|
Accueil
Bouteflika aujourd’hui a Tam
Un mégaprojet
et des perspectives
Plusieurs projets
de développement local seront inaugurés aujourd’hui à la faveur de
la visite du président de la République, Abdelaziz Bouteflika, dans
la wilaya de Tamanrasset.
Un pôle urbain
baptisé «Adriane», qui comprend la réception de 1 028 logements et
des infrastructures d’accompagnement, écoles, bibliothèque, annexe
d’APC, polyclinique locaux commerciaux en l’occurrence, un tronçon
routier de la Transsaharienne long de 420 km reliant Tamanrasset à
In Guezzam sont autant de projets qui seront mis en service au
profit de la population locale à l’occasion de la visite
présidentielle. Mais, le projet le plus important, voire le plus
attendu par les habitants, est celui du transfert d’eau potable In
Salah-Tamanrasset.
Une réalisation
qui saura étancher la soif de quelque 140 000 habitants, en plus de
l’apport économique qu’il apportera à cette région déshéritée. En
effet, l’abondance de cette ressource vitale fera émerger toute une
industrie autour d’elle, en plus de l’apport considérable qu’elle
apportera au secteur de l’agriculture. Cela va sans citer les postes
de travail que ledit projet va générer au profit des habitants de
Tamanrasset. Selon Messaoud Tira, directeur de l’alimentation en eau
potable au ministère des Ressources en eau, «ledit projet est achevé
dans les délais imparti, c’est-à-dire en trois ans, et n’a pas connu
de surcoûts de réalisation». Lors d’un point de presse organisé au
siège de la wilaya hier, il a mis l’accent sur les impacts positifs,
économiques et sociales de la réalisation du transfert d’eau potable
In Salah-Tamanrasset, en ce sens qu’il va pourvoir la population
locale en H 24, à raison de 100 000 m3 par jour. D’ailleurs, «nous
gérons actuellement l’abondance et pas le déficit en matière
d’alimentation en eau potable», s’est-il réjoui, estimant la demande
locale en eau potable à seulement entre 15 000 et 20 000 m3 par
jour, soit bien en-deçà des capacités d’approvisionnement en la
matière. Selon le conférencier, ce mégaprojet, qui a nécessité une
enveloppe financière de 197 milliards de dinars, est le fruit d’un
effort draconien consistant à élever l’eau de la nappe albienne de
la région d’In Salah de 1 200 mètres de hauteur, et la transporter
sur un linéaire de
750 km avec un
réseau de double canalisation, soit un linéaire de 1 300 km de
canalisations.
Il est doté de
deux grandes stations de pompage identiques à In Salah et à
Tamanrasset, fonctionnant actuellement au fioul, avec des moteurs
convertibles en perspective de les faire fonctionner au gaz après le
passage du gazoduc provenant du Nigeria, a annoncé Messaoud Tira. De
même qu’un réservoir d’une capacité de 50 000 m3 par jour avec une
autonomie d’approvisionnement de trois jours complets. La mise en
service d’un tel projet en un temps aussi court et sans rallonge
budgétaire relève de l’exploit, grâce au concours d’un nombre
d’entreprises, notamment locales, qui ont vaincu la rigueur
désertique et traversé des régions difficilement accessibles pour
ramener l’«or bleu» dans les robinets à Tamanrasset.
Par M. Ait
Chabane
Haut
Pénurie de produits de large consommation
Adoption de la
proposition de création d'une commission d'enquête
Le bureau de
l’Assemblée populaire nationale (APN) a adopté hier la proposition
de motion pour la création d’»une commission d’enquête sur la
pénurie des produits alimentaires de large consommation» qu’il a
présenté à la commission des finances et du budget pour examen avant
de la soumettre au vote en séance plénière.
Selon un
communiqué de l’APN rendu public à l’issue de la réunion de son
bureau présidée par M. Abdelaziz Ziari, président de l’APN, la
commission est chargée de déterminer les tenants et aboutissants de
la crise à travers les investigations avec toutes les parties
concernées notamment les secteurs des finances, de l’agriculture et
du commerce ainsi que les opérateurs activant dans le domaine.
Le bureau de l’APN
a examiné les 27 amendements prévus dans le projet de loi amendant
et complétant la loi 83-11 relative aux assurances sociales et en a
adopté 25 répondant aux conditions de forme avant de les soumettre à
la commission spécialisée. Le bureau a également examiné la
proposition de loi amendant et complétant la loi organique relative
au système électoral et décidé de reporter son adoption car ne
répondant pas aux conditions de forme.
Il a par ailleurs
examiné les 15 questions soumises par 11 députés concernant 11
départements ministériels. Le bureau a adopté ces questions qui
répondent aux conditions de forme avant de les soumettre au
gouvernement.
M. B. et
agences
Haut
En plus de ses rendez-vous hebdomadaires
La CNCD appelle
à une marche le 16 avril et le 1er mai
Deux «grandes»
marches pacifiques sont programmées à l'occasion de la Fête des
travailleurs et celle du savoir par la Coordination nationale pour
le changement et la démocratie (CNCD, aile partis politiques), qui a
lancé un appel à tous les travailleurs, chômeurs et étudiants pour
participer à ces deux événements prévus le 16 avril et le 1er mai
prochain.
En dépit des
échecs accumulés par la CNCD lors des huit marches organisées à
Alger depuis le 12 février, l'aile "partis politiques" de la
coordination a décidé de maintenir le principe des marches à travers
la capitale. Lors d'une réunion tenue à Alger, les initiateurs sont
parvenus à marquer la présence de la CNCD le 1er mai, Journée
internationale des travailleurs. A cet effet, un appel a été lancé
pour une participation massive des syndicats et organisations
représentant les travailleurs de divers secteurs, les étudiants, les
chômeurs et «toutes les catégories qui luttent pour une vie
décente».
Selon un des
membres de la coordination, le départ des marcheurs se fera de la
place du 1er Mai en direction de la place des Martyrs. «La CNCD veut
que cette marche soit celle qui unira toutes les revendications
sociales et politiques.»
Concernant celle
prévue le 16 avril, qui symbolise la Journée nationale du savoir,
elle se voudra un hommage à toutes les victimes du printemps noir de
la Kabylie «18 Avril 2001» Les membres de la coordination, qui
avaient adopté dimanche dernier leur «plate-forme pour le
changement», devraient se réunir vendredi prochain pour fixer la
date de la tenue de la conférence de presse hebdomadaire ainsi que
le lieu de leur premier meeting pour la vulgarisation de la nouvelle
stratégie d'action. Ladite plate-forme, adoptée par les membres de
la CNCD, aile partis politiques, contient sept points principaux, en
plus du principe de maintien des marches dans la capitale et dans
d'autres wilayas, les initiateurs suggèrent la création d'un
«conseil national de transition démocratique» ainsi que la
conception d'une nouvelle Constitution.
Par Nassima.
Hannat
Haut
Les commerçants se mobilisent
Une feuille de
route pour encadrer le commerce
L’heure est à la
mobilisation au sein de la corporation des commerçants. L’inertie
des pouvoirs publics devant la prolifération à grande échelle du
commerce informel fait réagir les membres de l’Union générale des
commerçants et artisans algériens (UGCAA) qui envisage d’élaborer
une feuille de route à soumettre au gouvernement lors des assises
nationales du commerce prévues avant la fin du premier semestre de
l’année en cours.
Avant les assises
nationale du commerce, des rencontres regroupant les directions de
l’exécutif au niveau des wilayas et les différentes institutions et
organismes concernés, de loin ou de près par les activités
commerciales, se déroulent actuellement à travers le pays afin de
parvenir à mettre en relief les préoccupations des commerçants.
«Ces rencontres
vont être sanctionnées par des recommandations qui seront discutées
du 5 au 23 mai prochain au sein des assises régionales», a expliqué
hier Salah Souilah, secrétaire général de l’UGCAA lors d’une
conférence de presse.Les thématiques qui seront développées lors de
ces rencontres, «constituant la plate-forme essentielle pour le
secteur du commerce» portent, entre autres, sur la régulation et
l’encadrement des activités commerciales ainsi que le contrôle
économique. Mais, la préoccupation majeure qui sera soulevée avec
«acuité» sera sans conteste «le commerce informel», nous a confié un
commerçant. Celui-ci a atteint le summum de la prolifération en ce
début d’année», de l’aveu du SG de l’UGCCA, qui ajoute : «L’Etat a
consenti des efforts considérables dans la lutte contre l’informel
juste après le retour de la paix, mais les récents événements qu’a
connus le pays ont favorisé ces pratiques». Plus virulent, M.
Souilah considère que les récentes déclarations du ministre de
l’Intérieur concernant le sort des petits vendeurs à la sauvette a
accentué le phénomène. «Ça va augmenter davantage si rien n’est
fait», a-t-il averti. Le gouvernement avait annoncé, juste après la
tenue du dernier Conseil des ministres, l’allégement des formalités
et procédures destinées au transfert du petit commerce informel sur
la voie publique vers des sites aménagés, en concertation avec les
associations et représentants des concernés. Cette mesure,
favorablement accueillie par l’UGCAA, a toutefois généré une
«véritable ruée vers le commerce informel ; des jeunes voulant à
tout prix avoir une place dans les futures infrastructures», a
affirmé un coordinateur des commerçants de la région centre.
Celui-ci estime
que toute la politique mise en place pour éradiquer ce phénomène a
été un véritable échec. Il en veut pour preuve la multiplication du
nombre de vendeurs à la sauvette sur les lieux publics. Les assises
nationales du commerce risquent d’ores et déjà d’être houleuses. Les
recommandations venant de la base augurent d’une défiance vis-à-vis
des pouvoirs publics, à l’image de la revendication d’une
«exonération de toutes les charges fiscales des commerçants». Un
point que le gouvernement aura du mal à accepter. Mais, de l’avis
d’un commerçant, «si nos revendications n’auront pas d’écho
favorable, nous envisagerons d’aller vers des actions radicales».
«Nous aussi allons exercer dans l’illégalité», menace-t-il.
Par Yazid
Ferhat
Haut
Revendications des auto-écoles
Des points
réglés et d’autres en suspens
La réunion du 7
mars dernier entre la Fédération nationale des auto-écoles (FNAE),
affiliée à l’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA),
et des représentants du ministère des Transports, a abouti au
règlement de quelques-unes des revendications et des promesses de
satisfaction des autres points en suspens.
Selon Aoudia Ahmed
Zineddine, président de la Fédération, cette réunion a débouché sur
la satisfaction de deux points, à savoir la question de
l’ajournement des candidats au permis de conduire et celui relatif à
l’âge des postulants.
Concernant
l’ajournement, le ministère est revenu aux dispositions d’avant le
mois d’avril 2008, à savoir que le candidat passe un examen tous les
15 jours après chaque échec, au lieu d’attendre un mois, comme cela
a été décidé ultérieurement. Ainsi donc, à partir du 15 mars 2011
les examens ont lieu tous les 15 jours.
Pour ce qui est
deuxième point, une nouvelle circulaire du ministère des Transports
stipule qu’à partir de 17 ans et demi un candidat peut désormais
passer les examens du code et de manœuvre, sans l’obligation de
présenter une autorisation paternelle. Le 3e examen, celui de la
conduite, ne peut être passé qu’après avoir atteint la majorité
légale, à savoir 18 ans. «Cependant, il reste un problème à régler,
celui des directeurs de wilaya qui disent n’avoir pas encore reçu
cette circulaire», a déclaré hier M. Aoudia. «C’est le cas de la
wilaya d’Annaba qui n’applique pas encore cette mesure», ajoute la
même source.
La réunion de la
FNAE et du ministère des Transports a également permis de discuter
d’autres questions restées en suspens, dont celles relatives aux
congés et aux circuits. «Habituellement, les auto-écoles prennent
leur congé annuel du 1er au 30 août. Le problème, c’est que les
congés des directions des transports de wilaya s’étalent du 15
juillet au 10 ou 15 septembre. Cela fait près d’un mois de décalage.
Nous réclamons également les circuits promis par la tutelle. Une
centaine est prévue, dont quelques-uns durant l’année 2011. Nous
attendons toujours», dit-il encore.
Par ailleurs,
selon M. Aoudia, la Fédération nationale des auto-écoles (FNAE) est
la seule habilitée à représenter la profession auprès des pouvoirs
publics.
Par Abdelkader
Djalil
Haut
Malgré les menaces du ministre de l'intérieur
Intransigeance
des gardes communaux
Les gardes
communaux ne veulent rien entendre par rapport à ce que le ministre
de l'Intérieur et des Collectivités locales, M. Dahou Ould Kablia, a
déclaré concernant leur mouvement de protestation et leurs
revendications. Ils n'en reviennent pas et indiquent que seul le
président de la République est en mesure de mettre un terme à leur
colère.
«Nous sommes
revenus à la place des Martyrs pour observer ce sit-in, car les
propos d'Ould Kablia et les mesures qu'il a prises en solo ne sont
aucunement convaincants. Nous voulons que le premier magistrat du
pays se prononce sur notre situation. Lui seul peut nous convaincre
de ce qui est raisonnable et de ce qui ne l'est pas concernant les
revendications que nous formulons», déclare Ammi Ahmed, les yeux
enflés après une longue nuit passée à la belle étoile.
En effet, le
ministère de l'Intérieur et des Collectivités locales a estimé, dans
un communiqué rendu public, avant-hier, que le mouvement de
«protestation des gardes communaux est illégal». Il les a appelés au
respect de leurs engagements tels que définis dans leur statut. Il
évoquera même l'article 11, qui interdit à ce corps de sécurité de
recourir à des mouvements collectifs de contestation contraires à
l'ordre. Dans ce document, la tutelle a rappelé que la commission de
travail ayant pour mission d'étudier les revendications
socioprofessionnelles de ce corps a pris une série de mesures,
lesquelles «ont été accueillies avec beaucoup de satisfactions par
les gardes communaux». Parmi ces mesures, le communiqué cite
«l'augmentation de la prime de rendement de 20 % à 30 % calculée sur
la base du nouveau salaire» et «la bonification des taux actuels (25
%, 30 % et 35 %) de la prime de risque et d'astreinte de 10 %, soit
35 %, 40 % et 45 % calculés sur la base du nouveau salaire». «Cette
indemnisation est octroyée en contrepartie des conséquences liées au
risque, au port d'arme et aux heures de travail supplémentaires».
D'autres mesures
ont été annoncées dans le même document. Il est question de
l'activation du nouveau régime indemnitaire relatif à ce corps avec
effet rétroactif depuis 2008, d'une augmentation de salaire de
référence sur la base duquel est calculée la pension de retraite qui
sera induite par l'entrée en vigueur du nouveau régime indemnitaire,
une pension de retraite proportionnelle exceptionnelle vers l'âge
de 54 ans et une période de travail effective de pas moins de 15 ans
pour la catégorie des gardes communaux ne remplissant pas les
conditions d'accès au droit à la retraite, ainsi que du rachat des
années de cotisation manquantes pour bénéficier du droit à la
retraite proportionnelle exceptionnelle qui sera pris en charge par
le budget de l'Etat.
En outre, il a été
annoncé, dans le communiqué, qu'en cas d'incapacité de travail, «les
gardes communaux bénéficient d'une pension d'invalidité de manière
permanente, en raison d'une maladie à caractère professionnel et qui
ne figure pas actuellement dans la liste des maladies éligibles au
remboursement par la Sécurité sociale», lit-on dans le document. La
création de médailles d'honneur pour les blessés invalides et
agents, une forme de reconnaissance envers ce corps pour les
sacrifices qu'il a consentis pendant les années 1990, est aussi
envisagée. En matière de logement, des facilitations leurs seront
octroyées pour l'acquisition de logements sociaux participatifs ou
de logements ruraux «sur la base des demandes et de la disponibilité
des logements suivant les priorités (victimes du terrorisme,
invalides et autres), et ce en collaboration avec les organismes
concernés».
Cette liste de
mesures serait, en effet, mal perçue par les contestataires qui
attendent avec «impatience» que le président Abdelaziz Bouteflika
se prononce en personne sur leur sort. M. Hakim Chaibi,
coordinateur national des gardes communaux et l'un des 8 délégués
qui ont eu à déposer une lettre sur le bureau du président de la
République, déclare : «La patience a des limites. Nous attendons une
réponse qui étanchera la soif des milliers de gardes communaux. Nous
nous sommes mis d'accord, après de longues concertations, sur le
fait qu'aucune concession ne sera faite par rapport à nos doléances.
Nous sommes conscients de leur légitimité et nous n'allons pas céder
le pas.» Le même délégué, qui assure qu' «aucune suite n'a été
donnée à la missive qu'ils ont adressée à la plus haute autorité du
pays», a tenu à dénoncer également les pressions dont font objet les
gardes communaux. «Nos confrères ont subi de multiples intimidations
dans le but de nous dissuader de continuer notre lutte. On a
interdit à quelques uns de nous rejoindre sur le lieu du
rassemblement, notamment ceux en tenue !», a-t-il ajouté.
En centaines, les
uns fatigués s'étaient allongés pour dormir un peu, alors que
d'autres debout essayaient de s'enquérir des nouvelles les
concernant et guettant la moindre déclaration des officiels, les
gardes communaux disent qu'ils comptent "réagir selon les donnes".
Ils n'écartent d'ailleurs pas une tentative de marche ou un
rassemblement devant la Présidence.
Par Hamid
Fekhart
Haut
Ould Kablia répond aux gardes communaux
«Les
protestataires seront radiés du corps»
«Tous les gardes
communaux qui ont choisi de poursuivre leur mouvement de
protestation seront radiés de leur poste d’emploi», a fulminé hier
le ministre de l’Intérieur, Dahou Ould Kablia, «il n’ y aura plus de
discussion ni de négociations ni de surenchère», dira Ould
Kablia.Les gardes communaux, qui continuent à observer des sit-in
dans la capitale, risquent gros. Le ministre de l’Intérieur a menacé
hier tous les éléments qui maintiennent le bras de fer avec la
tutelle de les renvoyer définitivement du corps. Malgré la série de
mesures arrêtées en concertation entre les deux parties, les gardes
communaux continuent de crier à l’injustice devant les instances de
l’Etat, ce qui n’est pas admissible aux yeux du ministre qui indique
: «Nous allons les exclure.»
S’exprimant en
marge de la conférence nationale sur le schéma national
d’aménagement du territoire, Kablia a souligné que toutes les
autorités militaires et civiles sont décidées à considérer les actes
menés par les gardes communaux comme étant des actes d’indiscipline
dans un corps de sécurité. Il a rappelé à l’occasion que la
quasi-totalité des gardes communaux avaient «adhéré» aux mesures
déjà prises pour leur régularisation et la prise en charge de leurs
doléances, et que ceux «qui poursuivront leur mouvement de
protestation», at-il précisé, «seront exclus» de ce corps de
sécurité. Ould Kablia a précisé que «99% des gardes communaux ont
adhéré aux mesures prises» pour la régularisation de leur situation.
«Les 11 principales revendications, sur les 14 émises par ce corps
de sécurité avaient déjà eu une réponse», a conclu le ministre de
l’Intérieur.
N.H.
Haut
Les médecins résidents s’obstinent dans leur démarche
Des assemblées
générales ont été tenues hier par les médecins résidents au niveau
du CHU Mustapha Pacha, à Alger, pour poursuivre leur grève illimitée
déclenchée le 28 mars dernier par le Collectif autonome des médecins
résidents algériens (CAMRA). Ils étaient des centaines venus des
quatre coins du pays à dénoncer le mépris de la tutelle qui n’a pas
tenu sa promesse de recevoir dimanche les 22 délégués. «Les trois
commissions chargées d’examiner les problèmes exposés par les
médecins résidents devaient être installées au ministère de la
Santé, raison pour laquelle vingt-deux de nos collègues délégués
sont venus de plusieurs régions d’Algérie comme convenu, mardi
dernier, afin de participer aux travaux de ces commissions qui
devaient réunir les directeurs d’hôpitaux et les professeurs en
médecine. Mais dimanche à notre grande surprise, le ministère de la
Santé nous a informé qu’aucune réunion n’a été programmée à ce
sujet», a-t-on appris du Dr Marouan Sid Ali, membre du collectif. En
effet, les délégués, restés deux heures devant le siège du
ministère de la Santé se sont vu signifier par la suite qu’ils
n’étaient pas attendus. «Nous étions 22 délégués venus de toutes la
régions d’Algérie à attendre devant le ministère pour être reçus par
les responsables. Ceux-ci n’ont même pas daigné nous remettre les
procès-verbaux», a déclaré le Dr Marouan. Pour cela, les blouses
blanches ont décidé d’observer hier des sit-in au sein des
principaux centres hospitaliers du territoire national. Le sit-in
d’hier a été suivi par une marche à l’intérieur du CHU Mustapha
Pacha, regroupant tous les médecins résidents d’Alger et d’ailleurs
pour clamer leurs revendications et faire entendre leur voix avant
d’être reçus par le ministre de la Santé , Djamel Ould Abbès, dans
l’après-midi d’hier. «Nous voulons une réponse concrète et proposons
des solutions si la tutelle ne prend pas en charge nos
revendications et ne règle pas notre problème. Aujourd’hui, nous
allons marcher dehors». «La grève se poursuivra tant que nous
n’avons pas un accord de principe de la part du ministre concernant
l’annulation du service civil obligatoire, une mesure injuste», a
déclaré le porte-parole du Collectif autonome des médecins résidents
algériens. Par ailleurs, le même rassemblement a eu lieu à l’est et
l’ouest du pays afin de démontrer leur détermination et briser les
tabous. «Nous sommes les victimes de ce service de santé, les
patients aussi, rien ne pourra nous arrêter», poursuit notre
interlocuteur.
Rappelons que dans
la plate-forme de revendications des médecins résidents figurent «la
revalorisation de la prime de garde, la révision du statut, étant
donné que l’actuelle mouture ne répond pas à leurs aspirations, et
un salaire digne». Ces derniers réclament également «l’abrogation du
service civil obligatoire auquel ils sont soumis durant une période
allant de un à quatre ans, ainsi que la validation des formations
spécialisées nationales et internationales effectuées par les
résidents au cours de leur cursus, des congés de maternité pour les
résidentes et des primes de contagion et de risque, l’amélioration
des conditions de travail ainsi que la mise en place d’un plan de
carrière».
Par Lynda
Guenineche
Haut
Elles revendiquent un statut spécifique
Les familles
des victimes du terrorisme maintiennent leur sit-in
Moins de deux
semaines après le sit-in tenu devant la présidence de la République,
les familles des victimes du terrorisme ont investi depuis dimanche
le palais du Gouvernement et comptent y rester jusqu’à satisfaction
de leurs revendications, à commencer par le statut de victime du
terrorisme.
Une cinquantaine
de personnes représentant les familles des victimes du terrorisme
venues de plusieurs wilayas se sont rassemblées hier pour la
deuxième journée consécutive devant le palais du Gouvernement pour
exiger la promulgation du statut de victime du terrorisme «qui
consacrerait la sauvegarde de la mémoire collective, les intérêts
moraux et matériels des victimes du terrorisme et des ayants droit
par les moyens de l’Etat», est-il noté dans la plate-forme de
revendications que ces protestataires comptent remettre au Premier
ministre. Ces familles, qui ont passé la nuit de dimanche à lundi
devant le palais du Gouvernement, comptent aller jusqu’au bout de
leur protestation. «Nous resterons ici jusqu’à la satisfaction de
nos revendications», nous déclara le membre d’une famille victime du
terrorisme qui affirma que «d’autres victimes et ayants droit vont
nous rejoindre». Outre le statut particulier «spécifique aux
victimes du terrorisme», elles souhaitent voir les pouvoirs publics
ériger un monument national à la mémoire des victimes «qui leur
servira de lieu de recueillement» et décréter une journée nationale
à leur mémoire. Ils exigent également l’instauration d’une instance
étatique «chargée des affaires des victimes du terrorisme», une
sorte de secrétariat d’Etat qui se chargera aussi de revoir les
indemnités accordées aux veuves et aux invalides, bloquées selon
eux, depuis 2002. Ils réclament dans ce contexte, l’instauration du
statut de chouhada aux personnes décédées durant la lutte contre le
terrorisme et celui d’invalides de guerre aux blessés. Ces familles,
qui n’ont été reçues par aucun responsable, jusque-là, réclament
également la prise en charge des enfants des victimes du terrorisme
par l’Etat. Elles dénoncent dans le document à transmettre aux
pouvoirs publics, la marginalisation dont elles sont victimes et
réclament d’autres droits. Elles voudraient bénéficier d’aides pour
l’acquisition d’un logement. Par ailleurs, ces familles réclament le
départ de Mme Flici, présidente de l’Organisation nationale des
victimes du terrorisme (ONVT), car ses pratiques «nous ont éloigné
des objectifs et buts principaux, à savoir la sauvegarde de la
mémoire des victimes». Elles reprochent à la présidente de l’ONTV
d’avoir notamment évincé l’élite et de s’être entourée de personnes
incultes, mais aussi de détournement de
fonds.
Par Sofiane Aït
Mohamed
Haut
Des dizaines de voitures ont été dépouillées à travers le pays
Les
«Asiatiques», cibles privilégiées des voleurs
Les services de
sécurité ont enregistré depuis le 1er janvier dernier une hausse
inquiétante du trafic de voitures de marques asiatiques à travers
plusieurs wilayas.
En l’espace de
trois mois, près de 100 véhicules de tourisme ont été volés dans
plusieurs régions du pays. Un phénomène qui, selon les services de
sécurité, a pris une grande ampleur cette année. Selon une source
fiable, la plupart des véhicules ciblés par les trafiquants sont
d’origine asiatique et européenne, notamment les marques françaises,
très prisées par les réseaux de malfaiteurs.
Depuis le début de
l’année 2011, près de 30 voitures ont été subtilisées à leurs
propriétaires à Alger. Habituellement, les voleurs agissent dans des
quartiers peu fréquentés par les piétons, aujourd’hui ce n’est plus
le cas. Les «pilleurs» de véhicules agissent désormais à des
endroits très fréquentés et n’hésitent pas à perpétrer leur forfait
en présence de témoins et ne semblent pas craindre les représailles
des services de sécurité. A Médéa, sept véhicules de diverses
marques asiatiques ont été volés depuis le début de l’année.
Onze personnes ont
été interpellées dans le cadre d’enquêtes menées par la police
judiciaire de cette wilaya, dont quatre ont été placées sous mandat
de dépôt. A M’sila, trois grosses cylindrées ont été également
volées. Les vols de véhicules concernent même les wilayas du Sud du
pays, à l’image de Ouargla, qui a été «visitée» par des voleurs. En
effet, deux véhicules appartenant à une société étrangère ont été
subtilisés dans cette ville. Le 23 mars dernier, les services de
police ont appréhendé deux individus, inculpés pour association de
malfaiteurs, agression à main armée suivie de vol de véhicule, coups
et blessures volontaires et destruction de biens appartenant à
autrui.
Présentés au
parquet de justice de céans, les mis en cause ont été écroués par le
magistrat instructeur. Le véhicule volé a été récupéré et restitué à
son propriétaire. Quatre jours après ce vol, les services de police
de Boumerdès ont présenté au parquet de justice de céans trois
individus, repris de justice, qui ont été placés sous mandat de
dépôt pour les chefs d’inculpation «détention et usage de
stupéfiants et port d’arme prohibée».
Les mêmes services
de police ont récupéré le 26 mars dernier au niveau de la même ville
un véhicule volé à Hydra, sur les hauteurs d’Alger et ont également
récupéré un autre. Le 29 du même mois, cette fois dans la ville
d’Oran, deux individus ont été arrêtés, pour vol de véhicule puis
ont été placés sous mandat de dépôt par le magistrat instructeur.
Quant à leurs complices, au nombre de trois, ils demeurent
activement recherchés. Les deux véhicules volés ont été récupérés
par les mêmes services de police. Le 30 mars dernier, les agents de
la Sûreté de daïra de Mascara ont présenté par-devant le parquet de
justice de la ville trois individus auteurs du vol d’un véhicule,
puis placés sous mandat de dépôt, alors que le véhicule volé a été
récupéré.
L’enquête sur
sept grosses cylindrées volées en Europe se poursuit
L’enquête relative
à l’affaire de vol de sept grosses cylindrées en Europe et
acheminées en Algérie se poursuit. Selon un officier de la brigade
de recherche et d’intervention (BRI) relevant de la police
judiciaire de la Sûreté de wilaya (SWPJ) d’Alger, deux réseaux
transfrontaliers spécialisés dans le trafic de grosses cylindrées
agissant dans le cadre de cette affaire ont été démantelés.
Au terme de deux
mois d’une enquête menée par la BRI dans les wilayas de l’est du
pays, un second groupe a pu être localisé et destructuré par cette
section de la Sûreté nationale. Il s’agit d’un réseau
transfrontalier faisant dans le trafic de grosses cylindrées volées
en Europe, entre autres, et dotées de faux dossiers de base après
leur entrée en Algérie, ajoute l’officier de la BRI. Selon cette
source, «sept personnes mises en cause dans cette affaire ont été
présentées à la justice et placées sous mandat de dépôt. Pour de
plus amples investigations, les policiers chargés de cette enquête
ont sollicité Interpol (police internationale), afin qu’elle leur
communique les numéros de châssis de ces véhicules en vue
d’identifier leurs ‘‘propriétaires’’ et les pays de provenance».
La BRI d’Alger a
élucidé au cours du mois d’août 2010 une affaire similaire ayant
touché sept wilayas du pays, démantelé un autre réseau
transfrontalier et récupéré 14 véhicules, rappellera notre
interlocuteur. Cet officier dira par ailleurs que la BRI d’Alger a
saisi récemment 19 kilogrammes d’héroïne pure et enquêté sur
plusieurs affaires liées au trafic de pièces archéologiques volées à
Djanet, de corail et de stupéfiants.
«La BRI, créée en
2005 dans le but de lutter contre la grande criminalité dans le
cadre du droit commun, a enregistré des résultats satisfaisants»,
note-t-il. «Parmi nos missions, assister les services de police
judiciaire de sûreté de daïra ou autres et intervenir sur tout le
territoire de la wilaya d’Alger, le tout au moyen d’une section
d’intervention», conclut-il.Par ailleurs, agissant sur information,
les services de police de Tébessa ont appréhendé en flagrant délit
le 22 mars dernier un individu qui s’adonnait à la vente de
stupéfiants. Après à une fouille à corps, il a été trouvé en sa
possession une quantité de drogue (cannabis) d’un poids de 206
grammes, une somme de 5 400 DA et une arme blanche. Présenté au
parquet de justice, il a été placé sous mandat de dépôt pour usage,
détention et commercialisation de stupéfiants.
Par Lotfi Itou
Haut
Analyse
L’alibye de la
démocratie
La crise
économique mondiale, impudiquement dénommée «crise financière» est
en fait une récession économique gravissime aux effets mortels. Le
système est atteint d’un syndrome structurel, sans remède connu, si
ce n’est le placebo de la guerre, à la fois interne et contre
d’autres pays, voisins ou lointains. La récession est la cause de
cet immense malheur de l’humanité, notamment des franges sociales
les plus pauvres, au sein des pays industrialisés et des larges
masses populaires des pays les plus fragiles.
Elle est la
conséquence d’un système fondamentalement inhumain, vicieux et
surtout injuste. Un système fondé sur la loi du profit, la loi du
plus fort, que ses idéologues prétendent naturelle, tout en sachant
pertinemment que les rapports sociaux sont éminemment culturels. Le
propre de l’homme, contrairement aux autres espèces, est de dominer
la nature, de la construire et non de s’y soumettre ou de la
détruire. Les sociétés industrielles sont aveuglées par leur
puissance matérielle et se refusent à réfléchir sur la finalité de
leur modèle économique. N’étant pas centré sur l’objectif humaniste
qui privilégie l’intérêt social et l’intérêt de l’homme, il engendre
des guerres inévitables. Le danger de la prolifération des centrales
nucléaires est un symptôme parmi d’autres de cette folie
meurtrière qui menace le devenir de l’humanité. L’hypocrisie de ce
système, dangereux et fondamentalement mensonger, consiste, entre
autres, à interdire le nucléaire civil à des pays qui ne se sont pas
caractérisés, depuis des lustres, par leurs velléités de conquêtes
coloniales. Par contre, les entités criminelles, érigées en
«Etats», par
spoliation des terres de nations établies, ont le droit illimité et
sans le moindre contrôle, au nucléaire militaire et au recours aux
bombardements au phosphore blanc contre des populations civiles,
notamment contre des enfants scolarisés dans des structures de
l’ONU (les gazés de Gaza). Une autre forme d’hypocrisie, non moins
grave, étroitement liée à la précédente, est d’abord dénommée sous
le vocable fallacieux de «Droit d’ingérence», soi-disant pour
imposer une démocratisation, ou pour secourir des populations
soumises à la dictature. Les pays colonisés ou néo colonisés
seraient-ils assez stupides et inconscients pour ignorer que tous
les potentats, orientaux ou africains, ont été promus et maintenus
par la force, par l’Occident civilisateur et colonialiste positif,
qui utilise ces supplétifs, leur famille et affidés, comme
intermédiaires pour spolier les richesses et les peuples des pays
soumis ? Lorsqu’un jeune officier renverse le pouvoir traître et
décadent en place, lorsqu’il mobilise la population autour de lui
afin de récupérer les richesses de son pays, en vue d’éduquer la
population, lui offrir l’eau et les commodités modernes, des soins
et des conditions de vie plus humaines, il est évidemment qualifié
de dictateur, de fou et d’ennemi de l’Occident. Des armes lui sont
néanmoins vendues et ceci est qualifié de réalisme politique.
Concurrence oblige, pas seulement commerciale, mais surtout
d’ingérence et de mainmise géopolitique, de diverses façons. Si
folie, ou ruse pathologique il y a, elle est pour le moins partagée
équitablement entre l’agresseur étranger et sa victime. Tout est mis
en œuvre pour déstabiliser le régime national, antidémocratique
puisque non conforme aux intérêts des puissances dominantes,
coloniales. Les jalons qui permettront de le renverser sont mis en
place. La constitution de groupes sociaux compradores (au service
de la puissance coloniale) en les impliquant dans le commerce
d’import/import, le recours massif à l’intoxication et à la
désinformation des colonisés, sont des jalons parmi d’autres. Le jeu
antique du «diviser pour régner» en s’appuyant sur des divisions
ethniques ou religieuses anciennes, volontairement maintenues et
renforcées jusqu’à nos jours, sont des armes redoutables pour
déclencher des révoltes et se présenter en arbitre ou en sauveur.
Bien entendu, ces divisions tribales et/ou religieuses préexistent
à l’intrusion coloniale et sont utilisées dès l’invasion pour la
faciliter et durant l’occupation. Elles sont accentuées par les
dictateurs néocoloniaux, mis en place par les anciens colonisateurs
ou ayant pris le pouvoir à la suite de coup d’état. Ce sont là
quelques ingrédients que les néocolonialistes utiliseront en temps
opportun pour faire imploser n’importe quel pays colonisé ou à
recoloniser, qui montrerait des velléités de résistance, comme
l’Irak ou l’Algérie. C’est alors l’occasion de s’en donner à cœur
joie pour laisser exploser toute la haine envers les pays
propriétaires de pétrole. Ce produit ne devrait-il pas revenir
totalement et de plein droit à l’Occident qui l’aurait exploré,
découvert, exploité, transporté et surtout qui en a un besoin vital
pour ses usines et le maintien, tout aussi vital, de sa suprématie ?
La conjonction entre la récession économique occidentale et la
misère prolongée et aggravée des peuples, tunisien et égyptien,
d’abord, humiliés, spoliés et affamés par des potentats placés et
soutenus par l’impérialisme sioniste anglo-français (aujourd’hui
représentés par David Camerone, et le très catholique Sarkozy) sont
les causes apparentes de l’implosion de ces deux pays. Il était
normal que la jeunesse et une grande partie de l’intelligentsia se
révoltent contre la trahison politique et la spoliation massive des
deniers publics, perpétrés de très longue date, par des clans
dirigés par des charognards séniles et moribonds. Aidés jusqu’au
dernier instant par des voyous corrompus, parvenus au pouvoir grâce
à l’argent des potentats qu’ils combattent aujourd’hui avec passion.
En fait, chacun sait qu’avec la Libye comme alibi, ils veulent faire
oublier leur veulerie, leurs larcins et compromissions mises à nu
par la pauvre M.A.M. La grande peur, l’effroi hypocrite,
traditionnellement feint, ou réel, d’Israël devant l’éventuelle
démocratisation du pouvoir en Egypte ont donné des ailes aux
politiciens sionistes et leurs acolytes occidentaux. Surfer sur la
vague des révoltes et faire d’un mal un bien : une bonne guéguerre
en Afrique du Nord permettrait de faire d’une pierre quatre cents
coups : Effrayer le monde arabe, grâce à une gigantesque ratonnade,
une démonstration de force et de solidarité rassurante pour Israël.
Affirmer que l’exemple irakien sera réédité chaque fois qu’un pays
arabe ou musulman désobéira à l’0ccident ou aux Sionistes. Détruire
toutes les infrastructures économiques et militaires d’un pays
arabe supplémentaire, afin de renforcer la prédominance d’Israël,
qui aura ainsi un ennemi en moins pour une longue durée. S’emparer
du pétrole libyen, diviser ce pays en deux et le livrer au chaos
durant quelques décennies, en démontrant au passage que la
démocratie n’est décidément pas faite pour les arabes. Réactiver
l’industrie d’armement pour ressusciter l’économie moribonde.
Mettre à l’essai les nouveaux armements, in vivo, sur le dos des
arabes. Et ce n’est pas fini, l’invasion terrestre ne saurait
tarder, avec ses hordes de tortionnaires d’Abou Ghraïb et de fiers
à bras déguisés en cosmonautes sur Tripoli, comme à Kaboul, Bagdad,
El-Qods etc. Créer une base militaire occidentale en Afrique du
Nord, donnant sur la méditerranée, est un vieux rêve dont la
réalisation est enfin en vue. Sans compter qu’«un élargissement du
champ d’intervention des forces punitives» est officiellement
promis par les croisés de la guerre aux étoiles (de David). A qui la
tour ? L’Egypte et la Tunisie ont intérêt à trouver de bons
remplaçants à leurs potentats déchus par la rue et les injonctions
des puissances, toutes prêtes à imposer leur diktat au présent et
leur aide/ «accompagnement» au futur. Les dauphins devront être des
requins, aussi beaux adorateurs de leurs maîtres que Zine El Abidine
(le plus beau des adorateurs) et Moubarak (qui a reçu la baraka).
Les dauphins de l’Occident, accompagnateur magnanime et
désintéressé, auraient alors la baraka d’Ehud Barak, d’Obama et
de l’Occident, sous forme de touristes et de subsides à leur armée
et pourraient s’éviter les bombes démocratisantes. Les Syriens ont
changé de gouvernement, mais c’est le Lion qu’il faut abattre ou
exiler, pour secourir les pauvres civils révolutionnaires, tantôt
qualifiés de «rebelles» et tantôt d’«insurgés», au cours d’une
bonne guerre mondiale à la libyenne. Une destruction massive de
toutes les infrastructures civiles et militaires de la Syrie
s’impose, pour qu’elle ne se relève pas avant longtemps. Tout cela
pendant qu’Israël continue de coloniser massivement et d’exterminer
les Palestiniens, afin d’avoir bientôt la majorité démographique,
sur un territoire musulman, autrefois multiconfessionnel et
tolérant. En prétendant que l’impérialisme s’est partout enlisé et a
perdu toutes ses guerres coloniales, l’on se trompe au moins sur
quelques points : L’impérialisme continue à spolier de plus belle
les pauvres de ses pays d’origine et ceux des colonies. Ses crimes
contre l’humanité demeurent impunis et sont présentés comme la
justice divine et naturelle. Ceux qui s’opposent à la mainmise
impérialiste sur les biens de leur pays sont des fous à éliminer,
s’ils ont un peuple derrière eux, il faut le diviser, l’imploser
puis en secourir les opposants, grâce à une expédition punitive,
héroïque et humanitaire de coalisés. L’impérialisme continue à
imposer sans vergogne de nouveaux potentats, à la fois traîtres,
corrompus et serviles. Les urnes bourrées, de l’Afghanistan à la
Côte d’Ivoire, en sont des illustrations suffisamment claires pour
chacun. D’où viendra le changement catégorique de cette catastrophe
historique dont les moyens de guerre et capacités de propagande
mensongère sont pour l’instant illimités ? Nous ne savons pas si le
monstre succombera à son gigantisme, s’il sera détruit du dedans ou
par de vraies révolutions dotées de dirigeants conséquents, à la
tête de mouvements populaires conscients et organisés. Les révoltes
qui grondent dans «les pays du Sud» sont pour l’instant un bon signe
de maturation politique, en bonne voie d’approfondissement. Ce
réveil explosif ne saurait tarder à engendrer la construction des
bases organisationnelles d’une véritable résistance et de
révolutions au plein sens du terme. Cela dépendra étroitement de la
réactivité judicieuse des intellectuels révolutionnaires localement
implantés et de l’impact de leur influence. A ce moment-là, les
masques pervers, au sourire hideux de l’impérialisme secouriste et
accompagnateur généreux tomberont. Perdant l’espoir de faire payer
la facture de sa récession économique aux pays du Sud, et
singulièrement aux arabes, il cessera de chanter faussement «Le
printemps arabe». Les potentats politiquement séniles, qui servaient
avant tout à retarder la marche de l’Histoire, ont poussé trop loin
le bouchon de la corruption et de la trahison. Ils ont été dévoilés
et sont dégommés ou en voie de l’être. Ils ont fait leur temps et
l’impérialisme, qui ne peut plus les utiliser en l’état, les
condamne et s’empresse de les jeter à la poubelle de l’Histoire. Son
but inavoué, mais évident, est de tenter de sauver les meubles
vermoulus de sa crédibilité, aux yeux de ses électeurs et de ses
zouaves, ses larbins du Sud, encore aliénés, sans renoncer pour
autant à mettre aux commandes des dirigeants plus «présentables»
mais tout de même acquis à leurs intérêts ou manipulables parce que
redevables de leur accession au pouvoir. Il appartient aux peuples
patriotiques et aux forces progressistes d’être lucides, de rester
vigilants et d’accélérer par tout moyen la marche de leur
libération.
Par Rachid
Ettouri
Haut
|