Le FFS va-t-il donner à l'opposition une crédibilité qui lui fait défaut et, partant de là, donner à la démocratie algérienne une chance d'exister réellement, au-delà de toute polémique ?

Les rubriques

Evenement

Région

Monde

Culture

Sport


DES FAITS

ET DES DIRES



Ghir hak


Edition Pdf

Archives


 Regards                    

Canal+ victime  de ses préjugés

La moralisation et la censure autoritaires continuent de sévir dans nos contrées. Dérisoires dans leur suffisance, les gardiens d'âmes ne réalisent même pas leur impuissance par rapport à Internet ou à ces images qui tombent du ciel. En contrepartie, les sociétés qu'elles ont voulu modeler les ignorent superbement et ne s'attardent même plus sur les mesures ridicules qui tentent de brider leurs champs visuels et/ou cognitifs. Mais, il se trouve que des partenaires, géants de l'audiovisuel mondial, se prêtent   aux mesquineries de dirigeants qui «pensent» que leurs peuples ne sont pas assez mûrs pour choisir par eux-mêmes ce qu'ils doivent voir ou écouter. Ces opérateurs, dont les pays sont des «démocraties» soucieuses de la liberté d'expression et des libertés publiques, trouvent naturel que nous soyons minorés au point de nous proposer des programmes télévisés  formatés à la mesure de nos capacités limitées de discernement. C'est qu'ils risquent de l'argent pour complaire et se conformer aux règles établies, en oubliant les précautions d'usage que nécessitent les investissements. Ce qui ne peut être expliqué que par l'hypothèse qu'eux-mêmes doivent nous vivre comme des «peuples à part», qu'il faut protéger. Sinon, on ne pourrait comprendre qu'il en a fallu du temps aux responsables de Canal+ pour, semble-t-il, se rendre compte de la réalité du marché nord-africain.  L'expérience de «Canal Horizon»  ne leur a pas suffi, ils se sont lancés tête baissée dans le projet Canal+ Maghreb. Sans préalable, sans prospection, sans études de marché. Erreur commerciale mortelle pour des professionnels de la communication. Ils se sont contentés des cahiers des charges des «gardiens des valeurs». Ils viennent, en principe pourrait-on croire, de découvrir que les «valeurs»  qu'ils ont respectées n'étaient pas celles des clients qu'ils comptaient servir et que, justement, c'est ce respect pointilleux qui les a fait bouder le bouquet offert. C'est aller vite en conclusions. Ce que la direction de Canal+ pense, en fait, est que ce sont les pirates qui sont à l'origine de la déconfiture du projet. En voici la preuve : «En ce qui concerne le Maghreb, nous avons décidé de surseoir à nos investissements commerciaux aussi longtemps que le contrôle du piratage ne porterait pas ses fruits», c'est ce qu'a annoncé le

P-D G Bertrand Meheut, à l'occasion  de la présentation des résultats annuels de Vivendi, la maison mère du groupe, à Paris. Ainsi, on croit toujours que ce n'est qu'une question d'argent et que tout ira mieux lorsque le système de contrôle d'accès Viaccess sera remis au point, afin de le rendre hermétique. Pourtant, l'existence de «ventes grises» des abonnements aux programmes français devrait édifier sur le fait que c'est plutôt la qualité du produit réservé aux Nord-africains qui pose problème et non pas son tarif (prohibitif, il faut le dire).  Dommage, que nous n'ayons pas d'indications sur le nombre de cartes placées, on aurait mieux apprécié la situation. Une chance pour eux, le lancement en Tunisie du bouquet est tombé  à l'eau, il devait associer un distributeur proche de Zine El Abidine Ben Ali.

Par Ahmed Halfaoui 

Haut

samedi 05 mars 2011


Coopération algéro-américaine dans la lutte antiterroriste

Deux approches pour une même préoccupation

Lire


LES TITRES  

Révoltes arabes

Les grandes puissances bousculées

 

Accusé d'abus sexuels sur deux Algériennes

L'ex-chef de la CIA à Alger condamné à une peine de prison ferme

 

Ellisa Khouri

Une voix classe et angélique

 

Révision du code communal et rôle des élus

Un début de démocratisation ?

 

Maroc : après les révélations de WikiLeaks   

Des interrogations sur la fortune de Mohammed VI


LA 24

 Accusé d'abus sexuels sur deux Algériennes

L'ex-chef de la CIA à Alger condamné à une peine de prison ferme

Andrew Marvin Warren, ancien chef de la CIA à Alger, a été condamné, jeudi 3 mars, à 65 mois de prison. Il a plaidé coupable d'avoir agressé sexuellement une femme le 17 février 2008 «après l'avoir rendue inconsciente» en la droguant, alors qu'elle se trouvait à l'ambassade des Etats-Unis à Alger, selon un communiqué du ministère américain de la Justice.  L'identité de la victime n'a pas été révélée. M. Warren a également plaidé coupable d'avoir le 26 avril 2010 consommé de la cocaïne tout en tenant entre ses mains un pistolet semi-automatique calibre 9 de la marque Glock.

L'affaire avait éclaté fin janvier 2009, lorsque les médias américains avaient annoncé l'ouverture d'une enquête judiciaire sur les agissements de M. Warren. L'ambassade américaine à Alger avait confirmé peu après que le fonctionnaire avait été prié de quitter ses fonctions et était rentré aux Etats-Unis. A l'époque, la chaîne américaine ABC faisait état des témoignages sous serment en septembre 2008 de deux femmes affirmant avoir été droguées puis violées par M. Warren.

«La découverte de plus de douze cassettes vidéo montrant l'agent en plein acte sexuel avec d'autres femmes a encouragé le ministère de la Justice à élargir son enquête pour y inclure au moins un autre pays arabe, l'Egypte, où l'agent a été en poste plus tôt dans sa carrière», avait ajouté la chaîne. Selon CNN, les enquêteurs avaient également découvert au domicile de l'agent des «comprimés», alimentant la thèse des victimes.

Andrew Marvin, 42 ans, été licencié de la CIA en mars 2009 au moment de la révélation du scandale. Avant le procès, il avait toujours nié avoir agressé sexuellement les deux femmes. Aux enquêteurs il avait déclaré avoir eu des relations sexuelles consentantes avec elles. L'affaire avait embarrassé les autorités américaines mais le gouvernement algérien avait tout fait pour l'étouffer. Dans un câble révélé par WikiLeaks, l'ambassade américaine à Alger notait que l'information avait totalement disparu des médias publics contrôlés par le gouvernement dès le 1er février. Un autre câble évoquait les «efforts» du gouvernement algérien pour gérer le scandale. 

Rafik Tadjer

 

 Mostaganem

Rassemblement de plus de 100 gardes communaux devant le siège de la wilaya

Plus d'une centaine de gardes communaux se sont rassemblés jeudi devant le siège de la wilaya de Mostaganem pour revendiquer leurs droits socioprofessionnels, a-t-on constaté sur place.  Les protestataires ont exprimé leur «rejet du projet de gel» de ce corps de sécurité, revendiquant «l'égalité entre eux et les autres corps constitués», notamment pour «bénéficier de l'augmentation des salaires avec effet rétroactif depuis 2008 de logements». Les gardes communaux ont exigé également de bénéficier de «congés annuels et primes de risque, ainsi que l'augmentation de la prime de panier de 3 000 à 6 000 DA et la prime de responsabilité selon les grades».

Pour sa part, le délégué de wilaya à la sécurité a appelé, lors les protestataires, «à faire preuve de sagesse revenir et donner le temps à l’administration d'étudier leurs doléances». Le ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales, M. Daho Ould Kablia, avait déclaré mercredi à la presse, en marge de la cérémonie d'ouverture de la session de printemps du Conseil de la nation, que «la prise en charge de ce corps s'est faite au départ, dans des conditions un peu trop rapides. Nous les avons écoutés, nous avons enregistré leurs doléances et des solutions seront apportées en concertation avec eux sur leur devenir pour que ce soit un devenir à la hauteur des efforts et des sacrifices qu'ils ont consentis, mais également en fonction de leurs capacités».  Le ministre avait exprimé également «la reconnaissance et la gratitude» de l'Etat pour le «travail gigantesque» accompli par ce corps pour protéger le pays et pour son rôle dans la lutte antiterroriste.

 

 Quatre kilogrammes de kif traité saisis à Oran

Deux jeunes sous mandat de dépôt

La brigade de lutte contre les stupéfiants de la sûreté de wilaya d’Oran a arrêté, la semaine dernière, deux jeunes en possession de 4 kg de kif traité. Les deux présumés mis en cause, l’un âgé de 24 ans et l’autre de 34 ans, avaient dissimulé ce produit prohibé à l’intérieur d’un véhicule de marque KIA sous forme de plaquettes. C’est suite à des informations parvenues à la sûreté de wilaya que les deux trafiquants ont été interpellés dans la commune de Misserghine. Ils ont été présentés, jeudi,  devant le parquet d’Es-Senia et mis sous mandat de dépôt.  

Par Loubna Zahaf

 

 Pour dénoncer les conditions de leur transfert d'Oran

Huit détenus en grève de la faim à la prison de Relizane

Huit détenus observent depuis le 27 février dernier une grève de la faim entamée à la prison d'Oran avant leur transfert au centre de détention de Belahcel à Relizane. L'état de santé de ces détenus suscite les inquiétudes de leurs parents, lesquels ont adressé une lettre au président de la République pour dénoncer la  méthode utilisée par la direction du centre pénitenciaire d'Oran pour transférer, le 1er mars, les grévistes vers la prison de Belahcel. «A six heures du  matin, nos enfants ont été transférés manu militari, à la manière d'un kidnapping, vers un autre centre de détention pour casser leur mouvement», lit-on dans la lettre. En effet, «les détenus grévistes ont été emmenés alors qu'ils dormaient, sans même qu'on leur laisse le temps de s'habiller», déplorent les parents qui comptent constituer un collectif d'avocats pour défendre les huit intéressés. Ceux-ci poursuivent à ce jour leur mouvement dans la prison de Belahcel, une action entamée pour protester contre leurs mauvaises conditions de détention.

 

 Elle était recherchée pour appartenance à un groupe armé

La femme d'un ex-émir islamiste se rend aux forces de sécurité

La femme de Saâdaoui Abdelhamid dit Yahia Abou Al Haithem, ex-émir de la région centre tué en 2007, s'est rendue jeudi 3 mars aux forces de sécurité dans la région de Boumerdès, a t on appris vendredi de sources sécuritaires. Ghemati Rabéa la quarantaine, était recherchée pour appartenance à «un groupe terroriste» depuis le 16 novembre 2007, date de la mort de son mari, tué par les forces de sécurité à Tizi Ouzou. Elle a été condamnée par contumace à 20 ans de prison par le tribunal criminel de Boumerdès en 2009.

Ghemati Rabéa est originaire du village Aïn El Hamra près de Bordj Menaïel dans la wilaya de Boumerdès, comme son mari Saâdaoui Abdelhamid. Celui ci, né en 1969, avait rejoint les maquis terroristes en 1994.

Il avait été responsable des finances et des relations extérieures, puis émir, au niveau de la région centre, du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), devenu en 2007 Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI).

Feriel Driss

 

 Grippe A (H1N1)

Douze nouveaux cas confirmés

L’épidémie de grippe A (H1N1) continue de se propager. En effet, 12 nouveaux cas de grippe porcine ont été confirmés, ce jeudi,  par le laboratoire de référence de l’Institut Pasteur d’Algérie.  Il s’agit de trois cas à  Aïn Defla : des personnes de sexe masculin âgées de 26, 15 et 14 ans, ainsi qu’un cas à Constantine et un autre à  Annaba, dans un mauvais état. Par ailleurs, 7 cas on été enregistrés à  Alger,

5 autres  au niveau de l’hôpital El-Kettar ainsi que 2 personnes âgées à  l’hôpital de Birtraria. Selon le réseau de surveillance de la grippe, plus de 100 cas de grippe A (H1N1) ont été dénombrés  à ce jour. Cela représente près de 30% des cas de grippe enregistrés.       

S. H.

  Haut


Archives Edition Pdf

.

L'édito

Par

Farid Chekroune

 

Le FFS et la transition démocratique

Le FFS va-t-il donner à l'opposition une crédibilité qui lui fait défaut et, partant de là, donner à la démocratie algérienne une chance d'exister réellement, au-delà de toute polémique ? Jusqu'ici tous les efforts accomplis dans ce sens sont systématiquement dénaturés par le déséquilibre qui caractérise le champ politique national, entre un pouvoir qui a réussi à s'allier la majorité des principaux partis, dans l'alliance présidentielle (FLN, RND, MSP) ou dans son sillage (PT, FNA…), et une opposition qui n'avait de choix que s'enfoncer dans une radicalité rejetée par la population et, de ce fait, se condamnait à l'inexistence. Ce déséquilibre, il faut le dire, induisait une stabilité générale et permettait au gouvernement de travailler dans la sérénité. Un avantage qui s'accompagnait d'un gros risque, en ce sens qu'une opposition laminée et sans crédibilité favorisait des dérives bureaucratiques et des tentations de pouvoirs personnels, sans parler de l'image qu'elle donnait du pays, à l'extérieur comme à l'intérieur. Longtemps, on a cru que c'était cela précisément que voulait, dans une stratégie d'autodestruction générale, promouvoir l'opposition : l'implosion du pays, seule, lui donnerait une chance d'arriver au pouvoir. Après de multiples «déceptions», dont la dernière a trait aux émeutes du 5 janvier, occasion grandeur nature pour tester l'état d'esprit du peuple, le constat devait être établi : aucun désir de révolte n'existe. Le RCD ne peut pas ou ne veut pas en prendre acte, pour ne pas devoir changer de stratégie ou parce qu'il n'en n'a pas la possibilité. L'actualité arabe va le pousser à jeter ses forces dans de vaines et tout aussi malheureuses  tentatives : la voie qu'il suit est fausse. Le FFS semble par contre revenu d'une forme d'opposition concentrée sur l'idée, trop simple pour être vraie, que le pouvoir est une machine dont les services de renseignements sont le moteur. Ce qui réduit son champ d'activités politiques à des attaques réductrices de salon, contre des personnes et contre des institutions dont le peuple n'a pas l'intention de se séparer de toute évidence -on peut même penser le contraire. Ainsi qu'à des prédictions catastrophistes répétées qui caricaturent, du moins aux yeux de l'opinion, un réel travail de terrain. En outre, dans un contexte où la situation de l'Algérie s'améliore, proposer des «ruptures» avec le régime en place, sans autre argument que la dénonciation stérile, revient à fermer des horizons plutôt qu'à les ouvrir.

Si le redéploiement stratégique du FFS se confirme -qu'il garde ou non, dans ce cas, ses cibles et ses idées n'aura que peu d'importance- il faudra s'attendre à ce qu'il réalise sa vocation de leader d'opposition.

Et la conséquence sera que le paysage se rééquilibrera enfin, obligeant les autres partis politiques à se situer sur un nouvel échiquier qui comprendra ceux qui s'inscrivent dans la continuité du pouvoir (alliance présidentielle), ceux qui sont à mi-chemin entre le soutien et l'opposition (on va dire le centre), et ceux qui sont franchement dans l'opposition (le FFS).

De cette manière seule, la transition vers davantage de démocratie (dont il est de plus en plus question) d'ici 2014, aura une vraie chance d'aboutir.

Haut

Copyright © 2001-2011- MAHMOUDI INFO Sarl - Tous droits réservés. e-mail : contact@lesdebats.com

Conception et mise à jour M.Merkouche