un contestataire venant de Relizane.

Les victimes réclament un statut particulier pouvant leur assurer l’accès au logement, au travail et une pension. «Nous revendiquons l’élaboration d’un statut particulier qui va nous garantir nos droits au même titre que ceux accordés aux terroristes dans le cadre de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale», soutient notre interlocuteur. La délégation a réussi à soumettre leurs revendications à un conseiller du Premier ministre, sans toutefois avoir des garanties quant à leur prise en charge. «La sourde oreille des pouvoirs publics renforce notre mouvement. On organisera des actions de protestation tous les dimanches», a-t-il insisté. Les protestataires menacent également de durcir leur mouvement. «Nous allons faire appel au bureau de wilayas des victimes du terrorisme afin de nous rejoindre dimanche prochain. Nous allons mobiliser 3 000 personnes devant la Présidence», menacent-ils.

Les familles de victimes du terrorisme ont observé un sit-in devant la Présidence de la République dimanche dernier, ce après quoi une délégation avait été reçue par un conseiller du président. Depuis, aucune prise en charge n’a été accordée au dossier. Outre la revendication du statut particulier, les victimes du terrorisme réclament «la dissolution de l’Organisation nationale des victimes du terrorisme» qui «ne représente que sa présidente», fulmine une dame.          

Par Yazid Ferhat

 

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Les programmes d’habitat et les impératifs de l’aménagement du territoire

L’absence d’une vision globale

La problématique du logement ne cesse de se poser en Algérie en termes d’une exponentielle demande, dont la solution définitive tarde à se profiler à l’horizon. Les raisons d’une telle situation sont aussi nombreuses que variées ; elles tiennent d’une gestion approximative et bancale non seulement du secteur de l’habitat, mais aussi de tous les autres secteurs qui lui sont liés, à savoir, entre autres, la politique de l’aménagement du territoire, de l’investissement industriel et de la création d’emplois.

Le logement n’existe pas seulement en tant qu’entité autonome et étanche et le ménage qui le sollicite ou qui l’habite a une histoire (venant d’un quartier saturé de la ville ou d’un hameau de la campagne). Ce ménage a aussi une relation étroite avec l’emploi (travaillant dans la même ville où il habite, faisant la navette sur des dizaines de kilomètres ou étant en situation de chômage). A une échelle macro-sociale, de telles questions prennent l’allure d’une politique globale censée inspirer les gestionnaires en matière de construction de logements, d’identification des zones du territoire où les programmes de construction devraient être promus et, enfin, des dispositifs d’aide publique pour l’accès au logement.  Dans le cadre du nouveau plan d’investissements 2010-2014, le ministère de l’Habitat a décidé l’année dernière que le programme gouvrnemental d’un million de logements bénéficiera d’études ciblées et touchera l’ensemble des wilayas du pays de façon à réduire le mouvement d’exode rural et à fixer les populations dans leur région d’origine. Ainsi, le choix et l’établissement de nouveaux quartiers et de zones d’habitat seront soumis aux plans d’aménagement et d’urbanisme (PDAU) dont sont censées être dotées toutes les villes et agglomérations.

Il s’agit, comme l’a souligné le ministre  de l’Habiat, Noureddine Moussa, devant les parlementaires au cours de la session d’automne 2010 de l’APN, de favoriser une mobilité des populations du nord vers les hauts plateaux et le sud de façon à créer une équité en matière de chances de développement. Cela contribuera également, selon la vision du Schéma national de l’aménagement du territoire (SNAT), à atténuer la charge démographique sur les régions côtières. S’agissant de la politique de soutien de l’Etat aux couches défavorisées, le ministre a insisté sur l’importance de poursuivre l’effort entrepris dans la réalisation de l’habitat rural et de logement social. Cependant, pour combattre la fraude et le trafic dans les programmes d’habitat soutenus par l’Etat, le ministre fait part de l’élaboration d’un fichier national qui recensera l’ensemble des bénéficiaires. Il faut dire, dans ce contexte, qu’un retard est enregistré dans ce domaine vu le nombre de logements déjà livrés depuis le lancement du premier plan quinquennal (PSSR) en 1999.  Les pouvoirs publics ont fourni des efforts considérables dans la satisfaction d’un besoin social primordial, mais les résultats sont en-deçà des attentes. Le déficit, hérité de la colonisation, en logements et en habitat décent, est une donnée connue dans l’histoire contemporaine de notre pays. Cependant, à lui seul, ce déficit historique n’explique pas l’acuité et la permanence de la crise qui s’étend maintenant sur presque un demi-siècle.

Déficit d’intégration au SNAT

Les questions liées à la politique de l’habitat et à l’accès au logement expriment amplement l’impuissance des pouvoirs publics et des gestionnaires à gérer dans la rationalité et l’harmonie l’ensemble des segments de l’économie nationale : territoire, urbanisme, environnement, infrastructures routières, équipements publics, agriculture, zones industrielles, mobilité des populations, politique de l’emploi…, etc. Car, c’est connu, depuis que l’homme s’est constitué en société, l’habitat- en tant que «nid» regroupant la cellule familiale, nucléaire ou élargie-, ne se crée et se fixe qu’autour des zones de production et de consommation, autrement dit, ce sont le travail et l’emploi qui fixent les individus dans des espaces qui seront appelés par la suite des habitats. La répartition géographique de la population et sa mobilité inscrite dans l’espace et dans le temps charrient indubitablement des activités et des comportements spécifiques aux zones et espaces occupés. Le Plan complémentaire de soutien à la croissance (PCSC), ayant couvert la période 2005-2009, a tablé sur la réalisation d’un million de logements. Les chiffres admis au niveau du ministère de l’Habitat vont au-delà et se situent dans les 1,6 million d’unités, tous programmes confondus. Mais, au-delà du nombre d’unités d’habitations à réaliser- sous toutes les formules : sociale, promotionnelle ou rurale, imaginées par les autorités du pays-, jusqu’à quand la problématique du logement continuera à être appréhendée en termes exclusivement quantitatifs au détriment d’une vision globale qui intégrerait toutes les données du problème ? Multiplier le nombre d’unités de logements au rythme de la progression géométrique que connaît la démographie dans notre pays paraît un travail d’Hercule qui épuiserait toutes les énergies nationales sans pouvoir satisfaire un jour la demande en la matière. En plus de l’impératif de diversifier les formules d’acquisition de logements par les ménages -en faisant intervenir des crédits immobiliers et d’autres formes de soutien-, il importe aussi de se pencher sur la manière dont se pose le problème du logement en Algérie et sur les raisons d’une demande astronomique concentrée en milieu urbain. Il y a lieu, dans le cadre du nouveau plan d’investissement public de réfléchir sérieusement à la problématique du logement, non seulement sur le plan technique (normes, matériaux, coût du m², règles parasismiques…), mais aussi sur le plan social et économique et dans la perspective d’une heureuse intégration au Schéma national d’aménagement du territoire (SNAT). C’est en quelque sorte la vision développée par le ministre devant l’Assemblée populaire nationale lorsqu’il a insisté sur le respect du plan d’aménagement du territoire et les règles d’urbanisme.  Depuis plus de quatre décennies, les gouvernements qui se sont succédé ont lancé des programmes de construction de logements de différentes formules (logements sociaux clefs en main, évolutifs, auto-construction, logements promotionnels, LSP,  AADL, FNPOS, habitat rural…) faisant la jonction avec les programmes d’urgence conçus par le «Plan de Constantine» et lancés par les autorités coloniales à la veille de l’indépendance de l’Algérie.

Les heures fastes de l’anarchie

L’une des grandes dérives du développement dont l’Algérie du XXIe siècle a hérité suite au processus de construction nationale après l’Indépendance est, aux yeux des aménagistes et des économistes, le déséquilibre de la répartition spatiale de sa population, des ses investissements et de sa gestion des ressources ; ce dernier terme étant entendu ici dans son acception la plus large, qui recouvre aussi et surtout le capital foncier. Même si la terminologie moderne impose son lexique -aménagement du territoire, développement durable, sauvegarde de la biodiversité- qui fait florès au sein des bureaux d’études et des départements techniques de certains ministères, les préoccupations relatives à la gestion des territoires ont accompagné les différents plans de développement des pays avancés et de beaucoup d’autres pays dits émergents. L’Algérie, qui s’est dotée depuis les années 1970 de structures administratives inhérentes à l’aménagement du territoire, s’est rapidement laissée griser par la rente pétrolière qui a permis une urbanisation effrénée et anarchique, suivie de pôles industriels autour de certains grandes villes. Cette situation a drainé des populations de l’arrière-pays montagneux et steppique au point où l’exode rural est devenu une réalité avec laquelle il faut désormais compter dans tous les autres programmes de développement, particulièrement ceux inhérents à la construction de logements. Lorsque le programme d’habitat rural a été lancé au début des années 2 000, un certain flottement avait prévalu quant à la destination précise de ces infrastructures. Ce n’est qu’avec les projets de proximité de développement rural (PPDR) lancés en 2003 que le lien entre l’emploi, la source de revenu et l’habitat a été sérieusement pris en charge. En effet, dans certaines zones, pour n’avoir pas pris en considération ce paramètre, de jolis logements ruraux ont été transformés en résidences secondaires par des propriétaires établis dans les grandes villes ou loués à des exploitants de la région qui les ont transformés en étables ou hangars. La politique des projets de proximité a permis à des foyers ruraux établis dans des chaumières ou autres bâtis vétustes de bénéficier d’une maison décente dont le montant de soutien était de 500 000 dinars, révisé à la hausse, 700 000 dinars, depuis trois ans. La politique du ministère de l’Habitat en matière d’équilibre régional basé sur une occupation rationnelle de l’espace rejoint les contraintes et les projections des différents secteurs dans leur souci de s’adapter et de se soumettre aux orientations du plan d’aménagement du territoire. En tout cas, tous les indices montrent un engorgement de la partie nord du pays. La concentration des activités économiques y a entraîné des problèmes de circulation automobile presque insurmontables (le nombre d’accidents de la route est dans ce cas un indice majeur). D’autres problèmes d’infrastructures et d’équipements annoncent une asphyxie prochaine de la bande littorale (AEP, décharges publiques, réduction drastique de réserves foncières pour les programmes d’équipement…). La devise d’«équilibre régional» chantée sur tous les toits au cours des années soixante-dix du siècle dernier était plus un slogan populiste creux qu’une volonté politique basée sur le sens de la prospective et de la gestion rationnelle des ressources.          

Par Saâd Taferka

 

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Démantèlement de plusieurs réseaux

Le règne du trafic des devises

Suite à des informations crédibles parvenues à la brigade territoriale de la Gendarmerie nationale d'El Affroun, dans la wilaya de Blida, ses éléments ont réussit à démanteler un important réseau de trafic d'euros.

C'est à la fin de la semaine dernière que les gendarmes de la brigade de la GN de cette commune ont démantelé un réseau spécialisé dans le trafic de grosses sommes d'euros. Après avoir reçu tous les détails relatifs aux activités de ce réseau, les gendarmes ont tendu une souricière à l'un de ses membres. Cela dit, une jeune personne a été arrêtée par les éléments de la Gendarmerie nationale alors qu'elle était à bord de son véhicule. Après avoir procédé à une fouille minutieuse du véhicule et de son propriétaire, les gendarmes ont découvert 54 900 euros dissimulés dans la veste de ce trafiquant. 40 billets de coupures de 500 euros, 39 billets de 200 euros, 159 billets de 100 euros, 213 billets de 50 euros, 13 billets de 20 euros, et enfin, 29 billets de 10 euros ont été saisis lors de cette opération. Suite à ce coup de filet, les gendarmes ont ouvert une enquête qui a permis de découvrir, en outre, que la personne arrêtée avait des liens avec des commerçants résidant dans la wilaya de Blida. Ces derniers achètent ces grosses sommes en monnaie européenne auprès de ce réseau  qu’ils réservent ensuite pour l’achat de vêtements haut de gamme en Europe. Ainsi, près de 700 millions de centimes ont été saisis par les gendarmes chez ces commerçants illicites.  L'enquête a également dévoilé que les sommes de de devises en possession de ce réseau appartiennent à des émigrés natifs de la région de Chlef. Ces derniers vendent leurs euros à cette bande, laquelle les revend aux commerçants de Blida, et ce contrairement à la loi qui interdit ce genre de commerces. Il convient de noter que le trafic de l’euro est en train de s'amplifier dans certaines wilayas qui, jusqu'ici, étaient à l'abri de ce phénomène. D'habitude, c'est dans l'est du pays, et particulièrement à Alger, que beaucoup de réseaux spécialisés dans le trafic de l'euro sont démantelés par les services de sécurité. Mais le phénoméne a désormais gagné les autres  wilayas. Les wilayas de Chlef et de Blida sont, ces deux dernières années,  privilégiées par les trafiquants de l'euro. Autrement dit, en deux années, plusieurs réseaux ont été démantelés grâce au travail soigné et méticuleux des gendarmes des groupements des deux wilayas. En matière de chiffres, plusieurs dizaines de milliers d'euros ont été récupérées, tandis que des dizaines de trafiquants ont été arrêtés. La traque des trafiquants de l'euro est de plus en plus menée par les gendarmes à travers les différentes wilayas.  

L'affaire «Hydra» n'a pas dévoilé tous ses secrets

Le trafic de l'euro a touché, également, presque l'ensemble des marchés parallèles des devises du pays. A Alger, à titre exemple, les deux marchés noirs des devises du square Port-Saïd, et d’Hydra sont les cibles de certains réseaux de trafic de monnaie européenne. Les innombrables «courtiers», des liasses de billets à la main, rôdent sur les  lieux dès les premières lueurs du jour, selon quelques témoignages recueillis auprès des habitants du quartier limitrophe. Quoi que l'on dise de ce trafic «banalisé avant d'être normalisé, des millions d'euros transitent par ces places», selon les observateurs. Il y a juste trois mois, une descente surprise de la police judiciaire avait ciblé ce marché des devises informel. Ce jour- là, des dizaines de personnes ont été interpellées dans le cadre d'une affaire de blanchiment d'argent, selon une source policière. D'ailleurs, ce n'est pas uniquement le marché informel du square Port-Said qui fut la cible de cette descente, il en a été de même pour celui de Hydra. Désormais, ces deux marchés informels sont surveillés de très près par les policiers. C'est dans le cadre d'une vaste enquête ciblant une affaire de blanchiment d'argent que ces descentes ont été effectuées par les policiers. Dans l’affaire «Hydra», plusieurs millions d'euros ont été envoyés illégalement vers plusieurs pays étrangers à travers une petite boutique située dans ce quartier. Cet argent a transité par le marché informel de Hydra, raison pour laquelle les policiers ont réalisé ces deux descentes. suite à cela, plusieurs personnes ont été arrêtées, certaines ont été provisoirement libérées, d'autres sont sous mandat de dépôt, et une personne, le propriétaire de la boutique, est en fuite, a-t-on appris de même source. Les enquêteurs de la DGSN veulent mettre la main sur le reste de ce réseau de trafic de devises. La tâche n'est pas facile, mais l'enquête finira par élucider l'énigme de cette affaire. Retour au marché de l'informel du square Port-Saïd. A une ruelle proche du tribunal Abane-Ramdane, Hamid, la trentaine, a pour tâche de s'occuper des automobilistes empruntant cette direction. Il propose des euros et des dollars. A ses côtés, ses deux «collègues» de la wilaya de Jijel accostent les passants empruntant le trottoir. Le ciblage ou l'infiltration est ainsi bien programmée. Si des monnayeurs scrutent le moindre regard intéressé, d'autres, en revanche, sont à la limite du harcèlement. Les ruelles proches ne sont pas épargnées et chaque mètre est soigneusement exploité. «Il n'y a pas où mettre les pieds ! Allez-y et constater par vous-même», déplore Samir, commerçant de son état, tenant une boutique longeant la rue de la Liberté. «C'est quoi cet Etat où l'on vend de l'argent dans la rue?», s'emporte un autre jeune commerçant. «Toutes les pétitions signées par les commerçants licites et les habitants des lieux contre les squatteurs de la place sont restées sans écho à ce jour», indique indigné Samir. «En plus des insultes et des obscénités qu'on débite ici à longueur de journée, de nombreux passants, notamment la gent féminine, évitent cet endroit, au grand dam des commerçants qui existent sur place», ajoute Samir qui a hérité de la boutique de son père, présent au niveau de la place depuis 1963.

Des barons «x» contrôlent les marchés informels des devises

Mais qui contrôle les marchés informels des devises d'Alger ? Qui détermine les taux de change sur lesquels tout le monde semble s’être donné  le mot ?

«Des barons cambistes investissent les lieux à l'aube», confie une source policière. De la rencontre de ces grands bailleurs entourés d'euros qui se tient souvent au marché du coin se dégage un consensus sur le taux de change à adopter. En cette partie de la capitale où se mêlent halabas, vendeurs à la sauvette et malfrats, les trottoirs n'existent plus depuis belle lurette», explique-t-on. Notre virée sur les lieux a coïncidé avec  l'Aïd el Adha, mais surtout avec la descente des policiers. «au niveau de cette, et au vu et au su de tout le monde, dollar, euro, livre sterling et autres devises fortes y sont librement convertibles», affirme un vieux retraité habitué des lieux. Des liasses de billets à la main, de jeunes cambistes travaillant au noir, et sont à l'affût du moindre client ou passant intéressé. «Ce sont des barrons ''x'' dont on ne connaît pas l'identité qui sont derrière ce commerce illégal. Il est très difficile de les connaître ou de les localiser», confie notre source. «Toutefois, il s'agit de barons natifs des wilayas de Jijel et d'Alger», ajoute la même source. C'est à partir du square Port-Saïd, point de rencontre entre trabendistes, affairistes et importateurs de tous genres, véritable plaque tournante des transactions, que la les devises seront partagés entre les vendeurs.

Chaque vendeur peut toucher jusqu'à 100 DA pour chaque 100 euros vendus. Par ailleurs, ce marché de la devise existe depuis le milieu des années 1980 et ces jeunes sont une troisième génération de revendeurs. Ici comme ailleurs, le change informel est accessible à tous, du plus petit au plus grand.

Par Lotfi Itou

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