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mardi 05 avril 2011

 

Bouteflika aujourd’hui a Tam

Un mégaprojet et des perspectives

Pénurie de produits de large consommation

Adoption de la proposition de création d'une commission d'enquête

En plus de ses rendez-vous hebdomadaires

La CNCD appelle à une marche le 16 avril et le 1er mai

Les commerçants se mobilisent

Une feuille de route pour encadrer le commerce

Revendications des auto-écoles

Des points réglés et d’autres en suspens

Malgré les menaces du ministre de l'intérieur

Intransigeance des gardes communaux

Ould Kablia répond aux gardes communaux

«Les protestataires seront radiés du corps»

Les médecins résidents s’obstinent dans leur démarche

Elles revendiquent un statut  spécifique

Les familles des victimes du terrorisme maintiennent leur sit-in

Des dizaines de voitures ont été dépouillées à travers le pays

Les «Asiatiques», cibles privilégiées des voleurs

Analyse

L’alibye de la démocratie

 

 

 

 Evenement 


Accueil

Bouteflika aujourd’hui a Tam

Un mégaprojet et des perspectives

Plusieurs projets de développement local seront inaugurés aujourd’hui à la faveur de la visite du président de la République, Abdelaziz Bouteflika, dans la wilaya de Tamanrasset.

Un pôle urbain baptisé «Adriane», qui comprend la réception de 1 028 logements et des infrastructures d’accompagnement, écoles, bibliothèque, annexe d’APC, polyclinique locaux commerciaux en l’occurrence, un tronçon routier de la Transsaharienne long de 420 km reliant Tamanrasset à In Guezzam sont autant de projets qui seront mis en service au profit de la population locale à l’occasion de la visite présidentielle. Mais, le projet le plus important, voire le plus attendu par les habitants, est celui du transfert d’eau potable In Salah-Tamanrasset.

Une réalisation qui saura étancher la soif de quelque 140 000 habitants, en plus de l’apport économique qu’il apportera à cette région déshéritée. En effet, l’abondance de cette ressource vitale fera émerger toute une industrie autour d’elle, en plus de l’apport considérable qu’elle apportera au secteur de l’agriculture. Cela va sans citer les postes de travail que ledit projet va générer au profit des habitants de Tamanrasset. Selon Messaoud Tira, directeur de l’alimentation en eau potable au ministère des Ressources en eau, «ledit projet est achevé dans les délais imparti, c’est-à-dire en trois ans, et n’a pas connu de surcoûts de réalisation». Lors d’un point de presse organisé au siège de la wilaya hier, il a mis l’accent sur les impacts positifs, économiques et sociales de la réalisation du transfert d’eau potable In Salah-Tamanrasset, en ce sens qu’il va pourvoir la population locale en H 24, à raison de 100 000 m3 par jour. D’ailleurs, «nous gérons actuellement l’abondance et pas le déficit en matière d’alimentation en eau potable», s’est-il réjoui, estimant la demande locale en eau potable à seulement entre 15 000 et 20 000 m3 par jour, soit bien en-deçà des capacités d’approvisionnement en la matière. Selon le conférencier, ce mégaprojet, qui a nécessité une enveloppe financière de 197 milliards de dinars, est le fruit d’un effort draconien consistant à élever l’eau de la nappe albienne de la région d’In Salah de 1 200 mètres de hauteur, et la transporter sur un linéaire de

750 km avec un réseau de double canalisation, soit un linéaire de 1 300 km de canalisations.

Il est doté de deux grandes stations de pompage identiques à In Salah et à Tamanrasset, fonctionnant actuellement au fioul, avec des moteurs convertibles en perspective de les faire fonctionner au gaz après le passage du gazoduc provenant du Nigeria, a annoncé Messaoud Tira. De même qu’un réservoir d’une capacité de 50 000 m3 par jour avec une autonomie d’approvisionnement de trois jours complets. La mise en service d’un tel projet en un temps aussi court et sans rallonge budgétaire relève de l’exploit, grâce au concours d’un nombre d’entreprises, notamment locales, qui ont vaincu la rigueur désertique et traversé des régions difficilement accessibles pour ramener l’«or bleu» dans les robinets à Tamanrasset.

Par M. Ait Chabane       

 

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Pénurie de produits de large consommation

Adoption de la proposition de création d'une commission d'enquête  

Le bureau de l’Assemblée populaire nationale (APN) a adopté hier la proposition de motion pour la création d’»une commission d’enquête sur la pénurie des produits alimentaires de large consommation» qu’il a présenté à la commission des finances et du budget pour examen avant de la soumettre au vote en séance plénière.

Selon un communiqué de l’APN rendu public à l’issue de la réunion de son bureau présidée par M. Abdelaziz Ziari, président de l’APN, la commission est chargée de déterminer les tenants et aboutissants de la crise à travers les investigations avec toutes les parties concernées notamment les secteurs des finances, de l’agriculture et du commerce ainsi que les opérateurs activant dans le domaine.

Le bureau de l’APN a examiné les 27 amendements prévus dans le projet de loi amendant et complétant la loi 83-11 relative aux assurances sociales et en a adopté 25 répondant aux conditions de forme avant de les soumettre à la commission spécialisée. Le bureau a également examiné la proposition de loi amendant et complétant la loi organique relative au système électoral et décidé de reporter son adoption car ne répondant pas aux conditions de forme. 

Il a par ailleurs examiné les 15 questions soumises par 11 députés concernant 11 départements ministériels. Le bureau a adopté ces questions qui répondent aux conditions de forme avant de les soumettre au gouvernement.

M. B. et agences                 

 

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En plus de ses rendez-vous hebdomadaires

La CNCD appelle à une marche le 16 avril et le 1er mai

Deux «grandes» marches pacifiques sont programmées à l'occasion de la Fête des travailleurs et celle du savoir par la Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD, aile partis politiques), qui a lancé un appel à tous les travailleurs, chômeurs et étudiants pour participer à ces deux événements prévus le 16 avril et le 1er mai prochain.

En dépit des échecs accumulés par la CNCD lors des huit marches organisées à Alger depuis le 12 février, l'aile "partis politiques" de la coordination a décidé de maintenir le principe des marches à travers la capitale. Lors d'une réunion tenue à Alger, les initiateurs sont parvenus à marquer la présence de la CNCD le 1er mai, Journée internationale des travailleurs. A cet effet, un appel a été lancé pour une participation massive des syndicats et organisations  représentant les travailleurs de divers secteurs, les étudiants, les chômeurs  et «toutes les catégories qui luttent pour une vie décente».

Selon un des membres de la coordination, le départ des marcheurs se fera de la place du 1er Mai en direction de la place des Martyrs. «La CNCD veut que cette marche soit celle qui unira toutes les revendications sociales et politiques.»

Concernant celle prévue le 16 avril, qui symbolise la Journée nationale du savoir, elle se voudra un hommage à toutes les victimes du printemps noir de la Kabylie «18 Avril 2001» Les membres de la coordination, qui avaient adopté dimanche dernier leur «plate-forme pour le changement», devraient se réunir vendredi prochain pour fixer la date de la tenue de la conférence de presse hebdomadaire ainsi que le lieu de leur premier meeting pour la vulgarisation de la nouvelle stratégie d'action. Ladite plate-forme, adoptée par les membres de la CNCD, aile partis politiques, contient sept points principaux, en plus du principe de maintien des marches dans la capitale et dans d'autres wilayas, les initiateurs suggèrent la création d'un «conseil national de transition démocratique» ainsi que  la conception d'une nouvelle Constitution.

Par Nassima. Hannat

 

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Les commerçants se mobilisent

Une feuille de route pour encadrer le commerce

L’heure est à la mobilisation au sein de la corporation des commerçants. L’inertie des pouvoirs publics devant la prolifération à grande échelle du commerce informel fait réagir les membres de l’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA) qui envisage d’élaborer une feuille de route à soumettre au gouvernement lors des assises nationales du commerce prévues avant la fin du premier semestre de l’année en cours.

Avant les assises nationale du commerce, des rencontres regroupant les directions de l’exécutif au niveau des wilayas et les différentes institutions et organismes concernés, de loin ou de près par les activités commerciales, se déroulent actuellement à travers le pays afin de parvenir à mettre en relief les préoccupations des commerçants.

«Ces rencontres vont être sanctionnées par des recommandations qui seront discutées du 5 au 23 mai prochain au sein des assises régionales», a expliqué hier Salah Souilah, secrétaire général de l’UGCAA lors d’une conférence de presse.Les thématiques qui  seront développées lors de ces rencontres, «constituant la plate-forme essentielle pour le secteur du commerce» portent, entre autres, sur la régulation et l’encadrement des activités commerciales ainsi que le contrôle économique. Mais, la préoccupation majeure qui sera soulevée avec «acuité» sera sans conteste «le commerce informel», nous a confié un commerçant. Celui-ci a atteint le summum de la prolifération en ce début d’année», de l’aveu du SG de l’UGCCA, qui ajoute : «L’Etat a consenti des efforts considérables dans la lutte contre l’informel juste après le retour de la paix, mais les récents événements qu’a connus le pays ont favorisé ces pratiques». Plus virulent, M. Souilah considère que les récentes déclarations du ministre de l’Intérieur concernant le sort des petits vendeurs à la sauvette a accentué le phénomène. «Ça va augmenter davantage si rien n’est fait», a-t-il averti. Le gouvernement avait annoncé, juste après la tenue du dernier Conseil des ministres, l’allégement des formalités et procédures destinées au transfert du petit commerce informel sur la voie publique vers des sites aménagés, en concertation avec les associations et représentants des concernés. Cette  mesure, favorablement accueillie par l’UGCAA, a toutefois généré une «véritable ruée vers le commerce informel ; des jeunes voulant à tout prix avoir une place dans les futures infrastructures», a affirmé un coordinateur des commerçants de la région centre.

Celui-ci estime que toute la politique mise en place pour éradiquer ce phénomène a été  un véritable échec. Il en veut pour preuve la multiplication du nombre de vendeurs à la sauvette sur les lieux publics. Les assises nationales du commerce risquent d’ores et déjà d’être houleuses. Les recommandations venant de la base augurent d’une défiance vis-à-vis des pouvoirs publics, à l’image de la revendication d’une «exonération de toutes les charges fiscales des commerçants». Un point que le gouvernement aura du mal à accepter. Mais, de l’avis d’un commerçant, «si nos revendications n’auront pas d’écho favorable, nous envisagerons d’aller vers des actions radicales». «Nous aussi allons exercer dans l’illégalité», menace-t-il.

Par Yazid Ferhat

 

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Revendications des auto-écoles

Des points réglés et d’autres en suspens

La réunion du 7 mars dernier entre la Fédération nationale des auto-écoles (FNAE), affiliée à l’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA), et des représentants du ministère des Transports, a abouti au règlement de quelques-unes des revendications et des promesses de satisfaction des autres points en suspens.

Selon Aoudia Ahmed Zineddine, président de la Fédération, cette réunion a débouché sur la satisfaction de deux points, à savoir la question de l’ajournement des candidats au permis de conduire et celui relatif à l’âge des postulants.

Concernant l’ajournement, le ministère est revenu aux dispositions d’avant le mois d’avril 2008, à savoir que le candidat passe un examen tous les 15 jours après chaque échec, au lieu d’attendre un mois, comme cela a été décidé ultérieurement. Ainsi donc, à partir du 15 mars 2011 les examens ont lieu tous les 15 jours.

Pour ce qui est deuxième point, une nouvelle circulaire du ministère des Transports stipule qu’à partir de 17 ans et demi un candidat peut désormais passer les examens du code et de manœuvre, sans l’obligation de présenter une autorisation paternelle. Le 3e examen, celui de la conduite, ne peut être passé qu’après avoir atteint la majorité légale, à savoir 18 ans. «Cependant, il reste un problème à régler, celui des directeurs de wilaya qui disent n’avoir pas encore reçu cette circulaire», a déclaré hier M. Aoudia. «C’est le cas de la wilaya d’Annaba qui n’applique pas encore cette mesure», ajoute la même source.

La réunion de la FNAE et du ministère des Transports a également permis de discuter d’autres questions restées en suspens, dont celles relatives aux congés et aux circuits. «Habituellement, les auto-écoles prennent leur congé annuel du 1er au 30 août. Le problème, c’est que les congés des directions des transports de wilaya s’étalent du 15 juillet au 10 ou 15 septembre. Cela fait près d’un mois de décalage. Nous réclamons également les circuits promis par la tutelle. Une centaine est prévue, dont quelques-uns durant l’année 2011. Nous attendons toujours», dit-il encore.

Par ailleurs, selon M. Aoudia, la Fédération nationale des auto-écoles (FNAE) est la seule habilitée à représenter la profession auprès des pouvoirs publics.

Par Abdelkader Djalil

 

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Malgré les menaces du ministre de l'intérieur

Intransigeance des gardes communaux

Les gardes communaux ne veulent rien entendre par rapport à ce que le ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales, M. Dahou Ould Kablia, a déclaré concernant leur mouvement de protestation et leurs revendications. Ils n'en reviennent pas et indiquent que seul le président de la République est en mesure de mettre un terme à leur colère.

«Nous sommes revenus à la place des Martyrs pour observer ce sit-in, car les propos d'Ould Kablia et les mesures qu'il a prises en solo ne sont aucunement convaincants. Nous voulons que le premier magistrat du pays se prononce sur notre situation. Lui seul peut nous convaincre de ce qui est raisonnable et de ce qui ne l'est pas concernant les revendications que nous formulons», déclare Ammi Ahmed, les yeux enflés après une longue nuit passée à la belle étoile.  

En effet, le ministère de l'Intérieur et des Collectivités locales a estimé, dans un communiqué rendu public, avant-hier, que le mouvement de «protestation des gardes communaux est illégal». Il les a appelés au respect de leurs engagements tels que définis dans leur statut.  Il évoquera même l'article 11, qui interdit à ce corps de sécurité de recourir à des mouvements collectifs de contestation contraires à l'ordre. Dans ce document, la tutelle a rappelé que la commission de travail ayant pour mission d'étudier les revendications socioprofessionnelles de ce corps a pris une série de mesures, lesquelles «ont été accueillies avec beaucoup de satisfactions par les gardes communaux». Parmi ces mesures, le communiqué cite «l'augmentation de la prime de rendement de 20 % à 30 % calculée sur la base du nouveau salaire» et «la bonification des taux actuels (25 %, 30 % et 35 %) de la prime de risque et d'astreinte de 10 %, soit 35 %, 40 % et 45 % calculés sur la base du nouveau salaire». «Cette indemnisation est octroyée en contrepartie des conséquences liées au risque, au port d'arme et aux heures de travail supplémentaires».

D'autres mesures ont été annoncées dans le même document. Il est question de l'activation du nouveau régime indemnitaire relatif à ce corps avec effet rétroactif depuis 2008, d'une augmentation de salaire de référence sur la base duquel est calculée la pension de retraite qui sera induite par l'entrée en vigueur du nouveau régime indemnitaire, une pension de retraite  proportionnelle exceptionnelle vers l'âge de 54 ans et une période de travail effective de pas moins de 15 ans pour la catégorie des gardes communaux ne remplissant pas les conditions d'accès au droit à la retraite, ainsi que du  rachat des années de cotisation manquantes pour bénéficier du droit à la retraite proportionnelle exceptionnelle qui sera pris en charge par le budget de l'Etat.

En outre, il a été annoncé, dans le communiqué, qu'en cas d'incapacité de travail, «les gardes communaux bénéficient d'une pension d'invalidité de manière permanente, en raison d'une maladie à caractère professionnel et qui ne figure pas actuellement dans la liste des maladies éligibles au remboursement par la Sécurité sociale», lit-on dans le document. La création de médailles d'honneur pour les blessés invalides et agents, une forme de reconnaissance envers ce corps pour les sacrifices qu'il a consentis pendant les années 1990, est aussi envisagée. En matière de logement, des facilitations leurs seront octroyées pour l'acquisition de logements sociaux participatifs ou de logements ruraux «sur la base des demandes et de la disponibilité des logements suivant les priorités (victimes du terrorisme, invalides et autres), et ce en collaboration avec les organismes concernés».

Cette liste de mesures serait, en effet, mal perçue par les contestataires qui attendent avec «impatience»  que le président Abdelaziz Bouteflika se prononce en personne sur leur sort.  M. Hakim Chaibi, coordinateur national des gardes communaux et l'un des 8 délégués qui ont eu à déposer une lettre sur le bureau du président de la République, déclare : «La patience a des limites. Nous attendons une réponse qui étanchera la soif des milliers de gardes communaux. Nous nous sommes mis d'accord, après de longues concertations, sur le fait qu'aucune concession ne sera faite par rapport à nos doléances. Nous sommes conscients de leur légitimité et nous n'allons pas céder le pas.» Le même délégué, qui assure qu' «aucune suite n'a été donnée à la missive qu'ils ont adressée à la plus haute autorité du pays», a tenu à dénoncer également les pressions dont font objet les gardes communaux. «Nos confrères ont subi de multiples intimidations dans le but de nous dissuader de continuer notre lutte. On a interdit à quelques uns de nous rejoindre sur le lieu du rassemblement, notamment ceux en tenue !», a-t-il ajouté.

En centaines, les uns fatigués s'étaient allongés pour dormir un peu, alors que d'autres debout essayaient de s'enquérir des nouvelles les concernant et guettant la moindre déclaration des officiels, les gardes communaux disent qu'ils comptent "réagir selon les donnes". Ils n'écartent d'ailleurs pas une tentative de marche ou un rassemblement devant la Présidence.  

Par Hamid Fekhart

 

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Ould Kablia répond aux gardes communaux

«Les protestataires seront radiés du corps»

«Tous les gardes communaux qui ont choisi de poursuivre leur mouvement de protestation seront radiés de leur poste d’emploi», a fulminé hier le ministre de l’Intérieur, Dahou Ould Kablia, «il n’ y aura plus de discussion ni de négociations ni de surenchère», dira Ould Kablia.Les gardes communaux, qui continuent à observer des sit-in dans la capitale, risquent gros. Le ministre de l’Intérieur a menacé hier tous les éléments qui maintiennent le bras de fer avec la tutelle de les renvoyer définitivement du corps. Malgré la série de mesures arrêtées en concertation entre les deux parties, les gardes communaux continuent de crier à l’injustice devant les instances de l’Etat, ce qui n’est pas admissible aux yeux du ministre qui indique : «Nous allons les exclure.»

S’exprimant en marge de la conférence nationale sur le schéma national d’aménagement du territoire, Kablia a souligné  que toutes les autorités militaires et civiles sont décidées à considérer les actes menés par les gardes communaux comme étant des actes d’indiscipline dans un corps de sécurité. Il a rappelé à l’occasion  que la quasi-totalité des gardes communaux avaient «adhéré» aux mesures déjà prises pour leur régularisation et la prise en charge de leurs doléances, et que ceux «qui poursuivront leur mouvement de protestation», at-il précisé, «seront exclus» de ce corps de sécurité.  Ould Kablia a précisé que «99% des gardes communaux ont adhéré aux mesures prises» pour la régularisation de leur situation. «Les 11 principales revendications, sur les 14 émises par ce corps de sécurité avaient déjà eu une réponse», a conclu le ministre de l’Intérieur.       

N.H.

 

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Les médecins résidents s’obstinent dans leur démarche 

Des assemblées générales ont été tenues hier par les médecins résidents au niveau du CHU Mustapha Pacha, à Alger, pour poursuivre leur grève illimitée déclenchée le 28 mars dernier par le Collectif autonome des médecins résidents algériens (CAMRA). Ils étaient des centaines venus des quatre coins du pays à dénoncer le mépris de la tutelle qui n’a pas tenu sa promesse de recevoir dimanche les 22 délégués. «Les trois commissions chargées d’examiner les problèmes exposés par les médecins résidents devaient être installées au ministère de la Santé, raison pour laquelle vingt-deux de nos collègues délégués sont venus de plusieurs régions d’Algérie comme convenu, mardi dernier, afin de participer aux travaux de ces commissions qui devaient réunir les directeurs d’hôpitaux et les professeurs en médecine. Mais dimanche à notre grande surprise, le ministère de la Santé nous a informé qu’aucune réunion n’a été programmée à ce sujet», a-t-on appris du Dr Marouan Sid Ali, membre du collectif. En effet, les délégués, restés  deux heures devant le siège du ministère de la Santé se sont vu signifier par la suite qu’ils n’étaient pas attendus. «Nous étions 22 délégués venus de toutes la régions d’Algérie à attendre devant le ministère pour être reçus par les responsables. Ceux-ci n’ont même pas daigné nous remettre les procès-verbaux», a déclaré le Dr Marouan.  Pour cela, les blouses blanches ont décidé d’observer  hier des sit-in au sein des principaux centres hospitaliers du territoire national. Le sit-in d’hier a été suivi par une marche à l’intérieur du CHU Mustapha Pacha, regroupant tous les médecins résidents d’Alger et d’ailleurs pour clamer leurs revendications et faire entendre leur voix avant d’être reçus par le ministre de la Santé , Djamel Ould Abbès, dans l’après-midi d’hier. «Nous voulons une réponse concrète et proposons des solutions si la tutelle ne prend pas en charge nos revendications et ne règle pas notre problème. Aujourd’hui, nous allons marcher dehors». «La grève se poursuivra tant que nous n’avons pas un accord de principe de la part du ministre concernant l’annulation du service civil obligatoire, une mesure injuste», a déclaré le porte-parole du Collectif autonome des médecins résidents algériens. Par ailleurs, le même rassemblement a eu lieu à l’est et l’ouest du pays afin de démontrer leur détermination et briser les tabous. «Nous sommes les victimes de ce service de santé, les patients aussi, rien ne pourra nous arrêter», poursuit notre interlocuteur.

Rappelons que dans la plate-forme de revendications des médecins résidents figurent «la revalorisation de la prime de garde, la révision du statut, étant donné que l’actuelle mouture ne répond pas à leurs aspirations, et un salaire digne». Ces derniers réclament également «l’abrogation du service civil obligatoire auquel ils sont soumis durant une période allant de un à quatre ans, ainsi que la validation des formations spécialisées nationales et internationales effectuées par les résidents au cours de leur cursus, des congés de maternité pour les résidentes et des primes de contagion et de risque, l’amélioration des conditions de travail ainsi que la mise en place d’un plan de carrière».

Par Lynda Guenineche

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Elles revendiquent un statut  spécifique

Les familles des victimes du terrorisme maintiennent leur sit-in

Moins de deux semaines après le sit-in tenu devant la présidence de la République, les familles des victimes du terrorisme ont investi depuis dimanche le palais du Gouvernement et comptent y rester jusqu’à satisfaction de leurs revendications, à commencer par le statut de victime du terrorisme.

Une cinquantaine de personnes représentant les familles des victimes du terrorisme venues de plusieurs wilayas se sont rassemblées hier pour la deuxième journée consécutive devant le palais du Gouvernement pour exiger la promulgation du statut de victime du terrorisme «qui consacrerait la sauvegarde de la mémoire collective, les intérêts moraux et matériels des victimes du terrorisme et des ayants droit par les moyens de l’Etat», est-il noté dans la plate-forme de revendications que ces protestataires comptent remettre au Premier ministre. Ces familles, qui ont passé la nuit de dimanche à lundi devant le palais du Gouvernement, comptent aller jusqu’au bout de leur protestation. «Nous resterons ici jusqu’à la satisfaction de nos revendications», nous déclara le membre d’une famille victime du terrorisme qui affirma que «d’autres victimes et ayants droit vont nous rejoindre». Outre le statut particulier «spécifique aux victimes du terrorisme», elles souhaitent voir les pouvoirs publics ériger un monument national à la mémoire des victimes «qui leur servira de lieu de recueillement» et décréter une journée nationale à leur mémoire. Ils exigent également l’instauration d’une instance étatique «chargée des affaires des victimes du terrorisme», une sorte de secrétariat d’Etat  qui se chargera aussi de revoir les indemnités accordées aux veuves et aux invalides, bloquées selon eux, depuis 2002. Ils réclament dans ce contexte, l’instauration du statut de chouhada aux personnes décédées durant la lutte contre le terrorisme et celui d’invalides de guerre aux blessés. Ces familles, qui n’ont été reçues par aucun responsable, jusque-là, réclament également la prise en charge des enfants des victimes du terrorisme par l’Etat. Elles dénoncent dans le document à transmettre aux pouvoirs publics, la marginalisation dont elles sont victimes et réclament  d’autres droits. Elles voudraient bénéficier d’aides pour l’acquisition d’un logement. Par ailleurs, ces familles réclament le départ de Mme Flici, présidente de l’Organisation nationale des victimes du terrorisme (ONVT), car ses pratiques «nous ont éloigné des objectifs et buts principaux, à savoir la sauvegarde de la mémoire des victimes». Elles reprochent à la présidente de l’ONTV d’avoir notamment  évincé l’élite et de s’être entourée de personnes incultes, mais aussi de détournement de fonds.                               

Par Sofiane Aït Mohamed

 

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Des dizaines de voitures ont été dépouillées à travers le pays

Les «Asiatiques», cibles privilégiées des voleurs

Les services de sécurité ont enregistré depuis le 1er janvier dernier une hausse inquiétante du trafic de voitures de marques asiatiques à travers plusieurs wilayas.

En l’espace de trois mois, près de 100 véhicules de tourisme ont été volés dans plusieurs régions du pays. Un phénomène qui, selon les services de sécurité, a pris une grande ampleur cette année. Selon une source fiable, la plupart des véhicules ciblés par les trafiquants sont d’origine asiatique et européenne, notamment les marques françaises, très prisées par les réseaux de malfaiteurs.

Depuis le début de l’année 2011, près de 30 voitures ont été subtilisées à leurs propriétaires à Alger. Habituellement, les voleurs agissent dans des quartiers peu fréquentés par les piétons, aujourd’hui ce n’est plus le cas. Les «pilleurs» de véhicules agissent désormais à des endroits très fréquentés et n’hésitent pas à perpétrer leur forfait en présence de témoins et ne semblent pas craindre les représailles des services de sécurité. A Médéa, sept véhicules de diverses marques asiatiques ont été volés depuis le début de l’année.

Onze personnes ont été interpellées dans le cadre d’enquêtes menées par la police judiciaire de cette wilaya, dont quatre ont été placées sous mandat de dépôt. A M’sila, trois grosses cylindrées ont été également volées. Les vols de véhicules concernent même les wilayas du Sud du pays, à l’image de Ouargla, qui a été «visitée» par des voleurs. En effet, deux véhicules appartenant à une société étrangère ont été subtilisés dans cette ville. Le 23 mars dernier, les services de police ont appréhendé deux individus, inculpés pour association de malfaiteurs, agression à main armée suivie de vol de véhicule, coups et blessures volontaires et destruction de biens appartenant à autrui.

Présentés au parquet de justice de céans, les mis en cause ont été écroués par le magistrat instructeur. Le véhicule volé a été récupéré et restitué à son propriétaire. Quatre jours après ce vol, les services de police de Boumerdès ont présenté au parquet de justice de céans trois individus, repris de justice, qui ont été placés sous mandat de dépôt pour les chefs d’inculpation «détention et usage de stupéfiants et port d’arme prohibée».

Les mêmes services de police ont récupéré le 26 mars dernier au niveau de la même ville un véhicule volé à Hydra, sur les hauteurs d’Alger et ont également récupéré un autre. Le 29 du même mois, cette fois dans la ville d’Oran, deux individus ont été arrêtés, pour vol de véhicule puis ont été placés sous mandat de dépôt par le magistrat instructeur. Quant à leurs complices, au nombre de trois, ils demeurent activement recherchés. Les deux véhicules volés ont été récupérés par les mêmes services de police. Le 30 mars dernier, les agents de la Sûreté de daïra de Mascara ont présenté par-devant le parquet de justice de la ville trois individus auteurs du vol d’un véhicule, puis placés sous mandat de dépôt, alors que le véhicule volé a été récupéré.

L’enquête sur sept grosses cylindrées volées en Europe se poursuit

L’enquête relative à l’affaire de vol de sept grosses cylindrées en Europe et acheminées en Algérie se poursuit. Selon un officier de la brigade de recherche et d’intervention (BRI) relevant de la police judiciaire de la Sûreté de wilaya (SWPJ) d’Alger, deux réseaux transfrontaliers spécialisés dans le trafic de grosses cylindrées agissant dans le cadre de cette affaire ont été démantelés.

Au terme de deux mois d’une enquête menée par la BRI dans les wilayas de l’est du pays, un second groupe a pu être localisé et destructuré par cette section de la Sûreté nationale. Il s’agit d’un réseau transfrontalier faisant dans le trafic de grosses cylindrées volées en Europe, entre autres, et dotées de faux dossiers de base après leur entrée en Algérie, ajoute l’officier de la BRI. Selon cette source, «sept personnes mises en cause dans cette affaire ont été présentées à la justice et placées sous mandat de dépôt. Pour de plus amples investigations, les policiers chargés de cette enquête ont sollicité Interpol (police internationale), afin qu’elle leur communique les numéros de châssis de ces véhicules en vue d’identifier leurs ‘‘propriétaires’’ et les pays de provenance».

La BRI d’Alger a élucidé au cours du mois d’août 2010 une affaire similaire ayant touché sept wilayas du pays, démantelé un autre réseau transfrontalier et récupéré 14 véhicules, rappellera notre interlocuteur. Cet officier dira par ailleurs que la BRI d’Alger a saisi récemment 19 kilogrammes d’héroïne pure et enquêté sur plusieurs affaires liées au trafic de pièces archéologiques volées à Djanet, de corail et de stupéfiants.

«La BRI, créée en 2005 dans le but de lutter contre la grande criminalité dans le cadre du droit commun, a enregistré des résultats satisfaisants», note-t-il. «Parmi nos missions, assister les services de police judiciaire de sûreté de daïra ou autres et intervenir sur tout le territoire de la wilaya d’Alger, le tout au moyen d’une section d’intervention», conclut-il.Par ailleurs, agissant sur information, les services de police de Tébessa ont appréhendé en flagrant délit le 22 mars dernier un individu qui s’adonnait à la vente de stupéfiants. Après à une fouille à corps, il a été trouvé en sa possession une quantité de drogue (cannabis) d’un poids de 206 grammes, une somme de 5 400 DA et une arme blanche. Présenté au parquet de justice, il a été placé sous mandat de dépôt pour usage, détention et commercialisation de stupéfiants.

Par Lotfi Itou

 

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Analyse

L’alibye de la démocratie

La crise économique mondiale, impudiquement  dénommée «crise financière» est en fait une récession économique gravissime aux effets mortels. Le système est atteint d’un syndrome structurel, sans remède connu, si ce n’est le placebo de la guerre, à la fois interne et contre d’autres pays, voisins ou lointains.  La récession est la cause de cet immense malheur de l’humanité, notamment des franges sociales les plus pauvres, au sein des pays industrialisés et des larges masses populaires des pays les plus fragiles.

Elle est la conséquence d’un système fondamentalement  inhumain, vicieux et surtout injuste. Un système fondé sur la loi du profit, la loi du plus fort, que ses idéologues prétendent naturelle, tout en sachant pertinemment que les rapports sociaux sont éminemment culturels.  Le propre de l’homme, contrairement aux autres espèces, est de dominer la nature, de la construire et non de s’y soumettre ou de la détruire. Les sociétés industrielles sont aveuglées par leur puissance matérielle et se refusent à réfléchir sur la finalité de leur modèle économique. N’étant pas centré sur l’objectif humaniste qui privilégie l’intérêt social et l’intérêt de l’homme, il engendre des guerres inévitables. Le danger de la prolifération des centrales nucléaires est un symptôme parmi  d’autres  de cette folie meurtrière qui menace le devenir de l’humanité. L’hypocrisie de ce système, dangereux et fondamentalement mensonger, consiste, entre autres, à interdire le nucléaire civil à des pays qui ne se sont pas caractérisés, depuis des lustres, par leurs velléités de conquêtes coloniales.  Par contre, les entités criminelles, érigées en

«Etats», par spoliation des terres de nations établies, ont le droit illimité et sans le moindre contrôle, au nucléaire militaire et au recours aux bombardements au phosphore blanc contre des populations civiles, notamment contre des enfants scolarisés dans des structures de  l’ONU (les gazés de Gaza).  Une autre forme d’hypocrisie, non moins grave, étroitement liée à la précédente, est d’abord dénommée sous le vocable fallacieux de «Droit d’ingérence»,  soi-disant pour imposer une démocratisation, ou pour secourir des populations soumises à la dictature.  Les pays colonisés ou néo colonisés seraient-ils assez stupides et inconscients pour ignorer que tous les potentats, orientaux ou africains, ont été promus et maintenus par la force,  par l’Occident civilisateur et colonialiste positif, qui utilise ces supplétifs, leur famille et affidés, comme intermédiaires pour spolier les richesses et les peuples des pays soumis ? Lorsqu’un jeune officier renverse le pouvoir traître et décadent en place, lorsqu’il mobilise la population autour de lui afin de récupérer les richesses de son pays, en vue d’éduquer la population, lui offrir l’eau et les commodités modernes, des soins et des conditions de vie plus humaines, il est évidemment qualifié de dictateur, de fou et d’ennemi de l’Occident. Des armes lui sont néanmoins vendues et ceci est qualifié de réalisme politique.  Concurrence oblige, pas seulement commerciale, mais surtout d’ingérence et de mainmise géopolitique, de diverses façons. Si folie, ou ruse pathologique il y a, elle est pour le moins partagée équitablement entre l’agresseur étranger et sa victime. Tout est mis en œuvre pour déstabiliser le régime national, antidémocratique puisque non conforme aux intérêts des puissances dominantes, coloniales. Les jalons qui permettront de le renverser sont mis en place.  La constitution de groupes sociaux compradores (au service de la puissance coloniale) en les impliquant dans le commerce d’import/import,  le recours massif à l’intoxication et à la désinformation des colonisés, sont des jalons parmi d’autres. Le jeu antique du «diviser pour régner» en s’appuyant sur des divisions ethniques ou religieuses anciennes, volontairement maintenues et renforcées jusqu’à nos jours, sont des armes redoutables pour déclencher des révoltes et se présenter en arbitre ou en sauveur.  Bien entendu, ces divisions tribales et/ou  religieuses préexistent à l’intrusion coloniale et sont utilisées dès l’invasion pour la faciliter et durant l’occupation. Elles sont accentuées par les dictateurs néocoloniaux, mis en place par les anciens colonisateurs ou ayant pris le pouvoir à la suite de coup d’état. Ce sont là quelques ingrédients que les néocolonialistes utiliseront en temps opportun pour faire imploser n’importe quel pays colonisé ou à recoloniser, qui montrerait des velléités de résistance, comme l’Irak ou l’Algérie. C’est alors l’occasion de s’en donner à cœur  joie pour laisser exploser toute la haine envers les pays propriétaires de pétrole. Ce produit ne devrait-il pas  revenir totalement et de plein droit à l’Occident qui l’aurait exploré, découvert, exploité, transporté et surtout qui en a un besoin vital pour ses usines et le maintien, tout aussi vital, de sa suprématie ? La conjonction entre la récession économique occidentale et la misère  prolongée et aggravée des peuples, tunisien et égyptien, d’abord, humiliés, spoliés et affamés par des potentats placés et soutenus par l’impérialisme sioniste anglo-français (aujourd’hui représentés par David Camerone, et le très catholique Sarkozy) sont les causes apparentes de l’implosion de ces deux pays. Il était normal que la jeunesse et une grande partie de l’intelligentsia se révoltent contre la trahison politique et la spoliation massive des deniers publics, perpétrés de très longue date, par des clans dirigés par des charognards séniles et moribonds.  Aidés jusqu’au dernier instant par des voyous corrompus, parvenus au pouvoir grâce à l’argent des potentats qu’ils combattent aujourd’hui avec passion. En fait, chacun sait qu’avec la Libye comme alibi, ils veulent faire oublier leur veulerie, leurs larcins et compromissions mises à nu par la pauvre  M.A.M. La grande peur, l’effroi hypocrite, traditionnellement feint, ou réel, d’Israël devant l’éventuelle démocratisation du pouvoir en Egypte  ont donné des ailes aux  politiciens sionistes et leurs acolytes occidentaux. Surfer sur la vague des révoltes et faire d’un mal un bien : une bonne guéguerre en Afrique du Nord permettrait de faire d’une pierre quatre cents coups : Effrayer le monde arabe,  grâce à une gigantesque ratonnade, une  démonstration de force et de solidarité rassurante pour Israël. Affirmer que l’exemple irakien sera réédité chaque fois qu’un pays arabe ou musulman désobéira à l’0ccident ou aux Sionistes. Détruire toutes les infrastructures économiques et militaires  d’un pays arabe supplémentaire, afin de renforcer la prédominance d’Israël, qui aura ainsi un ennemi en moins pour une longue durée. S’emparer du pétrole libyen, diviser ce pays en deux et le livrer au chaos durant quelques décennies, en démontrant au passage que la démocratie n’est  décidément pas faite pour les arabes. Réactiver l’industrie d’armement pour ressusciter l’économie moribonde. Mettre  à l’essai les nouveaux armements, in vivo, sur le dos des arabes.  Et ce n’est pas fini, l’invasion terrestre ne saurait tarder, avec ses hordes de tortionnaires d’Abou Ghraïb  et de fiers à bras déguisés en cosmonautes sur Tripoli,  comme à Kaboul, Bagdad, El-Qods etc. Créer une base militaire occidentale en Afrique du Nord, donnant sur la méditerranée, est un vieux rêve dont la réalisation est enfin en vue. Sans compter qu’«un élargissement du champ d’intervention des forces punitives» est  officiellement promis par les croisés de la guerre aux étoiles (de David). A qui la tour ? L’Egypte et la Tunisie ont intérêt à trouver de bons remplaçants à leurs potentats déchus par la rue et les injonctions des puissances, toutes prêtes à imposer leur diktat au présent et leur aide/ «accompagnement» au futur. Les dauphins devront être des requins, aussi beaux adorateurs de leurs maîtres que Zine El Abidine (le plus beau des adorateurs)  et Moubarak (qui a reçu la baraka). Les dauphins de l’Occident, accompagnateur magnanime et désintéressé, auraient alors la baraka d’Ehud Barak, d’Obama et de l’Occident, sous forme de touristes et de subsides à leur armée et pourraient s’éviter les bombes démocratisantes. Les Syriens ont changé de gouvernement, mais c’est le Lion qu’il faut abattre ou exiler, pour secourir les pauvres civils révolutionnaires, tantôt qualifiés de «rebelles» et tantôt d’«insurgés»,  au cours  d’une  bonne guerre mondiale à la libyenne.  Une destruction massive de toutes les infrastructures civiles et militaires de la Syrie s’impose, pour qu’elle ne se relève pas avant longtemps. Tout cela pendant qu’Israël continue de coloniser massivement et d’exterminer les Palestiniens, afin d’avoir bientôt la majorité démographique, sur un territoire musulman, autrefois multiconfessionnel et tolérant. En prétendant que l’impérialisme s’est partout enlisé et a perdu toutes ses guerres coloniales, l’on se trompe au moins sur quelques points : L’impérialisme  continue à spolier de plus belle les pauvres de ses pays d’origine et ceux des colonies. Ses crimes contre l’humanité demeurent impunis et sont présentés comme la justice divine et naturelle. Ceux qui s’opposent à la mainmise impérialiste sur les biens de leur pays sont des fous à éliminer, s’ils ont un peuple derrière eux, il faut le diviser,  l’imploser puis en secourir les opposants, grâce  à une expédition punitive, héroïque et humanitaire  de coalisés. L’impérialisme continue à imposer sans vergogne de nouveaux potentats, à la fois traîtres, corrompus et serviles. Les urnes bourrées, de l’Afghanistan à la Côte d’Ivoire, en sont des illustrations  suffisamment claires  pour chacun. D’où viendra le changement catégorique de cette catastrophe historique dont les moyens de guerre et capacités de propagande mensongère sont pour l’instant illimités ? Nous ne savons pas si le monstre succombera à son gigantisme, s’il sera détruit du dedans ou par de vraies révolutions dotées de dirigeants conséquents, à la tête de mouvements populaires conscients et organisés. Les révoltes qui grondent dans «les pays du Sud» sont pour l’instant un bon signe de maturation politique, en bonne voie d’approfondissement. Ce réveil explosif ne saurait tarder à engendrer la construction  des bases organisationnelles d’une véritable résistance et de révolutions au plein sens du terme. Cela dépendra étroitement de la réactivité judicieuse des intellectuels révolutionnaires localement implantés et de l’impact de leur influence. A ce moment-là, les masques pervers, au sourire hideux de l’impérialisme secouriste et accompagnateur généreux tomberont. Perdant l’espoir de faire payer la facture de sa récession économique aux pays du Sud, et singulièrement aux arabes, il cessera de chanter faussement «Le printemps arabe». Les potentats politiquement séniles, qui servaient avant tout à retarder la marche de l’Histoire,  ont poussé trop loin le bouchon de la corruption et de la trahison. Ils ont été dévoilés et sont  dégommés ou en voie de l’être. Ils ont fait leur temps et l’impérialisme, qui ne peut plus les utiliser en l’état, les condamne et s’empresse de les jeter à la poubelle de l’Histoire. Son but inavoué, mais évident, est de tenter de sauver les meubles vermoulus de sa crédibilité, aux yeux de ses électeurs et de ses zouaves, ses larbins du Sud, encore aliénés, sans renoncer pour autant à mettre aux commandes des dirigeants plus «présentables» mais tout de même acquis à leurs intérêts ou manipulables parce que redevables de leur accession au pouvoir. Il appartient aux peuples patriotiques et aux forces progressistes d’être lucides, de rester vigilants et d’accélérer par tout moyen la marche de leur libération.       

Par Rachid Ettouri

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