Tout le monde sait que les discours des présidents sont souvent rédigés par des conseillers, en particulier lorsqu’ils les lisent. Nous assistons depuis peu à un étrange phénomène en Algérie : les discours destinés à être lus par le Président ne sont pas lus par lui, mais en son nom et directement par ceux qui les ont rédigés, c’est-à-dire ses conseillers.

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 Regards                    

La fuite en avant d'un mégalomane

On ne récolte que ce que l'on sème.  Nicolas Sarkozy ne va certainement pas tarder à mesurer la portée de cet adage. Une déception quand même, il ne paiera certainement jamais les crimes qu'il est en train de commettre. Mais, on se contentera de le voir descendre de sa superbe usurpée. Un petit tour sur le Net nous donne, déjà, un florilège de petites appréciations des Français. En voilà une : «Notre petit va-t-en-guerre n'a pas fini de récolter les profits de son besoin pathologique de se mettre en avant, comme le confirme la réception que lui a faite la Chine et son indécent déplacement au Japon». Il y en a de pas publiables dans une chronique qui ne veut pas aller aussi loin dans le dégoût, mais la grande presse ne prend plus de gants, pour  citer le sobriquet que Jean-Marie Le Pen a lancé après la défaite de la droite aux cantonales: «Le ministère de l'Intérieur essaie d'en diminuer l'impact en parlant de l'abstention, a-t-il jugé. C'est un très sévère échec de l'UMP alors que le général Pinocchio premier (Sarkozy, ndlr) était monté au Front contre la Lybie. Ça confirme les sondages nationaux qui classent Sarkozy très souvent en troisième position «(Nouvel obs) ou encore»

M. Sarkozy, le général Pinocchio, n'est que le cache-sexe de cette opération mondialiste à goût de pétrole  «(Europe1)».  Et le mot a plu et se répand, tant il est apparu opérationnel, on est même en train d'oublier qu'il émane d'un individu cauchemardesque. Ça, c'était avant que le prix Nobel de la paix ait décidé de suspendre l'intervention des Forces armées des Etats-Unis en Libye. Obama, candidat soucieux des deniers de son pays  (les dix premiers jours de l'opération auraient coûté au budget étatsunien près de 550 millions de dollars), a préféré laisser Sarkozy et son compère britannique se débrouiller seuls avec les troupes libyennes.  Il paraît qu'ils auront beaucoup de peine à bomber le torse, parce que l'essentiel du boulot était fait par les avions et par les navires étatsuniens. Les «révolutionnaires de Benghazi» seront bien déçus de constater la baisse d'efficacité de leur mentor et  de son allié.  Alors, pour ne pas démentir ce qu'on dit de son caractère, il oublie son rôle de supplétif satellisé  et se permet une altercation avec Barack Obama. Il lui demandait de revenir sur son retrait des A10 et les AC-130. Le parrain a refusé  puis a fait un discours «très important» sur les motifs de l'intervention de son armée en Libye et pire affront, il a dit que ce sont les Etats-Unis qui étaient à l'origine de la résolution 1973 de l'ONU, en ignorant dédaigneusement le «rôle de la France» et de son président. Pouvait-il en être  autrement ? Il n'y avait sûrement que les gogos pour croire qu'une guerre de ce type pouvait être déclenchée sans qu'elle soit pensée et décidée par Washington. Le vassal s'est heurté à la stratégie du suzerain. Et son outrecuidance lui a, d'abord, fait croire qu'il pouvait faire la guerre avec les moyens des autres, ensuite qu'il serait traité sur un pied d'égalité dans le partage du gâteau. Disons que, heureusement pour lui,  on n'enregistre encore aucune perte française.

Par Ahmed Halfaoui 

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mardi 05 avril 2011


Bouteflika aujourd'hui à Tam

Un mégaprojet

et des perspectives

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LES TITRES  

Echec de la zone d'exclusion aérienne

L'Otan cherche une solution politique

 

Des dizaines de voitures ont été désossées à travers le pays 

Les «Asiatiques», cibles privilégiées des voleurs

 

Malgré les menaces du ministre de l'intérieur

Intransigeance des gardes communaux

 

Contribution

L'alibye de la démocratie

 

Biyouna

Multitalents, multifolies


LA 24

 Le P-DG de la SAA refuse de le valider

Le salaire du DG de Macif Algérie fait des jaloux

Alors qu'elle vient à peine de voir jour, la filiale algérienne de la compagnie française Macif est déjà confrontée à sa première crise sociale. La raison ? Le salaire du directeur général, de nationalité française, fixé à 12 000 euros par mois, a été jugé «trop élevé» par le PDG de la SAA qui détient 34% de la nouvelle compagnie mixte. «Le P-DG de la SAA n'a pas validé ce salaire. Il l'a estimé trop élevé d'autant que lui touche l'équivalent en dinars de 2 500 euros», affirme une source proche de la nouvelle compagnie. La dispute a obligé le directeur général de la Macif à quitter l'Algérie. L'affaire illustre les limites de la règle dite des 49/51 sur l'investissement étranger qui oblige la partie algérienne à prendre la majorité du capital dans tout investissement impliquant des étrangers, tout en accordant à la partie étrangère le management de la nouvelle société. «Les salaires des cadres et directeurs des entreprises publiques sont très bas par rapport aux rémunérations accordées aux responsables étrangers chargés de la gestion de ces nouvelles entreprises mixtes. S'il n'y a pas de conflit, il y a un ressentiment de la part des cadres algériens qui ne comprennent pas cette discrimination au travail», explique la même source. Dénommée «Prévoyance et santé compagnie d'assurance», la nouvelle société est dotée d'un capital social d'un milliard de dinars détenu à hauteur de 34% par la SAA, 15% par la BDL et 10% par la BADR, soit un total de 59% pour la partie algérienne, alors que la Macif détient les 41% restants, selon la même source. L'accord de création de cette société avait été signé le 22 juillet à Alger.

TSA

 

 Conseils de voyage à ses ressortissants

Pour la France, l'Algérie reste un pays dangereux

La France considère le risque terroriste très élevé en Algérie. Dans ses dernières recommandations à ses ressortissants se rendant en Algérie, le ministère des Affaires étrangères note que «les menaces renouvelées d'Al Qaïda au Maghreb Islamique contre les intérêts français, la persistance d'attaques menées par les groupes terroristes, principalement contre les forces de l'ordre dans le quart nord est du pays, mais susceptibles de concerner aussi bien les étrangers et d'autres régions, et la dangerosité accrue de la zone sahélienne, limitrophe de l'Algérie, aboutissent à ce que le risque terroriste reste élevé en Algérie». «Ce risque concerne toutes les régions en Algérie, aussi bien les régions du Nord que le Grand Sud», relève le Quai d'Orsay. Paris déconseille ainsi à ses ressortissants de se rendre particulièrement dans les régions de Djanet et Tamanrasset. Pour la Kabylie, où le risque est jugé élevé également, le MAE français estime que «tout déplacement par voie routière, même avec une escorte au demeurant nécessaire, doit être considéré avec la plus grande prudence». «Tout en restant prudent en toute circonstance et sur tous les axes, il est nécessaire d'éviter les axes secondaires et non surveillés et de ne pas circuler la nuit», précise le ministère français. Autres risques relevés : la délinquance et les mouvements urbains. Il est ainsi conseillé aux ressortissants français de s'entourer de «précautions» lors de leurs déplacements et d'éviter les comportements «ostentatoires».

 

 Constantine, ville-lumières ?

Bientôt, illumination de tous les ponts

Les ponts les plus célèbres de la ville de Constantine seront «très prochainement» mis en valeur, de nuit, par un procédé moderne d'illumination, a-t-on appris lundi auprès de l’Assemblée populaire communale. Une enveloppe financière de 170 millions de dinars environ vient d’être retenue pour cette opération de mise en valeur de ces ouvrages, en pierre, comme le pont de Sidi-Rached, ou suspendus, à l’exemple de la passerelle Mellah-Slimane, a précisé le chargé de la communication à l’APC, Nacer Belechehab. S’agissant du pont de Sidi Rached, construit en 1912 et qui plante ses racines au cúur de la vieille-ville basse de Souika, particulièrement convoité par les photographes, son illumination nécessitera un montant de plus de 55 millions de dinars. La passerelle piétonne Mellah-Slimane, appelée communément «pont de l’ascenseur», ainsi que le pont d’El Kantara, ne seront pas en reste de cette  opération qui devrait, a-t-on expliqué, conférer un surcroît d’attraits à la cité du Rocher.  Le pont suspendu de Sidi M’cid, ainsi que le Monument aux morts qui culmine au-dessus de l’hôpital, sont déjà illuminés depuis deux années,  offrant des vues nocturnes superbes.

 

 Centre culturel algérien de Paris

Amazigh Kateb l’insoumis fait un tabac

Libre, frondeur, pétri de révolte et d’insoumission, Amazigh, le bien nommé, l’est assurément. Le fondateur et voix porteuse du groupe Gnawa diffusion, aujourd’hui dissous, a de qui tenir. Tout comme son père, l’écrivain Kateb Yacine, il est un cri où résonne la sensibilité d’un écorché vif. Ni le confort de la notoriété ni les recettes préfabriquées n’impressionnent ce troubadour des temps modernes, qui fait et défait inlassablement ses baluchons pour rejoindre son public à travers les innombrables concerts qu’il anime en Algérie et les centaines d’autres qu’il tient de par le monde.  Le plus récent est celui qu’il a animé dimanche soir au Centre culturel algérien (CCA) de Paris, fortement ovationné du reste par les mordus des rythmes métissés et du verbe caustique. Les chansons cultes de son répertoire, "Mociba", «Koma», «Douga Douga» «Dima n’touma», «Bonjour», «Africain», et bien d’autres encore, ont fait vibrer le nombreux public que l’amphithéâtre du CCA n’a pu contenir.  Le corps en mouvements, armé de son guembri, mélangeant Gnawi traditionnel mixé au reggae et au rap, reflétant la richesse musicale du Maghreb et de l’Afrique, Amazigh, parolier, musicien, interprète a encore une fois endossé son personnage de rebelle et d’anticonformiste. Véritable bête de scène, à travers des textes ironiques, mordants et incisifs, certains inspirés des écrits de son père, il admoneste et dénonce l’injustice, les passe-droit, les parjures, le désœuvrement des jeunes et leur déprime et l’espace peu enviable réservé aux femmes dans la société .

 

 Le régime syrien furieux contre les émirs du Qatar

Les Syriens accusent directement les Qataris, et plus particulièrement le Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, Hamad ben Jassem ben Jabr Al Thani, de jouer un rôle dans les protestations qui secouent les villes de Derâa et de Lattaquieh. Les officiels syriens accusent ce dernier de financer les Frères musulmans et d'utiliser la chaîne Al Jazeera pour appeler à la révolution contre le régime «mécréant» de Syrie, allusion faite à la minorité allaouite qualifiée d'«hérétique» par les musulmans sunnites. Ceci a été considéré par les responsables syriens comme un dépassement des lignes rouges. Craignant une riposte syrienne d'ampleur, l'émir du Qatar a dépêché son fils, le prince héritier, à Damas et non son premier ministre qui serait devenu persona non grata en Syrie, afin d'apaiser les esprits et de s'engager à réparer les dégâts par tous les moyens. Le prince héritier du Qatar, qui est resté deux jours dans la capitale syrienne, a rencontré le président Bachar Al Assad, et son principal conseiller, le général Mohamad Nassif, mais il est néanmoins retourné bredouille. Les Syriens lui ont fait comprendre qu'«il n'y avait pas d'amour, mais seulement des preuves d'amour», et que toutes les promesses de son père aux chefs d'Etat arabes concernant l'arrêt des ingérences dans leurs affaires internes à travers Al Jazeera ou les courants islamistes, n'ont jamais été tenues. Dans ce contexte, un haut responsable koweitien a affirmé à «Maghreb Intelligence» qu'après l'annonce de sa participation aux frappes aériennes contre les brigades de Kadhafi et la reconnaissance du Conseil de transition libyen, le Qatar devrait payer «tôt ou tard» le prix de ses ambitions.

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L'édito

Par

Farid Chekroune

 

Les conseillers du Président

Tout le monde sait que les discours des présidents sont souvent rédigés par des conseillers, en particulier lorsqu’ils les lisent. Nous assistons depuis peu à un étrange phénomène en Algérie : les discours destinés à être lus par le Président ne sont pas lus par lui, mais en son nom et directement par ceux qui les ont rédigés, c’est-à-dire ses conseillers. La conséquence en est que l’auteur lit son propre texte, ce qui est parfait du point de vue de la déontologie. Mais sans le dire, puisqu’il est censé émaner du Président. C’est comme si le conseiller sort de son anonymat et s’expose au public. Auparavant, il se contentait d’écrire sans qu’on le sache, maintenant il écrit et il parle officiellement -il ne lui resterait plus qu’à signer. Il est délégué par le Président à prendre la parole, en son nom, devant le peuple, pour dire à ce dernier ce qu’il a écrit pour lui. C’est comme un écrivain qui emploie un «nègre» pour écrire un livre, qu’il signera comme auteur, mais qui lui demande d’aller promouvoir son livre en son nom et à sa place. Certes, rédiger des discours pour un président n’est pas un travail de littérature à proprement parler, d’où le peu d’importance       accordée par l’Histoire aux discours en général. La pratique est usuelle et la question n’est pas là. Elle est dans la posture du conseiller qui est désormais appelé à assumer publiquement un rôle qui consiste à dire que ce n’est pas lui qui a écrit le texte qu’il lit, mais que c’est bien lui qui le lit, au nom d’un autre. Il n’y a rien de malsain dans cette nouvelle pratique. Et tant qu’à faire, il vaut mieux que les discours des présidents, dès lors qu’ils sont adoubés, soient lus par leurs véritables auteurs. Un conseiller n’est pas forcément un bon orateur et l’impact attendu en sera forcément différent. De toutes les façons, peu importe par qui ils sont lus, les médias ne retiendront des textes que les idées qui y sont contenus. Lorsque le Président prend lui-même la parole, différents intérêts sont mis en branle dans le grand public, il n’y a pas que les idées. La conviction naîtra d’un jeu complexe d’émotions dont la séduction n’est pas des moindres. Il s’agit réellement d’un spectacle, au sens politique du terme. Les grands orateurs emporteront l’adhésion plus facilement que les moins bons. Si Bouteflika ne juge plus utile de déployer son savoir-faire dans ce domaine, bien réel au demeurant, c’est parce qu’il estime peut-être que l’heure n’est pas à la parole. En homme politique avisé, il comprend le piège que lui tendent tous ceux qui insistent pour qu’il parle. Alors, il fait parler ses conseillers.

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